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Université de Paris : Après un an intense "dans des conditions hors normes, il est temps de décélérer" (C. Clerici)

"Après un an d’intenses travaux menés dans des conditions hors normes, il est temps de décélérer pour dresser un premier bilan et revoir les priorités", déclare Christine Clerici, présidente d’Université de Paris, dans un entretien à AEF info le 8 janvier 2021. Elle revient sur la première rentrée semée d’embûches de l’établissement expérimental, en raison notamment de la difficulté à fusionner et imbriquer les différents systèmes d’information. Elle se dit toutefois très confiante pour la labellisation idex définitive de son établissement, en raison des "engagements tenus et des très beaux résultats obtenus". "La création d’Université de Paris se traduit d’ores et déjà par un renforcement de l’attractivité de nos laboratoires avec de très belles candidatures internationales", déclare-t-elle. L’audition du jury est prévue "entre le 17 et le 21 janvier 2022".

Christine Clerici, présidente de l'université Paris-Diderot. © Université Paris-Diderot

AEF info : La première rentrée à Université de Paris n’a pas été simple, tant pour les étudiants – si l’on en croit les témoignages publiés dans Le Monde en octobre dernier ou les prises de position des étudiants de médecine plus récemment (lire sur AEF info) –, que pour les personnels – comme l’écrit le cabinet de conseil Addhoc dans son rapport présenté au CHSCT le 8 octobre (lire sur AEF info). Avec un peu de recul, comment analysez-vous cette période ?

Christine Clerici : La fusion des établissements fondateurs d’Université de Paris remonte à un an. Celle-ci s’est vue impactée dès le départ par la crise sociale de l’hiver dernier avec les grèves contre la réforme des retraites puis depuis mars 2020 et jusqu’à aujourd’hui par la crise sanitaire. C’est un contexte extraordinaire au sens littéral du terme pour mener de tels travaux de construction.

Concernant le rapport que vous évoquez, malgré ses faiblesses méthodologiques – difficile de mener une étude en plein confinement – et un taux de réponse de 12 % seulement, nous reconnaissons un certain nombre de difficultés et nous revoyons actuellement le plan de charge des actions prioritaires.

Le travail réalisé en un an par les équipes est impressionnant. Toutes les directions métiers sont fusionnées, elles ont homogénéisé leurs pratiques. Un important travail d’harmonisation a été réalisé sur le temps de travail et le régime indemnitaire. Nouveau régime indemnitaire qui va nous permettre également d’être plus attractifs pour recruter. Le dialogue social est régulier et fructueux. Il reste un certain nombre de chantiers conséquents comme la cartographie des emplois. Après un an d’intenses travaux menés dans des conditions hors normes, il est temps de décélérer pour dresser un premier bilan et revoir les priorités.

AEF info : Le point le plus problématique de la fusion semble être celui des systèmes d’information. Où en êtes-vous ?

Christine Clerici : On le sait, le système d’information est le point crucial d’une fusion. Il s’agit d’unifier tous les applicatifs dans tous les domaines : gestion financière, RH ou scolarité… Des applicatifs souvent imbriqués les uns aux autres. Les systèmes d’information majeurs en formation, en finances et en gestion des personnels ont été fusionnés dans les délais impartis malgré un sous-effectif ancien et récurrent de la direction des systèmes d’information, qui existait dans chacun des établissements fondateurs, et auquel nous tentons de remédier.

Sans compter que les migrations d’un système vers un autre se sont faites pendant le premier confinement, sans possibilité de former les personnels avant sa fin, en juin alors qu’elle était prévue en avril. La bascule sur Apogée s’est faite en septembre, au pire moment, ce qui explique le retard pris au moment des inscriptions des étudiants pour certaines promotions. Or tant que les étudiants n’étaient pas inscrits sur Apogée, ils ne pouvaient pas accéder à Moodle et aux autres applicatifs nécessaires pour l’enseignement à distance.

Notre priorité première est toujours la même, celle d’un SI stable et efficace et d’un schéma directeur numérique solide que nous finaliserons au premier semestre 2021.

AEF info : Le cabinet de conseil pointe aussi la difficulté à faire cohabiter deux cultures, celle de Paris-Descartes et celle de Paris-Diderot.

Christine Clerici : C’est le propre de toutes les fusions. C’est difficile de faire évoluer des procédures, des manières de faire qui sont ancrées de longue date. Notre philosophie a donc été de chercher pour chaque sujet ce qui se faisait de mieux dans les deux établissements d’origine et de trouver l’équilibre le plus efficient afin de bâtir une culture propre à Université de Paris. La culture d’un établissement s’enrichit à l’arrivée de chaque nouveau collaborateur, de son expérience passée, de ses compétences et de sa vision. La forte mobilité des personnels de l’ESR en Île-de-France permet cela.

AEF info : La particularité d'Université de Paris est d’avoir une structure autour de trois grandes facultés très autonomes. D’aucuns regrettent la plus grande distance qui les sépare de la présidence.

Christine Clerici : C’est un sujet en effet. Je me suis volontairement mise en retrait ces derniers mois pour permettre aux doyens et à leur équipe décanale de prendre toute leur place dans cette nouvelle structure. Ils sont les interlocuteurs privilégiés des directeurs de composantes. Ce n’est qu’en 2021 que les facultés vont pleinement se déployer, grâce à la déconcentration administrative progressive qui va amplifier ce mouvement, et qui n’est pas encore effective.

La faculté est l’échelon clé de ce dialogue de proximité mais il faut du temps pour installer une nouvelle structure, de nouvelles pratiques. Le rôle de la présidence d’une université ainsi structurée se voit alors, de fait, plus orienté vers la définition de stratégies globales et la recherche de moyens pour les mettre en œuvre. Elle a alors un rôle prépondérant à jouer dans le dialogue avec les partenaires institutionnels et internationaux. Mais en un an d’existence et de construction au quotidien, il y a probablement un équilibre plus fin à trouver.

AEF info : Vous devez repasser devant le jury idex à l’automne 2021, en vue de votre labellisation définitive. Êtes-vous confiante ?

Christine Clerici : Oui ! Car s’il y a des difficultés, je veux insister sur nos engagements tenus et les très beaux résultats obtenus. Je pense à notre université européenne, Circle U. (lire sur AEF info), à notre bel accord avec la National university of Singapor, à nos projets SFRI et Idées (lire sur AEF info), à notre classement à la 65e place dans Shanghai (lire sur AEF info) ou encore à la création de nos huit instituts interdisciplinaires.

La création d’Université de Paris nous a d’ores et déjà permis d’être très lisibles à l’international et se traduit par un renforcement de l’attractivité de nos laboratoires avec de très belles candidatures internationales. Nous avons aussi signé les premiers contrats d’objectifs et de moyens avec nos facultés et l’IPGP, ce qui était un engagement pris devant le jury. Nos deux UFR de médecine ont fusionné à la rentrée dernière et nos deux UFR d’odontologie donneront naissance en septembre prochain à une UFR unique.

En termes de calendrier, on nous a annoncé une audition du jury entre le 17 et le 21 janvier 2022, ce qui suppose une visite sur site en octobre-novembre 2021 et un dépôt de notre dossier en juillet. Il nous faut donc commencer à rédiger notre dossier afin d’être prêt à le passer en CA avant l’été.

AEF info : Qu’est-ce qu’il vous reste à faire ? Quels sont les sujets sur lesquels vous pouvez encore progresser ?

Christine Clerici : Nous devons encore travailler sur notre stratégie internationale, qui a connu un coup d’arrêt avec la crise sanitaire, ainsi que sur la valorisation qui demeure un sujet à conforter même si nous avons déjà créé un guichet unique avec l’Inserm et le CNRS. Autre sujet, nous débutons la déconcentration administrative des services centraux vers les facultés. Ce processus s’étendra jusqu’en 2023. Il nous reste un gros travail de communication à faire sur la marque Université de Paris, même si nous sommes déjà très bien installés dans le paysage francilien entre Sorbonne Université, PSL et Saclay et que nous bénéficions de la formidable dynamique qui existe au sein de la nouvelle association Udice.

AEF info : Dans cette année compliquée pour Université de Paris, il y a eu un autre sujet difficile : le scandale du centre du don des corps (lire sur AEF info). Où en est l’enquête ?

Christine Clerici : Université de Paris est dans une pleine collaboration avec la justice, l’enquête se poursuit. C’est un sujet difficile et j’ai pu m’entretenir avec les familles avec lesquelles nous sommes en contact régulier. Notre demande de constitution de partie civile a été rejetée à ce stade mais nous avons interjeté appel de cette décision. Il est très important pour nous de marquer de cette façon notre solidarité avec les familles, mais également de pouvoir faire valoir le préjudice réputationnel et d’avoir accès au dossier d’instruction, sachant qu’à ce jour, nous ne sommes pas en possession du rapport complet des inspections. Le centre du don des corps ne rouvrira pas. Nous réfléchissons à créer avec l’AP-HP un centre qui comporterait l’école de chirurgie et un nouveau centre du don des corps dans des locaux différents.

AEF info : Vous aviez annoncé dans nos colonnes que vous ne feriez qu’un demi-mandat, laissant la suite à Frédéric Dardel (lire sur AEF info). Cela n’étant plus possible, quelle est votre décision ?

Christine Clerici : Il est encore trop tôt pour en parler.

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