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Home| Social / RH| Politiques de l’emploi| Dépêche n°642545

Selon la Commission européenne, les conséquences de la crise sont très sévères pour les jeunes

"L’impact a été particulièrement rude pour les travailleurs déjà défavorisés comme les jeunes et les personnes sous contrat temporaire", commente la Commission européenne, mardi 22 décembre 2020. L’institution publie sa revue trimestrielle de l’emploi et de la situation sociale. On y apprend, notamment, que le nombre de jeunes Neets (neither in employment nor in education and training) augmente avec la crise sanitaire, économique et sociale. Le document met aussi l’accent sur les personnes découragées qui ne cherchent pas de travail et peuvent ne pas être comptabilisées comme chômeurs.

La Commission européenne prévoit une augmentation du chômage en 2021, avant une baisse en 2022. Pixabay - © Pexels

La Commission européenne publie, le 22 décembre, un numéro de sa revue trimestrielle de l’emploi et de la situation sociale [en anglais], qui analyse les effets de la pandémie sur l’emploi et les revenus. L’étude de l’institution montre que les mesures publiques ont atténué les effets de la crise, l’emploi ayant moins diminué que le PIB et le chômage demeurant stable au cours des derniers mois. Toutefois, Bruxelles indique que la crise économique et sociale touche surtout les jeunes et les travailleurs à faible revenu.

fort rebond en France

Le PIB de l’UE a rebondi au troisième trimestre de 2020 après une "chute spectaculaire" au deuxième trimestre. Le PIB a ainsi augmenté de 11,5 % dans l’UE et de 12,5 % dans la zone euro par rapport au trimestre précédent, après avoir diminué respectivement de 11,3 % et 11,7 % au deuxième trimestre 2020 par rapport au premier.

Au troisième trimestre 2020, la baisse sur un an était de 4,2 % dans l’UE et de 4,3 % dans la zone euro. En comparaison, la baisse et le rebond subséquent de l’économie américaine ont été moins prononcés, précise le document. Selon les prévisions économiques d’automne de la Commission publiées le 5 novembre 2020, le PIB de l’UE ne reviendra pas aux niveaux de fin 2019 avant 2022.

Le PIB a augmenté dans tous les États membres au troisième trimestre 2020. Par rapport au deuxième trimestre 2020, les hausses les plus importantes ont été observées en France (+18,7 %), en Espagne (+16,7 %) et en Italie (+15,9 %), qui ont enregistré de fortes baisses au deuxième trimestre. La croissance, en comparaison annuelle, est cependant restée négative dans presque tous les États membres. L’Irlande (+8,1 %) a été le seul État membre à avoir enregistré une croissance annuelle positive. La différence dans les structures économiques explique les situations très diverses : certains pays sont plus dépendants des secteurs qui ont été plus durement touchés, note Bruxelles.

emplois temporaires affectés

Sur une base trimestrielle, l’emploi total a reculé de 2,7 % dans l’UE (-2,9 % dans la zone euro) au deuxième trimestre et a augmenté de 0,9 % tant dans l’UE que dans la zone euro au troisième trimestre. La majeure partie de la baisse de l’emploi a affecté les emplois temporaires, souligne la Commission européenne. Ils ont chuté au deuxième trimestre de 2020 de 4,2 millions sur une base annuelle, tandis que l’emploi permanent est resté stable. L’emploi à temps partiel a également fortement reculé, avec une réduction annuelle de 1,6 million de personnes contre une baisse de 3,2 millions de l’emploi à temps plein, mais à partir d’un stock beaucoup plus faible.

Les jeunes travailleurs et les travailleurs peu / moyennement instruits ont subi la plus forte baisse de leur taux d’emploi. Au deuxième trimestre de 2020, le taux d’emploi de l’UE a diminué pour tous les groupes de population par rapport au même trimestre de 2019, mais a touché en particulier les personnes âgées de 20 à 24 ans (-4,1 points) et de 25 à 29 ans (-3,2 points). La baisse est également plus limitée pour les travailleurs qualifiés que pour les travailleurs peu ou moyennement qualifiés. Cette baisse est liée à la diminution de l’emploi temporaire, met en avant la publication.

augmentation prévisible du chômage

Le taux de chômage dans l’UE et dans la zone euro a légèrement diminué au cours des derniers mois après le pic observé en juillet. En octobre 2020, il est resté stable à 7,6 % dans l’UE et a reculé de 0,1 point à 8,4 % dans la zone euro par rapport à septembre. La Commission s’attend à une augmentation dans les prochains mois pour atteindre 8,6 % dans l’Union et 9,4 % dans la zone euro, avant une réduction en 2022. Cette hausse serait, notamment, liée à l’abandon des mesures de chômage partiel.

Les indicateurs d’inactivité et de sous-emploi montrent que la pandémie et les mesures de confinement associées ont poussé de nombreux travailleurs à l’extérieur ou à la marge de la population active. "Les travailleurs qui ne recherchent pas activement un emploi ne sont pas inclus dans les chiffres du chômage, ce qui explique pourquoi les pertes d’emplois n’ont pas provoqué une forte augmentation des taux de chômage officiels", souligne la publication.

L’indicateur consacré aux personnes qui sont "disponibles pour travailler mais pas à la recherche" d’un emploi a enregistré une forte augmentation au deuxième trimestre 2020. La proportion de travailleurs dans l’UE qui appartiennent à cette catégorie, qui comprend les travailleurs "découragés", est passée à 4,8 % de la population active au deuxième trimestre de 2020, en hausse de 1,3 point par rapport au trimestre précédent et de 1,8 point par rapport au même trimestre de l’année précédente.

nombre de neets en hausse

Dans l’UE, la part des personnes âgées de 15 à 24 ans qui ne travaillent ni ne suivent ni études ni formation (Neets) a fortement augmenté pour atteindre 11,6 % au deuxième trimestre 2020, en hausse de 1,8 point par rapport au même trimestre de 2019. Cela montre comment la crise actuelle a un impact négatif en particulier sur les jeunes, non seulement sur l’emploi mais aussi sur l’éducation et la formation, analyse Bruxelles.

Le taux de Neets a augmenté dans tous les États membres sauf quatre. Les hausses les plus fortes ont été enregistrées en Autriche, en Irlande (+3,4 points pour les deux) et en Espagne (+3,1 points). En Italie, le taux a dépassé 20 % (20,7 %), la Bulgarie et l’Espagne se trouvent au-dessus de 15 % (15,2 % et 15,1 % respectivement).


"Placer les jeunes au cœur des transitions écologiques et numériques sera notre priorité pendant la reprise", affirme Nicolas Schmit, commissaire à l’emploi et aux droits sociaux. Il affirme que la nouvelle garantie pour la jeunesse aidera les jeunes à "acquérir des compétences et une expérience professionnelle" (lire sur AEF info).

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Alexandra Turpin, journaliste