Politique de cookies
Le groupe AEF info utilise des cookies pour vous offrir une expérience utilisateur de qualité, mesurer l’audience, optimiser les fonctionnalités et vous proposer des contenus personnalisés. Avant de continuer votre navigation sur ce site, vous pouvez également choisir de modifier vos réglages en matière de cookies.
Politique de protection des données personnelles

Revenir en haut de la page

La police veut "favoriser les échanges" avec la population grâce à la montée en puissance de sa réserve (Stéphane Folcher)

Stéphane Folcher a été nommé par le DGPN "commandant des réserves de la police nationale" en novembre dernier pour muscler ce dispositif. La police nationale souhaite adapter son organisation et son recrutement en s’inspirant de la gendarmerie pour atteindre les 30 000 recrutements de volontaires fixés par le ministre de l'Intérieur. "Notre objectif est de favoriser les échanges entre la population et sa police", alors que l’amélioration des relations figure parmi les "sept péchés capitaux" identifiés par Gérald Darmanin, explique le commissaire divisionnaire dans une interview à AEF info. Le gouvernement déposera des amendements sur la proposition de loi sur la sécurité globale, notamment pour autoriser les réservistes issus de la société civile à porter une arme et développer leur formation. "Les réservistes seront un appui précieux dans les commissariats", espère Stéphane Folcher.

   Merci de découvrir AEF info !

Cette dépêche est en accès libre.

Retrouvez tous nos contenus sur la même thématique.

Tester AEF info pendant 1 mois
Test gratuit et sans engagement
  • Thématiques
  • Coordonnées
  • Création du compte

Thématiques

Vous demandez à tester la ou les thématiques suivantes*

sur5 thématiques maximum

1 choix minimum obligatoire
  • Sécurité globale
  • 👁 voir plus
    ✖ voir moins

Fréquence de réception des emails*

Un choix minimum et plusieurs sélections possibles. Vous pourrez modifier ce paramétrage une fois votre compte créé

Un choix minimum obligatoire

* Champs obligatoires

Coordonnées

Renseignez vos coordonnées*

Veuillez remplir tous les champs
Votre numéro de téléphone n'est pas valide

* Champs obligatoires

Création de compte

Tous les champs sont obligatoires
Votre adresse e-mail n'est pas valide
Seulement les adresses e-mails professionnelles sont acceptées

Cette adresse vous servira de login pour vous connecter à votre compte AEF info

Votre mot de passe doit contenir 8 caractères minimum dont au moins 1 chiffre
Ces mots de passe ne correspondent pas. Veuillez réessayer

Votre mot de passe doit contenir 8 caractères minimum dont 1 chiffre

En validant votre inscription, vous confirmez avoir lu et vous acceptez nos Conditions d’utilisation, la Licence utilisateur et notre Politique de confidentialité

* Champs obligatoires

Valider

Merci !

Nous vous remercions pour cette demande de test.

Votre demande a été enregistrée avec l’adresse mail :

Nous allons rapidement revenir vers vous pour vous prévenir de l’activation de votre nouvel accès.

L’équipe AEF info


Une erreur est survenue !

Une erreur est survenue lors de l'envoie du formulaire. Toutes nos excuses. Si le problème persiste, vous pouvez nous contacter par téléphone ou par email :
 service.clients@aefinfo.fr  01 83 97 46 50 Se connecter

Le commissaire divisionnaire Stéphane Folcher été nommé par le DGPN commandant des réserves de la police nationale le 12 novembre 2020. Droits réservés - DR - Sicop

AEF info : Dans quel état avez-vous trouvé la réserve de la police nationale à votre arrivée ?

Stéphane Folcher : J’ai été nommé par le DGPN commandant des réserves le 12 novembre, avec l’objectif clairement défini de faire évoluer l’emploi de la réserve de la police nationale. Notre réserve n’a pas le même nom que les réserves des armées et de la gendarmerie nationale intégrées à la garde nationale. Pour elles, il s’agit d’une réserve opérationnelle, pour nous d’une réserve civile. La gendarmerie nationale et les armées ont par ailleurs axé leur recrutement sur la société civile alors que notre réserve est composée à plus de 80 % de retraités de la police et d’anciens adjoints de sécurité. Les 20 % de réservistes issus de la société civile que nous accueillons n’assurent que des missions de soutien, de logistique, d’expertise. Pour l’instant, la seule solution pour remplir des missions opérationnelles en tant que réserviste, c’est de rejoindre les armées ou la gendarmerie.

Nous allons changer la terminologie et abandonner le terme de réserve civile. L’objectif est de changer radicalement le mode de recrutement de notre réserve opérationnelle et de la faire évoluer sur le même mode que la réserve de la gendarmerie, qui a fait ses preuves. En 2019, la réserve civile de la police nationale comptait 6 785 personnes engagées. Nous sommes au-dessus des objectifs actuels de la garde nationale (lire sur AEF info). La gendarmerie en a 29 000 et en vise 40 000. Notre marge de progression pour atteindre les 30 000 réservistes de la police nationale annoncés par le ministre de l'Intérieur est donc très importante (lire sur AEF info).

AEF info : On dit que la population a eu envie de servir à la suite des attentats terroristes de 2015. Pourquoi la police a-t-elle raté ce tournant à la différence des armées et de la gendarmerie ?

Stéphane Folcher : Les attentats de 2015 ont mis en évidence le haut de la menace, et à l’époque, la priorité fut d’assurer les recrutements de personnels actifs et de former dans les écoles de police. Nous n’étions pas prêts. Et puis il y a eu la création de la garde nationale en 2016 et les choses ont évolué. Le président de la République et le ministre de l'Intérieur conçoivent la réserve comme l’un des vecteurs majeurs du rapprochement police-population, qui est d’ailleurs un des chantiers du ministre (lire sur AEF info). Aujourd’hui, tous les éléments concordent pour avancer sur ce dossier.

AEF info : Atteindre 30 000 réservistes dans la police nationale est un défi important. Qu’est-ce qui empêche le recrutement aujourd’hui ? Est-ce une question de culture ou un frein juridique ?

Stéphane Folcher : Aujourd’hui, on ne peut pas confier de missions opérationnelles à nos réservistes issus de la société civile parce qu’ils n’ont pas le droit de porter d’arme. L’objectif est de faire sauter ce verrou législatif (lire sur AEF info). Nous travaillons avec les services juridiques sur des amendements qui seront présentés lors de l’examen de la proposition de loi relative à la sécurité globale au Sénat (lire sur AEF info). Au-delà du port d’arme, ces modifications permettront d’élaborer une formation initiale et continue indispensable à l’arrivée de réservistes dans les services opérationnels. Elles permettront aussi de proposer une véritable intégration de ces réservistes dans leur futur environnement professionnel, de leur offrir la possibilité de s’identifier à leurs collègues policiers professionnels, en leur donnant la possibilité d’évoluer dans leur déroulement de carrière de réserviste, afin de les fiabiliser dans leur engagement. Nous souhaitons également accroître le nombre de vacations annuelles et repousser la limite d’âge de 65 à 72 ans pour le recrutement de spécialistes ou d’experts de haut niveau affectés aux directions spécialisées.

Les réserves, sujet récurrent d’attention

 

Les réserves sont un sujet récurrent d’attention des parlementaires au moment de l’adoption du budget. Leur contribution est jugée "indispensable" par les acteurs de la gendarmerie et des armées, mais aussi la Cour des comptes, qui a publié en juin 2019 un rapport sur ce thème (lire sur AEF info). Les principales critiques de la Cour portaient sur la complexité de l’organisation et de la terminologie employée par la police et la gendarmerie, la différence des missions confiées selon la force de sécurité intérieure de rattachement, et les restrictions concernant l’emploi des civils dans la police. Elle alertait notamment sur la "variable d’ajustement" que constituent les réserves au sein des budgets de la police et de la gendarmerie et les différences de rémunération selon le statut professionnel des réservistes.

Dans le "livre blanc de la sécurité intérieure", publié mi-novembre, (lire sur AEF info), les besoins sont estimés à "40 000 réservistes pour la gendarmerie et 20 000 pour la police d'ici 2023". "Cela suppose également de consolider l’enveloppe budgétaire dédiée", pointaient les rédacteurs. Parmi les autres recommandations, figure celle de porter, dans la police nationale, à 50 % la part de réservistes issus de la société civile et de déployer une démarche "tout particulièrement volontariste à destination des quartiers prioritaires de la politique de la ville".

AEF info : Quel fonctionnement allez-vous adopter ?

Stéphane Folcher : Il va falloir former nos réservistes à l’usage de l’arme et aux contraintes spécifiques du métier de policier sur la voie publique. Le dispositif qui se dessine prévoit une première formation avec une acculturation aux pratiques, aux gestes professionnels en intervention, avec également un apprentissage des textes législatifs et réglementaires et du fonctionnement des missions de l’institution. Une fois que l’engagement à servir dans la réserve sera signé, ils seront versés dans les unités les plus proches de leur domicile. Ils bénéficieront alors d’un nouveau temps de formation.

Notre maillage territorial couvre l’ensemble du territoire et offre des possibilités diversifiées d’engagement à servir. Nous devons concilier les impératifs professionnels des réservistes - leur vie de salarié, d’étudiant… - et leur souhait de mener une carrière de réserviste. La société civile va pouvoir comprendre les enjeux, le fonctionnement, les contraintes de nos métiers autour de la mission de sûreté des personnes et des biens. Nous ferons participer nos réservistes aux missions de proximité, sur le terrain, dans les unités opérationnelles.

AEF info : Le DGPN a récemment indiqué que seulement 65 % des policiers d’active font leurs trois séances de tir réglementaires par an (lire sur AEF info). Comment arriver à former les 30 000 réservistes au tir ?

Stéphane Folcher : Il va falloir se mettre en condition pour tenir l’objectif de recrutement et de formation. La garde nationale avait constaté un sous-emploi des réservistes il y a quelques années en raison d’une baisse du budget. Le budget de la réserve de la police nationale s’élevait à 29 millions d’euros en 2020, il devra donc suivre la courbe des objectifs.

AEF info : Pensez-vous que les syndicats de policiers vont accepter l’arrivée de membres de la société civile, alors qu’ils réclament des moyens pour effectuer leurs missions ?

Stéphane Folcher : Une communication interne va expliquer le dispositif aux effectifs et aux représentants des personnels. Les réservistes seront un appui précieux dans les commissariats. Il faut faire confiance au bon sens dans les services. La gendarmerie et les armées, qui emploient notamment des volontaires sur l’opération Sentinelle, nous le disent : ils ne peuvent plus se passer des réservistes (1). Et encore une fois, ces réservistes bénéficieront d’une formation en adéquation avec les missions qui leur seront confiées. Ce n’est pas une police au rabais.

AEF info : Vous avez fait allusion à la dégradation des relations police-population et à l’intérêt de les faire évoluer par le biais de la réserve. Des militants pro-police ou des partisans d’une réforme de la police pourraient être attirés. Quels profils et quels quartiers pourraient être ciblés par un recrutement dans la réserve ?

Stéphane Folcher : Notre objectif est de favoriser les échanges entre la population et sa police pour renforcer ce lien qui est distendu. Nos réservistes devront adhérer au fait de participer à la sûreté des personnes et des biens, dans le cadre du contrat social. Nous ne ciblons pas un public précis mais la société civile dans toutes ses composantes. La réserve doit être, comme la police d’active, le reflet de la population. Le recrutement se fera avec le concours de la garde nationale chargée de la politique d’attractivité des réserves. Une campagne de communication en direction des entreprises, des universités, des collectivités, sera lancée une fois la proposition de loi définitivement adoptée.

Nous aurons des candidatures de jeunes intéressés par les activités de la police. L’ouverture du recrutement favorisera certainement le rajeunissement de la réserve. Naturellement, nos réservistes seront affectés majoritairement sur la voie publique car c’est la police du quotidien, mais le spectre des missions peut être très étendu, à l’exception des services de renseignement et de police judiciaire qui nécessitent des habilitations spécifiques.

AEF info : Certaines patrouilles de gendarmes sont constituées uniquement de réservistes, notamment dans les transports en Île-de-France. Quel modèle allez-vous adopter : une intégration aux policiers d’active ou une autonomie des réservistes sur le terrain ?

Stéphane Folcher : Nous ne ferons pas de distinction entre des policiers d’active et des réservistes : ils porteront un uniforme identique, le même équipement et le même armement. L’absence de discrimination est une des clés du succès de la réserve au sein de la gendarmerie nationale. Il a été prouvé que les réservistes attendent d’être en totale immersion et de se voir confier des responsabilités clairement définies. Pour la police aussi, l’attractivité du dispositif repose sur la base d’une intégration complète des réservistes aux services auxquels ils appartiennent. Ils recevront un grade en fonction de leur niveau universitaire, de leur comportement, de leur motivation, de leur souhait d’évolution. Nous réfléchissons également avec la DRCPN au déroulement de carrière qui peut leur être proposé.

AEF info : Le commandement des réserves de la police nationale n’est pas encore officialisé dans les textes. Comment fonctionnera-t-il ? Y a-t-il du personnel dédié pour donner une véritable impulsion ?

Stéphane Folcher : Jusqu’à présent, le dossier des réserves était géré par la direction des ressources humaines de la police nationale. Emmanuelle Six, attachée au ministère de l'Intérieur, m’épaule dans ce travail préparatoire. Nous sommes aujourd’hui au stade de l’élan qui va nous permettre de franchir une étape. Dès que les textes seront adoptés, nous pourrons engager la montée en puissance de la réserve et de la structure. Ma nomination correspond à la volonté du DGPN d’incarner le commandement des réserves de la police nationale. J’ai été placé aux côtés de Frédéric Veaux car c’est de là que part l’impulsion vers toutes les directions de la police nationale. Vis-à-vis de l’extérieur, nous nous appuierons sur un parallélisme des formes par rapport à la gendarmerie. Je représente désormais le DGPN au sein des instances de la garde nationale, au même titre que le général Olivier Kim, commandant des réserves de la gendarmerie nationale (lire sur AEF info).

Le parcours de Stéphane Folcher

 

Stéphane Folcher est commissaire stagiaire de l’École de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or (Rhône) en 1999. Il prend ses premières fonctions de chef de la circonscription de Montmorency (Val-d’Oise) en 2000. Deux en plus tard, il rejoint la DCCRS comme chef du bureau des équipements et des affaires immobilières. En mars 2005, il passe chef du département des missions de police administrative et judiciaire au sein de la direction de la logistique de la Préfecture de police. Stéphane Folcher passe quelques mois plus tard chef du département des services spécialisés et des écoles de cette direction rebaptisée "direction opérationnelle des services techniques et logistiques" de la PP (devenue direction de l’innovation, de la logistique et des technologies). En 2009, Stéphane Folcher devient adjoint au sous-directeur du soutien technique de cette même direction.

Fin 2010, il est nommé adjoint au sous-directeur de la logistique de la direction centrale des CRS et passe en 2014 directeur zonal adjoint des CRS Vélizy (Yvelines). En 2017, Stéphane Folcher rejoint à nouveau la Préfecture de police où il est chef de la division des gardes et des escortes. Depuis le 12 novembre, il est commandant des réserves de la police nationale, auprès du DGPN.

(1) "Le réserviste est une force dont on ne peut se passer", a déclaré la générale Véronique Batut, secrétaire générale de la garde nationale le 6 octobre dernier.

à lire aussi
Fermer
Bonjour

Vous souhaitez contacter

Judith Blanes, journaliste