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Âge moyen, proportion de femmes, statut, disciplines : AEF info passe au crible le profil des 71 présidents d’université

Alors que la vague des élections universitaires 2020 touche à sa fin, AEF info publie le trombinoscope des 71 présidentes et présidents d’université qui ont été renouvelés, pour plus de la moitié, en un an. Au 28 janvier 2021, on compte ainsi 14 femmes (20 %), une proportion en légère hausse par rapport à 2016. La moyenne d’âge de cette "promotion" s’établit à 55 ans, un quart ayant plus de 60 ans. Issus en majorité des "sciences dures", les présidents sont pour 80 % d’entre eux professeurs, huit sont maîtres de conférences et un est Prag.

SOURCES : le trombinoscope des présidents

 

Ces informations ont été recueillies par les 24 journalistes constituant la rédaction "enseignement supérieur et recherche" d'AEF info à Paris et en région. Nous nous concentrons ici sur les 71 universités françaises, qui comprennent deux grands établissements (Dauphine et l'université de Lorraine), neuf établissements expérimentaux (PSL, Paris-Saclay, université de Paris, Gustave Eiffel, Grenoble Alpes, Côte d'Azur, Cergy-Pontoise, UPHF, Clermont Auvergne), l' INU Champollion et le CUFR de Mayotte.

Diplômes, fonctions et expériences précédentes... Pour explorer en un clin d’œil la carrière de chacun des 71 présidents élus, ainsi que des 8 présidents de Comue et celui l'INP Toulouse (qui a le statut d'université), naviguez dans notre trombinoscope. À l'aide des filtres à gauche, vous pouvez sélectionner l'académie, le secteur disciplinaire, le corps d'appartenance, les expériences précédentes ou la tranche d'âge qui vous intéressent.

Accédez au trombinoscope

80 % de nouveaux mandats, moitié moins de nouvelles têtes. Dans le cadre de la vague de renouvellement des conseils et des équipes de direction des universités, depuis le 1er janvier 2019, 56 universités sur 71 ont renouvelé leurs instances dont la plupart en 2020, le calendrier des élections débordant sur 2021, du fait de l'épidémie de Covid. Ils sont ainsi 10 à avoir pris leurs fonctions en 2019, puis 38 en 2020, et 8 depuis le 1er janvier 2021.

Quatre universités doivent encore procéder à leurs élections (Clermont Auvergne, Strasbourg, Paris-VIII et Le Mans) et deux doivent juste élire leur président (Orléans et Lyon-II).

Par ailleurs, 10 universités ont un calendrier "hors vague" avec des élections prévues courant 2021 (Antilles, Polynésie française, Lorraine, Nouvelle Calédonie, Sorbonne université et Lille) ou courant 2022 (Bordeaux, Upec, Toulouse-II).

Souvent, il s'agit du 2e mandat à la tête d'un établissement

Quel est le nouveau visage de la CPU ? Si elle compte un peu plus de la moitié de "néo-présidents" (37), 34 des 71 présidents actuels n'en sont pas à leur premier mandat.

22 de ces 34 présidents expérimentés entament simplement un 2e mandat à la tête de leur université. D'autres en sont à leur 2e mandat, mais à la tête d'un nouvel établissement, à l'image de Sylvie Retailleau qui préside la nouvelle université Paris-Saclay (après Paris-Sud).

Certains en sont à leur 3e mandat (Manuel Tunon de Lara, François Germinet, Gilles Roussel, Anne Fraïsse, Jean Chambaz, Christine Clerici) ou même à leur 4e (Philippe Augé). Ils ont pour cela :

  • profité de la création d'un nouvel établissement pour se représenter : c'est le cas de Gilles Roussel, qui, après deux mandats à la tête de l'Upem, vient d'être nommé par la ministre président de la nouvelle université Gustave Eiffel. Même chose pour François Germinet, élu à la tête de CY Cergy après deux mandats de président de l'université de Cergy-Pontoise ou Christine Clerici, présidente de l'université de Paris (après Paris-Diderot). On peut aussi citer les cas de Manuel Tunon de Lara à Bordeaux, de Philippe Augé à Montpellier ou de Jean Chambaz à Sorbonne université.
  • été réélus après une période de vacance : ainsi Anne Fraïsse entame son 3e mandat à la tête de Montpellier-III, après deux premiers mandats réalisés entre 2008 et 2016.

Soulignons que sur les 71 universités, 21 avaient un président non-rééligible ou qui ne s'est pas représenté en 2020, soit parce que le sortant avait déjà fait deux mandats et n'était pas renouvelable – c'est l'essentiel des cas (une quinzaine) –, soit parce qu'il était atteint dans un futur plus ou moins proche par la limite d'âge (Georges Haddad à Paris-I, ou Patrick Lévy à Grenoble par exemple) (1), soit parce qu'il ne souhaitait tout simplement pas se représenter (Jean-Pierre Astruc à Paris-XIII).

En revanche, 30 universités avaient un président renouvelable en 2020 (lire sur AEF info), et 17 l'ont déjà réélu.

Quelques outsiders. Si la grande majorité des 71 présidents élus étaient au préalable VP, quelques nouveaux entrants dans les instances dirigeantes sont à noter. Éric Carpano (Lyon-III) et Stéphane Braconnier (Paris-II) n'avaient au préalable ni exercé des fonctions de VP, ni dirigé de composantes au sein de leur établissement respectif, à contre-courant de de leurs pairs, passés par ces étapes avant de diriger leur université.

14 femmes

Alors qu'elles étaient 12 sur 75 en 2016 (soit 17 %), 14 femmes (soit 20 %) sont à la tête d'un établissement à ce jour :

  • Macha Woronoff (Franche-Comté),
  • Virginie Dupont (UBS),
  • Isabelle Klock-Fontanille (Limoges),
  • Nathalie Dompnier (Lyon-II),
  • Anne Fraïsse (Montpellier-III),
  • Carine Bernault (Nantes),
  • Sylvie Retailleau (Paris-Saclay),
  • Christine Neau-Leduc (Paris-I),
  • Virginie Laval (Poitiers),
  • Michèle Cottier (Saint-Étienne),
  • Emmanuelle Garnier (Toulouse-II),
  • Christine Clerici (université de Paris),
  • Annick Allaigre (Paris-VIII),
  • Christelle Farenc (INU Champollion).

À noter que ce chiffre pourrait varier prochainement puisque Michèle Cottier a annoncé sa démission à la suite de l'arrêt de l'idex de Lyon-Saint-Étienne, ce, "dès que la crise sanitaire le permettra" (lire sur AEF info). Il faudra aussi voir si Nathalie Dompnier est réélue à la tête de Lyon-II – elle devrait l'être en toute logique au vu des résultats des élections (lire sur AEF info) mais le processus d'élection a pris un peu de retard (lire sur AEF info) – et si Annick Allaigre est réélue à Paris-VIII, les élections étant prévues en février.


sept sortants battus

La fin de l'année a été compliquée pour un certain nombre de présidents qui souhaitaient se présenter à leur propre succession. On compte en effet 7 battus, quand en 2016, ils n'étaient que 4 (lire sur AEF info).

  • Le premier est Pierre Denise, à Caen, battu par Lamri Adoui.
  • Xavier Py, à Perpignan, a également jeté l'éponge après les élections, battu par les listes de Yvan Auguet.
  • De même que Philippe Vendrix à Tours, qui laisse son fauteuil à Arnaud Giacometti.
  • Alain Célérier à Limoges s'est lui aussi retiré après l'élection des personnalités extérieures, laissant Isabelle Klock-Fontanille seule candidate pour l'élection début janvier.
  • À Toulouse-I, Hugues Kenfack a battu Corine Mascala.
  • Montpellier-III voit le retour de son ancienne présidente, Anne Fraisse, qui a battu Patrick Gilli.
  • Si la situation ne s'est pas encore dénouée à Orléans, Ary Bruand a annoncé le retrait de sa candidature après trois CA infructueux au cours desquels aucun candidat n'est parvenu à obtenir la majorité absolue (lire sur AEF info).

Recours. En amont, par ailleurs, le processus électoral départageant les listes au CA a été émaillé d'annulations ou de recours dans quatre cas : à Lyon-I (lire sur AEF info), Besançon (lire sur AEF info), La Réunion (lire sur AEF info), et enfin Paris-III, en avril 2019 (lire sur AEF info).

80 % de professeurs

Si 80 % des présidents sont professeurs des universités, dont sept PU-PH (ils étaient 11 en 2016), 8 sont maîtres de conférences. Le seul Prag est Matthieu Gallou (Bretagne Occidentale), constituant également l'unique président ne détenant pas de doctorat parmi les 71. Deux enfin appartiennent au corps des chercheurs, avec un directeur de recherche (Patrick Curmi à Évry) et un chargé de recherche (Joël Alexandre à Rouen).



Des présidents souvent docteurs de l'université qu'ils président

Autre phénomène à souligner : 30 présidents sur 71 ont obtenu leur doctorat dans l'université qu'ils président (42 %).

Par ailleurs, trois ont obtenu leur doctorat à l'étranger :

  • Yassine Lakhnech (Grenoble Alpes), en informatique et mathématiques à l'université Christian Albrecht de Kiel en Allemagne en 1996 ;
  • Pasquale Mammone (Artois), à l'université de Mons en Belgique en 1987,
  • et Éric Carpano (Lyon-III), à l'institut universitaire européen de Florence en Italie, en 2003.

Alain Fuchs (PSL) a quant à lui obtenu un diplôme d'ingénieur chimiste à l'École polytechnique fédérale de Lausanne.

Une moyenne d'âge de 55,1 ans, en hausse

Quel est l'âge moyen des présidents ? Sur les 70 présidents pour lesquels nous avons pu recueillir l'information, la moyenne d'âge est de 55,1 ans. C'est un peu plus qu'en 2016, où cette moyenne était de 54,5 ans ou qu'en 2012 où elle s'élevait à 52,8 ans.

On retrouve finalement le niveau de 2007 (55 ans). Le plus jeune président a 40 ans : il s'agit d'Aurélien Siri (CUFR Mayotte), les aînés étant Eustase Janky (Antilles), Jean Chambaz (Sorbonne université), Alain Fuchs (PSL) et Christine Clerici (université de Paris).

50 % des présidents viennent des sciences dures

Quant à leur domaine de spécialité, plus de la moitié (34) viennent du secteur des sciences/technologie/ingénierie. Ils sont quatre mathématiciens et cinq informaticiens sur 34, contre un spécialiste du sport (Jeanick Brisswalter, Côte d'Azur). Par ailleurs :

  • 15 sont issus des ALLSHS ;
  • 9 du droit ;
  • 9 de la médecine ou des sciences de la vie ;
  • 5 de l'économie ou de la gestion.

Parmi les 15 présidents relevant du droit, des sciences politiques ou de la gestion, cinq sont agrégés du supérieur : El Mouhoub Mouhoud (Dauphine-PSL), Éric Carpano (Lyon-III), Christine Neau-Leduc (Paris-I), Stéphane Braconnier (Paris-II), et Hugues Kenfack (Toulouse-I).


Normaliens, ingénieurs, diplômés d'écoles de commerce ?

Parmi les 71 présidents :

Six sont normaliens :

  • Christophe Fouquéré (Sorbonne Paris Nord),
  • Jamil Dakhlia (Paris-III),
  • Sylvie Retailleau (Paris-Saclay),
  • Philippe Gervais-Lambony (Paris Nanterre),
  • Gilles Roussel (Gustave Eiffel),
  • Bernard Mathias (Clermont-Auvergne).

Sept sont ingénieurs :

  • Abdelhakim Artiba (UPHF),
  • Arnaud Giacometti (Tours),
  • Jean-Marc Broto (Toulouse-III),
  • Philippe Galez (Savoie),
  • Alain Fuchs (PSL),
  • François Germinet (Cergy-Pontoise).
  • Le dernier, Ary Bruand (Orléans) n'est plus président mais administrateur provisoire de l'établissement, dont le président doit être élu ce 29 janvier 2021.

Deux sont diplômés d'une école de commerce : Jamil Dakhlia (Paris-III) et David Alis (Rennes-I).

Par ailleurs, il apparaît dans les CV disponibles des 71 présidents élus, que 10 d'entre eux ont une expérience plus ou moins longue à l'international (activité d'enseignement et de recherche) tandis que trois seulement ont une expérience professionnelle dans le secteur privé : Pierre-Allain Muller (Mulhouse), Stéphane Braconnier (Paris-II) et Christian Roblédo (Angers). Enfin, l'un deux est un ancien rugbyman professionnel (Benoît Roig, Nîmes), tandis qu'un autre est passé par un cabinet ministériel (Jean-Luc Dubois-Randé, Upec).

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(1) La limite d’âge pour exercer la fonction de président d’université est fixée à 68 ans. Un président peut toutefois rester en fonctions jusqu'au 31 août suivant la date à laquelle il a atteint cet âge (article L. 711-10). Dans le cadre des établissements expérimentaux, les statuts peuvent déroger à cette règle, comme à PSL.

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DÉCRYPTAGE. Qui sont les 68 présidents d'université élus en 2012 ?

43 nouveaux présidents ont fait leur entrée à la CPU cette année (sur 77 établissements), auxquels viendront s'ajouter ceux de Paris-II et de Paris-VIII qui seront élus prochainement (AEF n°212977). 24 anciens présidents ont en revanche été réélus, auxquels il faut ajouter Yvon Berland, président de la nouvelle université fusionnée d'Aix-Marseille (AEF n°224472), mais qui a déjà fait deux mandats à la tête d'Aix-Marseille-II. Cela représente donc un renouvellement de près de 66 % des présidents d'université. Reste encore des élections dans les universités de Paris-II, Paris-VIII, Nouvelle Calédonie en juillet 2012, Antilles-Guyane en novembre 2012, Polynésie en octobre 2013, Strasbourg fin 2012 et Nîmes. Nous ne comptons pas également dans nos statistiques les universités de Bordeaux-III et de Bourgogne qui font l'objet de recours contentieux (AEF n°213846 et n°219257).

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