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Nouveau bac : de quel milieu social viennent les lycéens selon leur spécialité ?

Comment se répartit, en matière de classe sociale, la première promotion de terminale générale issue de la réforme du bac ? Quand 39 % des élèves viennent de milieux très favorisés, ces derniers sont surreprésentés dans trois duos de spécialités, alliant mathématiques à physique-chimie, histoire-géo ou SES, reconstituant d’anciennes "voies royales" vers le supérieur. La différence public/privé est patente : 45 % des lycéens du privé ont choisi les mathématiques, contre 40 % dans le public. Voici un état des lieux, comparé dans cette autre dépêche à la situation qui prévalait dans l'ancien bac.

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SOURCES ET méthodologie

 

Nous nous basons sur la note d'information 20.38 de la Depp de novembre 2020, qui présente notamment les choix d’enseignements de spécialité des élèves de terminale pour l’année 2020 (lycées publics et privés hors contrat, en France métropolitaine et dans les Drom), selon le profil social de leur responsable légal (1). Nous nous focalisons sur les données des élèves de terminale en bac général, soit la première promotion du nouveau bac aménagé selon les modalités de la réforme initiée par Jean-Michel Blanquer.

Les enseignements de terminale sont en effet désormais composés d’un socle de 15h30 de cours de tronc commun par semaine (dont deux langues vivantes), de 12 heures de spécialité (deux enseignements de 6 heures chacun, les "doublettes") voire d’une option facultative de 3 heures (2). Nous nous concentrons ici sur les 12 heures de spécialité.

De quel milieu social et culturel les élèves de la première promotion de terminale générale post-réforme du lycée sont-ils issus ? Après les choix de spécialité de ces lycéens (voir sur AEF) et leur répartition genrée (lire sur AEF), nous dessinons ici leur profil social.

L’état des lieux en 2020-2021

Selon les premiers chiffres rendus publics par la Depp, pour l’année 2020-2021 en terminale générale :

  • les lycéens de catégorie sociale "très favorisée" représentent 39 % de l’ensemble des effectifs,
  • contre 21 % pour les profils "défavorisés".
  • Entre les deux, les profils sociaux "favorisés" pèsent pour 15 % des lycéens passant leur bac l’été prochain,
  • et les élèves issus de milieux sociaux "moyens", 25 %.

Il est à souligner qu’ici, les élèves pour lesquels la variable est manquante ne sont pas pris en compte, soit 2,2 % des élèves de terminale générale (8 300).

Dans quelle mesure ces équilibres sociaux changent-ils selon le duo de spécialités choisi ? Nous dressons le constat dans les 15 premiers duos de spécialités en nombre d’élèves.

Sciences dures. Dans les 5 premières doublettes scientifiques pures choisies par les lycéens, les profils très favorisés sont surreprésentés en mathématiques et physique-chimie, où ils représentent 52 % de l’effectif. Soit 13 points de plus que la moyenne. Au contraire, dans les quatre autres duos mêlant à ces deux matières les SVT, sciences de l’ingénieur ou informatique, ces profils les mieux placés dans l’échelle sociale sont légèrement sous-représentés. Ils pèsent pour 2 ou 3 points de moins que la moyenne, tandis que les profils défavorisés y sont légèrement supérieurs à la moyenne (1 à 2 points de plus).


En lettres et SHS. Les élèves défavorisés semblent quant à eux systématiquement préférer des duos de spécialités plus littéraires. Alors qu’ils représentent 21 % des élèves de terminale cette année, ces lycéens pèsent pour 29 % en humanités-littérature-philosophie (HLP) - SES, et 28 % et HLP - Langues, littératures, cultures étrangères et régionales (LLCER). Soit 7 à 8 points de plus.

Comparés à leur poids dans l’ensemble des effectifs toujours, ils sont en surreprésentation en HGGSP - HLP où ils atteignent 26 % des effectifs de la doublette, soit 5 points de plus que la moyenne, quand les trois autres duos de spécialité de SHS "pures" les voient surreprésentés dans des proportions allant de 1 à 4 points de plus.


Dans les 4 principales doublettes "mixtes". Ici, la situation est très contrastée. Les CSP très favorisées sont largement surreprésentées dès lors que les mathématiques font partie du duo de spécialité. Ainsi, en HGGSP - mathématiques, ces profils représentent 55 % des effectifs, soit 16 points de plus que la moyenne nationale. Un record. De même dans une moindre mesure en mathématiques-SES, ces profils très favorisés pèsent pour 44 %, 5 points au-dessus de la moyenne. En revanche, alors que l’on pourrait penser que ces doublettes seraient également privilégiées par la catégorie intermédiaire des élèves "favorisés", il n’en est rien : ces derniers sont seulement 12 % ou 13 %, 2 ou 3 points sous la moyenne.

À l’opposé, dans les deux autres principales doublettes mixtes hors mathématiques, les élèves défavorisés sont en surreprésentation en SVT - SES, avec 28 % des effectifs, 7 points au-delà de la moyenne. Mais aussi en HGGSP - SVT, où ils pèsent pour 24 % de l’effectif, soit 3 points de plus que la moyenne nationale.


une certaine reconstitution de "voies royales"

Les trois doublettes alliant systématiquement les mathématiques à une autre matière, respectivement la physique-chimie, l’histoire-géo et les SES, qui concentrent les profils les plus favorisés, siéent particulièrement les attentes de formations d’excellence.

En effet, la première mêle deux disciplines privilégiées dans les CPGE scientifiques. Quant au duo mathématiques - SES, il peut notamment mener vers des CPGE économiques préparant à l’entrée dans une grande école de commerce. Ou vers des IEP, qui basent leurs enseignements sur la pluridisciplinarité et qui peuvent également être un projet d’orientation pour les lycéens ayant choisi mathématiques - histoire-géo. Semblerait se traduire ici une certaine reconstitution de "voies royales" vers des enseignements d’excellence où les enfants de CSP très favorisées sont habituellement nombreux (3).

L’attrait ancien des "bonnes" classes. Une analyse que partage Marie Duru-Bellat, professeure émérite en sociologie et spécialiste des questions d’éducation, pour qui "la médecine et les écoles d’ingénieurs recrutant dès le bac" font également partie des orientations possibles pour les élèves de la doublette mathématiques et physique-chimie. "C’est précisément pour que les lycéens ajustent leurs choix à leurs projets post-bac que la réforme a été conçue, explique-t-elle. Ce n’est pas nouveau, mais cela a peut-être été accentué aux dépens d’une stratégie [ancienne] visant avant tout à être dans les 'bonnes' classes."

Pour Philippe Vincent (SNPDEN-Unsa) également, la prépondérance des élèves très favorisés en sciences dures et en particulier en mathématiques est due à "une meilleure maîtrise des codes et outils de choix d’orientation". Les matières scientifiques, et en particulier les mathématiques, jouissant en effet, d’une image de discipline élitiste.

L’angle mort de l’accompagnement. Interrogé par AEF info sur ces chiffres, Pierre Mathiot, auteur du rapport qui fut à l’origine de la réforme du lycée (voir notre dépêche), note que "les mathématiques étant considérées comme une matière d’élite, les élèves les plus modestes ont tendance à se censurer et à ne pas les choisir parce qu’ils estiment que ce n’est pas fait pour eux, que c’est trop difficile ou que c’est trop élitiste." Et le copilote du comité de suivi de la réforme de préciser : "Il faut remettre en question ce positionnement des mathématiques. Cela ne prend pas cinq minutes."

Du côté du Snes-FSU, Sophie Venetitay, secrétaire générale adjointe, pointe le manque des 54 heures d’accompagnement à l’orientation obligatoire dans les établissements : "Dans les faits, on est loin du libre choix car le système d’orientation reste obscur et le manque d’information profite mieux à ceux qui connaissent le système." Une critique qu’entend pleinement Pierre Mathiot, qui reconnaît que l’accompagnement à l’orientation est "un angle mort" pour l’instant : "Il y a des aménagements qu’il faut conduire le plus rapidement possible, surtout en période de confinement."

Si l’on distingue lycées privés et publics, les écarts s’accentuent

Le choix des mathématiques est-il d’autant plus privilégié dans les lycées privés, où les élèves sont davantage issus de familles au profil socialement favorisé ? Si l’on regarde dans le détail la répartition des choix de spécialité en fonction du caractère privé ou public des établissements, les écarts sociaux se creusent.

Selon les données de la Depp sur les effectifs de la rentrée 2019, les lycées privés concentrent les enfants de cadres et autres professions libérales. Ils représentent ainsi 53 % des effectifs dans le privé, contre seulement 24 % dans les lycées publics. Au contraire, les enfants défavorisées sont minoritaires en lycée privé, où ils n’occupent que 10 % des effectifs contre 25 % dans les établissements publics.


Davantage de maths, physique et SES. Au sein de la promotion 2020-2021 de terminale générale, parmi les 23 % à être scolarisés dans un établissement privé, 45 % ont choisi mathématiques parmi leurs duos de spécialités. Soit bien davantage de leurs homologues dans les lycées publics qui ont été 40 % à avoir choisi les mathématiques en spécialité.

Les spécialités vers lesquelles les élèves scolarisés dans le privé se tournent davantage que ceux du public restent les sciences dures et les SES. Une différence de 6,7 points est même à noter pour la physique-chimie, spécialité où l’on observe le plus grand écart entre les deux types d’établissement. En SES, moins d’un point sépare le privé du public.

Moins de SVT, humanités et arts. Seule matière scientifique à être préférée par les élèves du public : les SVT, avec 27 % des lycéens du public contre 24 % dans le privé. En HGGSP, les taux sont équivalents (26 %), alors qu’en LLCER, les élèves du public sont proportionnellement supérieurs aux élèves du privé, avec 19,1 % des effectifs contre 15,2 %.

Quant aux spécialités les moins fournies, allant du théâtre à biologie-écologie en passant par la danse, seuls 0,5 % des lycéens du privé s’y sont orientés, contre 2 % dans le public. Ainsi pour les arts du cirque, aucun lycéen du privé ne s’y est engagé, quand 85 élèves de lycées publics ont choisi cette option en France. S’il est plausible que l’offre de formations rares ne soit n’existe pas autant dans le privé, les écarts ne sont pas anodins pour Philippe Vincent, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, qui y voit l’illustration d’un choix "utilitaire" opéré par les familles très favorisées en termes de projet professionnel pour leurs enfants.

Nouveau bac, crise Covid : comment le supérieur va sélectionner et accueillir les bacheliers 2021 ? (AEF info Live, 21 janv 11h)

 

Les bacheliers 2021 seront la première génération d’élèves formés par le "nouveau lycée". Quel est le profil de ces lycéens actuellement en terminale ? Quelles spécialités ont-ils choisies ? Comment les formations du supérieur vont-elles s’adapter à cette diversité de profils ? Comment vont-elles les sélectionner et les accompagner ? Quel est l’impact de la crise sanitaire sur leur orientation ? Dans le cadre du Salon Postbac, 100 % digital cette année, la rédaction d’AEF info organise les "Rendez-vous de l’éducation" à distance, à travers un webinaire avec Pascal Charpentier, proviseur et président de l’APLCPGE, Alexandra Knaebel, présidente de l’Adiut, Thierry Boutry, chargé du -3/+3 à l’université de Rouen. Christophe Kerrero, recteur de la région académique d’Île-de-France, clôturera le débat. Rendez-vous jeudi 21 janvier à 11h. Cliquez ici pour vous inscrire.

(1) - La catégorie très favorisée renvoie aux enfants dont les parents sont chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus, cadres, ou issus de professions intellectuelles supérieures, instituteurs, professeurs des écoles.
- La catégorie favorisée renvoie aux enfants dont les parents exercent des professions dites intermédiaires (hors instituteurs et professeurs des écoles), sont retraités-cadres et retraités des professions intermédiaires.
- La catégorie moyenne, renvoie, quant à elle, correspond aux enfants d’agriculteurs exploitants, d’artisans et commerçants (et retraités correspondants), ainsi qu’aux employés.
- Les élèves défavorisés sont enfants d’ouvriers, retraités ouvriers et employés ou inactifs.

(2) Parmi les options facultatives, le lycéen de terminale peut choisir les enseignements suivants : mathématiques expertes, mathématiques complémentaires, droit et grands enjeux du monde contemporain. Par exemple, un élève qui choisit en doublette mathématiques - physique chimie peut également choisir mathématiques expertes en option et suivre ainsi six heures de cours de spécialité et trois heures d’option uniquement dédiées aux mathématiques.

(3) Selon les données du MESRI pour la rentrée 2019, les enfants de cadres et professions intellectuelles supérieures pesaient pour plus de la moitié en CPGE et prépas intégrées avec 52 % de l’effectif. Contre 11 % pour les enfants d’employés, et 7 % pour les enfants d’ouvriers. Dans les formations d’ingénieurs hors universités, 54 % des étudiants ont des parents cadres, quand 9 % sont enfants d’employés et 5 % enfants d’ouvriers. Dans les cursus en santé à l’université (hors écoles paramédicales et sociales), qui forment à la médecine notamment, les étudiants dont les parents sont cadres pèsent pour 47 % de l’effectif, contre 11 % pour ceux dont les parents sont employés, et 7 % pour les enfants d’ouvriers. À l’inverse, dans les formations paramédicales et sociales, les enfants de cadres ne pèsent que pour 24 % de l’effectif, contre 31 % pour les enfants d’employés et 19 % pour les enfants d’ouvriers.

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