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"Les écoles contribuent à la transmission du virus" (Zoë Hyde, épidémiologiste)

"Si le nombre de cas de Covid devient trop élevé, il faut envisager de fermer les écoles", affirme l’épidémiologiste australienne Zoë Hyde (1), dans une interview accordée à AEF info mardi 15 décembre 2020. Cette chercheuse a publié une analyse dans The Medical Journal of Australia sur le rôle "négligé" des enfants dans la pandémie. "Le virus se propagera dans les écoles si des précautions ne sont pas prises, tout comme il se propagera dans n’importe quel autre environnement intérieur surpeuplé", prévient-elle. Selon elle, "l’Allemagne a raison d’inclure la fermeture des écoles" dans le cadre de son reconfinement. Pour laisser leurs écoles ouvertes, les pays doivent être capables de réduire fortement le nombre de contaminations et de réaliser un "contact tracing" efficace. Zoë Hyde conseille aussi de réaliser régulièrement des tests salivaires dans les écoles, comme en Autriche.

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Zoë Hyde, épidémiologiste à l'University of Western Australia. Droits réservés - DR

AEF info : Pourquoi considérez-vous que les écoles sont un élément moteur de la deuxième vague épidémique en Europe ?

Zoë Hyde : Les écoles contribuent à la transmission du virus. Par exemple, en Angleterre, nous avons vu le nombre de cas diminuer pendant les vacances scolaires d'octobre, puis augmenter à nouveau par la suite. Un confinement a été décidé peu de temps après mais il ne concernait pas les écoles : les cas ont recommencé à diminuer, sauf chez les enfants et les adolescents, où ils ont continué à augmenter.

AEF info : Le maire de Prague décrit les écoles comme des "bourses d'échange de Covid" alors que le ministre français de l'Éducation nationale affirme que les écoles ne créent pas de clusters. En France, 4 548 écoliers ont été identifiés comme des cas confirmés de Covid au cours des sept derniers jours, ce qui paraît très peu par rapport aux 12 millions d'écoliers. Qui a raison ?

Zoë Hyde : Combien de tests réalisez-vous en France ? Les enfants sont-ils suffisamment testés ? S’ils ne le sont pas, alors vous n’avez aucune idée de ce qui se passe réellement, car les cas sont souvent asymptomatiques dans cette tranche d’âge. Pour se faire une idée complète de la situation, il faut faire des tests aléatoires sur la population.

Le programme REACT-1 en Angleterre (2) en est un bon exemple : les dernières données de cette étude montrent que les adolescents sont actuellement les plus susceptibles d’être testés positifs, suivis par les jeunes adultes de 18 à 24 ans, puis par les enfants de 5 à 12 ans. Les enfants et les adolescents ont plus de chances d’être testés positifs que les adultes de plus de 25 ans : où sont-ils infectés, si ce n’est à l’école ?

AEF info : En France, des lycées organisent un enseignement hybride, les universités sont fermées (en e-learning) mais les écoles sont ouvertes. Pensez-vous que cela soit suffisant pour lutter contre le Covid ?

Zoë Hyde : Le virus se propagera dans les écoles si des précautions ne sont pas prises, tout comme il se propagera dans n’importe quel autre environnement intérieur surpeuplé. Il faut absolument respecter quatre éléments clés : des masques pour le personnel et les élèves, des classes moins nombreuses, la distanciation physique et une ventilation accrue.

AEF info : L’Allemagne vient de décider de fermer ses écoles, quelques semaines après l’Autriche. Pensez-vous que cette mesure sera efficace ?

 

"Un confinement sans fermeture d’écoles ne sera pas complètement efficace"

 

Zoë Hyde : L’Allemagne a raison d’inclure la fermeture des écoles parmi les mesures de confinement. Un confinement sans fermeture d’écoles peut réduire dans une certaine mesure la transmission du virus mais il ne sera pas complètement efficace. Je pense que le confinement allemand sera efficace, à condition de ne pas être levé trop rapidement. Si le nombre de cas n’est pas ramené à un niveau très bas, le virus ne fera que rebondir. La clé est de ramener le nombre de cas à un niveau qui permet le "contact tracing" [l'identification et le suivi des personnes contacts]. À ce stade, la recherche des cas contacts permet de supprimer le virus, voire de l’éliminer complètement. Nous avons réussi à éradiquer le virus à Sydney grâce à la recherche des cas contacts.

AEF info : Comment savoir si les enfants asymptomatiques transmettent le virus de la même manière que les enfants symptomatiques ?

Zoë Hyde : Nous ne savons pas si les enfants asymptomatiques transmettent le virus de la même manière que les enfants symptomatiques. C’est l’une des questions les plus importantes sur le virus qui n’a pas encore de réponse. Mais nous savons que les enfants asymptomatiques peuvent transmettre le virus. Des épidémies dans des centres d’accueil pour enfants l’ont prouvé. Par exemple, une étude du CDC sur un cluster dans une garderie en Pologne a montré que 8 enfants sur 16 étaient infectés mais étaient restés complètement asymptomatiques. Les membres de la famille de 5 enfants sur 8 ont été infectés, ce qui suggère que les jeunes enfants (1 à 2 ans) peuvent transmettre efficacement le virus. Les auteurs de l’étude notent que le cluster n’aurait probablement pas été détecté si certains adultes n’avaient pas développé des symptômes.

AEF info : Faut-il pratiquer des tests de masse dans les écoles ? Si oui, quels types de tests utiliser ?

Zoë Hyde : Nous avons besoin d’une surveillance régulière pour comprendre ce qui se passe dans les écoles. Ce suivi peut être réalisé en utilisant des tests salivaires pour faciliter la vie des enfants. Il existe un programme de ce type en Autriche, qui a connu un grand succès et a permis de découvrir de nombreuses infections dans les écoles (cf. encadré ci-dessous).

AEF info : En définitive, que devons-nous faire dans les écoles ? Quand devrions-nous envisager de les fermer ? Comment les garder ouvertes le plus longtemps possible ?

Zoë Hyde : La seule façon de sécuriser les écoles est de réduire la transmission au sein de la communauté. Si vous pouvez réduire les cas dans la population générale, alors le risque associé aux écoles devient beaucoup moins important, à condition de prendre des précautions, en suivant les recommandations de l’École de santé publique de Harvard. Mais si le nombre de cas de Covid dans la population devient trop élevé pour faire du "contact tracing", alors il faut envisager de fermer les écoles.

Un suivi au long cours en Autriche

 

Les écoles autrichiennes utilisent depuis cet automne la méthode du gargarisme pour tester leurs élèves. La "Gurgelstudie" concernera jusqu’à l’été 2021 14 800 élèves de 6 à 15 ans et 1 200 enseignants dans 250 écoles. Les prélèvements ont lieu sous la supervision de médecins scolaires formés à cet effet. L’objectif est d’obtenir des données fiables sur le rôle des enfants dans la diffusion du Covid-19 pour éclairer les décisions concernant le milieu scolaire.



(1) Zoë Hyde est épidémiologiste et biostatisticienne à l'University of Western Australia (Perth) depuis 2006. Elle assure une veille très active sur Twitter au sujet du rôle des enfants dans la pandémie et a publié récemment un article dans The Conversation intitulé "Les enfants peuvent transmettre le coronavirus au même rythme que les adultes : ce que nous savons maintenant des écoles et du COVID-19" (en anglais).

(2) Ce programme, lancé en Angleterre par l'Imperial College de Londres le 1er mai 2020, consiste à dépister régulièrement 150 000 personnes pour suivre l'évolution de l'épidémie en temps réel. Il repose sur des tests par écouvillon, auto-administrés à domicile par un échantillon représentatif de la population.

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