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Police : Emmanuel Macron annonce la création d’une plate-forme pour dénoncer les "discriminations" en matière de contrôles

Le président de la République Emmanuel Macron annonce, vendredi 4 décembre 2020 lors d’un entretien avec le média en ligne Brut, la création en janvier prochain d’une plate-forme pour signaler les discriminations, notamment concernant les contrôles de police jugés abusifs. Il revient sur le terme "violences policières" qu’il considère comme un "slogan", et un "terme politisé", venant d’une "partie de l’extrême-gauche", qui "veut installer l’idée qu’il y a une violence consubstantielle à la police et un racisme consubstantiel à la police", ce qu’il nie fermement.

Emmanuel Macron lors de son ITW par Brut, vendredi 4 décembre 2020 copie d''écran

Voici les principales déclarations du président de la République Emmanuel Macron lors de son interview avec le média en ligne Brut, vendredi 4 décembre 2020, concernant les forces de l’ordre et les violences.

Évacuation de la place de la République. "Ce n’est jamais normal d’avoir des comportements qui ne sont pas à la hauteur des attentes que l’on a", répond le président, interrogé sur les images des violences commises par certains policiers lors de l’évacuation du campement de migrants installé place de la République le 23 novembre dans la soirée. "Il faut essayer de comprendre dans quel cadre ils sont faits, et comment on les corrige. Je ne voudrais pas accabler les policiers qui sont intervenus ce soir-là et en général les policiers, parce qu’ils sont eux-mêmes placés dans des situations qui sont extrêmement dures et pour lesquelles ils n’ont pas toujours été formés", ajoute-t-il (lire sur AEF info). "En quelque sorte, ils sont confrontés à toutes les formes de violence qu’il y a dans la société."

"Est-ce qu’il fallait faire enlever les tentes ? Oui, parce que ce n’est pas normal qu’il y ait des tentes dans les rues en France. On ne peut pas l’accepter", pour les migrants, "on ne peut pas l’accepter non plus pour les riverains", poursuit le président, tout en défendant la mise en place "de solutions d’hébergement d’urgence derrière".

Quant aux conditions de l’opération policière ce soir-là, "il n’y a rien qui justifie la violence", martèle-t-il. "Quand la police intervient, elle doit toujours le faire dans un cadre déontologique exemplaire. Il y a une inspection qui a été lancée dès le lendemain", elle "a permis d’identifier des fautes", et "il y aura donc des sanctions" (lire sur AEF info).

Affaire Michel Zecler : "Ce qui nous a fait honte à tous, c’est que les policiers ne soient pas exemplaires", soutient le président interrogé sur ses déclarations au travers des réseaux sociaux, à la vue de la longue vidéo diffusée par le médial en ligne Loopsider le 26 novembre dernier. "Je pense que tous les policiers de France, les gendarmes, toutes celles et ceux qui sont dans les forces de sécurité ont ressenti la même chose. Ce qu’il faut comprendre, c’est pourquoi", les policiers intervenus ce soir-là et qui ont tabassé le producteur de musique "en sont arrivés là, pourquoi ils se sont comportés de cette manière. Il n’y a rien qui l’excuse, qui le justifie".

Emmanuel Macron rappelle que quelques jours après l’éclatement de cette affaire, lors de la "marche des libertés", visant à s’opposer à la loi sécurité globale (lire sur AEF info), samedi 28 novembre, lors des incidents en fin de défilé à Paris, "une femme commissaire de police s’est fait rouer de coups". "Si on ne regarde pas la société dans son ensemble, on n’est pas juste", répond-il, alors que les journalistes le relancent sur les violences policières. "Elle a été attaquée par des fous, des gens ensauvagés. J’attends d’un policier l’exemplarité." Mais, poursuit le président, "ce qui est très important, c’est qu’on n’ait pas qu’un regard sur une part de la violence. Sinon, vous ne sortirez jamais d’une espèce de circularité où, en quelque sorte, il y a le citoyen victime et le policier violent."

"Violences policières" : "Ce terme-là est politisé", lance Emmanuel Macron. "Les black blocs, une partie de l’extrême gauche qui veut la dissolution de l’État, veut installer l’idée qu’il y a une violence consubstantielle à la police et un racisme consubstantiel à la police." "Ça, c’est non ! Je suis contre ça, ce n’est pas vrai", s’agace-t-il. "Les policiers, les policières, les gendarmes, s’engagent pour servir. Ce qu’ils font, ils le font au nom de la loi qui a été votée par celles et ceux qui nous représentent", souligne-t-il.

"Il y a des violences de policiers, c’est tout à fait vrai", poursuit-il. Alors que les journalistes lui rappellent que début 2017, durant la campagne pour l’élection présidentielle, le candidat Emmanuel Macron avait lui-même utilisé le terme "violences policières", il répond : "Je peux vous dire qu’il y a des violences policières si ça vous fait plaisir que je le dise. Mais je n’aime pas donner crédit à un concept. Il a de la violence dans la société, il y a du racisme dans la société. Et comme on a une police qui est à l’image de la société, il y a des membres de la police qui ont des comportements violents qu’il faut pouvoir traquer et sanctionner, il y a des membres de la police qui ont des attitudes racistes qui ne sont pas acceptables. Mais est ce que pour autant, c’est l’institution qui l’est, l’ensemble des policiers ? non !"

Discriminations. Interrogé sur les "contrôles au faciès", les tensions dans les quartiers sensibles, Emmanuel Macron reconnaît qu'"il y a une défiance qui s’est installée dans les quartiers difficiles". Il annonce le lancement, en janvier prochain, d’une plate-forme internet permettant de signaler des discriminations en matière de contrôle, gérée "par l’état, le défenseur des droits, et des associations compétentes en la matière".

IGPN. Interrogé sur les polémiques autour de l’indépendance de l’inspection générale de la police nationale, le président estime qu’il faut "lui donner encore plus de force administrativement", et "une vraie indépendance sur les sanctions". Emmanuel Macron juge également qu’il faut "plus de transparence, parce que les images sont là, les débats sont publics".

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Jean-Marie Godard, journaliste