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L’endorecrutement est de 17 % pour les MCF et de 44 % pour les professeurs en 2019. Le détail par section CNU

Alors que la LPR ouvre la possibilité de recruter hors qualification par le CNU, certains craignent que cela se traduise par une augmentation du localisme. Quelle est la réalité de ce phénomène aujourd'hui ? Selon les données DGRH, 17 % des maîtres de conférences et 44 % des professeurs d’université ont été endorecrutés en 2019 et ces données "n’ont que peu évolué depuis 2000". Le localisme est à l’œuvre de manière très variable d’un groupe CNU à l’autre, où le taux d’endorecrutement va de 5 % à 32 % pour les MCF et de 15 % à 79 % pour les PR. Voici le détail par corps et section CNU.

sources et mÉthodologie

 

Nous nous sommes basés sur la note de la DGRH de septembre 2020. L'endorecrutement des enseignants-chercheurs désigne ici le fait qu’un MCF soit recruté par l’établissement où il a obtenu son doctorat, et qu’un PR soit recruté par l’établissement où il était préalablement MCF.

Dans plusieurs sections CNU, le taux d’endorecrutement n’est pas disponible pour l’un des deux corps d’enseignants-chercheurs : section 12. Langues et littératures germaniques et scandinaves ; section 13. Langues et littératures slaves ; section 36. Terre solide : géodynamique des enveloppes supérieures, paléo-biosphère ; section 76. Théologie catholique ; section 77. Théologie protestante.

Selon les données de la DGRH, 17 % des maîtres de conférences et 44 % des professeurs d’université ont été endorecrutés en 2019. Cet ordre de grandeur "n’a que peu évolué depuis 2000", soulignent les auteurs de la note.

L’endorecrutement est souvent considéré comme un point faible des établissements d’enseignement supérieur français. "Chacun sait que le recrutement universitaire est marqué par une tendance lourde au clientélisme et au localisme que l’intervention préalable du CNU n’a donc nullement enrayée", estimait en 2015 le professeur de droit public à l’université de Besançon Charles Fortier (1). "Ce qui caractérise le recrutement des universitaires en France […], c’est la fermeture du marché et la domination des pratiques clientélistes, qui portent atteinte non seulement à l’égalité entre les candidats, mais à l’objectivité du recrutement […]. La principale marque de ce clientélisme, c’est le localisme : on recrute prioritairement celui qui est originaire de l’université où le poste est déjà en place", déplorait pour sa part en 2012 le professeur de droit public à l’université de Paris-II, Olivier Beaud.

UN WEBINAIRE AEF info LE 4 DÉCEMBRE À 11H

 

La LPR, définitivement adoptée, ouvre la possibilité d’expérimenter le recrutement des maîtres de conférences hors CNU et n’impose plus la qualification pour recruter un professeur (lire sur AEF info). Est-ce ainsi l’occasion de réinventer la procédure de recrutement des enseignants-chercheurs, jugée par beaucoup insatisfaisante, souvent pour des raisons différentes ? Participez au webinaire AEF info Live, vendredi 4 décembre de 11h à 12h30, avec Jean Chambaz, président de Sorbonne université, Aude Deville, présidente de la section 06 du CNU (sciences de gestion) et Pierre-Michel Menger, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de sociologie du travail créateur. Les inscriptions sont ouvertes ici.

L’ÉTAT DES LIEUX Par groupe CNU ET PAR CORPS

Selon le groupe disciplinaire et le corps considéré, le recours aux recrues locales est disparate. On observe qu’en droit, un quart des MCF sont endorecrutés contre 15 % des professeurs. En mathématiques, 5 % des MCF sont endocrutés - c’est le taux le plus bas - tandis que le phénomène touche un quart des professeurs dans cette discipline. L’endorecrutement des professeurs est par ailleurs massif en chimie, ou en mécanique, électrique avec près de trois quarts d’endorecrutés.

Chez les PR, "l’endorecrutement reste toujours plus élevé en sciences et techniques qu’en LSH et surtout qu’en droit-économie-gestion. Ce phénomène s’explique notamment par les nombreux postes de PR pourvus par les mutations dans les disciplines juridiques, politique, économiques et de gestion. En effet, certains PR recrutés en droit-économie-gestion souhaitent rejoindre un établissement différent de celui où ils ont été affectés suite à leur réussite au concours d’agrégation. On observe cependant, depuis 2015, une hausse sensible de l’endorecrutement en droit-économie-gestion, parallèlement à une diminution relativement forte des mutations (et des détachements) bien qu’elles demeurent à un niveau élevé."

"Ce phénomène pourrait s’expliquer par l’évolution récente de la réglementation en matière de recrutement des PR : le concours interne d’agrégation ayant été supprimé, les établissements peuvent désormais recruter, à concurrence de la moitié des postes offerts, par la voie de droit commun", analyse la note de la DGRH.

Le détail par section CNU et par corps

Chez les MCF, dans les 26 sections les plus volumineuses en termes d’effectifs (c’est-à-dire se situant au-dessus de la médiane de 13 maîtres de conférences recrutés), les 3 sections ayant le plus recours à l’endorecrutement sont :

  • 01. Droit privé et sciences criminelles (32 % parmi 50 recrues) ;
  • 21. Histoire, civilisation, archéologie et art des mondes anciens et médiévaux (29,4 % parmi 17 recrues) ;
  • 70. Sciences de l’éducation (29 % parmi 31 recrues).

Tandis que les 3 sections où cette pratique est totalement écartée sont :

  • 07. Sciences du langage (14 recrutés) ;
  • 25. Mathématiques (21 recrutés) ;
  • 26. Mathématiques appliquées (39 recrutés).

Chez les PR cette fois, si l’on examine les 25 sections de plus de 8 recrutés en 2019, seuil qui constitue la médiane des effectifs embauchés, les 3 plus forts taux d’endorecrutement sont :

  • 60. Mécanique, génie mécanique, génie civil (81 % sur 21 recrues) ;
  • 63. Génie électrique, électronique, photonique et systèmes (79 % sur 14 recrues) ;
  • 64. Biochimie et biologie moléculaire (72 % sur 11 recrues)

À l’autre extrême, mathématiques et mathématiques appliquées restent des disciplines à forte mobilité avec respectivement 6,7 % et 5,3 % d’endorecrutement sur 15 et 19 recrues. Droit privé et sciences criminelles dénombre quant à elle 9,5 % de recrutements intrinsèques parmi 21 professeurs embauchés.

(1) Recrutement universitaire : accélérer le changement. AJFP. Actualité juridique. Fonctions publiques, Dalloz, 2015, pp.287.

(2) La réforme du recrutement ou l'aggravation des tares du système français. Olivier Beaud. Dans Cités 2012/2 (n° 50), pages 126 à 131

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Ana Lutzky, journaliste