Politique de cookies
Le groupe AEF info utilise des cookies pour vous offrir une expérience utilisateur de qualité, mesurer l’audience, optimiser les fonctionnalités et vous proposer des contenus personnalisés. Avant de continuer votre navigation sur ce site, vous pouvez également choisir de modifier vos réglages en matière de cookies.
Politique de protection des données personnelles

Revenir en haut de la page

Comment organiser des TP en présentiel en pleine pandémie de Covid-19 ?

À distance au printemps dernier, en présentiel à l’automne, les TP comme les examens ont échappé à l’obligation de dématérialisation. La circulaire ministérielle du 31 octobre autorise les établissements - sous certaines conditions - à délivrer cet apprentissage pratique au sein des campus. Universités, écoles et IUT ont alors listé les cours jugés essentiels en présentiel et ont rendu leur copie aux rectorats. Comment les ont-ils organisés ? Pourquoi certains TP continuent-ils à se tenir à distance ? Le retour sur le campus est-il vraiment une opportunité pour les enseignants et étudiants, ou bien est-ce une source de stress supplémentaire ? Les acteurs interrogés s’accordent à dire que même si ce énième changement pédagogique entraîne des difficultés d’ordre logistique (emploi du temps, restauration…), le retour dans les salles de classe est perçu comme un soulagement.

   Merci de découvrir AEF info !

Cette dépêche est en accès libre.

Retrouvez tous nos contenus sur la même thématique.

Tester AEF info pendant 1 mois
Test gratuit et sans engagement
  • Thématiques
  • Coordonnées
  • Création du compte

Thématiques

Vous demandez à tester la ou les thématiques suivantes*

sur5 thématiques maximum

1 choix minimum obligatoire
  • Enseignement / Recherche
  • 👁 voir plus
    ✖ voir moins

Fréquence de réception des emails*

Un choix minimum et plusieurs sélections possibles. Vous pourrez modifier ce paramétrage une fois votre compte créé

Un choix minimum obligatoire

* Champs obligatoires

Coordonnées

Renseignez vos coordonnées*

Veuillez remplir tous les champs
Votre numéro de téléphone n'est pas valide

* Champs obligatoires

Création de compte

Tous les champs sont obligatoires
Votre adresse e-mail n'est pas valide
Seulement les adresses e-mails professionnelles sont acceptées

Cette adresse vous servira de login pour vous connecter à votre compte AEF info

Votre mot de passe doit contenir 8 caractères minimum dont au moins 1 chiffre
Ces mots de passe ne correspondent pas. Veuillez réessayer

Votre mot de passe doit contenir 8 caractères minimum dont 1 chiffre

En validant votre inscription, vous confirmez avoir lu et vous acceptez nos Conditions d’utilisation, la Licence utilisateur et notre Politique de confidentialité

* Champs obligatoires

Valider

Merci !

Nous vous remercions pour cette demande de test.

Votre demande a été enregistrée avec l’adresse mail :

Nous allons rapidement revenir vers vous pour vous prévenir de l’activation de votre nouvel accès.

L’équipe AEF info


Une erreur est survenue !

Une erreur est survenue lors de l'envoie du formulaire. Toutes nos excuses. Si le problème persiste, vous pouvez nous contacter par téléphone ou par email :
 service.clients@aefinfo.fr  01 83 97 46 50 Se connecter

Continuer d’assurer une formation pratique sur les campus tout en suivant un protocole sanitaire strict : pour ce confinement numéro 2, les règles changent quelque peu. Le gouvernement a en effet décidé d’accorder plus de souplesse aux établissements de l’enseignement supérieur : cette fois-ci, des TP peuvent se tenir en présentiel, alors que les universités, écoles et IUT avaient dû jongler avec les difficultés au printemps dernier pour réussir à organiser ces enseignements à distance (lire sur AEF info).

Mais ce retour au présentiel n’est possible qu’à certaines conditions. La circulaire ministérielle du 31 octobre autorise les établissements à délivrer des TP en présentiel "si l’utilisation d’équipements ou de produits spécifiques" est nécessaire, ou bien "si l’apprentissage d’un geste professionnel requiert un encadrement pédagogique" qui ne peut se faire à distance (lire sur AEF info). Prenant en compte cette consigne, chaque établissement a alors adressé au recteur de région académique une liste de cours qu’il souhaitait maintenir en présentiel. C’est uniquement après l’aval du rectorat que les institutions ont pu mettre en place certains TP à la mi-novembre.

un présentiel limité sur les campus

"Nous nous sommes posé trois questions pour savoir si un TP devait s’organiser en présentiel : premièrement, est-ce qu’on est capable de le faire à distance ? Si oui, il n’a pas été inscrit sur la liste pour le rectorat. Ensuite, pour les TP restants, est-ce que la capacité d’accueil des salles permet d’accueillir les étudiants en groupe ? Et est-ce que le matériel est forcément in situ ?", explique à AEF info Jacques Fayolle, président de la Cdefi et directeur de Télécom Saint-Étienne. À partir de ces trois critères, la majorité des écoles d’ingénieurs a réussi à rendre une liste de TP "très réduite". "L’objectif n’était pas de prendre notre emploi du temps et de transposer tous les cours pratiques en présentiel", assure-t-il, défendant d’abord "une démarche pédagogique".

L’université Côte d'Azur a opté pour la même stratégie. "Nous avions posé une règle aux composantes : tout ce qui peut se faire en distanciel reste en distanciel. Pour le reste, nous leur avons demandé d’argumenter. Nous avons fait un premier tri avec le VP formation et transmis une liste au recteur, qu’il a validée après discussions et à quelques exceptions près", décrit Jeanick Brisswalter, président de l’université Côte d'Azur.

L’arrêté du recteur délégué à l’ESRI de la région académique Paca, Philippe Dulbecco, autorise ainsi "une centaine de TP, principalement en informatique, sciences fondamentales expérimentales, Staps, arts, ainsi que des formations professionnelles de DUT, des TP de diplômes d’établissement, des TP d’électronique en école d’ingénieur". Toutes les demandes ont été validées, à de très rares exceptions. "Autant le décret pouvait être l’objet d’une interprétation assez large, autant la circulaire de la Dgesip donne un certain nombre d’exemples fermés, et laisse donc peu de place à l’interprétation", commente Philippe Dulbecco. "Sur l’ensemble des demandes reçues de la part des établissements d’enseignement supérieur de la région, j’ai dû tout au plus arbitrer une vingtaine de cas."

Les TP scientifiques privilégiés, d’autres repoussés

À l’université d’Orléans, les mêmes règles ont été mises en place : "Les composantes ont joué le jeu et ont agi avec une grande responsabilité : la rectrice a validé l’ensemble des cours que nous avions demandés", souligne Yann Mercier-Brunel, VP chargé des études et de la vie étudiante. Mais, de fait, ces règles ont exclu les UFR de droit-éco-gestion et de LLSHS : seules les disciplines scientifiques sont concernées, notamment pour des cours de physique, chimie ou informatique.

À l’IUT du Mans par exemple, ce sont la quasi-totalité des TP des trois départements (chimie, génie mécanique et productique, mesures physiques) qui ont repris, sans que les emplois du temps ne soient remaniés. "Nos TP sont déjà condensés en journées ou demi-journées, sauf à de rares exceptions", précise la direction de l’IUT. Seuls les TP de communication, ou de langue, n’ont pas repris en présentiel. Joël Alexandre, président de l’université de Rouen Normandie, précise de son côté que "les disparités sont évidemment grandes d’une composante à l’autre, avec par exemple un enseignement à 95 % à distance pour les lettres".

Certains établissements ont même préféré, par sécurité, repousser les TP au second semestre. C’est le cas de l’Ensicaen, comme en témoigne son directeur général, Jean-François Hamet : "Nous avions imaginé pouvoir reprendre en janvier, et de ce fait il n’a pas été demandé de dérogation pour des TP organisés en présentiel en novembre". L’école d’ingénieurs avait imaginé "concentrer" ses TP en janvier, pour éviter aux étudiants des difficultés comme l’accès à la restauration, explique-t-il.

Repoussés, voire supprimés, les TP sont parfois aussi transformés en TD : "C’est-à-dire que les étudiants ne réalisent pas les manipulations mais reçoivent les résultats qu’ils doivent interpréter", décrit Louise Bouché, étudiante à l’université de Bourgogne. Le protocole à transmettre au rectorat est "assez contraignant et, finalement, beaucoup ont préféré abandonner", rapporte-t-elle.

Le cas particulier du TP informatique

 

Si les TP scientifiques se font majoritairement en présentiel et ceux de langues ou de SHS se tiennent généralement à distance, il reste les cours d’informatique, qui semblent osciller entre les deux modèles pédagogiques. Ainsi, Joël Alexandre, président de l’université de Rouen Normandie, explique avoir fait valider par le rectorat une liste complémentaire pour les enseignements en informatique qui nécessitent l’utilisation de logiciels particuliers.

À l’inverse, au sein de l’IUT de Mulhouse, les TP d’informatique se font à distance. "Certains départements GMP d’autres IUT avaient demandé de faire ces TP en présentiel et cela leur a été refusé par le rectorat", explique Pascal Louis, chef du département GMP de l’IUT de Mulhouse.

le casse-tête de l’enseignement hybride

Après la publication des listes de TP autorisés en présentiel, les établissements ont dû alors, une nouvelle fois, réorganiser les enseignements et s’adapter aux exigences sanitaires. Pour la fin du premier semestre, un nouveau scénario pédagogique est donc mis en place : "Nous retombons sur un fonctionnement hybride, avec le principe d’une jauge remplie à moitié seulement, afin de tenir compte des capacités des salles mais aussi de l’accès aux équipements. Cela pose parfois des problèmes d’emploi du temps", reconnaît Jeanick Brisswalter, président de l’université Côte d'Azur.

Une contrainte partagée par Hugues Rolan, doyen du département Staps de l’université Sorbonne Paris Nord. "Au début du confinement, on a eu chaud ! Il a encore fallu chambouler les emplois du temps, même si le passage à 50 % nous avait déjà permis d’avancer un peu sur le sujet", raconte-t-il. Néanmoins, à partir du moment où l’université a réussi à résoudre le casse-tête des emplois du temps, la mise en place des cursus hybrides s’est bien passée, assure Hugues Rolan.

Comment organiser des TP en présentiel en pleine pandémie ?

Pour ne prendre aucun risque, des établissements ont ajouté des exigences supplémentaires pour assurer le bon déroulement des TP en présentiel. "Les étudiants ne doivent être présents sur le campus qu’une journée ou deux demi-journées par semaine. Nous voulons ainsi éviter les flux trop importants dans les transports et les services de restauration", explique David Dechenaud, vice-président formation et vie étudiante de l’université Grenoble-Alpes. Une dizaine de foodtrucks ont ainsi été déployés par le Crous devant les lieux de TP pour permettre aux étudiants de se restaurer malgré la fermeture des restaurants universitaires. Au total, entre 10 et 20 % de l’activité du campus a repris en présentiel, et un peu plus pour les filières STS avec 20 à 25 % des enseignements.

À l’Insa Toulouse, pour mettre en place les TP et les cours de sport inscrits dans la maquette pédagogique, l’accent a été mis sur les étudiants post-bac. "Nous avons regroupé ces activités autour d’un même temps pour éviter les allers-retours", précise son directeur, Bertrand Raquet. Un étudiant de 1re année peut ainsi avoir entre 20 et 25 % de présentiel. Même stratégie du côté de l’université Bretagne-Sud, où les TP d’une même formation sont regroupés sur une seule période : "L’idée, c’est de ne pas perdre les étudiants qui sont loin de l’université, parce qu’ils sont allés se confiner dans leur famille", explique Gilles Bedoux, vice-président en charge de la formation et de l’innovation pédagogique.

Le présentiel, une bouffée d’air frais ?

Dans l’ensemble, les étudiants et enseignants semblent soulagés de reprendre le chemin des salles de classe. "Lorsque les TP ont pu être remis en place, les étudiants sont revenus. Beaucoup n’avaient pas quitté le campus et étaient restés confinés dans leur chambre étudiante. Globalement, les étudiants sont très en demande d’accompagnement. Tout comme les enseignants, qui sont impatients de pouvoir faire du présentiel", observe David Dechenaud, VP formation et vie étudiante de l’université Grenoble Alpes.

Pour autant, faire revenir les étudiants sur les campus pour quelques TP peut s’avérer compliqué. Pour éviter une rupture d’équité, les établissements ont eu recours à plusieurs solutions. Au sein du département Staps de l’université Sorbonne Paris Nord, quelques dizaines d’étudiants sont allés se confiner dans leur famille. "Nous faisons donc de la gestion au cas par cas. Ils sont dispensés d’assiduité pour les cours en présentiel, toutefois, nous leur avons demandé d’être présents pour les évaluations terminales", explique Hugues Rolan.

Ainsi, bien que parfois complexe à organiser, le retour en présentiel de manière partielle est "la moins pire des solutions", résume le président de la Cdefi, Jacques Fayolle. Selon lui, il faut d’abord penser aux étudiants en difficultés sociales et/ou pédagogiques qui ont besoin de retrouver le cadre familier de leur établissement scolaire. Cette nouvelle expérience pédagogique dessine même, à terme, des évolutions dans les pratiques. À Télécom Saint-Étienne, les TP ont conservé leur contenu pédagogique à l’identique mais leur durée s’est vue réduite, passant de 2h à 1h30. "Nous avons fait le pari de mieux remplir la séance de cours. Peut-être que cela va perdurer", envisage Jacques Fayolle.

Avec les dernières annonces d’Emmanuel Macron autorisant une reprise progressive des cours au sein des campus à partir de début janvier (lire sur AEF info), les établissements vont devoir encore une fois revoir leur organisation et trancher sur le maintien ou non de certains enseignements en présentiel.

à lire aussi
Fermer
Bonjour

Vous souhaitez contacter

Deborah Berthier, journaliste