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Grande-Bretagne : "La police doit discuter avec les jeunes et avec les Noirs" (Michael Lockwood, DG de l’IOPC)

"La police doit discuter énormément avec les jeunes, avec les Noirs, avec les gens des communautés ethniques [minoritaires] pour pouvoir installer un climat de confiance réciproque", estime Michael Lockwood, directeur général de l’IOPC, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, jeudi 26 novembre 2020. Pour le chef de cet organe indépendant de contrôle des forces de l’ordre en Angleterre et aux Pays de Galles, le plus important est d’insuffler aux forces de police un "sentiment de responsabilité" envers la population. Il évoque également la sous-représentation des minorités dans la police.

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Michael Lockwood, directeur général de l'IOPC, lors de son audition par les députés de la mission d'information sur le racisme, jeudi 26 novembre 2020. Droits réservés - DR

"Chez nous, il y a du délit de sale gueule. Des policiers arrêtent sans aucune raison valable des personnes parce qu’elles étaient là au mauvais endroit au mauvais moment. Ce sont souvent des gens d’origines ethniques différentes, qui appartiennent à des communautés qui ont la peau noire ou étrangères, qui sont l’objet majoritairement de ce type de contrôles de faciès", observe Michael Lockwood, directeur général de l’Independent Office for Police Conduct, jeudi 26 novembre 2020.

Auditionné par les députés de la mission d’information sur l’émergence et l’évolution des différentes formes de racisme, le représentant de cet organe d’inspection indépendant créé il y a deux ans explique le rôle de cette autorité qui contrôle la déontologie des 130 000 agents des polices anglaises et galloises exclusivement.

Trop d’excuses

À la tête d’une institution qui compte près de 1 000 agents sur le territoire, cet ancien directeur général de la plus grosse circonscription de la ville de Londres observe que c’est également "contre les mêmes communautés qu’on assiste à un recours plus important du Taser". Selon lui, dans 20 % des cas d’utilisation, une personne Noire en a été la cible.

"Il y a des chiffres qui montrent que les pratiques sont disproportionnées. Je dis aux forces de l’ordre qu’elles ne peuvent être négligées. J’entends bien trop souvent des excuses, des tentatives de rationalisation. [Je leur dis :] 'n’évitez pas la discussion, au contraire tentez de comprendre pourquoi il en est ainsi'."

"Noir = stupéfiants = gang = crime"

"Très souvent, dans l’esprit de la police, Noir = stupéfiants = gang = crime. Lorsque les policiers travaillent, ils sont influencés par toutes ces images", analyse Michael Lockwood.

Il attribue le manque de proportionnalité de la réaction policière au fait qu’au Royaume-Uni en général, "seulement 7 à 8 % des policiers sont issus des minorités ethniques" et souffrent d’un faible taux de promotion. "La police est majoritairement Blanche et ne reflète pas les communautés qu’elle est censée servir. Ce qui provoque bien évidemment beaucoup de méfiance".

Impliquer les populations dans les formations

Le directeur général de l’IOPC estime qu’il faut "impliquer" des représentants des minorités ethniques dans les formations des policiers, pour que "les populations comprennent la pratique du Taser et des fouilles".

De la même manière, "il est important que les policiers comprennent l’impact qu’ont leurs pratiques sur ces populations". "Plus la police les écoutera, plus elle participera à la recherche de solutions, mieux ça ira", argumente Michael Lockwood, qui estime que ce sujet de la perception des minorités doit être "traité de front".

"Nous partions de quasi-zéro"

De son côté, l’IOPC a déjà entamé cette démarche auprès de deux populations prioritaires pour "insuffler parmi les forces de police un sentiment d’imputabilité, de responsabilité à l’égard des communautés".

D’abord auprès des jeunes, qui manifestent régulièrement une perte de confiance. Des personnels de l’IOPC sont allés à leur rencontre dans des établissements scolaires pour expliquer le rôle de l’autorité qui peut être saisie par tout citoyen voulant dénoncer une agression ou une attitude inappropriée de la part d’un fonctionnaire de police. Les membres de cette inspection ont également expliqué le fonctionnement de la police. "Ça a marché, on nous a écoutés, peut-être du fait qu’on avait envoyé des jeunes de chez nous."

Au sein de l’IOPC, un fonctionnaire travaille spécifiquement auprès de publics jeunes qui ont déjà fait l’objet de poursuites ou de condamnations par la justice ou "qui ont eu des accrocs éventuels avec la police". L’objectif est de "prendre le pouls et comprendre leur expérience, de manière à ce que la police soit formée à leurs préoccupations", explique Michael Lockwood.

Auprès des populations d’origines africaines également un travail a été engagé. Il assure que la confiance a augmenté. "Nous partions de quasi-zéro." Sous l’effet du mouvement Black lives matter et des opérations de contrôle du confinement, le nombre de réclamations pour des faits de discriminations raciales reçues par l’IOPC, "a quasiment doublé". "On nous voit comme un organe objectif sans préjugés", se félicite-t-il.

Des "critiques féroces"

Par ailleurs, 25 % de ses effectifs sont d’anciens policiers. Ils travaillent notamment sur les enquêtes concernant des faits qui se sont déroulés en situation de maintien de l’ordre. Le directeur général de l’IOPC ne peut être un policier et Michael Lockwood a lui-même décidé que les membres de son bureau ne devaient pas non plus être issus des forces de l’ordre. Ce bureau peut "remettre en question mon travail et mes décisions", explique le chef de service. Indépendant de la police, l’IOPC est aussi "indépendant du gouvernement". Il ne rend compte que devant le Parlement.

L’an dernier, l’IOPC a ouvert 718 enquêtes et près du tiers a abouti sur des poursuites des agents. Comme en France, les conclusions de cette inspection peuvent être transmises à l’autorité judiciaire mais également aboutir à des sanctions administratives pouvant aller du blâme au licenciement.

"Les réactions au sein du personnel sont excellentes", assure le directeur général qui souligne qu’à "99 %" les policiers font correctement leur travail. "La face plus négative de l’indépendance, c’est que nous sommes des cavaliers solitaires. Nous sommes assez seuls. Lorsqu’on prend des mesures, on provoque une certaine insatisfaction. Parfois nous sommes l’objet de critiques féroces, on nous dit que les enquêteurs ne sont pas suffisamment qualifiés, ce que je réfute."

Le directeur général dit "passer énormément de temps à discuter sur le terrain avec des policiers pour comprendre de l’intérieur la pression à laquelle ils font face et les difficultés qu’ils doivent surmonter". L’IOPC assure aussi "une mission préventive". "Nous ne nous satisfaisons pas de devoir panser les blessures, c’est beaucoup plus important de prévenir que de guérir", avance Michael Lockwood. Des recommandations pour des reprises de formation peuvent d’ailleurs être formulées par l’institution. L’IOPC entend ainsi "éviter la surcharge mentale et les suicides au sein des forces de police qui sont très importants".

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Judith Blanes, journaliste