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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°640637

Le syndicalisme doit se repositionner "pour sortir de la lutte" et "permettre la représentation des salariés" (E&P)

"Le retour au travail des organisations syndicales et leur regain de légitimité ne pourront se faire que via un investissement plus fort dans l’entreprise", indique Entreprise & Personnel, dans sa note de conjoncture sociale, le 26 novembre 2020. Alors que la France se trouve encore dans une situation de crise, le réseau d’entreprises a concentré son travail de prospective sur le dialogue social et l’action des organisations syndicales. Elles devront, selon E&P, "sortir de la lutte idéologique et "intégrer la représentation des salariés au sein de toutes les couches de l’entreprise".

Le cortège syndical de la journée de grèves et de manifestations syndicales nationale contre la réforme du régime de retraites du 5 décembre 2019 JBVNews

Mouvement des gilets jaunes, mouvements sociaux liés au projet de réforme des retraites, crise du Covid-19. Après s’être opposés, gouvernement et acteurs sociaux français se sont mobilisés afin de préserver la santé des salariés et des entreprises. Toutefois, "la longévité de la situation a accéléré certaines fractures au sein des entreprises et révélé de nombreuses disparités de situations entre les différents travailleurs Français", relève Entreprise & Personnel, dans sa note de conjoncture semestrielle publiée le 26 novembre 2020. "Ces inégalités ont été un moyen pour les organisations syndicales de faire entendre leur voix pour protéger les salariés. Certaines, comme la CGT et FO, ont mis en avant les risques sanitaires auxquels étaient exposés les salariés maintenus sur site face à la nécessité de préserver les activités de production et l’emploi dans la période. C’est par cette thématique que l’union sacrée temporaire entre les partenaires sociaux s’est fissurée."

Le réseau d’entreprises associatif s’est concentré, dans le cadre de son travail prospectif, sur le rôle qu’ont joué dans les derniers mois les organisations syndicales et comment ce rôle devra être réorienté à l’avenir afin qu’elles puissent remplir de manière plus efficace leur fonction de représentation des salariés.

Virage du numérique

Face à la crise, les organisations syndicales doivent se réorganiser et travailler autrement, grâce aux outils numériques, le travail de terrain étant amoindri, constate tout d'abord E&P. "Les organisations syndicales doivent prendre le virage du numérique à grande vitesse afin de renforcer les liens avec leurs adhérents, et de manière générale, renouer avec les salariés". En parallèle, dans les entreprises, de nouvelles inégalités apparaissent, les cadres étant considérés comme privilégiés, puisqu’ils peuvent bénéficier du télétravail, alors que la population ouvrière doit, quant à elle, se déplacer et rejoindre les sites de production.

Dans ce contexte, le télétravail semble devenir un sujet phare, qui résume à lui seul les nouvelles préoccupations de l’exercice du travail, tandis que "des relations sociales institutionnalisées engagent les organisations syndicales à se prononcer sur les plans sociaux d’entreprises (PSE) ou le chômage partiel", et que "le cœur des questions du travail comme le partage de la valeur ajoutée, les conditions d’exercice des différents métiers, la formation et la préparation aux compétences de demain peine à être abordé", souligne la note de conjoncture. "Le dialogue social reste pauvre", renchérit Frédéric Guzy, président d’E&P.

RETROUVER UNE LÉGITIMITÉ AUPRÈS DES SALARIÉS

Que faire alors, afin que les organisations syndicales retrouvent leur place et leur légitimité auprès des salariés qu’elles sont censées représenter ? "Se repositionner" tout d’abord, affirme E&P : "Il est essentiel de tenir compte de l’augmentation de l’hétérogénéité des formes de travail […]. Le modèle de la grande entreprise industrielle n’existe plus et tend à diminuer. Une remise en cause des modes de production et de fonctionnement des organisations syndicales rend difficile la négociation. La fin des carrières qui durent toute une vie dans la même entreprise rend plus difficile la fidélisation et l’attractivité des organisations syndicales", indique le réseau d’entreprises.

Face à cela, il est nécessaire de "sortir le syndicat de la lutte", et "remettre les organisations au travail". "Le dialogue social passe par la participation aux décisions stratégiques de l’entreprise. Il est essentiel, sinon vital pour les organisations syndicales de participer aux décisions stratégiques des entreprises, que ce soit par la participation aux conseils d’administration ou à d’autres instances décisionnaires au sein des structures des entreprises", poursuit E&P. Qui insiste sur le fait que pour "devenir acteur de l’expression directe de tous les salariés", les organisations syndicales doivent être en mesure de "codiriger, co-déterminer, participer et proposer au sein des entreprises pour sécuriser leur place dans les entreprises afin de poser la question de la représentation des salariés".

Représenter les "oubliés"

Mais sortir de la lutte, c’est également "être à la fois dans la construction avec les entreprises (échanges contractualisés, accords, etc.) et l’écoute et la synthèse des conditions d’exercice du travail pour les salariés français. Le retour au travail des organisations syndicales et leur regain de légitimité ne pourront se faire que via un investissement plus fort dans l’entreprise par l’organisation de l’expression des salariés, la participation et la proposition active aux instances décisionnaires et stratégiques".

C’est seulement lorsque ce premier prérequis sera rempli, qu’un renouveau de la représentation syndicale s’opérera "au-delà des frontières de l’entreprise. En effet, si nous avons longuement évoqué la place des organisations syndicales dans la société actuelle pour identifier les zones de fractures, une partie de la population passe sous le radar de la représentation syndicale", souligne E&P : les "oubliés", les "non représentés", qui ont manifesté leur colère durant la crise des gilets jaunes, comme les intérimaires, les commerçants, ou encore les auto-entrepreneurs.

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Evelyne Orman, journaliste