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Carnet de bord au sein du campus virtuel persistant de Neoma business school

En 2016, Neoma business school avait expérimenté les casques de réalité virtuelle en salles de classe (lire sur AEF info), une initiative qui avait rencontré un franc succès médiatique. La voilà donc qui profite de la crise sanitaire pour pousser son avantage : depuis la rentrée, elle loue à Laval Virtual, une structure associative spécialiste de réalité virtuelle basée en Mayenne (lire sur AEF info), un campus dématérialisé qui donne un coup de vieux aux outils de visioconférence, désormais largement utilisés dans le supérieur. Le 25 novembre 2020, AEF info a assisté à l’un des premiers séminaires délivrés par Alain Goudey, directeur de la transformation digitale de Neoma, dans ce monde aux décors de jeu vidéo. Une expérience qui soulève autant de questions qu’elle en résout, mais qui redonne un peu de magie à cette sombre période de confinement pour les étudiants.

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Le campus virtuel persistant de Neoma BS, ici aux couleurs de Noël, est "construit" sur une île, elle-même insérée dans un monde numérique conçu par l'Américain Virbela et administré par l'association française Laval Virtual. AEF/Neoma

Mercredi 25 novembre, 8h55.

Ce mercredi matin, Alain Goudey, professeur de marketing et directeur de la transformation digitale de Neoma business school, a rendez-vous avec ses étudiants du MS "Marketing and data analytics" pour un séminaire. Mais en pleine pandémie de coronavirus, Alain Goudey ne verra ses étudiants ni à Rouen, ni à Reims, ni à Paris, les trois villes où l’école de commerce est implantée : c’est sur son campus virtuel persistant, ouvert en septembre en prévision d’une année "physique" chaotique (lire sur AEF info), que la classe se tiendra. Dans le "nuage", en somme.

Ou plutôt, dans un paysage ensoleillé - il ne pleut jamais, dans les mondes virtuels - aux couleurs vives, comme il en existe des milliers dans les jeux vidéo, baigné d’un très discret gazouillis d’oiseau en fond sonore. Pour pénétrer dans cette nouvelle réalité, il faut au préalable avoir téléchargé l’application "Laval Virtual World", qui fait office de portail d’accès. Un jeu d’enfant, qui ne nécessite ni de posséder un matériel informatique hyperpuissant, ni un casque de réalité virtuelle, puisque le campus est en 2D, mais simplement un ordinateur pas trop ancien.

Il faut aussi - c’est indispensable - se créer un personnage pour être incarné à l’écran : c’est son "avatar". Blond, Noir, à lunettes, en sandales ou barbu : peu importe, ici tout est permis. Chacun choisit ses attributs, tandis qu’au-dessus de sa tête s’affiche un cartouche permanent indiquant l’identité, et parfois la fonction, de l’individu ainsi représenté. Il suffit ensuite d’appuyer sur les touches "flèche" du clavier pour actionner son double : le faire avancer en marchant, en courant (avec la touche "shift"), se tourner vers les autres, regarder le ciel ou faire un tour sur lui-même. Plus tard, le béotien apprendra qu’il peut aussi lui faire danser le Gangnam style ou la salsa.

9h : accueil des étudiants

"Bonjour, nous nous rejoignons dans quelques minutes dans le hall d’accueil", lance la voix d’Alain Goudey en direction du petit attroupement d’avatars qui vient de se former à l’entrée du campus virtuel. Si l’on connaît déjà la géographie des lieux, il suffit alors de faire cheminer son personnage aux faux airs de Playmobil jusqu’au point de rendez-vous. Si l’on est nouveau, ou pressé, un petit menu déroulant présentant la liste des lieux emblématiques du campus permet de s’y téléporter directement.

Le Laval Virtual World n’accueille en effet pas seulement le bâtiment virtuel de Neoma BS, mais aussi ceux de diverses institutions qui y partagent des lieux de vie (une plage, un terrain de foot, des espaces de détente, et même un phare) et une "voirie" les reliant entre elles. Toute la journée, quelques dizaines d’avatars se promènent donc sur ces chemins de pixels.

"C’est vous qui faites l’accueil, aujourd’hui ?", plaisante Alain Goudey dans l’oreillette, alors que l’un de ses étudiants-avatars s’est assis dans le fauteuil d’une hôtesse. "Vous savez que les avatars ne se fatiguent pas !" Ce n’est pas tout à fait le premier cours que suivent ces étudiants dans le monde virtuel, mais le professeur commence quand même par leur rappeler quelques règles de base. "Pensez à fermer vos micros lorsque vous ne parlez pas, pour éviter les échos, et branchez votre casque si vous en avez un", conseille-t-il. "Je signale aussi qu’un système de back-up est prévu : nous sommes en train de filmer ce qui se passe ici et de le transmettre en direct sur Zoom. Si vous avez un problème pendant le cours, vous pouvez donc vous connecter via Zoom."

9h05 : le cours commence

Alain Goudey invite sa petite troupe à le suivre vers la "salle de cours 01". Les avatars s’ébranlent, se passent dessus, se traversent, s’évitent. Parfois, une voix métallique venue de nulle part fait irruption dans les casques, puis disparaît. Un petit bug.

Les étudiants-avatars s’asseyent autour de tables rondes, par groupes de 5 ou 6, et se tournent vers le tableau virtuel où le professeur diffuse son flux vidéo Zoom. C’est donc son vrai visage que les étudiants peuvent contempler, sous l’œil avisé… de son propre avatar. "Cela a un petit côté Inception…", avoue l’enseignant un peu plus tard, en référence au film de science-fiction de Christopher Nolan.


"Je vous propose de vous connecter à Wooclap en suivant ce lien", reprend Alain Goudey. Wooclap, cette application désormais bien connue du monde de la formation, permet de lancer des sondages et d’animer une classe virtuelle, en sollicitant la participation de chacun. "Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?" Quelques secondes après, les résultats apparaissent : 36 % des répondants se disent "fatigués" ou "très fatigués", mais aucun ne souhaitera commenter. "Je vous conseille de prendre soin de vous et de bien dormir", leur dit Alain Goudey avant d’entamer un échange sur le sujet de leur choix - en l’occurrence, un étudiant propose ce jour-là d’évoquer sa passion pour le golf et pour Tiger Woods.

Après cette introduction récréative, l’enseignant féru de technologie, et cheville ouvrière de la transformation digitale de la grande école, entame son cours à proprement parler, à partir d’un article de recherche de David Glen Mick et Susan Fournier, "Paradoxes of technology : consumer cognizance, emotions, and coping strategies". Il sollicite un étudiant pour en faire une présentation orale, puis s’ensuit un échange entre étudiants et professeur.

À ce moment-là, les avatars sont figés sur leur siège et toute l’action passe par l’audio. Le partage de document est possible à l’écran, mais ni plus, ni moins que via un outil de visioconférence traditionnel. En revanche, la question des "écrans noirs" ne se pose plus, puisque l’usage de la caméra n’est pas requis pour les participants.

10h22 : à la pause, les avatars ressemblent à des zombies

"Avez-vous une dernière question avant la pause ?", interroge Alain Goudey. "Non, alors on se retrouve dans dix minutes : vous vous répartirez par groupes dans les bureaux de réunion du Hall 1, je passerai vous voir tour à tour pour répondre à vos questions."

Comme dans la vraie vie, les étudiants-avatars quittent la salle les uns après les autres, en discutant dans le couloir. Comme dans la vraie vie, ceux qui sont à proximité peuvent entendre les conversations des autres. Si l’on s’éloigne, les conversations disparaissent. Un concept qui n’est pas immédiatement intuitif : au début, difficile de savoir qui entend quoi exactement, et l’on peut vite se retrouver à s’adresser à l’ensemble des gens "présents" dans l’espace du hall.

Pour tenir des conversations privées, des "bulles de confidentialité" sont prévues, représentées au sol par des tirets bleus : les avatars doivent entrer dans l’une de ces bulles, souvent tracées autour d’une table, pour échanger uniquement entre eux. Il suffit cependant d’entrer à son tour dans la bulle - volontairement ou non ! - pour entendre la conversation.

Pendant la pause, certains en profitent pour prendre en main leur avatar. D’autres l’ont visiblement laissé en plan : l’effet est alors proche du zombie, le personnage abandonné restant bien visible à l’écran, mais comme endormi debout.

10h38 : reprise du séminaire par petits groupes

Les étudiants-avatars ont repris vie et se sont installés dans les petites salles de réunion vitrées qui se succèdent le long du couloir virtuel. Chaque groupe travaille sur un business project autour des usages du numérique et doit faire aujourd’hui un point d’étape avec le professeur.

Ils peuvent partager leur écran Teams sur un mur du bureau, discuter autour du même document, zoomer, surfer sur une page internet, visionner une vidéo, etc. À eux de décider s’ils préfèrent, sur leur propre ordinateur, afficher le document partagé en plein écran, comme sur un outil de classe virtuelle traditionnel, ou bien garder l’angle de vision de leur avatar, c’est-à-dire la salle de réunion, les autres avatars, le tableau au mur, et potentiellement, les allées et venues dans le couloir.

Dans ces box, les discussions vont bon train. Les étudiants s’expriment à tour de rôle et interagissent. Pour que l’expérience soit optimale, l’usage d’un casque est indispensable, sinon les échos obligent à fermer et ouvrir son micro à chaque prise de parole, ce qui rend la conversation moins fluide. Un point d’autant plus important que, privés de l’image de celui qui parle, les membres de l’équipe ne peuvent pas se reposer sur la communication infraverbale : pas de clignements d’yeux, pas de moue dubitative, pas de signe pour prendre la parole. Une vraie différence avec la visioconférence classique.

12h : retour en salle de classe et fin du séminaire

À midi, tous les étudiants se retrouvent en salle de classe pour terminer cette session matinale. Alain Goudey développe le concept de "captologie", soit "l’étude de l’informatique et des technologies numériques comme outil d’influence et de persuasion des individus". Quelques minutes plus tard, sa voix disparaît, victime du plantage de son ordinateur. Via le chat intégré au campus virtuel, il demande à ses étudiants de lui donner un moment pour se reconnecter. Ce qu’ils font sagement, sans profiter de cette pause inattendue pour danser une salsa endiablée par avatars interposés.

À son retour, Alain Goudey propose une nouvelle mise en abîme : il diffuse à ses étudiants, via un flux de vidéo YouTube, un reportage d’Arte qui décortique… l’algorithme de recommandation de YouTube. Comme un infini jeu de miroirs, dans cette réalité virtuelle qui ne cesse d’interroger. Et de stimuler la réflexion sur une technologie à peine naissante dans l’univers de la formation supérieure. 

les réactions des étudiants de neoma

 

Interrogés en marge de leur séminaire sur leur ressenti face à cette expérimentation des mondes virtuels appliqués à la pédagogie, les étudiants de Neoma se montrent dans leur majorité plutôt agréablement surpris. "On se sent davantage comme en cours", témoigne Clément. "Nous sommes plus autonomes, les échanges sont plus informels, on peut bouger, aller au tableau, se déplacer entre les salles… Nous sommes moins passifs que sur Zoom. Toute une journée en visioconférence, c’est dur. Là, c’est plus vivant. C’est mieux pour la concentration."

une "impression de présence"

Martin confirme : "Nous sommes libres d’aller dans la salle qui nous plaît, de nous réunir en groupes, alors que sur Zoom, c’est l’administrateur qui gère tout ça." Pour Ghizlane, le campus virtuel "donne l’impression d’être en présence des autres". "On voit qui est là", dit-elle. "C’est vrai que la présence, c’est sympa, mais ça complexifie aussi", rétorque Maïté : "Il faut gérer pas mal de choses, comme à qui on parle. L’outil Collaborate est plus fonctionnel pour partager les écrans et savoir à qui l’on s’adresse. La plus-value ici est dans le fait de voir les avatars des autres."

"Cela ne remplacera jamais le présentiel, mais c’est plus ludique et plus intuitif que Zoom", estime de son côté Elsa. Pour Hazel, ce campus virtuel a un autre avantage : "Il favorise la cohésion d’équipe, car on est sans cesse en interaction avec les autres. On peut écrire des messages, réagir par émoticone, etc.". Ce que confirme Liliane : "Il y a des fonctionnalités comme saluer, lever la main, applaudir : cela permet de partager nos émotions."

des freins technologiques

Les étudiants n’en oublient pas pour autant d’être critiques. "C’est bien, mais je n’ai pas le réflexe de l’utiliser hors d’un cours, je reste sur Teams", témoigne l’un d’entre eux. "Moi, je trouve que c’est quand même plus compliqué que d’aller sur Zoom ou Teams : il faut lancer l’application, et cela prend du temps", ajoute Ludovic. "Je suis d’accord, un lien Zoom est plus simple. Et puis on n’a pas tous des ordinateurs adaptés à une expérience immersive. Il y a des freins technologiques à l’usage de cet outil", souligne l’un de ses camarades, tout en reconnaissant qu’il est "parfait pour la situation actuelle".

"C’est une bonne initiative, je regrette simplement que tout le monde ne puisse pas avoir accès à cette expérience", renchérit un autre étudiant, qui, lui, considère que "le problème n’est pas tant la qualité de l’ordinateur que celle de la connexion internet".

quid de l’après pandémie ?

Quant à l’usage qui pourrait en être fait hors contexte de pandémie, les étudiants sont partagés. "Je ne pense pas que ce sera un outil séduisant hors crise : on n’a qu’une envie, c’est de ressortir !", s’exclame un participant. Mais pour Salma au contraire, le monde virtuel a un bel avenir devant lui : "Le monde professionnel a beaucoup évolué avec la pandémie. On ne reviendra pas à 100 % de présentiel après, car la notion de télétravail restera", croit-elle savoir. "Or la solution du campus virtuel est bien plus interactive que Zoom ou Teams."

Ryad, lui, imagine que cette solution pourra être utile dans le contexte de la formation : "Cela peut ouvrir la voie à des organisations différentes, par exemple une promotion pourrait être dispatchée dans différents pays et maintenir quand même un sentiment d’appartenance sur ce campus." D’autres trouvent que la plateforme serait bien adaptée aux "programmes internationaux à distance, aux étudiants malades ou empêchés, ou en alternance". "Cela évite des déplacements", souligne aussi Ghizlane. Salma ne serait pour sa part pas fermée à expérimenter des usages extrascolaires, "si quelques développements sont apportés". À quand des soirées étudiantes virtuelles ?

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Sarah Piovezan, journaliste