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Gouvernance des établissements : comment garantir l’autonomie et mieux associer tous les acteurs ? (Grenelle)

Les deux premières sessions de l’atelier "gouvernance des écoles et des établissements" du "Grenelle de l’Éducation" ont fait émerger quatre pistes de réflexion, identifiées après avoir listé les "forces et les faiblesses" associées au thème, explique Nadette Fauvin, IGÉSR et secrétaire générale de l’atelier. Les discussions portent sur l'"autonomie réelle" des écoles et EPLE dans leur gouvernance ; le fonctionnement des différentes instances entre elles ; la place des professeurs ; et la coopération des collectivités de rattachement. La place des parents a également vocation à être abordée.

Nadette Fauvin

La première session de l’atelier "gouvernance des écoles et des établissements", présidé par Bénédicte Durand, a permis à ses membres (1) d’identifier les "forces et les faiblesses" rattachées à cette thématique, expose Nadette Fauvin, IGÉSR, interrogée par AEF info le 24 novembre 2020.

Pour y parvenir, il leur a été proposé de recréer, à l’échelle du groupe, une "communauté éducative miniature" : "Nous simulons un établissement où chacun à des fonctions et des positionnements différents, à des échelles territoriales différentes", détaille la secrétaire générale de l’atelier.

Un enjeu de connaissance des rôles respectifs des acteurs

"Il y a souvent des représentations décalées par rapport à la réalité perçue sur le terrain", observe Nadette Fauvin. Les acteurs ont des ambitions et préoccupations différentes en matière de gouvernance. Et ce quand bien même leur objectif est le même, poursuit-elle : la réussite des élèves et un climat scolaire permettant le bien-être des personnels de la communauté éducative. Cette méconnaissance des rôles respectifs soulève, selon elle, "un enjeu de connaissance mutuelle" auquel la méthode de travail de l’atelier retenue doit permettre de répondre.

En "décloisonnant" l’organisation au sein de l’atelier, "on se comprend mieux pour établir" un diagnostic commun, avance-t-elle. Et dans la mesure où "le thème s’y prête, nous avons voulu mettre en œuvre un type de gouvernance 'exemplaire' qui pourrait se passer dans le système scolaire".

La vingtaine de membres s’est exprimée sur ce que représente la gouvernance à leur sens. Au titre de ses points forts, ressortent "la force du collectif pour la réussite scolaire", "la construction d’une démarche en équipe", "l’importance d’exercer une responsabilité partagée" dès lors que chacun est responsabilisé à son niveau.

Des "injonctions descendantes" mal comprises

Du côté des faiblesses, le groupe met en avant le "manque d’encadrement" ou le "sous-encadrement", rapporte Nadette Fauvin. Alors que les équipes de direction sont de taille réduite dans le second degré, "les professeurs pourraient exercer des missions d’encadrement" en vertu d’un "'leadership' partagé mais ils ne sont pas vraiment mobilisés à côté de la direction", explique-t-elle.

Les membres de l’atelier ont également pointé les "injonctions descendantes", émanant d’une pluralité d’acteurs, qui ne sont "pas nécessairement comprises" faute d’être contextualisées, explique Nadette Fauvin. Or, il conviendrait que ces indications fassent "sens par rapport à la réalité vécue pour qu’elles soient appropriées", développe-t-elle.

un manque de préparation à la gouvernance

Au-delà, ce constat témoigne, selon Nadette Fauvin, d’un "manque de connaissance institutionnelle" mais également d’un "manque de préparation à l’exercice de la gouvernance" au niveau des établissements. Elle prend ainsi l’exemple d’une récente circulaire (lire sur AEF info) qui prévoit "plus de souplesse" en faveur des directeurs d’école dans l’attribution des heures dédiées aux missions liées à l’enseignement afin d’être davantage en adéquation avec "les besoins du terrain". Mais il n’est pas question dans ce texte de formation ou préparation "à l’exercice de cette gouvernance" et à la gestion de ces heures, pointe-t-elle.

Plusieurs besoins découlent de ces constats : donner du sens au travail des acteurs, de la coopération, de la cohérence, de la reconnaissance et du temps. Autant d’éléments qui ont pu ressortir des autres ateliers du Grenelle, souligne Nadette Fauvin.

Quatre pistes de réflexions

Ces différents éléments, soumis à l’issue de la première réunion à la sociologue spécialiste des organisations Christine Musselin, qui a alors présenté son analyse lors de la deuxième session, ont abouti à quatre pistes de réflexion :

"L’autonomie réelle" des écoles et EPLE : l’enjeu est de déterminer les modalités de gouvernance leur permettant de s’emparer de cette autonomie prévue juridiquement afin de créer des projets et des synergies au sein des établissements, détaille Nadette Fauvin. Il s’agit également de déterminer quelle forme d’autonomie reconnaître aux établissements dans leur pilotage pédagogique.

La coordination et la coopération des différentes instances de gouvernance. "Comment faire en sorte qu’elles fonctionnent à plein régime, qu’elles se parlent entre elles et aient du sens pour les personnels."

La place des professeurs et enseignants : l’enjeu est de déterminer comment faire en sorte qu’ils soient parties prenantes de la gouvernance.

L’articulation avec les collectivités territoriales de rattachement : ces organisations sont à côté des établissements dont elles sont, par ailleurs, parties prenantes. Aussi, il s’agit de s’interroger sur la façon de donner "une pleine puissance" à la coopération entre ces acteurs.

La place à accorder à la relation avec les parents a également vocation à être travaillée, ajoute Nadette Fauvin.

Le débat aussi dans les préconisations

Dans la mesure où "tout est articulé en matière de gouvernance", l’ensemble de ces items sera abordé jusqu’à la 4e séance de l’atelier, prévue le 17 décembre, explique l’inspectrice générale.

L’atelier formulera plusieurs propositions dont certaines, prévient d’ores et déjà Nadette Fauvin, ne feront pas consensus. "Nous n’évacuerons pas les propositions qui font débat car cela enrichit" la discussion, estime-t-elle, soucieuse de ne pas "perdre la trace" des échanges suscités lors des sessions de l’atelier.

(1) L’atelier réunit une directrice d’école et directrice vie scolaire pour sa circonscription, un vice-doyen du collège des IA-IPR et coordonnateur des équipes "Valeurs de la République" au sein de son académie, un chef de service à la Dgesco, des représentants syndicaux et associatifs (Snalc, Sgen-CFDT, CGT Educ'action, Syndicat national des écoles, Snpden-Unsa, PEEP, MLF), des principaux, une professeure de collège, une étudiante, une IEN.

Trois représentants des élus et collectivités, absents lors de la 1ère session, font également partie de l'atelier (la présidente d'une conseil départemental, une conseillère de l'Association des départements de France, le directeur général adjoint Education d'un conseil régional).

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Luce Burnod, journaliste