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Comment "penser les campus universitaires de demain à la lumière des nouveaux usages ?" (Assises régionales de l’ESR)

Comment "penser les campus universitaires de demain à la lumière des nouveaux usages ?" C’est le sujet posé dans le cadre d’une table ronde proposée à l’occasion des Assises régionales de l’ESR de la région Île-de-France, le 17 novembre 2020 (lire sur AEF info). Parmi les enjeux essentiels, sur lesquels la région peut apporter son soutien, les différents intervenants (1) évoquent notamment : la santé et le logement étudiant, mais aussi la nécessité de penser les campus "comme des lieux de vie". Sans oublier la question de l’attractivité, notamment auprès des étudiants étrangers.

Le site de l'Upec, à Créteil. Droits réservés - DR

"La notion d'inégalité a explosé avec la crise du Covid. On a des étudiants qui ont faim, qui sont à la rue, qui aujourd'hui sont dans une anxiété majeure par rapport au maniement du distanciel notamment. Cela nous amène à réfléchir à des campus beaucoup plus intégratifs, pluridisciplinaires, y compris pour répondre à une démographie étudiante en très forte augmentation", souligne Jean-Luc Dubois-Randé, président de l’Upec, lors d’une table ronde sur la manière de "penser les campus universitaires de demain à la lumière des nouveaux usages", à l’occasion des Assises régionales de l’ESR de la région Île-de-France, le 17 novembre 2020.

"Pour faire face à cette augmentation très forte des effectifs, surtout avec le baccalauréat de cette année, nous avons besoin de postes. Sur ce point, la région ne peut rien. En revanche, il nous faut aussi des locaux", ajoute François Germinet, président de CY Cergy Paris université. "Nous avons besoin de rénover nos bâtiments, pas forcément de construire, pour nos étudiants, dès le 1er cycle", commente Sylvie Retailleau, présidente de l’université Paris-Saclay.

"Cette crise nous oblige à prendre conscience, de manière très forte, de la question des usages au sein des campus. Et nous voyons bien que les étudiants n’y reviendront plus jamais comme avant", souligne quant à elle Bénédicte Durand, directrice de la formation à Sciences Po.

"la Dimension 'expérience de vie' est fondamentale"

Lieux de vie. Pour Jean-Luc Dubois-Randé, "la région peut avoir un rôle extrêmement fort dans l’aménagement des lieux, via notamment le CPER. Mais en agissant aussi sur des éléments simples, à commencer par un meilleur Wifi."

"Il faut désormais penser les campus comme des lieux de vie. C’est finalement une approche assez nouvelle en France. Aux États-Unis par exemple, les étudiants vivent à l’université. Il y a une vraie demande autour de lieux de rencontres, de logements et d’une restauration accessible."

Campus mixtes. "Il faut construire des campus mixtes, des lieux de vie, sur lesquels se croient les partenaires de la société civile, du monde économique, avec les étudiants", rebondit Sylvie Retailleau.

Développer l’offre. "Dans nos programmations bâtimentaires, il faut vraiment que nous nous interrogions sur la manière dont on peut améliorer les interactions sur nos campus, la manière dont la communauté universitaire va se réapproprier les lieux", relève François Germinet. Il fait ainsi le même constat que le président de l’Upec : "La dimension 'expérience de vie' est fondamentale. Elle doit se développer via l’offre en matière de logement, de restauration, mais aussi d’activités associatives, culturelles, et sportives."

Consultation des usagers insuffisante. Mais pour Bénédicte Durand, ces programmations "doivent aussi mieux associer les communautés d’usagers". "Leur consultation est encore insuffisante. Or, après ce choc que nous venons tous de vivre, il est indispensable de faire un vrai diagnostic auprès de ceux qui vivent les campus, pour comprendre leurs besoins."

Campus responsables

Par ailleurs, François Germinet souligne que "les préoccupations autour de la transition – pas uniquement écologique – mais aussi économique, digitale, sociétale, sont bien présentes et se trouvent renforcées avec cette crise. Le Covid vient accélérer cette prise de conscience de la nécessité de vivre autrement".

Sylvie Retailleau, insiste également sur "la notion de campus responsables". Elle constate que "les étudiants deviennent de plus en plus exigeants dans leurs choix, pour leur métier, leur insertion. Il faut aussi s’interroger sur nos choix de recherche, sur les thématiques comme sur les usages". "Sur le campus lui-même, en lien avec le CPER, il faut aussi prendre en compte tout ce qui concerne la transition énergétique."

"Les étudiants veulent un meilleur tri des déchets, une meilleure alimentation au sein des RU, mais aussi une réflexion autour des mobilités, des transports", souligne pour sa part Marie Marchand, étudiante en doctorat et représentante des doctorants au conseil de site de CY Cergy Paris université.

Santé étudiante : "la région a un rôle majeur à jouer"

Autre sujet majeur, qui apparaît au fil des échanges comme une véritable priorité : la question de la santé des étudiants. "Nous sommes sous-dotés. C’est pourquoi l’idée de développer des Maisons de la santé me semble intéressante. Elles regrouperaient des psychologues, des médecins, des assistantes sociales, des addictologues, etc.", souligne Sylvie Retailleau, présidente de l’université Paris-Saclay.

"Concernant la santé et la prévention des étudiants, la région a un rôle majeur à jouer. Il faut réfléchir à la mise en place de lieux d’accueil, de guichets uniques, pour penser à la fois la santé mais aussi la réussite. Finalement des lieux assez généralistes", ajoute Jean-Luc Dubois-Randé. Tout comme Sylvie Retailleau, il se dit favorable au développement de Maisons de santé. "Les étudiants ont une grande pudeur et ont besoin de lieux dédiés."

des étudiants qui ont besoin "de logements pas chers"

Le logement fait également partie des questions prioritaires pour les intervenants de cette table ronde. "Il nous faut des logements, et notamment des logements pas chers. Les rénovations faites par le Crous sont de très belles réalisations. Mais le problème, c’est que les chambres proposées avant à 150 euros sont passées à 400 euros, voire plus ! Tous les étudiants ne peuvent pas se loger à ce prix-là, surtout avec une précarité grandissante", réagit Sylvie Retailleau. "Nous avons aussi besoin de transports, une problématique qui résonne tout particulièrement à Saclay, pour les étudiants mais aussi les personnels", glisse-t-elle au passage.

"La question du logement me semble également essentielle", soulève Bénédicte Durand. "Il faut revoir nos modèles, qui sont très fixes, sur une année universitaires. Or les besoins sont différents. L’offre doit être plus souple. Les étudiants doivent pouvoir rejoindre la région pour faire deux mois de stage, puis en repartir."

"l’attractivité francilienne n’est pas acquise"

L’attractivité, un enjeu majeur. "Je pose aussi une alerte à l’ensemble des acteurs régionaux. Sciences Po a des campus en région et nous commençons à observer des questionnements sur l’intérêt de venir à Paris, plutôt qu’à Reims ou Poitiers par exemple, en raison de la qualité de vie, du coût du logement, de conditions de travail pour les étudiants. Donc il ne faut vraiment pas considérer que l’attractivité francilienne est acquise. Et surtout quand l’ensemble des réseaux culturels ne sont plus accessibles !", observe Bénédicte Durand.

Pour François Germinet, la question de l’attractivité est vraiment "un enjeu majeur, aussi bien pour les étudiants de nos territoires que pour les étudiants internationaux, qui ont le choix parmi de nombreux établissements".

Mobilité internationale. Par ailleurs, Bénédicte Durand ajoute que "cette crise prive un certain nombre d’étudiants, mais aussi de doctorants, d’enseignants, de chercheurs, d’une expérience internationale. Elle est rattrapée en partie par le numérique. Mais les étudiants sont privés de cette première expérience à l’étranger".

"Dès que nous pourrons reprendre ces mobilités de façon plus normale, nous aurons plusieurs générations qui souhaiteront s’engager dans une mobilité extérieure et qui auront besoin d’être accompagnées. La région pourrait nous aider", suggère Bénédicte Durand.

campus physique et numérique : "nous allons tous vers une double proposition systématique"

La table ronde pose ensuite la question de l’intérêt de maintenir certains lieux face aux nouveaux usages. "Le nouveau campus de Sciences Po à Paris est conçu sans amphithéâtre. On a organisé en extérieur la possibilité d’accueillir les étudiants sous un format 'forum', un plein air. C’est un signal que nous avons voulu donner sur le fait que nous allions aller vers une pédagogie beaucoup plus personnalisée, vers le petit groupe", souligne Bénédicte Durand.

"Même si pour le moment nous sommes tous en état de saturation digitale – et qu’il est difficile de tout faire de cette manière – nous sommes rentrés dans une dynamique de double campus. Mais nous allons tous vers une double proposition systématique, dans des équilibres différents selon chaque établissement, liés à nos projets de formation, nos identités, nos capacités d’accueil", explique Bénédicte Durand, qui parle alors "d’ubiquité pédagogique".

Vie étudiante numérique. "Nous devons aussi apprendre, dans l’espace numérique, à construire des campus. C’est pourquoi, à Sciences Po, nous organisons aussi une vie étudiante numérique, avec par exemple des ateliers bien-être", ajoute-t-elle.

Qualité pédagogique

Enfin, "je ne voudrais pas que l’on oublie dans nos réflexions le sujet de la qualité pédagogique", poursuit Bénédicte Durand. Le sujet n’était effectivement pas inscrit au cœur de cette table ronde. "Nous voyons bien que notre communauté enseignante a joué le jeu de la crise, en se mobilisant en urgence et en continuant à répondre présent pour les étudiants. Cette communauté enseignante a besoin d’énormément de soutien à la qualité pédagogique des contenus. Elle doit réinventer ses enseignements sur des formats différents, qu’ils soient hybrides ou entièrement numériques."

"La pédagogie en présentiel est indispensable". "La pédagogie en présentiel est indispensable, avec un cri d’alerte sur les étudiants en première année. Ils en ont vraiment besoin pour éviter pour éviter le décrochage", souligne pour sa part Sylvie Retailleau. "Cette période nous a montré à quel point il est nécessaire de maintenir ce lien, même avec une utilisation complémentaire de l’hybridation en pédagogie numérique", précise-t-elle. Jean-Luc Dubois-Randé souligne quant à lui le rôle très important, dans ce contexte, des tuteurs étudiants.

(1) Sylvie Retailleau, présidente de l'université Paris-Saclay ; François Germinet président de CY Cergy Paris université ; Jean-Luc Dubois-Randé, président de l'université Paris Est Créteil ; Bénédicte Durand directrice de la formation à Sciences Po ; Marie Marchand, étudiante en doctorat et représentante des doctorants au Conseil de site de CY Cergy Paris Université.

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Juliette Plouseau, journaliste