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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°639964

Télétravail : Engie expérimente de nouvelles organisations du travail en amont d’une future négociation

La crise sanitaire et les deux confinements ont bouleversé l’organisation de la plupart des entreprises, et mis en lumière la nécessité de repenser les conditions du travail à distance en tenant compte des nouvelles aspirations des salariés. Nombre d’entreprises ont d’ores et déjà négocié ou renégocié des accords sur le télétravail. Engie, de son côté, a désigné des sites pilotes, sur la base du volontariat, pour tester de nouvelles façons de manager, de gérer les temps individuel et collectif, tout en restant dans une logique de productivité et en respectant les objectifs environnementaux.

La Tour T1, siège d'Engie à La Défense, compte 4 500 salariés Droits réservés - DR

Quelles leçons tirer de la période actuelle pour les collectifs de travail en matière d’organisation du travail, et comment faire de la crise une opportunité pour faire évoluer les accords et démarches liées au télétravail en place au sein de l’entreprise ? Des questions que se posent beaucoup d’entreprises aujourd’hui, dont Engie, qui a entamé un travail de conduite du changement en mettant en place des groupes pilotes autour des futures organisations du travail et du télétravail plus particulièrement.

Sens du collectif

Une approche "à la fois empirique et réfléchie, centrée sur les leviers que nous pouvons activer pour remodeler les organisations du travail", explique à AEF info Nicolas Rolland, directeur de la transformation du groupe. Si au plus fort de la crise du Covid-19, le taux de salariés en télétravail atteignait les 40 %, aujourd’hui, l’objectif est de recréer de nouvelles normes autour de trois piliers : "People, Planet et Performance", explique Nicolas Rolland.

Tout d’abord, il s’agit de comprendre "comment concilier les organisations individuelle et collective, comment appuyer les managers garants des collectifs de travail et organiser les journées ou les semaines de présence sur le lieu de travail. Beaucoup de questions concernent également le sens d’une présence sur le lieu de travail et les conséquences qui en découlent sur la typologie et l’occupation des lieux. Auparavant, il arrivait que les temps collectifs soient éparpillés. Aujourd’hui, nous avons besoin de les organiser, notamment en fonction de la nature de la tâche. Si vous faites venir les gens sur site afin d’accomplir des tâches individuelles, cela ne sert à rien. Nous devons donc revoir le sens collectif du travail", souligne le directeur de la transformation.

Une pratique du télétravail qui se fera, dans tous les cas, sur la base du double volontariat. "On ne forcera personne à être en télétravail. Si les collaborateurs souhaitent venir au bureau cinq jours sur cinq, on ne s’y opposera pas. Néanmoins, le choix des jours de télétravail devra être compatible avec l’organisation des collectifs", précise Nicolas Rolland.

Aligner la stratégie sur la performance

Sur le deuxième axe stratégique d’Engie, porté sur la performance, "nous souhaitons mesurer l’impact du télétravail sur la performance collective. Nous avons travaillé sur la performance sur site ou encore l’impact du télétravail sur la performance globale. Parfois, il est possible de scinder certaines activités. Mais d’autres sont transversales et impliquent beaucoup de collaboration informelle. Ces modes d’organisation du travail pâtissent du télétravail. Il faut donc recréer des pratiques permettant de réimpulser de la logique informelle", raconte-t-il.

Enfin, chez Engie, la mise en place de nouvelles organisations du travail doit coller avec les ambitions environnementales de l’entreprise. "Nous réfléchissons à la contribution du télétravail à notre objectif de neutralité carbone sur nos modes de travail. Usage de la voiture pour se déplacer, fourniture d’écrans au bureau et à la maison, nous voulons redoubler d’efforts pour sensibiliser les salariés sur les bons usages digitaux. Un exemple parmi les initiatives que nous menons est le travail que nous avons fait sur l’estimation du poids d’un e-mail envoyé en termes de carbone, avec un code couleur jaune vert et rouge pour sensibiliser les collaborateurs", explique Nicolas Rolland.

Travail préliminaire à une négociation

L’ensemble de ce travail pilote est conduit dans différentes unités dans le monde, en France, en Italie, en Belgique, en Allemagne ou encore aux États-Unis. "Nous travaillons de manière collective avec les organisations syndicales et nous déciderons dans quel cadre nous pourrons appliquer ces nouvelles règles en signant un accord", explique Nicolas Rolland.

D’autant plus qu’au-delà des conséquences sur les salariés eux-mêmes, d’autres métiers seront impactés, comme la restauration collective, le service immobilier ou les services généraux. "L’essentiel, c’est que nous puissions aiguiller nos entités du groupe et répondre au mieux aux problématiques métier, culture et aux missions exercées par chacun. Néanmoins, nous sommes tous alignés sur la trajectoire de nos évolutions autour du collectif, de la performance, et enfin de la réduction de notre empreinte carbone", explique Nicolas Rolland.

Un retour d'expérience attendu

"Sur le télétravail, nous ne disposons pas d’un accord global chez Engie, mais d’accords qui régissent les différentes entités", explique de son côté José Belo Dos Reis, coordinateur CFDT chez Engie. "Notre objectif à la CFDT, dans le cadre d’un prochain accord, serait tout d’abord d’avoir un vrai bilan sur le télétravail en faisant aussi abstraction de la période vécue durant le Covid-19, qui fausse le regard des uns et des autres, mais aussi au vu de la différence de pratiques possibles entre le premier et le deuxième confinement. Il faudra traiter la question de l’isolement, du lien des salariés à l’entreprise, de la gestion de l’immobilier, ou encore des frais de déplacement. Le but est de construire un accord basé sur l’organisation du travail. Mais pour cela, il faudra attendre le retour d’expérience des salariés", explique le syndicaliste.

"La crise nous est tombée dessus. Nous avons décidé de gérer d’abord ses effets, puis de prendre du recul afin de parler de ce sujet", indique de son côté Hamid Ait-Ghezala, coordinateur CFE-CGC, pour qui "il faut un cadre au niveau global, qui sera ensuite affiné dans les entités", au vu des différences existantes dans les activités menées par le groupe Engie. "Nous avons pour le moment demandé à être informés localement dans le cadre de l’expérimentation proposée par la direction, afin que celle-ci se déroule dans l’échange avec les organisations syndicales. Les discussions devraient porter sur deux champs : le contexte de crise et hors crise", confie-t-il, précisant que si un retour d’expérience était prévu pour le début d’année 2021, les réorganisations au sein du groupe Engie "repousseront sans doute les discussions".

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Evelyne Orman, journaliste