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A Bordeaux, une classe pédestre citadine fait découvrir aux élèves les valeurs de la République

Pour le 115e anniversaire de la loi de 1905 qui a séparé l’Église et l’État, de nombreux projets éducatifs portent sur la laïcité au sein des établissements scolaires ce 9 décembre 2020. À Bordeaux, une école hors les murs, le centre des classes citadines, propose à des écoliers et collégiens, non citadins, 20 parcours urbains, dont un, depuis 2014, pour appréhender les valeurs de la République à travers architecture et monuments. Une démarche, doublée d’un circuit sur le passé négrier de la ville, qui cherche à faire le lien entre ce qu’apprennent les élèves et ce qu’ils vivent.

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Les classes citadines commencent le parcours bordelais dédié aux valeurs républicaines, parvis des droits de l'homme, devant la plaque au sol reprenant la déclaration de 1789. Droits réservés - DR - Centre des classes citadines

Les classes citadines existent à Bordeaux depuis 34 ans mais l'idée d'un parcours urbain racontant aux élèves, in situ, les valeurs de la République est née à la rentrée 2014. Au moment de la publication de la charte de la laïcité à la rentrée 2013", raconte Catherine Coudère, la directrice du centre qui gère ces classes citadines (cf. encadré).

Ces principes constitutionnels (liberté, égalité, fraternité, laïcité) restent "assez abstraits" pour les élèves, notamment pour ceux de CM1, CM2 et 6e qu'il vise en priorité, et "la perception très variable d’une classe à l’autre", dit-elle, et le circuit les incarne à travers des lieux et monuments.

Ce parcours fait le lien entre les deux Déclarations des droits de l’homme et du citoyen et la charte de la laïcité, en s’appuyant sur un jeu de cartes qui reprend des extraits de ces textes. Une entrée en matière qui permet de cerner, aux réactions des écoliers, "ce qu’ils connaissent ou croient connaître" de ces valeurs et d’amorcer un échange. Sachant que les enseignants qui officient au sein de ce dispositif cherchent aussi "à partir des notions que les élèves ont à leur programme".

Une école sans élèves fixes et hors les murs

 

Créé à la rentrée 1986, le centre des classes citadines est une école sans élèves de la ville de Bordeaux et deux enseignantes du premier degré y sont affectées. Leur tutelle est la DSDEN de la Gironde comme pour les autres écoles du département. À l’origine, l’objectif était de faire découvrir la richesse patrimoniale de la ville aux enfants de territoires ruraux éloignés et ainsi de réduire les inégalités scolaires culturelles. Le dispositif s’est peu à peu développé autour d’une définition élargie du patrimoine pour faire découvrir la métropole dans ses différentes dimensions historiques, architecturales, artistiques, de vie démocratique et de conditions de développement urbain.

Le centre des classes citadines propose une vingtaine de parcours thématiques aujourd’hui à plusieurs milliers d’élèves - le dernier en date étant consacré au passé négrier de Bordeaux et à la mémoire de l'esclavage. Au cours d’une année, entre 230 et 240 classes participent à ces circuits pédestres et pédagogiques en milieu urbain. Des sorties que les enseignants, dossier pédagogique à l'appui, peuvent effectuer seuls, mais qui aujourd'hui à l'arrêt pour cause de pandémie. Cette initiative reçoit un financement du conseil départemental par l’intermédiaire de l’association des PEP33 (Pupilles de l’enseignement public) ; cette subvention sert à financer les frais de transport pour acheminer les élèves.

Lieux de pouvoir, Lieux de culte

Le cheminement en ville en tant que tel débute au parvis des droits de l’homme situé à Bordeaux, devant l’École nationale de la magistrature et le tribunal de grande instance. L’occasion de "parler de la loi, du droit, de la liberté de chacun" et du cadre de la République française dit Catherine Coudère.

Suivent ensuite d’autres haltes. Devant le palais Rohan, qui abrite la mairie, pour évoquer le droit de vote, la représentation citoyenne. Devant une école ensuite pour discuter droit à l’éducation mais aussi égalité de droits entre filles et garçons.

Puis à la cathédrale Saint-André, pour parler lieu de culte et croyance, aborder la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905 et le concept de laïcité. "Nous l'avons choisie parce qu’elle est proche du parcours mais nous aurions pu prendre un autre lieu de culte", explique l’enseignante.

Une étape qui suscite souvent deux questions : "puis-je entrer si je ne suis pas croyant ? puis-je entrer si je ne suis pas catholique ?". À laquelle l’enseignante, après avoir renvoyé la question aux autres élèves, répond : "oui, on peut y aller pour découvrir la beauté du bâtiment". Lors de cette halte, quand des enfants ont vu en cours les guerres de religion, Catherine Coudère en profite pour "faire le lien entre les époques et expliquer comment la laïcité s’est installée en France. Et comment elle permet à chacun de croire et de ne pas croire".

Convoquer l’histoire de la Résistance

L'arrêt devant le centre national Jean-Moulin, musée de la guerre permet de convoquer l’histoire de la Résistance, la déportation des juifs et des tsiganes. "Partant de là, la réflexion s'élargit aux discriminations en général, à celles dont on peut être victimes aujourd’hui et à la manière de s’y opposer en évoquant la figure du Défenseur des droits", détaille Catherine Coudère.

Le parcours se clôture place de la Comédie, devant la statue Sanna, de l’artiste espagnol Jaume Plensa (2). Illustrant l’idée des cultures partagées et de la place de l’art dans l’espace public, cet immense visage prend des aspects différents selon la distance choisie pour le regarder.

"Semer des petits cailloux" chez des élèves qu’on ne reverra pas

L’équipe de cette "école hors les murs" sait, en échangeant avec le maître ou la maîtresse, ce que les élèves ont travaillé avant de participer à ce parcours "Valeurs de la République" et dans quelle optique ils l’appréhendent, mais elle manque en revanche de recul sur l’après. "On ne revoit jamais ces élèves", regrette Catherine Coudère, tout en espérant "avoir semé des petits cailloux".

Autre contrainte et difficulté de l’exercice : impossible de travailler ces notions en petits groupes pendant la balade. "On reste en classe entière et ce n’est pas toujours une organisation pédagogique optimale dans ce cas", estime Catherine Coudère. Cette sortie hors de la classe peut toutefois "donner des pistes à l’enseignant, lui ouvrir d’autres outils", croit la directrice des Classes citadines.

Faire le lien entre les apprentissages et le réel

Quel que ce soit leur âge, les participants à ces parcours (valeurs républicaines ou traces de l’esclavage) se montrent "attentifs, réactifs, à l’écoute, ouverts à la discussion", note Catherine Coudère. Certains adolescents livrent parfois des récits émouvants, en faisant part, par exemple, des souvenirs de leur grand-mère antillaise.

"Ce qui est important", dit-elle, "c’est de faire le lien entre ce qu’ils apprennent chaque année et entre ces apprentissages et le monde dans lequel ils vivent aujourd’hui. Quand on leur dit que l’esclavage est une histoire ancienne qui remonte à l’Antiquité, les lycéens nous rétorquent souvent : oui, on l’a vu en 6e mais c’est vieux, on a oublié". D’où l’intérêt d’une approche décloisonnée et hors la classe pour faire sens.

Un autre projet innovant à Libourne

 

Le collège les Dagueys à Libourne (toujours en Gironde), que visite la rectrice Anne Bisagni-Faure mercredi, a mis en place depuis 2015 un projet intitulé "écoles, monothéismes et laïcité" destiné aux élèves de Cinquième. Ce projet permet d’aborder la laïcité à l’école et dans la société française, et d’approfondir les savoirs des élèves en leur permettant d’aller à la rencontre des différents ministres du culte libournais, mais aussi en débattant sur la non croyance. Il vise à favoriser le vivre ensemble, à engager la réflexion sur les libertés et à réduire autant que possible les préjugés sur les croyances et sur la laïcité.

(2) Exposée depuis 2013, la statue devait être acquise par la ville. Mais la souscription publique s’étant révélée insuffisante, la sculpture a finalement été achetée par un mécène, qui a décidé de la laisser sept ans (jusqu’en 2021) à disposition de la commune.

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