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"Alumni for the planet", le réseau de diplômés pour faire face aux défis climatiques et environnementaux

Dans les entreprises, "nous avons tous un pouvoir. Le directeur financier peut s’intéresser à la finance verte, le directeur informatique au green IT, la direction de la RSE à l’entreprise à mission…", déclare Emery Jacquillat, PDG de la Camif, jeudi 12 novembre 2020. "Je soutiens Alumni for the planet car nous avons besoin de faire appel à tous", ajoute-t-il lors du lancement du réseau qui veut mobiliser les diplômés de l’enseignement supérieur sur les enjeux climat et environnement, avec le parrainage de la climatologue Valérie Masson-Delmotte ou encore du DG de la Maif, Pascal Demurger.

"Alumni for the planet" veut devenir le collectif des diplômés de l’enseignement supérieur français qui s’engagent et agissent pour le climat et l’environnement. @markusspiske / Unsplash

Afin de "stabiliser l'ampleur du réchauffement climatique et ses conséquences", "deux conditions sont nécessaires pour des changements structurels et profonds", expose ce jeudi Valérie Masson Delmotte, paléo-climatologue. "La première d'entre elles est de comprendre les enjeux. L’autre est de faire partie de groupes, de communautés, qui s’interrogent, expérimentent et se mettent dans une dynamique de transformation durable", poursuit la coprésidente du groupe n° 1 du Giec, qui a accepté de devenir marraine du réseau "Alumni for the planet". L’initiative est "formidable", s’enthousiasme la scientifique.

Agro ParisTech, ENA, ESSEC

Ce collectif, apolitique et non-militant, entend devenir le "réseau des diplômés de l’enseignement supérieur français qui s’engagent et agissent pour le climat et l’environnement". 23 bénévoles (douze femmes et onze hommes), issus d’horizons variés (Celsa, Centrale Nantes, CentraleSupelec, Dauphine, EBI, ENA, ENPC, ENS, ESC Clermont, HEC, Neoma, Polytechnique, Sorbonne Université, Supaéro, université Gustave Eiffel, université Paris-VI), constituent l’équipe à l’origine du lancement. Le réseau a été rejoint par 181 signataires, issus de 128 écoles et universités (1), et bénéficie de soutiens académiques, tels que la Conférence des grandes écoles, la Conférence des présidents d'université ou encore la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs.

Pour Valérie Masson-Delmotte, Alumni for the planet permettra "d’acquérir plus vite les compétences nécessaires dans chaque parcours professionnel, grâce aux retours d’expériences de chacun d’entre vous. Qu’auriez-vous voulu apprendre sur les bancs de l’école, il y a cinq ou dix ans ? Que voudriez-vous voir enseigner plus pour que les plus jeunes puissent rapidement capitaliser sur ce que vous-même vous avez appris ?" De son expérience acquise au sein du Giec, la climatologue souligne que travailler en réseau  "accélère les meilleures pratiques et favorise le travail de fond". C’est d’ailleurs le but de l’initiative : aider les alumni à agir en les informant, en les mettant en réseau et en les soutenant dans leurs actions.

Impacts majeurs des actions des alumnis

Les alumnis occupent des postes à responsabilités dans les entreprises et les organisations publiques : "leurs engagements et leurs actions ont donc un impact majeur pour faire face aux défis climatiques et environnementaux", ajoute Frédéric de Dinechin, diplômé de Polytechnique (86) et des Ponts (92), l’un des 23 bénévoles du réseau qui travaille par ailleurs à CMI Marseille, un think tank de la Banque mondiale sur le réchauffement climatique en Méditerranée. "Tous les alumni, à tous les postes, peuvent devenir acteurs du changement. Ils peuvent agir à plusieurs niveaux, par exemple en créant des alliances entre leurs entreprises ou en changeant les pratiques de leurs entreprises."  

"Votre proposition de parrainer Alumni for the planet est un très grand honneur pour moi et je n’ai pas eu un seul moment d’hésitation", déclare Pascal Demurger (ENA 1996). Il est l’un des autres parrains du collectif avec Yann Arthus-Bertrand, le président de la fondation GoodPlanet. "Nous sommes tous convaincus de la nécessité d’agir urgemment. Mais rien ne se passera si les entreprises, qui ont des leviers d’action puissants, ne s’engagent pas", selon le directeur général de la Maif. Aujourd’hui, "il est possible de créer de nouveaux modèles d’entreprises où on concilie engagement et performance". Mais "même convaincus, nous pouvons nous sentir un peu démunis à l’intérieur de notre entreprise, ne sachant pas, au poste que l’on occupe, ce que l’on peut faire, comment peser sur les orientations stratégiques de l’entreprise, etc. D’où la nécessité de ce réseau", estime-t-il. "C’est vraiment par la mise en réseau que l’on peut partager des expériences, s’inspirer, faire connaître les actions de chacun… et  finalement, collectivement, se rendre compte que nous sommes nombreux et puissants."

"Nous avons tous un rôle et un pouvoir"

"L’entreprise est un acteur majeur, un lieu majeur où les choses se passent. Et il ne suffit pas que le patron soit impliqué pour que cela marche", témoigne Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain et vice-président d’Entreprises pour l’environnement (EpE). "Depuis quelques années, j’ai constaté un changement. J’ai été progressivement rejoint par des jeunes. Les verrous — je ne leur jette pas la pierre — ce sont les cadres intermédiaires, tous ces alumnis en charge des millenials", témoigne cet Essec 1979. L’encadrement joue un "rôle majeur et j’ai besoin de tout le monde pour agir sur les process et les comportements au quotidien". "Je crois au rôle des alumnis, qui représentent une force supplémentaire." Il précise par ailleurs s’être "assuré du soutien" à Alumni for the planet de ses successeurs à la tête d’EpE, le président de Renault Jean-Dominique Senard et l’administrateur directeur général de BNP Paribas Jean-Laurent Bonnafé.

Emery Jacquillat, PDG de la Camif et président de la communauté des entreprises à mission, pointe "l’accélération de la prise de conscience", depuis le Covid, de la responsabilité des entreprises, doublée d’une "exigence croissante des citoyens, des consommateurs, des collaborateurs sur l’engagement des entreprises". "Les entreprises les plus résilientes face à la crise sont les plus engagées", affirme ce diplômé d’HEC (1994). "Je soutiens Alumni for the planet car nous avons besoin de faire appel à tous […] Nous sommes, sans doute, la dernière génération à pouvoir agir avant qu’il ne soit trop tard." Au sein des entreprises, "nous avons tous un rôle et un pouvoir. Le directeur financier peut s’intéresser à la finance verte, le directeur des achats aux achats durables, le directeur informatique au green IT, les ressources humaines au management de la transformation, la direction de la RSE à l’entreprise à mission".

sortir DU CONFLIT INTERGENERATIONNEL

"Pour un réveil écologique", un collectif d’étudiants de grandes écoles (École Polytechnique, HEC Paris, AgroParisTech, ENS Ulm, Sciences Po, CentraleSupélec) qui a été signé par plus de 32 000 étudiants de plus de 400 établissements de l’enseignement supérieur (lire sur AEF info), encourage également l’initiative. Caroline Mouille, étudiante à SupAgro, souligne le paradoxe de venir à vélo au travail et d’observer les écogestes au bureau, "si c’est pour travailler sur les tapis de bain connectés". "Le développement durable dans les entreprises ne doit pas se contenter des écogestes : il faut interroger l’utilité de l’activité ainsi que l'intérêt social", résume-t-elle. "Et ça n’est pas réservé aux jeunes !"

"Ces deux dernières années lorsque nous allions voir des dirigeants, ils nous répondaient qu’ils avaient du mal à changer et nous invitaient à les rejoindre pour transformer leurs entreprises de l’intérieur", explique Benoît Halgand, étudiant en quatrième année et dernière année à Polytechnique. Mais "il revient aux générations aux commandes maintenant d’agir ! Il faut sortir du conflit intergénérationnel... Nous espérons que tous les alumnis vont s’engager dans le réseau".

Cinq engagements à prendre pour rejoindre le réseau

 

  1. Je m'engage à agir dans mon entreprise / organisation pour contribuer de façon concrète à limiter les dérèglements climatiques et environnementaux, en intégrant l’ensemble des dimensions économiques et sociales.
  2. Je m’engage à agir dans ma ville en mobilisant les acteurs locaux.
  3. Je m’engage à agir dans mon quotidien pour diminuer mon empreinte environnementale.
  4. Je m’engage à consacrer une partie de mon temps à m’informer, me former et partager mes connaissances sur les enjeux climatiques et environnementaux.
  5. Je m’engage à témoigner chaque année de mes actions, sur le site Alumni for the planet, pour encourager toujours plus d’alumni à agir à leur tour.

(1) AgroParisTech, Aix-Marseille Université, Arts et Métiers, CentraleSupélec, CNAM, CPE Lyon, École Centrale Nantes, École Nationale d'Administration, Écoles Normales Supérieures, École Polytechnique, École des Ponts ParisTech, EIVP, ENSAE Paris, ENSEA, ENSAIA Nancy, ESME Sudria, ESC Clermont Business School, ESSEC Business School, ESTP Paris, ESTACA, Grenoble Ecole de Management, Groupe des Instituts Nationaux de Sciences Appliquées (INSA), ISC Paris, KEDGE Business School, NEOMA Business School, Paris School of Business, Pôle Léonard de Vinci, Réseau Polytech, SciencesPo, UniAgro, Université Catholique de Lille, Université Gustave Eiffel, Université de La Rochelle, Université Paris Dauphine, Université Paris Saclay, Université de Technologie de Belfort-Montbéliard, Université de Technologie de Troyes.

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