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Cas Covid chez les enfants : quel est l’écart entre les chiffres du MEN et ceux de la Santé, académie par académie ?

AEF info a compilé les chiffres de Santé publique France recensant le nombre d’enfants, âgés de 10 à 19 ans, testés positifs au Covid-19 par les laboratoires d’analyses médicales et remontés chaque jour. Nous les avons ensuite confrontés aux données des rectorats transmises chaque semaine au ministère de l’Éducation nationale. Même si le périmètre est légèrement différent, tant sur l’âge des élèves que sur la date de publication des informations, les infographies montrent une importante différence entre ces deux indicateurs. Cette question a été soulevée lors du CHSCT du MEN.

Depuis le 25 septembre 2020 (lire sur AEF info), le MENJS communique chaque fin de semaine sur le taux d'élèves testés positif à la Covid-19. CheckNews (Libération) a pointé une différence importante entre ces chiffres et ceux de Santé publique France, à travers le portail Géodes de SPF qui recense le nombre de personnes positives testées dans les laboratoires d’analyses médicales (1).

Le 6 novembre 2020, le MENJS fait état de 3 528 élèves considérés comme cas de Covid confirmés, en cumulé, d'après un décompte réalisé sur les quatre derniers jours - soit entre le 2 et le 5 novembre - (lire sur AEF info). Un décompte qui fait dire à Jean-Michel Blanquer, sur RTL le 6 novembre, que "rapporté à 12 millions d’élèves, c’est un chiffre qui est maîtrisé". De son côté, pour cette même période, Santé publique France comptabilise 26 235 cas positifs chez les enfants de 10 à 19 ans.

À partir des indicateurs du MENJS (nombre d’élèves de primaires, collèges et lycées positifs) et de Santé publique France (nombre d’enfants de 10 à 19 ans positifs), AEF info a élaboré deux infographies qui montrent l’évolution du nombre d’enfants positifs depuis mi-septembre 2020.

Le premier schéma montre la situation au niveau national tandis que la seconde visualisation détaille les données pour chacune des académies. Si ces deux courbes ne peuvent pas être comparées "strictement", elles permettent de voir que les tendances diffèrent entre le nombre d’élèves recensés par les rectorats, à partir des déclarations des familles (chiffres MEN) et ceux comptabilisés à partir des tests effectués par les laboratoires d’analyses médicales (chiffres Santé publique France).

Il convient de d'attirer l'attention sur quelques précautions de lecture :

  • sur les périodes de comparaison : le MEN donne des chiffres sur une "semaine glissante" à partir des remontées faites par les rectorats le jeudi, veille de publication, tandis que Santé publique France les publie sur une semaine allant du lundi au dimanche. Par ailleurs, les données de Santé publique France comportent quelques jours de décalage entre la date de prélèvement sanguin et l’obtention des résultats du test PCR ;

  • sur les enfants concernés : le MEN comptabilise les élèves de primaire, collège et lycée, soit des enfants âgés de 6/7 ans à 17/18 ans. De son côté, Santé publique France recense les 0-9 ans et les 10-19 ans. AEF info a choisi de ne retenir que cette 2e catégorie puisque les enfants de moins de 9 ans sont plus rarement testés.

Si vous ne voyez pas les infographies dans leur intégralité, cliquez ici.


Au niveau national, les courbes suivent la même tendance jusqu’à début octobre, même si le nombre de cas positifs peut être jusqu’à dix fois plus élevé pour Santé publique France. À partir de la semaine 42 et du 16 octobre, Santé publique France enregistre une poursuite de la hausse du nombre d’enfants de 10-19 ans positifs alors que le ministère de l’Éducation nationale note une baisse. Cette tendance est identique pour une majorité d’académies, à l’exception des académies d’Aix-Marseille et de Nancy-Metz pour lesquelles les deux structures s’accordent sur l’augmentation du nombre de cas positifs. En Guyane et Guadeloupe, Santé publique France constate une baisse du nombre d’enfants positifs.

Il est à noter également que, fin septembre, les rectorats de Poitiers et de Strasbourg constatent un nombre d’élèves positifs plus haut que les chiffres relevés par Santé publique France.

EN CHSCT, LES SYNDICATS INTERPELLENT LE MEN SUR LES CHIFFRES

Le ministère de l’Éducation a été interpellé par des représentants du personnel en CHSCT MEN le 10 novembre sur cette différence de tendance entre ces deux séries de données. Il a expliqué que ses chiffres provenaient de remontées quotidiennes des DSDEN, rapporte Sandrine Monier, de la FSU. "Le ministère n’a pas le droit d’avoir des informations sur la santé des élèves et le secret médical", explique le MEN à LCI. Pour son décompte, il se base donc sur une information "donnée par un parent ou par l’ ARS", ce qui permettrait d'"expliquer ce décalage". L’Éducation nationale a tenu à rappeler que ces données ne montrent pas que les écoles sont des lieux de transmission. "Il est probable que ces élèves positifs aient été contaminés hors contexte scolaire."

Néanmoins, le MEN va "regarder de plus près" les écarts entre le nombre d’élèves positifs au Covid-19 recensés par les rectorats et les chiffres de Santé publique France et "améliorer les indicateurs", rapporte Élisabeth Allain-Moreno de l’ Unsa, à l’issue du CHSCT. "Nous avons demandé de la transparence, que des données chiffrées soient envoyées chaque semaine et qu’elles soient croisées avec les chiffres de Santé publique France", indique Sandrine Monier.

"Nous n’accusons pas le ministère de produire intentionnellement des chiffres faux, mais le consensus est désormais largement établi sur le fait que le processus de fabrication de ces chiffres n’est pas fiable", réagit le Snalc, dans un communiqué de presse. "Les personnels n’acceptent plus de voir des chiffres faux être largement communiqués pour justifier que tout va bien à l’école et que les contaminations, c’est forcément ailleurs."

De quelle manière les chiffres sont-ils collectés ? Exemple en Côte-d’Or


"Les chiffres du rectorat ? C’est du pipeau !", commente un représentant syndical siégeant au CHSCT de Côte-d’Or (académie de Dijon) à AEF info le 9 novembre. "Les établissements remontent les chiffres qu’ils veulent", c’est-à-dire que le rectorat ne leur demande pas "un chiffre à un instant T qui serait le même pour tous". Et "si un établissement ne remonte rien, il ne se passe rien", note l’élu. Donc "le rectorat se contente de faire une compilation de ce qu’il a, comme ça, au fil de l’eau", conclut-il.

"Les infos qui remontent par la bande" laissent penser à cet enseignant que le nombre de cas est plus élevé qu’annoncé. Il note qu’à la veille des vacances scolaires, le rectorat annonçait 189 élèves testés positifs au Covid, sur les sept derniers jours. Or, "75 élèves manquaient à l’appel au collège de Chevigny-Saint-Sauveur". "Tous n’ont pas le Covid, beaucoup sont juste cas contact, mais quand même… Dans l’académie, très peu d’établissements n’ont pas eu d’évictions." "Le nombre de cas Covid+ chez les élèves procède d’une transmission d’information par les parents aux établissements scolaires, assure de son côté le rectorat. Ces derniers opèrent un recensement quotidien des situations" pour les remonter au jour le jour au rectorat.

(1) L'Agence nationale de santé publique est placée sous la tutelle du ministère de la Santé. Ses statistiques sont remontées du système d’information de DEPista (SI-DEP), basé sur les résultats des tests PCR pratiqués en France. Pour rappel, cet indicateur classe la population par tranche de 10 ans.

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Alexandra Caccivio, journaliste