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Comment la CPU, la Cdefi et la CGE voient les enjeux de professionnalisation des étudiants en période de crise (colloque)

La CPU, la Cdefi et la CGE sont revenues sur les problématiques de l’insertion professionnelle lors du confinement de printemps, lors d’un colloque de l’Avuf le 6 novembre 2020. "Les solutions que nous avons mises en œuvre en fin d’année, parfois de manière artisanale, sont en train d’être professionnalisées", précise Jacques Fayolle (Cdefi). Un point de vue partagé par la Dgesip : "Il faut maintenant se projeter dans l’après pandémie et voir comment utiliser ce qui a été mis en place", conclut Anne-Sophie Barthez. 

Pixabay

La question des stages, mobilités internationales et actions de professionnalisation était au cœur du colloque de l’Avuf le 6 novembre 2020. À cette occasion, Guillaume Gellé, président de la commission formation de la CPU, Jacques Fayolle, président de la Cdefi, et Frank Bournois, président de la commission formation de la CGE, sont revenus sur ces enjeux pendant la fin de l’année universitaire 2019-2020, lors d’une table ronde intitulée "L’agilité des établissements face à la crise sanitaire et économique : collaborations inédites et perspectives".

"Cette crise nous a fait nous réinterroger sur notre organisation, notamment au niveau local, et sur notre rôle quant à l’insertion et la professionnalisation de nos étudiants", estime Guillaume Gellé. Pour Jacques Fayolle, cela ne fait que commencer : "une autre année spéciale nous attend. Les solutions que nous avons mises en œuvre en fin d’année, parfois de manière artisanale, sont en train d’être professionnalisées, structurées, industrialisées", indique-t-il alors que les établissements font face à un reconfinement. "Et les changements dans lesquels nous nous inscrivons sont profonds."

Acquérir des compétences dans un stage dégradé

Individualiser le suivi des étudiants. Comment valider des compétences dans un mode d’enseignement dégradé ? C’est la véritable problématique, estiment les acteurs. "Lors du premier confinement, la question s’est notamment posée pour les enseignements pratiques nécessaires pour l’acquisition de gestes, de compétences… D’où le soulagement actuel de pouvoir maintenir certains TP en présentiel", indique Guillaume Gellé. En tant que président de l’Urca, il déclare aussi : "chaque année, nous gérons des problématiques de stages, en interne ou avec des partenaires. Le phénomène pour 2020 est que le volume d’étudiants concernés est bien plus important. Il a fallu trouver des solutions au cas par cas. Plus globalement, cette crise nous a encouragés à individualiser nos suivis des étudiants et nos parcours. Il y a eu la problématique des stages, des étudiants en situation de fracture numérique, en détresse psychologique ou financière… Pour chaque cas, il a fallu trouver une solution, et rarement la même."

Stages en télétravail : développer de nouvelles compétences. Du côté des écoles d’ingénieurs, c’est la question des compétences acquises durant les stages, "pierre angulaire de la formation", qui s’est beaucoup posée. "Le fait que les stages de fin d’études ont le plus souvent commencé en mars, avant le confinement, nous a aidés par rapport à d’autres formations où ces périodes en entreprises débutent en mai ou juin, précise Jacques Fayolle. De fait, les stages en cours sont passés en télétravail mais se sont maintenus." Pour pallier les stages annulés, des réseaux ont émergé, "en particulier ceux des alumni", remarque Frank Bournois. "Les anciens élèves sont allés à la rencontre des étudiants, de leur ancienne école mais aussi des établissements où leur entreprise est implantée. Il y a eu beaucoup de solidarité." Qu’importe si les modalités de stages ont changé : les étudiants ont été amenés à développer des compétences autres que celles imaginées au départ "mais des compétences quand même", affirme-t-il aussi en tant que directeur de Télécom Saint-Étienne.

Comment valider les compétences acquises ? "L’autre question que cela pose et qui va au-delà des stages est celle de la validation de ces compétences, c’est pourquoi nous tenons, aujourd’hui encore à maintenir cette évaluation en présentiel", ajoute Jacques Fayolle. "La Dgesip nous a aidés en rendant plus souple le dispositif validation stage", souligne également Frank Bournois. Mais les participants sont unanimes : il ne s’agit pas de formations et de diplômes au rabais. "Évidemment, durant cette crise, nos attentes ont évolué : nous avons adapté la forme mais pas nos exigences en termes de niveau. Si les stages ont pu être raccourcis ou modifiés, nous ne sommes pas revenus sur nos exigences en matière de compétences attendues", affirme Alain Fayolle.

Mobilité internationale, formation continue…

Individualiser le suivi des étudiants en mobilité. À la tête de l’ESCP, Frank Bournois a été amené très vite à se pencher sur les problèmes liés aux mobilités internationales. "Avec la fermeture en cascade de nos campus à Turin, puis à Madrid et Berlin, nous avons pu nous nourrir des pratiques des uns et des autres sur le numérique." Il insiste sur ce rôle de partage des pratiques qui a eu lieu également au sein du bureau de la CGE durant la période de crise et qui a permis une réactivité bienvenue.

Pour les écoles de la Cdefi, la mobilité est une obligation. "Cette expérience permet d’acquérir des compétences pour les ingénieurs. Et valider ces compétences dans ce contexte demande agilité et adaptation", précise Alain Fayolle, citant notamment la sécurisation des étudiants à l’étranger ou la gestion de rapatriements. "Cela nous a amenés à nous questionner sur le suivi individuel que nous faisons de nos étudiants à l’étranger. Des nouveaux schémas et systèmes d’information plus agiles que ceux utilisés précédemment ont été mis en place et perdureront."

Le risque de décrochage pour la formation continue. L’un des dommages collatéraux de cette crise est le risque de décrochage des établissements de l’enseignement supérieur pour la formation continue. "Lors de cette crise, les entreprises ont recherché et parfois développé des modules numériques pour la formation. Face à un marché de plus en plus concurrentiel, il nous faut adapter notre offre de formation continue aux besoins des entreprises", énonce Frank Bournois. "Face à l’arrivée d’entreprises importantes comme LinkedIn, avec des moyens énormes, sur le marché de la formation continue, nous devons nous interroger : quel modèle voulons-nous ? Pour répondre à cette réflexion, nous avons besoin de la volonté de nos collègues mais aussi de moyens financiers", indique Alain Fayolle.

stage et professionnalisation : "l’ADN de nos cursus" (A.S.Barthez)

"Durant le confinement du printemps, nous avions une contrainte certes violente mais stable. Ce n’est plus le cas", analyse Anne-Sophie Barthez, Dgesip, invitée à conclure la journée de colloque de l’Avuf. Face aux changements importants du contexte général et de celui de l’enseignement supérieur, "tout le monde s’est adapté", souligne-t-elle. "À la Dgesip, la plupart des questions que l’on nous a posées sur la continuité pédagogique concernaient les stages."

"Les stages et la professionnalisation sont l’ADN de nos cursus. Durant l’année 2018-2019, un tiers des étudiants, toutes formations confondues, a effectué un stage, d’où l’intérêt du sujet." Anne-Sophie Barthez observe trois défis sur la question :

  • La sécurité des étudiants. "Cela va du suivi et parfois du rapatriement des étudiants en stage à l’étranger aux avenants que l’on a dû signer pour faire évoluer le stage en télétravail".
  • La recherche de solutions et d’alternative. "On a dû s’asseoir sur des choses que l’on pensait immuables. Je pense par exemple aux cursus où le stage est obligatoire. Des solutions ont été trouvées : le fait d’allonger l’année universitaire, de modifier le stage initial…"
  • La sécurisation financière des étudiants. "La problématique des étudiants qui se sont retrouvés sans ressources à la suite d’une annulation de stage ou de la perte de leur job a été très importante, d’où la mise en place d’aide financière."

"À la Dgesip, nous avons mis des outils sur la table, déverrouillée ce qui pouvait l’être… Il nous a fallu à tous faire preuve de réactivité. Il faut maintenant que l’on se projette dans l’après pandémie et voir comment utiliser ce qui a été mis en place", conclut Anne-Sophie Barthez. 

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Malika Butzbach, journaliste