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En Europe, la plupart des écoles restent ouvertes mais de nombreux collèges et lycées passent aux cours en ligne

Confrontés à la forte reprise de l’épidémie de Covid-19, les pays européens prennent des décisions drastiques allant du couvre-feu au reconfinement. Mais ils choisissent majoritairement de continuer à accueillir les élèves dans les écoles, en imposant le port du masque. La Belgique ou la Roumanie font exception en fermant provisoirement leurs écoles primaires. La situation est plus contrastée dans les collèges et lycées, fermés dans un tiers des pays européens. AEF info publie deux cartes interactives décrivant les choix des 27 gouvernements de l’UE, du Royaume-Uni et de la Suisse.

Comme ici en France, la majorité des pays européens font le choix de garder les écoles ouvertes. MaxPPP - © PHOTOPQR/L'Indépendant/MAXPPP

Les pays européens continuent, à une écrasante majorité (26 pays sur 29), à accueillir les élèves à l'école primaire en ce début novembre 2020, malgré le regain de la pandémie. Un choix qui tranche avec les décisions de fermeture prises au printemps mais qui correspond aux recommandations de l’Unicef et de l’OMS, pour qui la scolarisation des enfants est une "priorité". Même les pays qui ont annoncé un nouveau confinement national, comme l’Irlande (le 22 octobre) ou la France (le 30 octobre) continuent à accueillir les enfants.

Quatre pays font exception : la Belgique, qui a prolongé les vacances de la Toussaint jusqu’au 15 novembre, la République tchèque, qui a fermé ses écoles depuis la mi-octobre, la Roumanie, qui ferme ses écoles à partir du 9 novembre, et l’Irlande du Nord (Royaume-Uni), où les écoles sont fermées jusqu’au 13 novembre.

Si l’ouverture des écoles fait l’objet d’un large consensus, la situation est plus contrastée pour les établissements du secondaire : 12 pays sur 29 demandent aux enseignants de dispenser des cours à distance au lycée, 9 pays sur 29 au collège. En Bulgarie par exemple, les cours en présentiel sont suspendus jusqu’au 12 novembre dans les lycées ; en Slovaquie, jusqu’au 27 novembre dans les collèges et les lycées. En revanche, l’Italie a adopté une approche territorialisée : les collégiens suivent les cours à distance dès la classe de cinquième dans les quatre régions où le virus circule le plus mais vont en classe dans les autres régions.

Méthodologie

 

Nous nous sommes basés sur les informations publiées début novembre 2020 sur les sites officiels des gouvernements européens, des ambassades françaises et des médias étrangers. Pour simplifier la lecture, nous avons repris la distinction française entre écoles maternelles, écoles élémentaires, collèges et lycées. Vous pouvez compléter ces informations si vous le souhaitez en nous écrivant par mail.

Si vous ne voyez pas la carte dans son intégralité, cliquez ici.


 

Inquiétudes des enseignants et des parents

Les conditions d’ouverture des établissements scolaires font débat dans plusieurs pays. Depuis la Toussaint, des enseignants français se mettent en grève pour exiger un protocole sanitaire plus solide (lire sur AEF info), amenant le ministre de l’Éducation nationale à autoriser une limitation à 50 % de l’enseignement en présentiel dans les lycées principalement (lire sur AEF info). En Bulgarie, d’après Radio Bulgaria, des enseignants ont publié une pétition sur les réseaux sociaux pour réclamer des cours à distance tandis que des parents ont lancé une contre-pétition pour garder les écoles ouvertes. En septembre, comme le raconte Le Monde, des familles espagnoles ont au contraire menacé de ne pas remettre leurs enfants à l’école, après six mois de fermeture totale.

Face à ces inquiétudes, les gouvernements soulignent que les enfants et les adolescents développent rarement une forme sévère de Covid-19, même si le risque n’est pas nul (110 enfants de moins de neuf ans sont actuellement hospitalisés en France pour cette raison). Mais ils ne parviennent pas à lever le doute sur leur contagiosité, en l’absence d’études définitives sur la question, comme le détaille le journaliste scientifique Marc Gozlan dans un article publié le 2 novembre.

"Fermer lycées et collèges" ou "réfléchir à des enseignements à distance partiels avec des rotations" pourrait permettre de limiter le risque de contaminations, suggèrent deux épidémiologistes, Vittoria Colizza et Pascal Crépey, dans un autre article publié le 2 novembre sur le site The Conversation. Lors d’un Facebook live du Snes-FSU, le collectif de médecins "Du côté de la Science" a également livré son analyse sur la question (lire sur AEF info).

Il existe peu d’études sur la contamination au sein de la communauté éducative. Cependant, mi-octobre, le ministre tchèque de l’Éducation, Robert Plaga, a annoncé que le nombre d’enseignants infectés par le Covid-19 dépassait le nombre de personnels de santé malades, rapportent Les Échos. Une situation qui l’a amené à fermer les écoles. "Je regrette qu’en tant que gouvernement, nous n’ayons pas pris suffisamment de mesures à temps pour empêcher la situation actuelle. Je m’excuse d’avoir introduit de nouvelles mesures restrictives, mais elles sont vraiment nécessaires pour le moment", a déclaré Robert Plaga dans une lettre aux éducateurs, citée par l’agence de presse tchèque CTK.

Si vous ne voyez pas la carte, cliquez ici.


Port du masque généralisé

Chaque pays a défini son propre protocole sanitaire. Par exemple :

  • L’aération des classes est beaucoup plus fréquente en Autriche et en Allemagne qu’en France.
  • L’Espagne a décidé de prendre la température des élèves et des enseignants chaque matin.
  • La Grèce retarde l’heure de sortie des écoles maternelles et primaires pour éviter que les grands-parents ne gardent les enfants l’après-midi.
  • La Lettonie limite les déjeuners à 30 minutes tandis qu’au Portugal il est interdit d’être plus de quatre dans les cafés et les pâtisseries situées à moins de 300 mètres d’une école.
  • L’Autriche, qui teste les élèves à l’école, demande aux enfants de faire des gargarismes, une méthode jugée moins invasive que le prélèvement nasal.

Le port du masque par les élèves est devenu obligatoire quasiment partout dès six ans, comme le recommande l’OMS (lire sur AEF info). Mais là encore des nuances existent. En Allemagne, la décision est prise par chaque région, ce qui crée de nombreuses différences locales, comme le relate cet article. Au Danemark, les élèves mettent le masque dans les couloirs ou dans la cour de récréation mais pas dans la salle de classe. En revanche, à Malte, le masque est obligatoire dès l’âge de trois ans.

En ce début novembre, la deuxième vague est bien là, encore plus forte que prévu. L’Europe est à nouveau "à l’épicentre de cette pandémie", selon l’OMS, qui relève une "très haute incidence" dans la plupart des pays, "à savoir plus de 200 cas par groupe de 100 000 personnes". Pour maîtriser les contaminations, les gouvernements pourraient être contraints dans les prochaines semaines de décider de mesures plus contraignantes. La fermeture des écoles pourrait alors revenir à l’ordre du jour.

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Luce Burnod, journaliste