Politique de cookies
Le groupe AEF info utilise des cookies pour vous offrir une expérience utilisateur de qualité, mesurer l’audience, optimiser les fonctionnalités et vous proposer des contenus personnalisés. Avant de continuer votre navigation sur ce site, vous pouvez également choisir de modifier vos réglages en matière de cookies.
Politique de protection des données personnelles

Paramétrer Tout accepter

Service abonnements 01 83 97 46 50

Revenir en haut de la page

Climate finance day : le groupe Caisse des dépôts annonce rehausser ses engagements climatiques

La Caisse des dépôts déclare le 29 octobre 2020 renforcer l’encadrement de ses financements aux énergies fossiles, avec des mesures sur le pétrole et le gaz et en accentuant ses lignes d’exclusion relatives au charbon. Pour Reclaim Finance et les Amis de la terre, la CDC "améliore très légèrement sa politique sur le charbon" mais les mesures annoncées restent loin de répondre à l’urgence climatique.

CDC

La transition écologique constitue "l’un des quatre axes prioritaires d’action du plan de relance du groupe Caisse des dépôts", rappelle celui-ci ce jeudi pour annoncer à l’occasion du Climate finance day rehausser ses engagements climatiques sur des secteurs clés de la transition.

Le groupe déclare ainsi exclure, à compter de 2021, de ses financements et investissements les "principales sociétés développant des activités reposant sur le charbon thermique", par l’application d’un seuil de production annuel de 10Mt de charbon thermique pour les sociétés minières et de 10 Gw de production électrique annuelle à base de charbon pour les entreprises de génération d’électricité. Les sociétés de ces secteurs développant plus de 300Mw de nouvelles capacités dans le secteur du charbon thermique seront également exclues. La Caisse des dépôts continuera à exclure de ses investissements et financements les entreprises qui sont exposées à plus de 10 % de leur chiffres d’affaires au charbon thermique.

Sélectivité accrue pour le pétrole et le gaz

La CDC décide par ailleurs de mettre en œuvre "une politique d’exclusion des hydrocarbures non conventionnelles". Il n’investira pas et ne financera pas les entreprises dont l’exposition au pétrole et gaz de schiste, sables bitumineux et ressources issues de la zone arctique représente plus de 10 % du chiffre d’affaires, ni aucun projet dédié d’énergie non conventionnelle. Au-delà de ces exclusions systématiques, dans la sélection de leurs investissements et financements, les entités du groupe s’engagent "à analyser la convergence des trajectoires des sociétés et des projets avec les scénarios permettant de limiter le réchauffement climatique à 1,5° et leur exposition au risque de transition".

La Caisse des dépôts attend des entreprises du secteur pétrole et gaz détenues en portefeuille qu’elles rendent public un plan de transition vers la neutralité carbone "clair et crédible, matérialisé par des objectifs de réduction de gaz à effet de serre sur un large périmètre d’activités intégrant leurs émissions indirectes". Il leur est notamment demandé de "recourir aux moyens qui leur permettent d’éviter des émissions", en se dotant en particulier "d’objectifs ambitieux de diversification de leur activité et de progression des investissements dans des actifs et activités bas carbone".

Les ONG notent une "légère amélioration"

La CDC précise poursuivre ses travaux permettant "d’élaborer une nouvelle trajectoire de décarbonation de ses portefeuilles financiers en ligne avec les scenarios de neutralité carbone, s’appuyant pour cela sur des méthodologies de place". Elle publiera un objectif à 2025 sur le périmètre des gestions d’actifs au 1er trimestre 2021, selon le cadre défini par l’alliance "UN convened Net Zero Asset Owner Alliance", qui vient d’être soumis à la consultation du public.

Pour Reclaim Finance et les Amis de la terre France,  la CDC "améliore très légèrement sa politique sur le charbon en adoptant des seuils d’exclusion fondés sur la production absolue des entreprises". Mais "de nombreux critères lui manquent pour se doter d’une politique robuste de sortie, telle que requise par l’engagement de place pris le 2 juillet 2019" (lire sur AEF info). La CDC ne s’engage même pas "à réduire à zéro sa propre exposition au charbon et ne fait qu’inciter les entreprises telles qu’Engie à adopter un plan de sortie du charbon". Ainsi, elle reste parmi la "majorité des acteurs financiers français qui n’ont pas pleinement tenu promesse".

Des enjeux bien identifiés

Pour étayer leur analyse, les ONG relayent le discours de Bruno Le Maire au Climate finance day. Le ministre a "reconnu" que toutes les politiques charbon "ne se valaient pas et que les approches devaient être harmonisées et alignées sur les meilleures pratiques", en s’appuyant sur les premières conclusions des travaux conjoints de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de l’Autorité des marchés financiers (AMF) (lire sur AEF info).

"Avec une exclusion des entreprises tirant plus de 10 % de leurs revenus d’activités dans les pétrole et gaz de schiste, sables bitumineux et ressources issues de la zone arctique, l’annonce de la CDC va beaucoup plus loin que celles faites par les banques françaises ou OFI Asset management", notent les Amis de la terre et Reclaim finance. Mais si la CDC a "bien identifié les enjeux qui se posent sur le secteur des hydrocarbures, les mesures proposées sont bien loin de répondre à l’urgence climatique. C’est d’autant plus critiquable que c’est une institution financière publique, qui devrait à ce titre montrer la marche à suivre à tous les acteurs financiers."

En outre, les associations estiment que la CDC pourra "continuer de soutenir Total ou de nombreuses autres entreprises actives dans le secteur, sans les obliger à renoncer immédiatement à leurs nouveaux projets d’hydrocarbures, y compris dans les secteurs pourtant identifiés comme les plus risqués par la CDC, tels que les pétrole et gaz de schiste et les projets situés en Arctique".

Fermer
Bonjour

Vous souhaitez contacter

Ioana Doklean, journaliste