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Climate finance day : Bruno Le Maire demande à la place de Paris d’aller "plus loin" sur l’ambition et la transparence

"Le virus ne doit pas nous faire abandonner notre bataille contre le réchauffement climatique. Pour la gagner, la finance verte est et restera le nerf de la guerre", déclare Bruno Le Maire, jeudi 29 octobre 2020, lors du Climate finance day, dont la sixième édition se tient au palais Brongniart à quelques heures du reconfinement. Le ministre de l'Economie souligne que la France et la place de Paris sont celles qui "en font le plus pour la finance verte" mais demande aux acteurs financiers d’aller "encore plus loin" sur leur politique charbon et leur transparence.

Bruno Le Maire appelle la place financière française à plus d'ambition et de transparence ce jeudi 29 octobre à l'occasion du Climate Finance Day

"La France continuera à être à la pointe dans le domaine de la finance verte", assure le ministre de l’Économie ce jeudi. "Nous sommes moteurs depuis l’accord de Paris : l’État français est l’un des premiers émetteurs d’obligations vertes au monde, pour un montant de 27 milliards d’euros et émettra en 2021 une deuxième obligation souveraine verte." Bruno Le Maire rappelle en outre que la France est le "premier pays au monde à publier un budget vert dans son projet de loi de finances 2021".

Stratégie climat sur les financements export

Il développe ensuite la stratégie climat sur les financements export, publiée il y a quelques semaines, qu’il qualifie d’ambitieuse et de volontariste. Cette stratégie suit un "principe simple". "Nous arrêtons de financer ailleurs ce que nous n’acceptons plus chez nous ! Dès le 1er janvier 2021, l’État n’accordera plus de garanties export pour des projets d’exploitation de pétrole extra-lourd et d’hydrocarbures non conventionnels. À partir de 2025, "nous n’accorderons plus aucun financement aux projets d’exploitation de nouveaux gisements pétroliers. D'ici 2035, nous cesserons de financer les nouveaux projets d’exploitation gazière". Le ministre souligne que la stratégie comporte aussi un "volet positif visant à accélérer le développement de projets durables", via un bonus climatique mis en œuvre dès le 1er janvier 2021.

De toutes les places financières mondiales, la place de Paris est celle "qui fait le plus", estime le locataire de Bercy. "Nous sommes en avance. Plus de 200 milliards d’euros d’encours sont labellisés ISR et sont distribués par plus de 300 fonds. Les banques françaises ont aussi émis environ 1/5e des obligations vertes mondiales en 2018." Il poursuit son énumération. La place financière de Paris est aussi "la première place à avoir adopté des stratégies de sortie du charbon". "En 2030, vous ne financerez plus aucune activité charbon dans l’Union européenne et dans les 37 pays membres de l’OCDE. En 2040, vous ne financerez plus ces activités charbon dans le reste du monde."

Le ministre demande de l’ambition sur les politiques charbon

Après ce satisfecit, Bruno Le Maire explique que les acteurs de la place de Paris doivent "être plus ambitieux" sur la sortie de financement du charbon. Il s’appuie sur les travaux menés par l’AMF et l’ACPR, qui ont montré des niveaux d’ambition "forts, effectivement fournis" mais "variables d’un institut financier à un autre" (voir encadré ci-dessous). "Les plans de retrait du charbon diffèrent entre les établissements, et surtout la définition même de ce qu’est une activité charbon n’est pas la même pour tous… Nous devons arriver rapidement au même niveau d’exigence pour toutes les trajectoires de sortie du charbon", considère-t-il.

Par ailleurs, la place de Paris "peut et doit faire plus pour rendre compte du caractère soutenable de ses activités". Le ministre demande "plus de transparence, plus de cohérence". Il souhaite que les banques françaises soient "les premières à appliquer la taxonomie européenne qui va devenir notre langage commun de la transition écologique". Avec la banque de France, avec le Trésor, les banques françaises doivent "poursuivre leurs travaux pour rendre compte du caractère soutenable des actifs de leur bilan". "Cela doit être votre priorité pour les mois à venir", insiste-t-il. "Mettez-vous au travail le plus vite possible. Les Français attendent de la transparence vis-à-vis de leur épargne. Ils veulent savoir quand ils mettent un euro d’épargne s’il contribue à la transition écologique." Bruno Le Maire est convaincu que "les plus transparents seront ceux qui attireront le plus de clients, notamment chez les jeunes". Le ministre salue d’ailleurs la création de l’Observatoire sur la finance durable, lancé aujourd’hui sous l’égide de Finance for tomorrow avec les fédérations professionnelles (lire sur AEF info). "Il n’y aura pas de finance verte sans transparence sur les actifs, sur les placements, sur l’utilisation de l’épargne."

"La finance française doit être verte"

Enfin, la place de Paris "doit, comme elle le fait pour le charbon, développer une stratégie de sortie de financement des activités pétrolières non conventionnelles". "L’État le fait pour ses financements export, je ne vois pas pourquoi la place de Paris ne s’engagerait pas pour arrêter de financer les activités pétrolières non conventionnelles. Elle peut le faire : c’est à sa portée."

"Ma détermination à ce que la finance française soit une finance verte reste totale. Je vous demande d’aller encore plus loin", conclut-il, avant de remercier Alexandre Holroyd. Sur commande du ministre au précédent Climate finance day (lire sur AEF info), le député LREM a recensé les meilleures pratiques des places européennes en matière de finance verte et a ainsi "ouvert de nombreuses pistes de travail" qu’il a remises le 22 juillet dernier à Bruno Le Maire et Barbara Pompili (lire sur AEF info).

L’AMF et l’ACPR remettent leurs premières conclusions sur les politiques charbon de la place financière de Paris


 

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution et l’Autorité des marchés financiers publient ce jeudi les premières conclusions de leurs travaux sur le suivi et l’évaluation des politiques charbon des institutions financières de la place de Paris. Leur travail découle d’un "dispositif indépendant" mis en place après les engagements pris en juillet 2019 par les acteurs de la place financière de Paris (banques, assureurs, sociétés de gestion) en matière de climat (lire sur AEF info). La publication du rapport complet AMF / ACPR est attendue pour décembre 2020.

Les travaux ont été menés sur la base des informations publiques et de questionnaires envoyés aux principaux acteurs de la place (neuf banques, 17 assureurs et 20 sociétés de gestion), complétés par des échanges bilatéraux. Les établissements bancaires et assurantiels objets du présent rapport disposent tous d’une politique de désengagement du charbon. Parmi eux, cinq banques et onze compagnies d’assurance ont affiché des dates de sortie du charbon. S’agissant des 20 principales sociétés de gestion françaises analysées, 16 disposent d’une politique charbon et un seul acteur ne souhaite pas se doter d’une telle politique en raison de son portefeuille d’activités. En revanche, seulement six gérants ont à ce jour communiqué une date de sortie du charbon, pointent l’AMF et l’ACPR.

"Au total, malgré les difficultés méthodologiques rencontrées et l’hétérogénéité des stratégies de désengagement mises en œuvre par les acteurs financiers", l’AMF et l’ACPR soulignent une exposition, en moyenne, "relativement faible au secteur du charbon, tant pour les banques et les assurances que pour les gérants". Ces analyses mettent en outre en évidence "une prise de conscience de la responsabilité du secteur financier dans la lutte contre le changement climatique". Il reste que "certains aspects des stratégies doivent être plus systématiquement précisés, en particulier l’horizon temporel de sortie du charbon".

À l’issue de ce premier exercice, l’ACPR et l’AMF préconisent aux institutions financières :

- de formuler des politiques charbon avec notamment l’adoption d’une date de sortie ;

- de justifier les critères et seuils retenus dans ces politiques et, le cas échéant, la prise en compte de critères additionnels dans les politiques permettant d’atteindre l’objectif de sortie ;

- d’accroître la transparence des politiques charbon, en particulier en explicitant les exemptions appliquées dans certains cas ;

- de préciser la façon dont les institutions financières prennent en compte les entreprises en transition et/ou affichant une intention ou un engagement de sortie du charbon ;

- d’améliorer le suivi individuel des expositions et la poursuite des efforts menés au niveau de la Place en termes d’harmonisation des méthodologies ;

- de préciser les données utilisées pour la mise en œuvre des politiques et leur suivi.


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Ioana Doklean, journaliste