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"Les policiers municipaux resteront armés" (Yannick Ohanessian, adjoint à la Sécurité de la mairie de Marseille)

"Nous avons évolué sur la question de l’armement", déclare Yannick Ohanessian, adjoint à la maire de Marseille, Michèle Rubirola (Printemps marseillais), en charge de la tranquillité publique, la prévention, la sécurité et l’espace public. Les 428 policiers municipaux de la ville "sont armés depuis plusieurs années et se sentent rassurés par le port d’armes létales. Ils le resteront donc", ajoute-t-il dans un entretien à AEF info. L’élu revient par ailleurs sur l’ensemble de la politique que la nouvelle majorité de la cité phocéenne entend mettre en œuvre en matière de sécurité locale.

Yannick Ohanessian Droits réservés - DR - Le Printemps Marseillais

AEF info : Y a-t-il des éléments de votre programme de campagne sur lesquels vous avez évolué après votre prise de fonction, et notamment la question du port d’arme létale des policiers municipaux, que Michèle Rubirola disait vouloir supprimer ?

Yannick Ohanessian : Nous avions travaillé longtemps à l’élaboration de ce programme, en nous appuyant sur des analyses d’experts mais aussi sur les besoins et les attentes de ceux qui subissent l’insécurité ou ressentent le sentiment d’insécurité. Il est donc en adéquation avec la situation de la ville. Nous avons pris les commandes au début d’un été où Marseille a connu une surfréquentation record, qui a mis en exergue ses spécificités. La ville s’étend sur 240 kilomètres carrés, elle compte 111 quartiers, 57 km de littoral, et 850 000 habitants. Sur un tel espace, faire cohabiter les usages représente un défi.

Nous avons évolué sur la question de l’armement, sujet sur lequel les avis sont souvent tranchés. J’essaie de faire preuve de mesure et de prendre du recul par rapport aux postures. Les policiers marseillais sont armés depuis plusieurs années et se sentent rassurés par le port d’armes létales. Ils admettent que dans presque toutes les situations, une arme non létale suffirait, mais sont néanmoins majoritairement favorables à rester armés. Ils le resteront donc.

AEF info : La ville compte de nombreuses caméras de vidéosurveillance et un centre de supervision urbaine. Quelle sera votre politique dans ce domaine ?

Yannick Ohanessian : Comme nous l’avions envisagé, un cabinet d’audit - qui n’a pas encore été désigné - va procéder à une analyse fine de l’intérêt des dispositifs de vidéosurveillance. Les caméras doivent avoir d’abord un effet dissuasif, mais qu’en est-il réellement ? Combien d’agents mobilisent-elles ? Quel est le rapport bénéfice/coûts de ces équipements ? La municipalité supporte le coût de l’utilisation de ces caméras alors qu’elles servent essentiellement a posteriori, à la résolution d’affaires traitées par la police nationale. Le curseur doit être placé au bon endroit : si par exemple installer des dispositifs de sécurité aux abords des établissements scolaires répond à une demande légitime, ce n’est pas opportun partout dans la ville.

La municipalité travaille en outre sur la transparence des politiques qu’elle met en œuvre, mais aussi sur l’ouverture des données. Dans ce cadre, pourquoi ne pas permettre aux citoyens d’accéder aux images de vidéosurveillance ? C’est une réflexion qui mérite d’être ouverte, avec toutes les limites qu’elle peut trouver.

le coût de la vidéosurveillance à marseille

 

La ville, qui s’équipe depuis 2012, dispose de 1 185 caméras, mais des commandes sont encore attendues pour 2020 et 2021. Au total, le dispositif a nécessité un investissement de 29 millions d’euros, et coûte 7 millions d’euros de maintenance chaque année, selon la Ville.

AEF info : Le conseil municipal a voté un plan pluriannuel d’embauches visant à doubler le nombre de policiers municipaux. Comment s’organisera le recrutement des 100 premiers agents, prévu pour 2021 ?

Yannick Ohanessian : La ville de Marseille n’a plus embauché de policiers depuis 2014. Organiser un concours pour recruter 100 agents ne s’improvise pas, cela demande des compétences et des moyens en ingénierie, en logistique. Nous travaillons sur ce sujet actuellement. C’est important parce qu’on a beaucoup plus de chances de recruter des candidats du territoire en organisant le concours, puis la formation à Marseille. Et mécaniquement, nous avons plus de chance de les garder ensuite au sein de notre effectif. Lorsque vous vous présentez à un concours organisé dans une ville, vous êtes souvent originaire de cette ville et votre souhait à moyen terme est souvent de retourner y vivre et travailler. Nous envisageons aussi avec le CNFPT d’organiser la formation à l’armement en même temps que la formation au poste, de sorte que les policiers puissent travailler sur le terrain dès leur sortie d’école.

renfort de policiers municipaux

 

Le conseil municipal de Marseille s’est prononcé, le 5 octobre 2020, en faveur du recrutement de 100 policiers municipaux, première étape d’un "programme pluriannuel" d’embauches. Au terme de son mandat, la nouvelle municipalité veut "doubler les effectifs actuels". La délibération précise qu’il s’agit de "faire face aux très nombreuses sollicitations des Marseillais et de répondre à leurs attentes", en accordant "davantage de moyens à la prévention et la lutte contre les incivilités et les dégradations diverses". L’enrichissement des effectifs de police municipale s’inscrit "dans le cadre de la mise en place d’une nouvelle stratégie en matière de prévention et de tranquillité publique". Les renforts doivent permettre "d’amplifier progressivement en journée, les actions d’îlotage et de tranquillité publique sur l’ensemble des arrondissements de Marseille et d’autre part, d’augmenter la présence sur l’espace public de patrouilles de brigade de nuit".

AEF info : Vous avez défini trois priorités pour la municipale - le renfort des équipages de nuit, la lutte contre le stationnement anarchique et l’îlotage. Comment allez-vous procéder ?

Yannick Ohanessian : Nous disposons aujourd’hui de 428 agents. Les fonctions opérationnelles et le centre de supervision urbaine en occupent 180. Au quotidien, sur les 260 agents de terrain, environ 20 % sont en repos, en maladie ou en formation. Il faut ensuite répartir les agents restant entre les vacations du matin, de l’après-midi ou de nuit, ce qui signifie que nous disposons de 25 équipages soit 60 à 70 agents présents en même temps en journée et seulement trois équipages en brigade nocturne. Le déficit en moyens humains, pour une ville de cette ampleur, est évident.

Nous allons donc renforcer les équipes de nuit, puis travailler à la redéfinition des missions de la police municipale pour faire en sorte que les agents disposent de plus de temps pour assurer la tranquillité publique. Il s’agit notamment d’accorder une plus grande marge de manœuvre aux équipes qui passent aujourd’hui l’essentiel de leur temps à répondre aux demandes de la ville. Cela passe par le renforcement de l’îlotage, le terrain, au contact de la population, des commerçants, des associations, sur tout le territoire.

AEF info : La ville de Marseille s’était engagée dans la mise en œuvre des cellules municipales d’échange sur la radicalisation. Est-ce que vous souhaitez maintenir ce dispositif ?

Yannick Ohanessian : C’est un sujet sur lequel nous laissons la main à la préfecture de police. Nous y participerons bien entendu, mais sans être leader. Nous souhaitons en outre territorialiser les CLSPD, en permettant aux maires de secteurs d’organiser leurs propres conseils. Cela permettra d’apporter une réponse territorialiser aux questions traitées, ce qui nous permettra d’être plus efficaces sur de nombreux sujets de proximité. Une commission de la vie nocturne et une autre, portant sur la radicalisation se tiendront dans ce cadre.

AEF info : Comment envisagez-vous le continuum de sécurité ? Quelle est votre position sur le recours au secteur privé ?

Yannick Ohanessian : Au fil des ans, les missions de la police nationale ont glissé vers la police municipale qui s’est elle-même déchargée sur le privé. Ce n’est pas satisfaisant. Un agent de sécurité privé n’a pas les mêmes moyens ou le même pouvoir qu’un policier municipal. Chacun doit retrouver sa place dans cet ensemble.

Nous avons donc demandé des effectifs supplémentaires de policiers nationaux, mais notre demande est restée sans réponse pour le moment. J’observe que le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur font le tour des villes françaises, accordant chaque fois des renforts d’effectifs. J’attends donc qu’ils passent par Marseille.

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Caroline Garcia, journaliste