Politique de cookies
Le groupe AEF info utilise des cookies pour vous offrir une expérience utilisateur de qualité, mesurer l’audience, optimiser les fonctionnalités et vous proposer des contenus personnalisés. Avant de continuer votre navigation sur ce site, vous pouvez également choisir de modifier vos réglages en matière de cookies.
Politique de protection des données personnelles

Paramétrer Tout accepter

Service abonnements 01 83 97 46 50

Revenir en haut de la page

Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : l’enseignement supérieur rend hommage à l’enseignant assassiné, Samuel Paty

Minutes de silence, drapeaux en berne et prises de paroles : l’enseignement supérieur a rendu hommage, lundi 19 octobre, à Samuel Paty, l’enseignant d’histoire-géographie décapité le 16 octobre 2020 par un islamiste près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), après avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet dans le cadre d’un cours d’enseignement moral et civique portant sur la liberté d’expression. "La laïcité constitue un principe fondamental de la République et du vivre ensemble en France. Nous ne transigerons jamais à son sujet", écrit ainsi la CPU.

Minutes de silence et rassemblements ont eu lieu dans plusieurs universités et écoles, ce lundi 19 octobre 2020, trois jours après l'attentat terroriste de Conflans-Sainte-Honorine qui a endeuillé un collège : l'UPJV, l'université Gustave Eiffel, l'université de Lille, l’université du Havre, l’université de Rouen, l’université de La Rochelle, le Campus Condorcet, l’université du Mans, l’université de Bretagne-Sud, les universités de Pau et de Limoges, ou encore le Cnam, entre autres, ont ainsi rendu hommage à Samuel Paty, l’enseignant d’histoire-géographie qui a été décapité pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet parues dans Charlie Hebdo.

Ailleurs, comme à l’université Paris-I ou l’université Bordeaux Montaigne, ce sont les drapeaux qui ont été mis en berne, tandis qu’un hommage public associant la maire de Poitiers et les députés de la circonscription a eu lieu dans la cour d’honneur de l’université. À La Rochelle, une marche de solidarité est organisée par la ville ce jour à 18 heures et une minute de silence se déroulera le 21 octobre à midi à l’université.

Voici quelques réactions recueillies sur Twitter ou par voie de communiqués de presse, émanant du monde de l’enseignement supérieur et de la recherche, ce lundi 19 octobre.

la Réaction de la ministre de l’ESRI

"S’en prendre aux enseignants de la République, c’est s’attaquer à une nation toute entière. Face au terrorisme islamiste nous devons faire bloc et plus que jamais rester unis", a écrit Frédérique Vidal, ministre de l’ESRI, sur Twitter, le 17 octobre.

les réactions des établissements

Université de Lille. "L’assassinat d’un professeur, Samuel Paty, parce qu’il exerçait son métier, celui d’éveiller l’esprit critique de la jeunesse, de faire circuler la connaissance, de parler de laïcité, de tolérance et de liberté d’expression, touche notre communauté au plus profond d’elle-même", a déclaré Jean-Christophe Camart, président de l’université de Lille. "À travers la dimension symbolique de cet acte, ce sont nos valeurs qui sont attaquées. Je nous sais attachés à la liberté d’expression et la laïcité, au respect de la différence d’opinions, au droit de s’instruire, d’enseigner et de transmettre la connaissance. Il est de notre devoir de défendre ces principes et valeurs et de montrer notre attachement à ceux-ci. Jamais nous ne devons les laisser bafouer, qui que soient ceux qui les attaquent."

Universités normandes. "Plus que jamais, nous avons le devoir de dire et de démontrer que le développement de l’esprit critique par le savoir et le débat, cette noble cause pour laquelle cet enseignant a sacrifié sa vie, est l’une de nos plus hautes missions", souligne le nouveau président de l’université du Havre, Pedro Lages Dos Santos. Celui de Rouen, Joël Alexandre, considère que "plus que jamais, nous devons continuer à lutter contre l’obscurantisme et à former à l’esprit critique". Pour cela, "l’École et l’Université doivent rester des lieux de circulation des idées, de formation d’une pensée critique et de débat".

Université de Bretagne-Sud. La présidente de l’université de Bretagne-Sud, Virginie Dupont, écrit, dans un message adressé aux étudiants et personnels : "Face à cet acte odieux, abject et lâche, c’est une fois encore notre liberté à toutes et tous qui est attaquée. Nous devons défendre avec force les valeurs républicaines et ce bien précieux qu’est la liberté d’expression, devant l’ignorance et tous les obscurantismes. Plus que jamais, l’École et l’Université doivent rester des lieux de circulation des idées, de formation d’une pensée critique et de débats. Comme Samuel Paty, il nous faut collectivement montrer que jamais nous ne céderons aux tentatives d’intimidation et à la barbarie terroriste."

Le Mans université. Dans un communiqué de presse, l’université du Mans salue le courage de Samuel Paty, "qui n’a pas reculé face à l’intimidation". "Nous exprimons notre soutien plein et entier à toutes les enseignantes et tous les enseignants qui exercent leur métier et poursuivent leur mission dans des conditions souvent difficiles."

Sites universitaires de Nouvelle-Aquitaine. Dans son message à sa communauté, le président de l’université Bordeaux Montaigne, Lionel Larré, estime que "c’est toute l’école, de la maternelle à l’université, et le rôle que doit jouer l’enseignement dans l’ouverture des esprits à la tolérance et à la curiosité de l’autre", qui ont été attaqués à travers "l’effroyable assassinat" de vendredi.


Sur Twitter, Manuel Tunon de Lara, président de l’Université de Bordeaux, a écrit samedi son soutien et sa solidarité avec tous les enseignants de France qui "portent et transmettent les valeurs éducatives de la République et sont formés à l’Université qui continuera d’inculquer et de diffuser les principes de la liberté d’expression". Sur les réseaux sociaux, les six universités de la région Nouvelle-Aquitaine ont appelé à défendre l’école, la liberté d’expression, la laïcité et l’esprit critique. "Des valeurs non négociables", estime Alain Célérier (université de Limoges).

Paris-VIII. Annick Allaigre, présidente de l’université Paris-VIII, écrit sur Twitter le 17 octobre : "Professeur d’histoire et géographie, Samuel Paty a été assassiné pour avoir enseigné la liberté d’expression. Immense émotion. Totale incompréhension. Il est plus que jamais nécessaire de soutenir nos missions qui ouvrent à la tolérance et à l’émancipation."

Université PSL. Alain Fuchs, président de l’Université PSL, écrit sur le site de l’établissement que Samuel Paty a été assassiné "de manière particulièrement abominable". "L’Université PSL dit son soutien à la communauté des enseignants. Elle affirme sa conviction que la liberté d’expression est nécessaire à l’exercice d’une pédagogie républicaine, et qu’une attitude critique est la condition indispensable pour acquérir des connaissances solides. Elle rappelle que la laïcité est un principe fondamental qui encadre l’enseignement, de l’école à l’université."

ENS-PSL. L’ENS affirme "son soutien total aux collègues qui dans tous les établissements initient les élèves à la liberté d’expression, l’esprit critique, la laïcité et la tolérance", a twitté la grande école.

Campus Condorcet. Sur Twitter, le Campus Condorcet "exprime toute son affliction et son indignation à la suite de l’assassinat de Samuel Paty, et réaffirme le caractère fondateur, non négociable, des principes de laïcité et de liberté d’expression".

 

Toulouse-II Jean-Jaurès. "L’Université, comme tout le pays, est en deuil", écrit la présidence de Toulouse-II Jean-Jaurès, dans un mail interne. "Un professeur a été tué pour avoir enseigné à ses élèves les principes qui fondent notre République, au premier rang desquels la liberté d’expression. Samuel Paty a été arraché aux siens pour avoir exercé son métier."

Sciences Po Toulouse. "Il est des moments ou tout symbole d'unité fait sens, en particulier face à la barbarie obscurantiste", écrit Olivier Brossard, directeur de Sciences Po Toulouse à la communauté de l'établissement. Il propose de rendre hommage à Samuel Paty en  "s'unissant" au rassemblement organisé par Toulouse-I Capitole.

les réactions des organisations syndicales

Ferc-Sup-CGT. "La Ferc-Sup-CGT "fait sienne l’expression de la CGT Éduc’Action", écrit la Ferc-Sup-CGT le 17 octobre : "C’est toute notre profession qui est endeuillée mais qui restera combative parce que l’École doit rester le lieu du vivre ensemble, de l’émancipation et doit former des citoyens libres et éclairés", réagissait la CGT Éduc’action.

SNPTES. "Un fanatique a, ce 16 octobre 2020, coupé un homme en deux simplement parce que ce dernier avait fait son travail… un travail qui, notamment, consiste en classe à engager librement le débat et la réflexion afin de faire de chaque élève un citoyen à part entière", écrit le SNPTES.

Snesup-FSU. "S’en prendre à un enseignant pour la mission qu’il ou elle exerce, c’est s’en prendre à l’École et à ce qu’elle représente dans son rôle fondamental d’émancipation du citoyen en construction", écrit le Snesup-FSU. "C’est également tenter d’influencer, par l’horreur et la peur, l’enchaînement des apprentissages et d’attenter aux libertés académiques et pédagogiques nécessaires à l’appréhension éclairée de la complexité du monde. À ce titre, l’université est également touchée et interpellée dans son rôle de production et de diffusion de savoirs. La liberté d’expression, la liberté de conscience, la laïcité, sont des valeurs fondamentales de la démocratie et de la république. Face à ce drame, le Snesup-FSU refuse tout amalgame et instrumentalisation de cet assassinat." 

associations et sociétés savantes

CPU. "La laïcité constitue un principe fondamental de la République et du vivre ensemble en France. Nous ne transigerons jamais à son sujet", écrit la CPU dans un communiqué. "L’université continuera d’enseigner la laïcité à ses étudiantes et à ses étudiants : beaucoup deviendront à leur tour des enseignants, qui sauront placer l’école au cœur de la République."

Cdefi. "À la suite de l’attentat du 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine, notre pays est en deuil. La Cdefi condamne vivement cet acte odieux", indique la Conférence sur Twitter.

Réseau des Inspé. "Les valeurs qui posent les fondements mêmes de notre république et de notre démocratie sont trop régulièrement bafouées, piétinées, ensanglantées, pour que cet acte abject puisse être réduit à un simple fait divers, aussi odieux soit-il", indique le Réseau des Inspé. "Parce qu’il n’est pas concevable qu’il faille aujourd’hui faire preuve de courage pour évoquer en classe les concepts de liberté, de fraternité, d’égalité et de laïcité, nous nous devons plus que jamais de porter haut et fort ces valeurs inaliénables, sans lesquelles aucune éducation humaniste n’est concevable et qui constituent par ailleurs le seul rempart contre tous les obscurantismes et tous les fanatismes, ici religieux."

"À travers le Réseau des Inspé, l’ensemble des instituts de formation des enseignants et des personnels d’éducation présents sur le territoire national réaffirme sa mission de former des professeurs et CPE à la transmission des valeurs qui permettront à leurs élèves de devenir des citoyennes et citoyens libres et respectueux."

Sociétés d’enseignants historiens du Supérieur. "Les quatre Sociétés d’enseignants historiens du Supérieur (SoPHAU, SHMESP, AHMUF, AHCESR) expriment toute l’horreur qu’elles ressentent après l’assassinat de leur collègue professeur dans un collège de Conflans Sainte-Honorine. Cet acte de fanatisme fait tragiquement mesurer tout le prix que doivent attacher l’État et la société française à l’enseignement des savoirs critiques", écrivent-elles, en adressant un "message de soutien à leurs collègues enseignants du primaire et du secondaire, premiers acteurs de la transmission des principes de la laïcité, premiers engagés sur le terrain de la diffusion des connaissances et premiers exposés aux ravages de l’obscurantisme."

QSF. "QSF tient à rappeler que nul – ni élève, ni a fortiori parent d’élève – n’est en droit de se plaindre du contenu d’un cours, à moins que celui-ci n’enfreigne la loi, ce qui en l’espèce n’était aucunement le cas. Notre association en appelle à la mobilisation des pouvoirs publics afin que soient effectivement respectées la laïcité et la liberté d’enseignement des professeurs et qu’il soit clairement affirmé qu’aucune autocensure ne doit prévaloir. Cela suppose que toutes les menaces proférées ou mises en œuvre à l’encontre de ces libertés soient poursuivies et réprimées. Cela implique également que l’Éducation nationale s’attache à protéger et à valoriser les actions des professeurs qui dans l’exercice de leur mission incarnent la liberté d’enseignement et contribuent ainsi à la formation de l’esprit critique et à l’existence de la liberté d’opinion."

Fermer
Bonjour

Vous souhaitez contacter

Sabine Andrieu, journaliste