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Ce que l’on sait du contexte de l’attentat de Conflans-Saint-Honorine, selon le procureur national antiterroriste

"C’est un enseignant qui a été assassiné pour le travail accompli, mais c’est aussi la liberté de penser, la liberté d’expression […] qui ont été atteintes", déclare samedi 17 octobre 2020, le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard. Il s’est exprimé sur l’enquête ouverte après la décapitation d’un enseignant d’un collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). "De nombreuses investigations doivent encore être réalisées", prévient le procureur. Il donne également plusieurs éléments concernant l’enseignant victime et ses cours qui ont précédé l’attentat.

Jean-François Ricard, procureur général du parquet national antiterroriste

Lors de sa conférence de presse samedi 17 octobre, le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, a donné des détails sur le contexte de l’attentat.

Les premières investigations ont permis d’établir que "début octobre la victime avait, lors d’un cours d’enseignement moral et civique à une classe de 4e, évoqué la liberté d’expression", thème "inscrit dans les programmes officiels de l’Éducation nationale et un débat avait été organisé autour des caricatures de Mahomet publiée par le journal Charlie Hebdo et de l’opportunité de leur publication".

la principale du collège a tenté d’apaiser les choses

Le 7 octobre au soir, le père d’une des élèves a publié sur son compte Facebook un récit des faits faisant état de "la diffusion d’une image du prophète nu et un appel à la mobilisation contre l’enseignant, en vue de son exclusion". Il exhortait aussi ses lecteurs à "écrire au collectif contre l’islamophobie en France, à l’inspection académique, au ministre et au président de la République".

Le 8 octobre, le père de l’élève, accompagné d’un second individu, s’est présenté au collège et a été reçu par la principale de l’établissement. Celle-ci a "tenté en vain d’apaiser les choses alors que les deux hommes exigeaient avec virulence le renvoi du professeur, sous peine d’une manifestation". Le même jour, le même parent d’élève a publié "une vidéo accompagnée d’un texte dans laquelle il désignait nommément le professeur, donnait l’adresse du collège et incitait à 'dire stop'".

Un peu plus tard, cet individu a déposé plainte au commissariat de police pour "diffusion d’images pornographiques". Lors de son audition, la fille de cet homme indiquait que son enseignant, préalablement à son exposé sur les caricatures, avait "demandé aux élèves musulmans de sortir".

Dans le cadre de l'enquête ouverte à la suite de cette plainte, le professeur a été entendu et a donné sa version des faits. Il a "contesté le fait d’avoir demandé aux élèves musulmans de s’identifier et de sortir" mais a expliqué avoir "proposé aux élèves, avant la présentation des dessins, de sortir dans l’hypothèse où ils pourraient être heurtés par ceux-ci". L’enseignant a par ailleurs déposé plainte à son tour pour diffamation publique.

plusieurs appels menaçants reçus au collège

Le procureur indique que le "support utilisé par le professeur s’articulait autour des contours et limites de la liberté d’expression", montrant, à titre d’exemple, deux des caricatures publiées par Charlie Hebdo.

Le 12 octobre, une seconde vidéo, intitulée "islam et le prophète insultés dans un collège public", a été publiée sur Youtube. La principale du collège a fait état de plusieurs appels menaçants reçus au collège, à la suite de la diffusion des deux vidéos par le parent d’élève.

Le procureur rapporte également que, selon les premiers témoignages, l’auteur l'attentat", qui a été abattu par les forces de l'ordre, se trouvait devant le collège durant l’après-midi du drame et avait sollicité des élèves afin d’identifier l’enseignant.

À ce stade des investigations, 9 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, dont 4 issues de l’entourage familial de l’assaillant, deux personnes ayant été en contact avec lui, ainsi que le père de l’élève qui avait diffusé les vidéos.

Plusieurs éléments concernant l’assaillant ont été précisés. Ce dernier, né le 12 mars 2002 en Russie, possédait un titre de séjour et bénéficiait du statut de réfugié. Il était inconnu des services de renseignement. Il n’avait jamais été condamné mais était connu pour des faits de dégradation de biens publics et de violences en réunion alors qu’il était encore mineur.

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Cécile Olivier, journaliste