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Le Mouves devient le "Mouvement impact France" pour fédérer les "entreprises sociales et écologiques"

"Engager 30 % des entreprises françaises dans la transition sociale et écologique dans les trois ans à venir, en intégrant les quatre piliers de l’entreprise à impact dans leur organisation de façon durable : partage des richesses, partage du pouvoir, impact social et environnemental." C’est le pari que se lance le Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) jeudi 8 octobre 2020 pour fêter ses dix ans. L’organisation, qui veut devenir "un modèle alternatif au modèle dominant représenté aujourd’hui par le Medef", se rebaptise le "Mouvement impact France".

Les présidents du Mouvement impact France Eva Sadoun et Jean Moreau Mouvement impact France - Etienne Boulanger

En 2010, "nous étions dix, sans budget mais avec une ambition simple, changer l'économie du monde ! Je trouve d'ailleurs que vous avez régressé : remplacer le Medef est une ambition médiocre, il s’agit de remplacer Davos les enfants ! ", déclare ce jeudi Jean-Marc Borello, qui a été le premier président du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves) et qui est aujourd’hui à la tête du groupe SOS, une organisation française spécialisée dans l'entrepreneuriat social qui regroupe des entreprises et des associations.

Une partie de la transition avec les 100 milliards d’euros

Pour ses dix ans, après avoir accompagné le développement de l’économie sociale et solidaire (ESS) en "bataillant" dans le cadre de la loi Hamon, puis celui de la loi Pacte, le Mouves entend "devenir le premier réseau rassemblant, autour des entrepreneurs à impact social et écologique, l’ensemble des acteurs économiques engagés pour faire grandir un modèle d’entreprise préservant le capital humain et naturel". En se rapprochant de Tech for good France, le réseau des entrepreneurs et investisseurs qui développent et financent des solutions tech et digitales pour accélérer la transition écologique, le Mouves devient le Mouvement impact France, le premier "réseau lobbying et business de l’économie de demain".

"Pourquoi maintenant ? Parce que l’urgence climatique devient globale et qu'elle est conscientisée par l’ensemble des citoyens. Les entreprises doivent agir. Ce n’est pas avec les 100 milliards d’euros du plan de relance qu’on arrivera à reconstruire : on sait qu’il faut à peu près 1 000 milliards par an pour faire transiter l’ensemble de l’économie vers un scénario 1,5°C", rappelle Eva Sadoun, coprésidente du mouvement et fondatrice de Lita, une plateforme d’investissement à impact social et environnemental. "Mais on veut montrer qu’avec ces 100 milliards, nous sommes capables d’opérer une partie de la transition et de polliniser aussi l’ensemble du secteur."

30% des entreprises en trois ans

Jean Moreau, l’autre coprésident du mouvement et président de la start-up Phénix, spécialisée dans la gestion des invendus, renchérit : "C’est le bon moment pour changer d’échelle car entre les attentes des salariés, des travailleurs et des consommateurs, il y a un terreau favorable." "Notre objectif est d’engager en trois ans 30 % des entreprises françaises dans une démarche de transition et au moins 30 % des salariés dans un modèle avec l’impact social et écologique au cœur", précise Eva Sadoun. "Nous sommes sûrs que la France a un temps d’avance. Elle doit promouvoir un modèle d’entreprise souverain au niveau social et écologique."

"Nous serons toujours aussi exigeants sur nos quatre piliers : impact social, impact écologique, partage du pouvoir et partage des richesses." Mais "nous accueillerons dans notre mouvement toutes les entreprises en transition, en portant un enjeu de transparence : certaines seront des locomotives, d’autres peut-être pas mais l’enjeu principal reste le cheminement", pour Jean Moreau. Par "entreprises en transition", le mouvement désigne des entreprises qui ont soit adopté le statut d’entreprise à mission (ou sont en passe de l’adopter dans l’année de leur adhésion), soit inscrit une raison d’être en lien avec au moins un des quatre piliers de l’entrepreneuriat social et écologique cités ci-dessus. Cela concerne aussi bien des "grandes entreprises que des PME ou des ETI", de tous les territoires, précise Eva Sadoun.

"Je vous demande de ne pas avoir peur"

Depuis dix ans, "nous avons réussi à prouver avec une communauté de 1 000 pionniers qu’un autre modèle est possible : Biocoop, Phenix, Lita, Enercoop, groupe SOS, Yuka, Croix Rouge…", poursuit le coprésident. Le mouvement veut désormais passer un cap et "invite ainsi l’ensemble des organisations ayant à cœur d’opérer leur transition vers plus d’impact à rejoindre le mouvement". La Maif, le Bon Coin, le Slip français sont les premiers adhérents "entreprises en transition" à rejoindre le mouvement Impact France.

"Si l’économie de demain n’est ni sociale ni écologique, que se passera-t-il ?", interroge Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France. Elle s’adresse au mouvement : "Je vous demande de ne pas avoir peur de dire 'il y a des règles'. De demander : 'comment on fait ?'", insiste l’ancienne ministre. "De nouvelles règles, rendre obligatoire par exemple la publication des écarts de salaire, vont s’imposer à tous, pour le bien de tous ! Il faut en être convaincu pour limiter la catastrophe et décider de refuser la fatalité." Il ne faut "pas avoir peur et ne pas douter". "Je peux vous dire que le Medef ne doute pas quand on discute au Conseil national pour le développement et la solidarité internationale (CNDSI) sur un certain nombre de recommandations et qu’il oppose un veto… Je pense que le veto maintenant doit être écologique et social pour dire que certaines choses ne sont plus possibles parce que cela impacte trop négativement notre avenir", explique-t-elle.

Il faut ne plus croire "qu’on est à côté, minoritaire. Nous n’avons plus à montrer qu’on y arrive mais que c’est possible pour tout le monde !" Oxfam a publié au printemps une étude montrant que "si on plafonnait en 2018 la distribution de bénéfices des entreprises du CAC 40 à 30 %, les 60 % qui restent représentent 98 % du financement nécessaire pour la transition écologique de ces entreprises" (lire sur AEF info). C’est donc possible "financièrement, cognitivement et techniquement. Maintenant, qu’est-ce qu’on attend ?"

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Ioana Doklean, journaliste