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Home| Social / RH| Politiques de l’emploi| Dépêche n°636947

Lutte contre l'exclusion : "Nous sommes inquiets, impatients, voire en colère" (C. Devys, président du collectif Alerte)

"Nous sommes extrêmement inquiets, impatients, voire en colère", résume Christophe Devys, président du collectif Alerte, vendredi 2 octobre 2020. Il s’exprime lors d’une conférence de presse, à l’issue d’un rendez-vous avec le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement. Les associations ont ressenti "une vraie déception" à propos du plan de relance. Elles demandent, notamment, une revalorisation des minima sociaux et des mesures plus ambitieuses sur l’accompagnement des jeunes. Selon le collectif, le Premier ministre a promis de revenir avec des mesures dans 15 jours.

Le collectif Alerte demande une revalorisation des minima sociaux. Pixabay - Image par Amaia pascual de Pixabay

"Le contrecoup social est constaté partout, avec notamment l’explosion du recours aux banques alimentaires. Le nombre de chômeurs va s’accroître. Des centaines de milliers de personnes vont passer d’une situation de précarité à pauvreté", explique Christophe Devys, président du collectif Alerte. Il décrit "l’inquiétude des associations", qui viennent d’être reçues par le Premier ministre, Jean Castex et plusieurs membres du gouvernement.

revalorisation des minima sociaux

Elles demandent, d’abord, une revalorisation des minima sociaux. "La dignité passe par un revenu décent. Les minima sociaux et notamment le RSA ne permettent pas de vivre dignement. On a vu s’écrouler ceux qui travaillaient quelques heures au noir, ceux qui ont perdu l’aide d’une association", commente Véronique Fayet, présidente du Secours Catholique. Dans cette période de crise, elle propose également que le RSA soit donné "sans aucune contrepartie" et qu’il ne puisse pas être retiré "si la personne n’a pas rempli une case ou si elle n’est pas venue à un rendez-vous". Elle estime qu’il s’agit d’une mesure "symbolique et qui ne coûte pas d’argent".

Alain Villez, président des Petits Frères des Pauvres, appelle à ne pas oublier les personnes âgées. "Celles qui touchent l’Aspa n’ont pas de perspective de retour à meilleure fortune. Certes, il y a eu des revalorisations récentes mais qui n’ont pas permis de rattraper le déficit par rapport au seuil de pauvreté. "

droit à allocation et accompagnement pour les jeunes

Les associations ont, également, alerté sur la situation des jeunes. "Le plan "1 jeune, 1 solution" est intéressant mais il n’est pas à la hauteur des enjeux", commente le président du collectif. Christophe Devys appelle à "aller plus loin" et à créer "un droit à une allocation et à un accompagnement sur la durée", et non sur 12 ou 18 mois. "Malgré les efforts du gouvernement, des services de l’État, il y a un nombre extrêmement important de jeunes qui vont rester à côté de ce dispositif", regrette-t-il.

Au total, les membres du collectif ressentent une "vraie déception" à l’égard des mesures du plan de relance, avec une "place très limitée pour les publics précaires". "Nous soutenons les mesures pour l’emploi et le chômage partiel. Mais nous attendons aussi des mesures de justice sociale", poursuit Christophe Devys.

Le constat est aussi celui de "l’impatience", alors que la stratégie de lutte contre la pauvreté a été présentée il y a deux ans. "Nous avons beaucoup travaillé, lors de concertations exigeantes sur le RUA et le SPI. Nous avons nourri beaucoup d’espoir", raconte-t-il. Le bilan est, pour lui, "essentiellement une déception". Les mesures mises en œuvre sont "modestes", relèvent d’une "dynamique expérimentale", en particulier le service public de l’insertion ou "prospective" comme le RUA (revenu universel d'activité). Il décrit donc "peu d’actions concrètes".

annonces attendues dans 15 jours

Sur le RUA, les travaux "n’ont toujours pas repris", déplore le président du collectif Alerte. "En dehors de cet enterrement probable, même si je n’en suis pas sûr, il y a des sujets connexes que nous pouvons faire avancer", relate Christophe Devys. Le RUA pouvait "permettre une revalorisation des minima sociaux" et, "que le RUA intervienne ou pas, nous demandons cette revalorisation", indique le président du collectif. De même pour la simplification des démarches ou la situation des jeunes : "Nous allons reposer, en dehors du RUA, la question de l’extension" aux moins de 25 ans.

Selon le collectif, le Premier ministre leur a donné rendez-vous pour des annonces dans 15 jours, autour de la journée du refus de la misère, qui a lieu le 17 octobre 2020. Les mesures seraient, alors, prises en compte dans le PLF et le PLFSS. Le président du collectif a "l’impression d’avoir été écouté" par Jean Castex. Les associations ont également échangé, lors de ce rendez-vous, avec plusieurs membres du gouvernement, Olivier Véran (solidarité et santé), Emmanuelle Wargon (logement), Brigitte Klinkert (insertion) ainsi que Marine Jeantet, la déléguée interministérielle à la lutte contre la pauvreté.

des mesures utiles mais "à compléter" (comité d’évaluation)

 

Présidé par Louis Schweitzer et piloté par France Stratégie, le comité d’évaluation de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté publie une note d’étape sur la crise du coronavirus, jeudi 1er octobre 2020. Le document indique que la crise a "servi de révélateur de certaines insuffisances des politiques publiques en matière de lutte contre la pauvreté".

Les effets de la crise pourront être atténués par les dispositifs sociaux et fiscaux préexistants et par les mesures prises par le gouvernement, notamment les mesures d’urgence ou le lancement de "France relance". Toutefois ces actions ne "répondent pas à tous les besoins" et il "paraît nécessaire de les compléter". Le comité souligne notamment l’importance de maintenir la vision de long terme de la stratégie, et d’allouer de nouveaux moyens financiers pour prendre en compte de nouveaux besoins. Il appelle aussi à renforcer la lutte contre le non-recours et les actions d’"aller-vers".

La note met également l’accent sur l’importance de répondre aux besoins liés à la fracture numérique et aux difficultés dans les démarches d’accès aux droits. Enfin, les personnes peu touchées par les mesures mises en place depuis mars du fait de leurs conditions d’attribution et qui ont vu leur situation s’aggraver doivent aussi faire l’objet d’une "vigilance accrue".


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Alexandra Turpin, journaliste