Politique de cookies
Le groupe AEF info utilise des cookies pour vous offrir une expérience utilisateur de qualité, mesurer l’audience, optimiser les fonctionnalités et vous proposer des contenus personnalisés. Avant de continuer votre navigation sur ce site, vous pouvez également choisir de modifier vos réglages en matière de cookies.
Politique de protection des données personnelles

Service abonnements 01 83 97 46 50

Revenir en haut de la page

ANR : quels sont les taux de succès des appels à projets entre 2005 et 2019 ?

Alors que la LPR (loi de programmation de la recherche) doit permettre de muscler les moyens de l’ANR, afin d’augmenter les chances des chercheurs de voir leurs projets scientifiques financés, comment les taux de sélection ont-ils évolué chaque année ? Il apparaît qu’entre 2005 et 2018, ce taux de succès est passé de 25,7 % à 16,2 %, tandis que l’enveloppe globale allouée aux projets sélectionnés a baissé, en passant de 539,2 M€ à 518,1 M€ en 14 ans. Retrouvez le détail par volet de l’appel à projets générique, ainsi que par comité d’évaluation scientifique pour les années 2017 et 2018.

SOURCES ET méthodologie

 

Nous nous sommes basés sur les rapports d'activité de l'ANR entre 2005 et 2018 pour les taux de succès, tous appels à projets confondus, puis plus précisément sur les rapports d'activité de 2011 à 2018 pour le détail des volets PRC, PRCE, PRCI et JCJC des appels à projets génériques. Nous nous sommes aussi basés sur deux communiqués de presse pour le détail 2017 et 2018 par comité d'évaluation scientifique concernant les appels PRC, PRCE et JCJC.

La hausse du taux de succès "est indispensable pour soutenir la recherche et l'innovation de qualité, en particulier les projets les plus risqués et originaux. Le taux de succès 'cible' se situe à 30 %, ce qui nécessite une augmentation substantielle des moyens de l'ANR", souligne le rapport annexé au "projet de loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030", en cours d'examen au Parlement (lire sur AEF info).

Annoncé lundi 28 septembre, le PLF 2021 prévoit d'allouer 150 M€ à la hausse du budget de l'ANR, auxquels s'ajoutent 250 M€ du plan de relance, afin de faire passer, dès 2021, le taux de succès des appels à projets de 16 % à 21 % (lire sur AEF info).

Quelle a été la trajectoire de ces taux de succès depuis la création de l'agence, en 2005 ?

Tous AAP confondus, le taux de succès passe de 25,7 % à 16,2 % en 14 ans

Selon les rapports d'activité de l'agence, le taux de succès a diminué de 9 points en 14 ans, passant de 25,7 % à 16,2 % entre 2005 et 2018. Le taux de sélection des projets le plus bas a été observé en 2014, année où ce dernier chute à 10,2 %.

L'enveloppe globale allouée aux projets sélectionnés est quant à elle passée de 539,2 M€ à 518,1 M€ en 14 ans, avec un pic à 650,2 M€ en 2009, et un plancher à 390,2 M€ en 2015.

Made with Flourish

Toutefois, rapportée au nombre de projets sélectionnés, cette enveloppe a continuellement chuté. Le montant moyen octroyé par projet est ainsi passé de 430 k€ à 352 k€, soit une baisse de 18 % en 14 ans.


Focus sur les appels à projets génériques

Qu'en est-il plus précisément pour l'emblématique appel à projets générique, qui draine plus des trois quarts des financements et représente l'essentiel des projets soutenus par l'agence ? Si l'information n'est pas toujours précisée ni comparable au fil des rapports d'activité, il apparaît qu'en 2014 et 2015, les taux de sélection chutent à 9 %.

Concernant les montants moyens par projet, en revanche, ils semblent observer un pic en 2014 et 2015, à respectivement 425 k€ et 424 k€.

Une sélection en deux temps à partir de 2014. Alors que les appels à projets génériques se répartissaient entre le "blanc", le "blanc international" et le volet "jeunes chercheuses et jeunes chercheurs", dont les projets étaient retenus à l'issue d'une seule étape de sélection, la procédure évolue en 2014. Sont alors introduites deux étapes de sélection pour un unique appel à projets générique comprenant 3 volets (PRC, PRCE et JCJC), le volet PRCI faisant l'objet d'une seule phase de sélection, ultérieure (1).

Dans la visualisation ci-dessous, lorsque les taux de succès ou les montants octroyés étaient disponibles, nous les avons renseignés.


le détail par comité d'évaluation des PRC, PRCE et JCJC de l'AAPG 2017 et 2018

Enfin, pour la première fois en 2017, le détail des taux de succès est disponible pour chacun des 41 comités d'évaluation scientifique, pour les volets PRC, PRCE et JCJC de l'appel à projets générique. Au total, 965 projets ont été retenus sur ces trois volets parmi 7 259 projets recevables, soit un taux de sélection de 13,3 %. Il est à souligner que ce taux de succès est ici calculé par rapport au nombre de projets éligibles, moins important que le nombre de projets soumis. S'il était basé sur le nombre de projets déposés, ce taux serait plus faible (2).

Dans le détail, il apparaît que les trois comités aux plus forts taux de succès sont les suivants :

  • "Mathématiques, informatique" : 20,1 %
  • "Interactions Homme-environnement" : 18,6 %
  • "Sécurité globale et cybersécurité" : 18, 3%

À l'autre extrême, les trois comités aux taux de succès les plus faibles sont :

  • "Biologie des animaux, des végétaux et des microorganismes / biotechnologies" : 12,2 %
  • "Innovation biomédicale" : 12,1 %
  • "Neurosciences, neurobiologie moléculaire, cellulaire, neurobiologie du développement" : 11,4 %

Et l'écart entre le comité le plus sélectif et le moins sélectif est de 9 points.

Dans la visualisation ci-dessous, chacun des 41 comités ANR est classé dans l'ordre décroissant du volume de projets éligibles. Ainsi avec 404 projets, le comité sur la "chimie durable" a 8 fois plus de projets à examiner que le comité sur "les interactions entre l'Homme et l'environnement".


En 2018, 6 comités supplémentaires sont créés. Ceux ayant les taux de sélection les plus généreux sont cette fois-ci :

  • "Technologies quantiques" : 24,6 %
  • "Sécurité globale et cybersécurité" : 22,6 %
  • "Interactions, robotique, contenues / automatique, signal" : 22,1 %

Tandis que ceux où la sélectivité a été la plus drastique sont :

  • "Physique des milieux condensés et dilués" : 12,6 %
  • "Innovation biomédicale" : 12,6 %
  • "Immunologie, infectiologie" : 12,7 %

L'écart entre le comité le plus sélectif et le moins sélectif s'est creusé, passant à 12 points : de l'un à l'autre, un porteur de projets a eu deux fois moins de chances d'être retenu.

Dans la visualisation ci-dessous, chacun des 47 comités ANR est classé dans l'ordre décroissant du volume de projets éligibles. Ainsi avec 342 projets, le comité sur la "chimie durable" a 6 fois plus de projets à examiner que le comité sur "l'alimentation et les systèmes alimentaires".


 


(1) C'est en partie ce qui explique l'explosion des candidatures observée en 2014 : les candidats ayant désormais un premier résumé de projet de quelques pages à soumettre, avant d'éventuellement approfondir leur proposition sur une dizaine de pages s'ils passent la première étape, le temps nécessaire pour postuler de prime abord a pu sembler moins coûteux.

(2) Prendre en compte les projets éligibles plutôt que les projets soumis peut faire varier le taux de succès d'un point, voire de plusieurs. Ainsi, prendre en compte les 6 463 éligibles tous appels confondus plutôt que les 6 829 projets soumis en 2012 fait passer le taux de succès de 19% à20%. La même opération en 2013 (6 465 projets recevables contre 7 209 projets soumis tous appels confondus) fait passer le taux de succès de 14,8% à 16,5%.

Fermer
Bonjour

Vous souhaitez contacter

Ana Lutzky, journaliste