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Home| Social / RH| Formation professionnelle| Dépêche n°636479

"Le PIC permet bien de cibler les publics plus vulnérables qui accèdent traditionnellement moins à la formation" (J.-M. Marx)

Dans un entretien accordé à AEF info, Jean-Marie Marx, le Haut-commissaire aux Compétences qui va quitter ses fonctions le 5 octobre 2020, dresse un bilan d'étape de la mise en œuvre du PIC et se projette sur les enjeux à venir pour le Haut-commissariat qui va porter une partie du volet "compétences" du plan de relance. Un bilan positif quantitativement comme qualitativement avec un ciblage des publics prioritaires réussi. Pour 2020, il envisage des impacts de la crise sanitaire moins importants que prévu. Parmi les enjeux qu'il identifie pour l’avenir, le Haut-commissaire détaille notamment la question de la transformation de l’offre de formation, dont les modalités d’achat. Il souhaite que les publics, salariés et demandeurs d’emploi, ne soient pas opposés et appelle à "mieux travailler le continuum formation scolaire, orientation, formation en alternance et formation professionnelle".

Jean-Marie Marx, Haut-commissaire aux Compétences Droits réservés - DR

AEF info : Avez-vous une visibilité sur les premiers résultats du PIC, près de deux ans après son démarrage effectif ?

Jean-Marie Marx : L’effort de formation global est à un niveau jamais atteint. Si l’année 2020 est une année un peu particulière, l’année 2019 a déjà permis de constater les résultats de la mise en œuvre du Plan d’investissement dans les compétences.

En 2018, 805 000 personnes en recherche d’emploi, c’est-à-dire inscrites ou non à Pôle emploi, et 24 000 personnes en insertion dans le champ de l’IAE ont bénéficié d’une formation tous dispositifs et financeurs confondus. En 2019, ce sont 970 000 personnes en recherche d’emploi, et 59 000 actifs en insertion qui ont eu accès à une formation. Au total, en 2019, nous avons dépassé le million de bénéficiaires d’une formation et, pour les seules personnes en recherche d’emploi c’est une augmentation de 21 % des bénéficiaires qui a été enregistrée. C’est un effort sans précédent, voulu par le président de la République et inscrit dans la durée.

AEF info : L’augmentation de 21 % du nombre de personnes en recherche d’emploi ayant bénéficié d’une formation était-elle attendue ?

Jean-Marie Marx : Nous avons dépassé les objectifs que nous nous étions fixés. 2018 a été une année de mise en œuvre des Pactes régionaux et des appels à projets nationaux alors que 2019 a été une année de montée en puissance. Tous les dispositifs et tous les acteurs concernés ont été au rendez-vous et ces résultats montrent que nous répondons aux besoins de l’économie et des personnes.

AEF info : Sur ce bilan, quelle part relève directement du PIC ?

Jean-Marie Marx : Globalement, par rapport à l’objectif initial qui était de former un million de jeunes et un million de demandeurs d’emploi en plus, le PIC seul a permis de financer 204 000 actions en 2018 et 473 000 en 2019. Le PIC finance donc aujourd’hui quasiment la moitié des formations pour les personnes en recherche d’emploi. Malgré la crise de la Covid-19, nous sommes sur un rythme qui permettra d’atteindre l’objectif initial. Mais il faudra faire plus pour répondre à la nouvelle situation du marché du travail, c’est tout l’enjeu du volet compétences du plan de relance arrêté par le Gouvernement.

AEF info : Où en sont les engagements financiers du PIC ?

Jean-Marie Marx : Le budget du PIC est de 13,8 Md€ sur le périmètre du ministère du Travail. La moitié des financements est aujourd’hui engagée. L’accompagnement représente aussi un volet important du PIC (plus de 20 % des crédits) avec la Garantie jeunes et le Pacea.

AEF info : Pour 2020, dans quelle mesure la crise sanitaire va-t-elle impacter les entrées en formation dans le champ du PIC ?

Jean-Marie Marx : Notre cible initiale sur 2020 était de maintenir les niveaux atteints en 2019. Avant la crise de la Covid-19, les premiers résultats enregistrés en 2020 suivaient la même tendance que ceux enregistrés en 2019, voire étaient même supérieurs. La crise sanitaire a mis un coup d’arrêt aux nouvelles entrées en formation puisque pendant le confinement il n’y en a quasiment pas eu. Dans le même temps, les formations déjà démarrées ont pu pour la plupart se poursuivre. Le lien avec les stagiaires a pu être maintenu selon différentes modalités et nous y avons participé grâce au marché de formation 100 % à distance lancé fin 2019 par Pôle emploi pour 15 000 places. Il a été mis en œuvre juste avant le confinement et les 15 000 formations seront réalisées en 2020. Nous allons encore augmenter le nombre de ces formations à distance en 2021.

Pour comprendre l’impact de la Covid-19 sur le champ de la formation, il suffit d’analyser les entrées en formation que nous avons constatées : du début d’année à la mi-mars, nous étions en progression de l’ordre de +20 % sur le nombre d’entrées par rapport à 2019. À la fin mai, sur les cinq premiers mois de l’année, les entrées en formation des personnes en recherche d’emploi ont chuté de -30 % par rapport à l’année précédente. Pour la fin d’année, tous les acteurs sont mobilisés pour nous rapprocher des résultats enregistrés en 2019 mais les deux mois d’arrêt entre mi-mars et mi-mai pourront difficilement être rattrapés en totalité. Toutefois, nous constatons que les projections que nous nous étions fixées en mai sont dépassées. Depuis fin juillet nous sommes à plus de 100 % des objectifs saisonnalisés. Nous sommes quasiment dans un fonctionnement normal et nous rattrapons petit à petit le retard enregistré au plus fort de la crise sanitaire.

Intervention dans le champ de la santé

 

Pendant le confinement, le PIC a été mobilisé pour participer au financement des allocations des élèves infirmiers et aides-soignants mobilisés dans le cadre du plan d’urgence contre la Covid-19 et mis à disposition des hôpitaux, cliniques et Ehpad. Des conventions en ce sens ont été passées avec les 13 régions métropolitaines pour réallouer 95 M€ de financements issus des Pactes régionaux qui ont concerné plus de 50 000 élèves.

AEF info : Le PIC vise principalement les plus éloignés de l’emploi. Est-ce que cet objectif qualitatif est atteint ?

Jean-Marie Marx : Oui. Nous réussissons à atteindre et accompagner des publics qui sont traditionnellement plus loin de la formation et de l’emploi. Par exemple, les personnes issues des quartiers de la politique de la ville [QPV] représentent 15 % des bénéficiaires du PIC, les personnes des zones rurales représentent 22 % des bénéficiaires et les bénéficiaires du RSA 20 % des bénéficiaires. Le PIC permet bien de cibler les publics plus vulnérables qui accèdent traditionnellement moins à la formation.

AEF info : Où en sont les appels à projets nationaux ?

Jean-Marie Marx : Il y a trois grands appels à projets qui ont tous été lancés sur une base pluriannuelle : le 100 % inclusion, l’insertion professionnelle des réfugiés et les prépa-apprentissage. Près de 700 projets ont été déposés, 250 lauréats, dont 114, qui couvrent près de 1 000 sites pour les prépa-apprentissages, ont été retenus par le comité des bénéficiaires et les comités de sélection présidés par des personnalités externes : Éric Kayser, Louis Schweitzer et Marc François-Brazier. Ces appels à projets représentent la partie "innovation" du PIC, ce sont donc des pépites qu’il faut suivre pour essaimer les bonnes pratiques. Nous avons favorisé des consortiums d’acteurs, créant ainsi de nouvelles dynamiques et permettant de traiter de façon coordonnée différents types de fragilités ou de difficultés auxquelles ces personnes sont confrontées. C’est cette approche globale où l’accompagnement est renforcé qui sécurise les parcours de ces bénéficiaires.

À la fin juin, nous avions de l’ordre de 20 000 bénéficiaires de ces actions, Des résultats obtenus alors que la plupart des conventions ont été signées au cours du dernier trimestre 2019. En 2021, si l’année se déroule normalement, le nombre de bénéficiaires devrait fortement progresser.

Avec ces appels à projets, nous sommes dans une logique de transformation de l’action publique à travers des actions exigeantes sur lesquelles nous souhaitons capitaliser, plus que dans une logique quantitative.

AEF info : Quel bilan tirez-vous de la mise en œuvre des Pactes régionaux ?

Jean-Marie Marx : Globalement, les régions ont atteint leurs objectifs. Certaines régions ont cependant connu des retards liés à des appels d’offres passés tardivement, à des objectifs de transformation ou des difficultés dans le sourcing de stagiaires pour des régions déjà très engagées. Il sera important dans la période que les engagements soient bien tenus pour répondre au mieux aux besoins. La moitié des crédits de ces Pactes financent des actions qualifiantes et professionnalisantes, 40 % des actions de remise à niveau, de remobilisation, d’acquisition de compétences de base (Clea, numérique)… 7-8 % des crédits sont destinés à de l’ingénierie. Nous avons demandé aux régions d’adapter les formations aux évolutions des métiers ce qui, alors que France relance va se déployer, constitue un atout. Il va permettre d’amplifier ce qui a été esquissé, par exemple en matière de transition écologique ou numérique. Le PIC a également permis de favoriser les échanges de bonnes pratiques entre les régions et de faire de ces dernières des actrices à part entière de la transformation de l’offre de formation. Il a également permis d’accompagner les régions vers une plus grande territorialisation de leur réponse formation qu’elles ont pleinement su s’approprier. Un rôle qu’elles ont pleinement assumé pendant la crise sanitaire, aux côtés de l’État et de Pôle emploi en matière de financement ou d’accompagnement.

AEF info : Il reste encore beaucoup à faire sur cette question de l’achat de formation pourtant…

Jean-Marie Marx : Tout à fait. Pôle emploi a été exemplaire dans la période de crise et beaucoup de régions ont également parfaitement joué le jeu. Pour autant, la transformation de l’offre de formation nécessite de revisiter les conditions d’achat de formation et l’unité d’œuvre de la formation. Tout le monde s’en rend compte aujourd’hui, raisonner uniquement sur la preuve de la présence en stage pour attester la réalité de la mise en œuvre de la formation n’a plus de sens. Il faudra faire évoluer les règles de la commande publique en la matière. La crise de la Covid-19 a révélé des besoins sur cet aspect-là, mais c’est aussi vrai pour la reconnaissance de l’Afest dans l’achat de formation. Cette adaptation des règles d’achat doit être prise en compte par les commanditaires pour permettre le développement de ces nouvelles modalités d’apprentissage.

AEF info : Avez-vous une visibilité sur les résultats des actions financées dans le cadre de ces Pactes régionaux ?

Jean-Marie Marx : Les taux d’insertion des formations qualifiantes se situent autour de 65 à 70 % en moyenne ; ils peuvent être plus élevés lorsque l’on vise une préparation opérationnelle à l’emploi, mais il s’agit des premiers résultats d’avant crise. Dans la période de crise importante qui s’annonce, il faudra surtout s’intéresser à la valeur ajoutée de la formation, c’est-à-dire le différentiel dans le taux d’insertion entre personnes formées et non formées. Grâce au travail d’évaluation qui est en cours, cela sera utile pour prendre en compte ces résultats pour orienter, avec les branches, les actions sur les domaines où la demande et les besoins sont les plus forts.

AEF info : Les Pactes régionaux sont appelés à être réorientés dans le cadre du Plan de relance. Où en êtes-vous sur le sujet ?

Jean-Marie Marx : Nous sommes à mi-parcours du PIC et des pactes régionaux. Avec la crise sanitaire, les priorités évoluent avec l’augmentation des demandeurs d’emploi, notamment des jeunes, cette "génération Covid" composée de jeunes qui arrivent sur le marché du travail ou qui y étaient déjà dans des emplois précaires, mais aussi avec des besoins de compétences qui évoluent fortement. La relance verte, par exemple, est un sujet majeur qui touche de nombreux secteurs, de l’industrie au bâtiment. Nous avons mis en place un process de révision des Pactes régionaux. C’est une révision des priorités de formation pour tenir compte à la fois de la crise mais également des nouveaux besoins de l’économie, en tenant compte des évaluations déjà réalisées. Ces nouvelles priorités sectorielles sont en cours de définition et devraient être connues mi-octobre. Elles permettront d’orienter les 100 000 formations qualifiantes supplémentaires et plus globalement l’ensemble des actions qualifiantes et professionnalisantes conduites au titre des Pactes régionaux.

Les Pactes régionaux devraient être révisés d’ici fin novembre au plus tard (pour être intégrés aux budgets régionaux), de façon à amplifier dès janvier 2021 les actions de formation destinées aux jeunes et aux demandeurs d’emploi. Les nouveaux Pactes régionaux pourront ensuite être signés par la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, Élisabeth Borne, avec le président de région et le Préfet.

AEF info : Le budget du PIC a-t-il vocation à évoluer pour prendre en compte le plan de relance ?

Jean-Marie Marx : Les moyens du plan de relance complètent le budget du PIC. C’est notamment le cas pour les 700 M€ prévus pour les 100 000 formations qualifiantes supplémentaires ou pour la revalorisation de la rémunération des stagiaires qui sera compensée aux régions.

AEF info : Le PIC intervient pour les personnes en recherche d’emploi. Est-ce suffisant pour répondre aux besoins des entreprises ou pourrait-il évoluer pour se rapprocher de certaines de leurs demandes, notamment en matière de formation des salariés ?

Jean-Marie Marx : Le besoin de formation et/ou de reconversion des salariés résulte de la crise et des profondes transformations des compétences qui sont à l’œuvre. Il ne faut pas opposer les publics : les salariés menacés du fait de l’obsolescence de leurs compétences ou des difficultés économiques sectorielles doivent trouver des réponses à leur situation. C’est de la responsabilité collective du Gouvernement qui a pris des décisions importantes dans le plan de relance mais aussi de la mobilisation des branches et des partenaires sociaux. C’est le sens du quadripartisme sur lequel vous connaissez mes convictions.

AEF info : Le plan de relance a également un volet lié à la transformation de l’offre de formation qui était déjà un sujet du PIC…

Jean-Marie Marx : Tout à fait. Il y a notamment le financement de 30 000 places de formation 100 % à distance qui est prévu pour contribuer au développement de cette modalité pédagogique, et 300 M€ pour accompagner la transformation de la formation. Ce sont des chantiers structurants du plan de relance qui permettront de développer des outils digitaux, en patrimoine commun, notamment en matière de réalité virtuelle, pour la formation continue mais également pour faire des ponts avec la formation initiale. Ces actions seront bien entendu concertées avec les acteurs : les régions, les partenaires sociaux et les réseaux d’organismes de formation. Là aussi, l’idée est de mettre en chantier ces initiatives d’ici la fin d’année.

AEF info : Quel bilan tirez-vous de la montée en puissance des formations à distance du fait de la crise ?

Jean-Marie Marx : Il y a un côté positif à la crise, c’est l’évolution rapide des pratiques. La formation à distance a permis de maintenir le lien pédagogique pendant le confinement et de dépasser un certain nombre de blocages sur le recours à des formations digitalisées. Bien entendu, je ne crois pas que la solution exclusive réside dans de la formation 100 % à distance mais à une hybridation des formations en se gardant la possibilité de basculer sur plus de formation à distance en cas de crise. C’est un constat qui a forcément un impact sur la transformation de l’offre de formation prévue par le plan de relance. Il me semble que la crise de la Covid-19 a révélé ce potentiel de l’offre de formation à basculer davantage sur des modalités pédagogiques digitales moyennant un suivi particulier. Je pense qu’il faut se préparer structurellement à cette évolution sur le long terme qui permet en plus de répondre à deux problématiques :

- les aspects territoriaux avec une formation à distance qui facilite l’accès à la formation pour des publics éloignés physiquement des centres de formation ;

- certaines compétences ou mises en pratique se prêtent bien à la formation digitalisée ou en réalité virtuelle. Par exemple, dans les travaux publics, la mise en pratique de certains apprentissages nécessitant de l’outillage coûte très cher. Des coûts qui peuvent être minorés ou mutualisés par le recours à des formations sur des outils virtuels/3D en créant des situations rarement rencontrées dans le cadre d’un stage ou en alternance car trop risquées.

Si tout cela est bien fait, en hybridant présentiel, à distance et apprentissage en situation de travail, nous avons tout à y gagner. Ça me semble extrêmement important pour l’avenir de la formation et l’efficacité des formations dans notre pays.

AEF info : Pas le moindre point négatif sur ce recours important aux formations à distance ?

Jean-Marie Marx : Avec cette mixité des situations d’apprentissage qui est apparue pendant la crise, nous pouvons faire plus, être plus efficaces et démocratiser l’accès à la formation. Ça ne veut pas dire pour autant que tous, organismes de formation comme individus, ont été égaux dans un accès facilité à ces formations. Tout le monde a dû s’adapter, mais certains prestataires ont eu des facilités parce qu’ils étaient déjà équipés d’une plateforme LMS. Il faudra penser à les équiper tous et à en faire un critère qualité. C’est la même chose avec les stagiaires, dont certains étaient équipés et avaient un accès facile aux réseaux et pas d’autres. C’est aussi sur cet aspect qu’il faudra travailler pour casser les inégalités d’accès à la formation.

AEF info : Accompagner le marché de la formation dans cette bascule vers une plus grande hybridation de son offre représente un investissement important ?

Jean-Marie Marx : C’est un investissement important mais il ne faut pas négliger le fait que c’est un investissement qui peut servir indifféremment à la formation initiale, à la formation continue, à l’apprentissage, à la formation des personnes en recherche d’emploi ou à la formation des salariés. C’est la manière de mettre en œuvre ces outils qui change.

AEF info : Pensez-vous que les acteurs de la formation soient prêts pour cette transformation ?

Jean-Marie Marx : L’offre de formation me semble prête à faire les efforts nécessaires pour évoluer. Après, il faudra que l’ensemble des financeurs, et en premier lieu les régions et Pôle emploi, avancent dans cette direction et cela me semble être le cas. Tous les sujets qui se posent autour de la transformation de l’offre de formation préexistaient avant la crise mais ils ont connu une accélération importante. Cette transformation aurait de toute façon eu lieu, mais peut-être en 3-4 ans alors que là, le modèle change en profondeur en 6 mois ou un an. Il ne faut surtout pas perdre de vue que cette transformation de la formation va impacter le modèle économique mais aussi les pratiques professionnelles. Il faudra peut-être que les formateurs soient plus des coachs, qu’ils soient plus dans la personnalisation de leur relation avec les stagiaires.

AEF info : Ces questions de transformations ne concernent que le champ de la formation professionnelle continue ?

Jean-Marie Marx : Ces questions, qui se posent à la formation continue, sont les mêmes pour l’apprentissage, voire aussi pour la formation initiale. Ces changements importants traversent aussi les écoles, les collèges, les lycées et l’enseignement supérieur. Ces approches peuvent encore être mieux partagées entre formation scolaire, apprentissage et formation professionnelle. Il faut décloisonner et traiter le continuum et éviter des fonctionnements en silo. Il y a des solutions mises en œuvre dans la formation continue qui peuvent être intéressantes pour la formation scolaire, l’apprentissage a une expérience de l’alternance entre théorie et pratique qui peut être intéressante pour la formation professionnelle, en particulier pour l’Afest. En formation scolaire, le sujet est le même pour les décrocheurs avec qui il faut inventer des approches nouvelles en diversifiant les approches pédagogiques. C’est une préoccupation qu’il faudra avoir davantage dans les prochaines années, et que j’appelle de mes vœux, de mieux travailler au continuum formation scolaire, orientation, formation en alternance et formation professionnelle.

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Christophe Marty, journaliste