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Biodiversité : Schneider Electric, Solvay et FDJ testent le "Global biodiversity score"

CDC Biodiversité, filiale de la Caisse des dépôts, et le Club des entreprises pour une biodiversité positive (Club B4B+) ont présenté le 22 septembre 2020 la première version du "Global biodiversity score" (GBS), leur outil de mesure d’empreinte biodiversité qui doit permettre aux entreprises et aux institutions financières de mesurer l’impact de leurs activités. Si Solvay et Française des jeux commencent à utiliser la version 1.0 de cet outil, Schneider Electric est la première entreprise à avoir mesuré l’empreinte sur la biodiversité de l’ensemble de sa chaîne de valeur grâce au GBS.

La CDC biodiversité développe un indicateur, nommé GBS, pour mesurer l'empreinte biodiversité des entreprises GIOVANNI_MARCELLO - Pixabay

Lancé au printemps dernier (lire sur AEF info), le Global biodiversity score (GBS) est un outil développé par la filiale de la Caisse des dépôts, CDC Biodiversité, pour mesurer l’empreinte biodiversité d’une entreprise ou d’une institution financière à travers sa chaîne de valeur. Le GBS doit ainsi mettre en évidence les leviers d’actions prioritaires pour réduire les pressions sur la biodiversité et élaborer une stratégie alignée vers l’objectif de "zéro perte nette de biodiversité". Avec le Club des entreprises pour une biodiversité positive (Club B4B+), CDC Biodiversité a organisé une conférence le 22 septembre dernier pour présenter des premiers retours d’expérience.

Solvay espère préciser ses actions avec le gbs

Solvay a été l’une une des premières entreprises membres du club B4B+ explique son directeur développement durable, Pascal Chalvon. "Notre approche biodiversité a commencé il y a deux ans, avec le sentiment de s’approcher au bord d’une falaise. En tant que chimiste, il nous reste à faire car nous sommes en amont de beaucoup de chaînes de valeur." Il poursuit son témoignage : "Nous avons commencé par les outils que nous avions en interne : les analyses de cycles de vie, les profils écotoxiques de nos produits… Mais entre savoir et agir, il y a la gouvernance. C’est pourquoi le groupe a pris en février dernier un engagement public, celui de réduire de 30 % les pressions que nous exerçons sur la biodiversité. Bien sûr, ce n’est pas précis et c’est une approche macro. Nous attendons avec impatience d’utiliser le GBS pour préciser les leviers d’action sur tel ou tel site, et à tous les niveaux de la chaîne de valeur."

"Nous allons aussi agir avec nos fournisseurs de façon plus systématique. Mais pour accompagner fournisseurs et clients, nous avons besoin d’une convergence d’indicateurs et de standards pour se comparer aux concurrents", ajoute le DDD. Antoine Cadi, directeur de la recherche et de l’innovation de CDC Biodiversité, précise qu’une formation interne pour également former tous les collaborateurs de Solvay à cette thématique est en projet.

Des entreprises "au début du voyage"

"Nous sommes neutres en carbone depuis 2019 et nous avons commencé à travailler sur la biodiversité en 2012 avec du papier FSC sur tous les supports de jeux, la suppression de tout le plastique dans l’entreprise et l’analyse des cycles de vie", témoigne Christine Prouin, responsable performance RSE de Française des jeux. "Nous avons pu constater que le plus fort impact sur la biodiversité chez FDJ se situait au niveau de l’exploitation forestière. Lorsque nous produisons nos supports de jeux, l’enjeu ne réside pas dans l’impression ou la fabrication du papier mais en amont dans les forêts d’où proviennent nos papiers. Ce qui déclenche un gros travail avec les fournisseurs, concernant l’exploitation du bois et son transport."

L’entreprise privilégie les forêts labellisées FSC mais se demande "comment valoriser cette utilisation du label avec le GBS". FDJ a donc mis en relation FSC et CDC biodiversité, dont le travail est en cours. Christine Prouin estime que "ce travail sur la biodiversité ouvre le champ des possibles". "Nous ne travaillons plus avec notre chaîne de valeur classique : nous allons vraiment au-delà. C’est une démarche nouvelle qui montre que notre responsabilité peut aller très loin." Selon Eva Zabey, directrice exécutive de l’initiative Business for Nature, "la plupart des entreprises sont aujourd’hui au début du voyage mais elles sont toutes mobilisées et on veut montrer leur action pour amplifier leur voix, qui appelle les gouvernements à adopter des politiques pouvant inverser la tendance sur la perte de la nature d'ici 2030. On a vu que ça avait marché avant l’accord de Paris sur le climat, grâce à la mobilisation générale des entreprises".

Schneider Electric mesure l’ensemble de sa chaîne de valeur

Xavier Houot est directeur environnement de Schneider Electric, la première entreprise à s’être livrée à l’exercice complet. Il publie avec CDC Biodiversité les résultats détaillés "afin de démontrer la pertinence et la faisabilité de tels bilans". "Schneider Electric a plus de 1 000 sites donc cela signifie plus de 1 000 empreintes dans le monde, avec des supply chain très complexes, comprenant plus de 50 000 fournisseurs. Et on retrouve dans nos produits un peu de plastique, un peu de métaux, un peu d’emballages, des quatre coins du monde…" Il précise que son groupe a déjà "beaucoup travaillé sur la partie climat". L’entreprise a "les empreintes carbones de chaque produit physique, de chaque site". Sur la partie ressources, elle est engagée depuis "cinq-six ans sur l’économie circulaire". "En revanche sur la biodiversité, nous ne sommes pas tout à fait ignorants sans pour autant avoir une vision holistique."

Schneider Electric a cherché beaucoup d’outils pour mesurer les enjeux de la biodiversité et a choisi le GBS "car avec CDC Biodiversité, nous avons l’obsession de la rigueur, de la digitalisation de la donnée, de la transparence, de la recherche, dans un univers qui n’est pas très mature". Lors des assises nationales de la biodiversité, le 8 octobre, l’entreprise a annoncé être la première à utiliser l’outil pour réaliser une évaluation de son empreinte biodiversité sur l’ensemble de sa chaîne de valeur. Il ressort que les impacts du périmètre opérationnel (dits scopes 1 et 2) ne représentent qu’une "part modeste" de l’empreinte globale.

Traçabilité digitale et certification

Les émissions de gaz à effet de serre "constituent 70 % des causes d’impact sur la biodiversité terrestre, suivies par l’utilisation des terres". La stratégie environnementale de Schneider, en particulier sa trajectoire vers une neutralité carbone rapide, auront "donc un impact considérable pour limiter la perte de biodiversité". Par ailleurs, au sein de la chaîne d’approvisionnement (dit scope 3 amont), les deux sources principales d’impact sont le recours au bois (utilisé pour les emballages et les palettes) et l’extraction des métaux (notamment le cuivre, ressource clé du secteur). "Augmenter la traçabilité de la chaîne d’approvisionnement sera clé pour mieux protéger la biodiversité", en conclut l’entreprise. Schneider Electric appelle par conséquent "à l’émergence de nouveaux schémas de traçabilité digitale et de certification, pour fournir des informations tout au long de la chaîne de valeur sur l’origine et les impacts des ressources".

Schneider Electric et CDC Biodiversité́ ont élaboré ensemble un rapport, intitulé "Raise corporate biodiversity ambition & aim at no net loss" pour inviter "toutes les entreprises à définir une stratégie ambitieuse pour préserver et restaurer la biodiversité". Sylvaine Rols, chargée de projets au Centre de surveillance de la conservation de la nature (UNEP-WCMC), rappelle qu’au niveau international la Commission européenne a lancé un appel d’offres pour arriver à un standard "dans les prochaines années" et qu’un programme des Nations unies "Aligning biodiversity measures for business" (ABMB) — auquel CDC Biodiversité participe — a été créé en 2019 pour essayer d’identifier une harmonisation possible des pratiques de mesures, de suivi et de reporting du secteur privé d’ici la COP 15 de Kunming, en Chine (probablement au second semestre 2021). "Avec le GBS, nous ajoutons une contribution méthodologique concrète à une réflexion internationale car c’est à cette échelle-là qu’il faut fixer les lignes d’horizons", souligne Antoine Cadi.

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Ioana Doklean, journaliste