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Autonomie des universités et recherche : 30 ans d’histoire contés par Jean-Marc Monteil

Dans son livre publié en septembre 2020, "Université et recherche : les enjeux de l’autonomie. Les sentiers d’un témoin engagé", Jean-Marc Monteil brosse 30 ans d’histoire de l’université, avec le regard des nombreuses fonctions qu’il a exercées. Au fil de son récit, il revient sur des débats qui font écho à ceux d’aujourd’hui autour de la LPPR, sur le pilotage de la recherche, les liens – régulièrement tendus – entre universités et CNRS, les crédits récurrents versus les appels à projets, la place du doctorat, ou encore les enjeux de l’évaluation à l’heure où le HCERES attend un président.

Jean-Marc Monteil MaxPPP - Pascal Bonnière / PhotoPQR / Voix du Nord

"Choisir de retenir comme sujet central de ce livre l’organisation et le déploiement de la recherche dans une université en quête d’autonomie pourrait laisser croire à un désintérêt à l’endroit des étudiants et de la pédagogie. Il n’en est rien. J’ai toujours enseigné comme professeur d’université, et avec bonheur, en première année, là où s’éveillent les consciences pour une discipline. Mais l’objectif de ce livre n’est ni la pédagogie en tant que telle ni les différentes facettes de la vie universitaire et de sa gestion. Ce récit, volontairement partiel et lacunaire, à partir de responsabilités exercées à différents échelons de l’enseignement supérieur et de la recherche, vise simplement à retracer pour le lecteur les voies empruntées à différentes époques, pour s’efforcer de traduire concrètement la conception d’une université plus autonome, où l’adossement de ses formations à la recherche avait pour moi vocation à forger son identité en même temps que son unicité." Voici comment Jean-Marc Monteil présente l’objectif de son livre "Université et recherche : les enjeux de l’autonomie. Les sentiers d’un témoin engagé", paru en septembre 2020 aux Presses universitaires de Grenoble (1).

Ce "récit institutionnel" démarre à la fin des années 1980, lorsque Jean-Marc Monteil était directeur d’unité associée au CNRS et membre élu du CoNRS – une époque où "les associations comme les ruptures d’association d’unités au CNRS relevaient de la seule décision de l’organisme, de même que la nomination des directeurs de ces unités, fussent‐ils enseignants‐chercheurs" – pour se terminer au début des années 2010. Pendant cette trentaine d’années, il a été successivement :

  • président de l’université Clermont-II Blaise-Pascal (1992-1997) et premier président de la CPU (1996-1997),
  • recteur de Bordeaux (1997-2000) puis d’Aix-Marseille (2000-2002),
  • DGES (directeur général de l’enseignement supérieur) (2002-2007) (lire sur AEF info),
  • président de l’Aeres (2007) (lire sur AEF info),
  • chargé de mission au cabinet du Premier ministre, François Fillon (2007-2010) (lire sur AEF info),
  • en charge d’une mission pour finaliser le projet Saclay (2011-2012) (lire sur AEF info).

Au fil de ces différentes responsabilités, il revient, avec de nombreuses anecdotes, sur les étapes qui ont permis aux universités d’accéder à davantage d’autonomie, et notamment à travers leurs relations avec les organismes de recherche et leur capacité à bâtir et mener une politique scientifique. Ainsi, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, notamment sous l’impulsion de Vincent Courtillot et Claude Allègre, "ce fut le temps de la quête d’une politique scientifique plus autonome et donc plus responsable au sein des universités", notamment à travers la contractualisation.

De Bologne aux lois "recherche" de 2006 et LRU de 2007

Suit un changement de gouvernement en 1993 et, "dans le cours de ces années 1993 à 1997", outre la poursuite de "l’œuvre du ministère précédent" sur le volet recherche et d' "âpres frottements institutionnels" entre universités et organismes, "sous les demandes pressantes et récurrentes du monde économique, s’affirme aussi la volonté de lier plus étroitement l’université au développement économique par la définition de cursus de formation plus adaptés aux exigences du marché de l’emploi et aux besoins des entreprises". C’est aussi la période où sont créés des dispositifs de transfert de technologie et où les élus locaux revendiquent la création de nouveaux sites universitaires, comme à Agen, projet abandonné auquel Jean-Marc Monteil a été confronté comme recteur de Bordeaux.

1998, c’est le démarrage du processus de Bologne et de la mise en œuvre du LMD en France que Jean-Marc Monteil conduira comme DGES à partir de 2002. "S’offrait ainsi l’opportunité de traduire institutionnellement une conception de l’enseignement supérieur où le lien formation/recherche devait être à la fois une ambition, un ferment, et in fine, un ciment pour l’avenir scientifique, culturel, social et économique de la France et de ses enfants." Et Jean-Marc Monteil d’ajouter : "Cette conception réclamait une université plus autonome avec la requalification de son organisation et de certains de ses usages. Aussi s’agissait-il, dans mon esprit, de ne pas admettre qu’en formation, la promotion de l’excellence soit exclusivement supposée, exprimée et exprimable dans les grandes écoles. De même, la recherche et la formation à (et par) la recherche, compétence distinctive des universités, devaient pouvoir irriguer tous les établissements de l’enseignement supérieur".

2006 ouvre "une séquence législative intense", d’abord avec la loi de programme pour la recherche – faisant suite au mouvement des chercheurs de 2004 – qui a créé les PRES et les FCS, l’ANR et l’Aeres, puis avec la loi LRU en 2007. Cette séquence "ouvrit aussi une nouvelle quête pour assurer la mise en œuvre d’une nouvelle autonomie, souhaitée pour certains, concédée pour d’autres. Ces différences d’appréciation ne recouvraient cependant pas les appartenances politiques habituelles, mais plus largement les traversaient. Ce qui ouvrait en quelque sorte un chemin de crête qu’il convenait d’emprunter bien entraîné et avec prudence."

la mission saclay

2008 et 2010, c’est aussi le temps où le gouvernement Fillon lance d’abord l’opération campus puis les investissements d’avenir "avec leurs cohortes de labels dits d’excellence". À cette période, après avoir présidé quelques mois la nouvelle Aeres – une occasion de revenir sur les enjeux de l’évaluation à l’heure de l’autonomie –, Jean-Marc Monteil rejoint, pour trois ans, le cabinet de François Fillon qui lui confie ensuite en 2011 la mission de finaliser le projet Saclay : il raconte ainsi comment "la puissance des réseaux fit que les ministres de l’Enseignement supérieur perdirent tous leurs arbitrages", en concluant : "Préférer la performance nationale des réputations à la réputation internationale des performances est sans doute une marque du génie français !"

(1) "Université et recherche : les enjeux de l'autonomie. Les sentiers d'un témoin engagé", PUG, septembre 2020, 180 pages, ISBN 978-2-7061-4934-4 (22 €)

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Anaïs Gérard, journaliste