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EY et Deloitte dressent pour le Medef le bilan de la 2e déclaration de performance extrafinancière

"Il faut souligner le bon niveau de reporting des entreprises cotées françaises qui est indéniable quand on le compare aux autres pays européens", déclare jeudi 17 septembre 2020 Eric Duvaud, associé chez EY. Le cabinet d’audit et de conseil a collaboré avec Deloitte, pour le compte du Medef, afin de dresser le bilan de la 2e année d’application des déclarations de performance extrafinancière. "La part des sociétés formalisant une démarche RSE pluriannuelle, multithématique et assortie d’objectifs quantitatifs datés est passée de 41% à 75 % entre 2016 et 2020 !", met-il ainsi en avant.

EY et Deloitte dressent pour le Medef un bilan du deuxième exercice DPEF. Image parStartupStockPhotos de Pixabay

Une étude publiée ce jeudi par EY et Deloitte, et menée pour le Medef dans le cadre de sa semaine de l’entreprise responsable (lire sur AEF info), analyse les performances environnementales, sociales et sociétales de 100 grandes entreprises françaises cotées au SBF120. En 2019, pour le premier exercice de la déclaration de performance extrafinancière (DPEF), EY et Deloitte avaient choisi de faire un focus sur les "éléments de bonne compréhension des textes", explique Julien Rivals, associé chez Deloitte (lire sur AEF info). Les cabinets d’audit se sont concentrés "cette année sur les sujets d’actualité pour lesquels il est intéressant d’avoir les bonnes pratiques qui peuvent nourrir le débat sur l’avenir du reporting extrafinancier". L’idée est de montrer avec de "nombreuses illustrations la diversité des réponses apportées par les entreprises".

35 % des entreprises ont une raison d’être

Premier enseignement, avec l’élan de la loi Pacte, 35 % des entreprises ont formulé une raison d’être. Il s’agit "souvent de textes assez courts", accompagnés de textes complémentaires plus détaillés, indique Julien Rivals. Parmi ces 35 %, "ne figurent pas celles pour lesquelles le dirigeant évoque dans une interview la raison d’être sans que celle-ci ne soit formalisée sur le site internet de l’entreprise ou dans le rapport annuel". Neuf entreprises sont allées plus loin en intégrant leur raison d’être à leurs statuts. "Cette dynamique va continuer en 2020 : neuf sociétés supplémentaires ont décidé de la mettre à l’ordre du jour dans les mois qui viennent", précise-t-il.  Une seule société du panel a adopté le statut de "société à mission", également prévu par la loi Pacte: Danone (lire sur AEF info).

L’étude démontre aussi que "l’intégration de la RSE dans les entreprises s’accélère", souligne Eric Duvaud, associé chez EY. "La part des sociétés formalisant une démarche RSE, pluriannuelle, multithématique et assortie d’objectifs quantitatifs datés est passée de 41 % à 75 % entre 2016 et 2020. On est bien sur un quasi-doublement des démarches !" Et lorsque "l’on compare la France avec les autres pays européens, on peut dire que la France est en avance. Une étude a été menée en parallèle auprès de 156 entreprises cotées situées dans onze pays européens : le chiffre est alors de 60 %".

Conjuguer production et decarbonation

Sur les objectifs que les entreprises se fixent, "84 ont au moins un objectif quantitatif". Parmi les thèmes les plus traités, il y a la sécurité au travail (33 entreprises), la parité (47 entreprises) mais celui qui arrive en tête est le climat. 77 entreprises ont des objectifs de réduction des émissions. "Nous avons vu arriver cette année des objectifs de neutralité carbone", note également Eric Duvaud. "Tout le monde a compris que demain il faudra conjuguer production et décarbonation." 99 % des entreprises reportent sur les émissions de gaz à effet de serre scopes 1 et 2 ; 75 % sur certains postes du scope 3.

Ces stratégies sont évoquées à trois ou cinq ans, avec pour le carbone des échéances à 2030. "Cette prise en compte du temps long est assez nouvelle — les premières stratégies à horizon 2030 ont commencé à apparaître il y a deux ans et aujourd’hui la moitié des entreprises a des objectifs à dix ans — c’est un signe encourageant ! Cela veut dire que les entreprises et l’économie commencent à raisonner à plus long terme et non à court terme comme les actionnaires l’attendent."

La mesure économique d’un plan d’actions

Mais Eric Duvaud prévient : "Nous entrons dans une période de pilotage de la création de valeur, c’est-à-dire qu’il faut étudier la mesure économique des impacts que génère un plan d’actions, que ces impacts soient positifs ou négatifs (investissements, dépenses d’exploitation, revenus supplémentaires liés à des produits durables)." Le reporting s’occupe "très bien de la mesure des impacts sociaux et environnementaux mais la mesure économique sera de plus en plus demandée par les investisseurs. J’encourage donc les entreprises à creuser ce sillon".

EY et Deloitte ont également voulu savoir comment les 100 grandes entreprises françaises utilisent les référentiels internationaux. Le premier plébiscité est celui des ODD, présenté dans 80 % des cas, "avec des approches plus ou moins intégrées", glisse Julien Rivals. "Cela va de l’exercice de style à la clé d’entrée pour établir la matrice de matérialité. 38 entreprises les utilisent même pour présenter leurs impacts avec des éléments plus quantitatifs."

La Task force on climate-related financial disclosures (TCFD) s’impose elle comme le cadre de reporting sur le climat : 63 % des entreprises s’y inscrivent. 46 entreprises ont par ailleurs une table de concordance sur la Global reporting initiative (GRI), qui a été un "cadre très utile pour structurer les premiers rapports RSE et est aujourd’hui questionné dans son modèle et son évolution". Quant au Sustainability accounting standards board (SASB), soutenu et encouragé par des investisseurs américains, "son implantation en France reste à suivre" (deux entreprises le signalent dans leur publication).

Top management et critères RSE

Sur les indicateurs clés de performance, les entreprises publient des "indicateurs semblables pour une thématique donnée : le taux de fréquence sur l’enjeu de la santé sécurité, le turnover sur l’attraction et rétention des talents. Toutefois, les méthodes de calcul divergent, ce qui rend difficile leur comparabilité", souligne Eric Duvaud. Par exemple, sur la parité femmes-hommes, "l’indicateur fréquent est la part des femmes dans le management", précise-t-il à AEF info. 93 entreprises ont effectivement publié cet indicateur mais "avec des écarts dans la définition de ce qu’est le management". Quel est le seuil pour définir le management ? Les 5000 ou les 100 premiers cadres ? "Cette difficulté de la diversité des modes de calcul est multipliée par dix dans les autres pays européens."

Julien Rivals signale une "tendance très forte", celle de l’intégration des critères RSE dans les objectifs du principal dirigeant a minima, et parfois également sur un nombre plus large de top managers. 79 % des entreprises y ont recours (contre 40 % il y a quatre ans). Le consultant y voit "l’impulsion des investisseurs, comme pour la montée du sujet climat". 52 % des entreprises ont des indicateurs quantitatifs et 20 % ont des critères "purement qualitatifs qui paraissent moins exigeants". Cette évolution montre une "recherche d’alignement des efforts avec les grands engagements", analyse-t-il.

Bon niveau de reporting des sociétés cotées

"Il faut souligner le bon niveau de reporting des entreprises cotées françaises, qui est indéniable quand on le compare aux autres pays européens, sans parler des autres plaques géographiques mondiales", résume l’associé d’EY. Mais "nous sommes à un moment où un standard européen pourrait rendre plus comparables les données et pourrait également servir au déploiement du programme finance durable de la Commission européenne sur la taxonomie, sur le règlement disclosure et peut-être même sur des futures taxations à l’importation en Europe". Eric Duvaud siège au sein du groupe de travail qui a été annoncé début septembre pour mener la révision de la directive européenne sur le reporting extrafinancier. Cette task force est présidée par Patrick de Cambourg, président de l’Autorité des normes comptables, déjà auteur d’un rapport sur le sujet pour le ministère français de l’Économie (lire sur AEF info).

Pour la troisième année de publication de la DPEF, "nous serons dans la continuité de l’exercice", selon Julien Rivals qui anticipe néanmoins un "impact Covid". "Comment les entreprises vont-elles analyser leurs performances alors que leur activité a été grandement pénalisée par le confinement ?", complète Eric Duvaud. Les sociétés vont devoir par ailleurs préparer la mise en oeuvre du règlement sur la taxonomie et commencer à se demander quelle est la part verte de leur chiffre d’affaires et quels sont leurs produits et services durables. 

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Ioana Doklean, journaliste