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La pandémie sauvera-t-elle l’université ? (Bruno Dondero, professeur de droit à l’université Paris-I)

"Disons-le clairement : placer dans un amphithéâtre bondé 400, 500 ou 1 000 étudiants, même masqués, est un risque qu’il n’est pas acceptable de  faire prendre aux étudiants et aux enseignants, pas plus qu’aux autres personnels de l’université ! Si l’on réduit aujourd’hui les cours en présentiel par nécessité, il faut transformer les enseignements", estime dans une tribune pour AEF info le professeur Bruno Dondero, agrégé des facultés de droit, professeur à l’École de droit de la Sorbonne (université Paris-I) et directeur du Cavej (Centre audiovisuel d’études juridiques des universités de Paris). Il en appelle à "transformer les cours magistraux en parcours d’apprentissage", à les "démagistraliser", et à réserver les rassemblements physiques à "des événements qui en vaudront la peine pédagogiquement, et pas de manière routinière".

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Bruno Dondero, agrégé des facultés de droit, professeur à l’École de droit de la Sorbonne (Université Paris-1) et directeur du Cavej (Centre audiovisuel d’études juridiques des universités de Paris) B. Dondero

"La crise du covid-19 met à l’épreuve toute notre société, et l’éducation n’est pas épargnée. De l’école aux universités, de la formation initiale à la formation continue, les établissements d’enseignement sont confrontés à la nécessité de respecter les gestes-barrière, à la contrainte du masque et tout simplement, à l’anxiété et à la peur. Peur bien sûr d’attraper le virus qui se diffuse, mais qui a aussi l’effet terrible de rendre toutes nos relations sociales problématiques. Comment apprendre quand, dans le même temps, on tremble en entendant tousser notre voisin de classe ? Comment se concentrer sur l’exposé que nous faisons quand notre masque perturbe notre élocution et glisse sur notre visage ?

le modèle pédagogique des universités est violemment bousculé

Dans ce contexte inédit et anxiogène, le modèle pédagogique des universités est violemment bousculé. Ce modèle repose souvent, comme c’est le cas pour les études de droit, sur le cours magistral en amphithéâtre, qui voit des effectifs de plusieurs centaines d’étudiants prendre en notes le cours, proche d’un manuel, que leur délivre de manière unilatérale un professeur.

Les universités réagissent aujourd’hui au contexte sanitaire de différentes manières : certains établissements réduisent les effectifs physiquement présents en organisant une rotation des étudiants, d’autres assument le risque d’une rentrée à effectifs pleins – certes masqués – parce que, comprenez-vous, 'les professeurs ont envie de retrouver leurs étudiants', d’autres, plus sagement, recourent à un enseignement à distance.

Disons-le clairement : placer dans un amphithéâtre bondé 400, 500 ou 1 000 étudiants, même masqués, est un risque qu’il n’est pas acceptable de faire prendre aux étudiants et aux enseignants, pas plus qu’aux autres personnels de l’université !

Si l’on réduit aujourd’hui les cours en présentiel par nécessité, il faut transformer les enseignements.

transformer les cours magistraux en parcours d’apprentissage

Un travail considérable est déjà fait, dans beaucoup d’universités, par une partie des personnels. Les espaces pédagogiques interactifs (EPI) évoluent, sous l’impulsion de certains enseignants-chercheurs et des directions des systèmes d’information et des usages numériques (DSIUN). Ces avancées se font grâce à l’énergie de personnels qui investissent sans compter temps et énergie, et sans que leurs efforts fassent l’objet d’une valorisation particulière.

Mais revenons au cours magistral : transformer un enseignement magistral en cours numérique ne doit bien évidemment pas se limiter à filmer le cours d’amphithéâtre. Certains universitaires font semblant de ne pas comprendre que l’enseignement à distance ne se limite pas à la 'visio-conférence' ou à l’envoi d’un PDF. Ils nous font ainsi une démonstration supplémentaire de leur immobilisme. Ils s’opposent à toute évolution, de leurs modes de recrutement, de leurs missions, et bien sûr de leurs enseignements.

Soyons honnêtes : suivre un cours magistral n’est pas un exercice inutile. Si l’étudiant a le temps et les ressources pour cela, mobiliser chaque semaine son attention sur le propos de l’enseignant est certainement plus productif, pédagogiquement, que de lire un livre dans son coin. Il y a cependant d’autres moyens, pour acquérir une compétence de manière socialement heureuse (échanger avec ses pairs et avec les professeurs, ne pas rester isolé, construire un réseau), que d’assister à la pièce de théâtre hebdomadaire du professeur. Mais trop peu d’enseignants se sont interrogés sérieusement, hors des enseignements de spécialisation, sur la possibilité de transformer les cours magistraux en parcours d’apprentissage.

"Démagistralisons" le cours magistral !

Qu’attendons-nous pour permettre à nos étudiants, à tous les niveaux de leur cursus, de faire plutôt que d’être spectateurs, et de faire davantage des universités un lieu d’échanges pédagogiques fructueux ? Par exemple, plutôt que de délivrer aux étudiants trente heures ou plus de discours emphatique sur le droit des contrats, pourquoi ne pas les mettre au défi de présenter à leur professeur, lors de plusieurs discussions par petits groupes, le contrat qu’ils auront eux-mêmes négocié et rédigé ?

Après quelques heures de présentation de la matière (peu importe le type de support, présentiel ou en ligne), les étudiants seront lancés dans l’exercice. Le professeur pourra jouer le rôle d’un maître de stage exigeant, et pourquoi pas, inviter un avocat à venir négocier pied à pied les clauses avec les étudiants – ce que font déjà les cliniques juridiques. La rencontre avec le professeur et le professionnel et les échanges qui en découleront seront pédagogiquement bien plus passionnants que le cours d’amphi habituel, et réduiront peut-être les échecs massifs, souvent par abandon…

Les séances de travaux dirigés et les séminaires de Master 2 sont aujourd’hui le lieu où l’étudiant apprend véritablement, grâce aux interactions que permet l’effectif réduit. C’est cela qu’il faut tenter de diffuser. 'Démagistralisons' le cours magistral !

vers une modernisation de l’enseignement supérieur grâce au Covid ?

Si l’on veut vraiment rassembler physiquement les étudiants face au professeur, alors il faut que ce soit pour des événements qui en vaudront la peine pédagogiquement, et pas de manière routinière. Le grand groupe d’étudiants mérite d’être réuni, par exemple, pour une simulation de procès ou d’assemblée générale, mais il n’est pas utile de le rassembler pour entendre un discours sans interaction. L’interaction avec l’enseignant se fera d’ailleurs plus facilement s’il est libéré de la charge de faire chaque semaine une représentation théâtrale qui sert finalement plus son égo que l’apprentissage des étudiants.

De même qu’elle a dopé le télétravail, la crise du covid-19 débouchera peut-être sur une modernisation de l’enseignement supérieur. Mais il est tout de même dommage que les universités et une grande partie des universitaires ne réfléchissent à la transformation de leurs enseignements que sous la menace d’un virus !"

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