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Parmi les docteurs en emploi 3 ans après la thèse, combien ont trouvé un contrat durable et dans quel secteur ?

Si en moyenne 9 docteurs sur 10 ont un emploi 3 ans après leur thèse, et qu'il s’agit pour plus de 80 % d’emplois cadres et à temps plein, les postdocs restent prégnants : les emplois stables ne représentent que 63,7 % des contrats en sciences dures, contre 72,6 % en SHS. Reste qu'en SHS, ces CDI sont pour bonne part des postes d'enseignants du secondaire, relève Thomas Coudreau, président du RNCD. Quant au secteur d’embauche, 35% exercent dans le privé et plus précisément 19% en R&D, tandis que 47,3 % accomplissent leur métier dans le milieu académique. Retrouvez le détail par établissement.

SOURCES ET méthodologie

 

Nous nous sommes basés sur deux jeux de données mis en open data par le Sies-MESRI : l'un sur les établissements, l'autre sur les regroupements universitaires. Ces données sont issues de l'enquête IP Doc 2017 (Insertion professionnelle des docteurs). Elle s'est déroulée au premier semestre 2018, interrogeant les diplômés de doctorat de 2014 sur leur situation professionnelle un an et trois ans après l'obtention de leur diplôme.

Nous nous concentrons ici sur la stabilité et le secteur d'emploi des docteurs, 3 ans après leur thèse. 69 établissements sont représentés : 44 universités, 4 Comue, 4 grands établissements et 17 écoles d'ingénieurs, ainsi que, par ailleurs, 8 regroupements universitaires. En effet, si l’enquête a porté sur 13 000 docteurs (hors médecine, pharmacie et chirurgie dentaire), seules 7 055 réponses ont été exploitables, et les établissements ayant des effectifs de répondants ou un taux de réponse trop faibles ont été exclus.

Les disciplines ont été agréées selon 4 grandes disciplines :

  • sciences et leurs interactions (mathématiques et leurs interactions, physique, sciences de la terre de l’univers, espace, chimie et science des matériaux, sciences pour l’ingénieur, sciences et TIC) ;
  • sciences du vivant (biologie, médecine et santé, sciences agronomiques et écologiques) ;
  • sciences humaines et humanités (langues et littératures, philosophie et arts, histoire, géographie, sciences humaines) ;
  • sciences de la société (sciences économiques et de gestion, sciences juridiques et politiques, sciences sociales, sociologie, démographie).

Pour les 9 docteurs sur 10 ayant un emploi 3 ans après leur diplôme (lire sur AEF info notre première dépêche consacrée à ce jeu de données), leur poste est 4 fois sur 5 un emploi cadre et à temps plein. Mais dans quelle mesure ces docteurs en emploi sont-ils toujours en post-doc ? Ou globalement dans un CDD, trois ans après leur thèse ? Les taux d'emploi stable, qui correspondent à la part des diplômés en CDI, sous statut de la fonction publique ou en qualité de profession libérale ou de travailleur indépendant, varient entre 48 % et 92 % en fonction des établissements et des disciplines principales agrégées des écoles doctorales. Voici un état des lieux en sciences dures dans un premier temps, puis en SHS.

Sciences dures : seule la moitié des docteurs de Sorbonne U a un emploi stable

L’écart en matière de précarité d’emploi se creuse de manière plus importante quand on compare les situations par discipline. Pour les disciplines "sciences du vivant" et "sciences et leurs interactions", la pratique du postdoc semble généralisée même trois ans après la thèse : le taux d’emploi stable moyen est de 63,7 %.

Parmi les grandes universités, Lille enregistre un taux de 64 %, Bordeaux un taux de 60,9 % et Sorbonne U, qui est l’université la plus importante en nombre d’inscrits en thèse sur le territoire en 2018, enregistre un taux d’emploi stable de seulement 55 %. Il est à noter que toutes disciplines confondues, seules 44 universités parmi les 68 actuelles sont représentées : un certain nombre ne comportait aucun ou pas suffisamment de répondants à l'enquête (voir méthodologie plus haut).

Chez les grandes écoles d’ingénieurs, c’est Mines Paris qui enregistre le taux le plus élevé avec 87 % d’emploi durable, suivie de l’INP Toulouse avec 82,8 % et de Télécom Paris avec 78 %. Pour ce qui est des écoles Centrale, Centrale Lyon a le taux le plus élevé avec 77 %, arrive ensuite Centrale Nantes avec un taux de 69 % et enfin Centrale Lille qui enregistre un taux de 61 %. De même ici, seules 17 écoles d'ingénieur figurent parmi les nombreuses écoles offrant un cursus de doctorat, car un certain nombre de leurs diplômés n'ont pas ou pas suffisamment répondu à l'enquête.

Dans la visualisation ci-dessous, le nombre de docteurs ayant répondu à l'enquête est précisé entre parenthèses à droite du nom de l'établissement concerné.


SHS : 52 % d’emplois stables à l’ehess paris

Avec une moyenne de 72,6 %, les taux d’emploi stable pour les "sciences humaines et humanités" et "sciences de la société " sont plus élevés que pour les disciplines précédentes.

En ce qui concerne les universités, Sorbonne U, qui enregistre un taux d’insertion de 94 % sur les 530 répondants, ne compte que 350 docteurs en emploi stable, soit 66 % des diplômés SHS seulement. Lille et Strasbourg enregistrent des taux respectifs de 72 % et 67 %. Et sur les 82 répondants SHS de la Comue Grenoble Alpes, 72 % sont en emploi stable. Arrive en fin du classement l’université de Montpellier, avec seulement 35 % de diplômés en emploi stable sur les 111 qui ont répondu à l’enquête.

Quant aux grands établissements, le taux de stabilité de l’emploi pour les SHS est semblable à celui des sciences dures. L’EPHE Paris, l’EHESS Paris et l’ENS Lyon ont des taux respectifs de 54 %, 52 % et 43 %.

Dans la visualisation ci-dessous, le nombre de docteurs ayant répondu à l'enquête est précisé entre parenthèses à droite du nom de l'établissement concerné.


EN SHS, DE NOMBREUX ENSEIGNANTS DU SECONDAIRE

 

"La proportion de doctorants qui disposent d’un financement dédié pour leur thèse ou d’un emploi parallèle à leur thèse est très différente en fonction des disciplines et des secteurs", souligne Thomas Coudreau. "Dans les SHS par exemple, il y a un nombre relativement important de doctorants qui occupent des emplois, et ont de fait un emploi stable à l’issue de leur thèse. On peut citer un nombre non négligeable des enseignants du secondaire. Ceci pourrait justifier les taux relativement élevés dans les disciplines sciences humaines et humanités et sciences de la société. À l’inverse, des docteurs issus des sciences de la vie et sciences et leurs interactions vont quant à eux occuper des postes contractuels, ce qui expliquerait le fait qu’ils ne soient pas en emploi stable 3 ans après l’obtention de leur diplôme." Quant aux taux d’emploi stable assez faibles pour les diplômés des grands établissements, une tentative d’explication serait pour Thomas Coudreau "que les docteurs issus de ces établissements auraient des aspirations un peu plus hautes et de ce fait auraient tendance à persister à chercher un emploi dans la fonction publique et persévéreraient plus longtemps dans des emplois contractuels."

65 % des docteurs exercent dans le public

Si la majorité des docteurs exerce dans le public (65 %), le secteur privé en recrute 35 %. Plus précisément, en moyenne, le secteur académique embauche 47,3 % des diplômés (en orange dans la visualisation ci-dessous), suivi de la R&D privée avec 19 % (en vert ci-dessous), puis du secteur public hors secteur académique avec 17,7 % (en bleu) et arrive enfin le secteur privé hors R&D avec 16 % (en rouge).

Si l’on regarde la situation des universités parisiennes, Sorbonne U a un taux d’insertion de 66 % dans le public, dont 53 % dans le secteur académique, contre respectivement 72 % et 62 % pour Paris-Dauphine, et 76 % et 45 % pour Paris-I (c’est le taux le plus élevé de recrues dans le secteur académique). Dans les petites universités : Pau voit 59 % de ses docteurs recrutés dans le secteur public, contre 69 % au Havre et 66 % à Cergy.

Concernant les grands établissements, l’ENS Lyon enregistre un taux de 94 % de docteurs embauchés dans le secteur public, dont 55 % dans le secteur académique. Une situation comparable à celle de l’EHESS, qui enregistre un taux de 97 % dans le public, dont 73 % dans le secteur académique.

Au contraire, pour les écoles d’ingénieurs, la représentation du secteur privé est plus importante. Ceci s’explique par un facteur déterminant pour l’insertion : la discipline de thèse. Les docteurs diplômés des écoles d’ingénieurs issus des spécialités de mathématiques, physique et chimie, ou des sciences de l’ingénieur et informatique ont tendance à se tourner vers le privé car un nombre important de postes leur sont accessibles, notamment dans la recherche et développement (R&D). Ainsi, Télécom Paris enregistre un taux d’insertion de 62 % de ses 47 répondants dans le privé, dont 30 % dans la R&D. Centrale Lyon y place 63 % de ses 25 diplômés, dont 51 % dans la R&D, et Mines Paris y loge 90 % de ses 47 docteurs, dont 62 % dans la R&D.

Zoom sur les établissements expérimentaux

Quelle serait la situation pour 8 établissements expérimentaux actuels, si ces derniers avaient existé en 2014 ?

Concernant la stabilité de l’emploi, en SHS, Côte d’Azur (université de Nice, Observatoire de la Côte d'Azur, Villa Arson, Cirm, IFMK notamment) se hisse en haut du classement avec 76 % d’emplois durables. Elle est suivie de Grenoble Alpes avec un taux de 71,8 % et de CY Cergy (université de Cergy-Pontoise, EISTI, Ileps, EPSS) qui affiche 70 % de postes durables. L’Université de Paris (Paris-V, Paris-VII, IPGP) enregistre le taux le plus faible avec 61 %, précédée de Gustave Eiffel qui enregistre un taux de 62 %.

Dans la visualisation ci-dessous, le nombre de docteurs ayant répondu à l'enquête est précisé entre parenthèses à droite du nom de l'établissement concerné.

En ce qui concerne les sciences dures, Gustave Eiffel arbore le taux d’emploi stable le plus élevé avec 84,8 %, suivie de PSL et de l’IPP avec des taux respectifs de 79 % et 70 %. L’Université de Paris se retrouve ici aussi en bas du classement avec un taux de 31 %.

Dans la visualisation ci-dessous, le nombre de docteurs ayant répondu à l'enquête est précisé entre parenthèses à droite du nom de l'établissement concerné.

Quant à la répartition par secteur des emplois occupés par les diplômés de doctorat, le secteur public représente une part plus importante des recrutés que le secteur privé dans tous les regroupements sauf dans l’IPP, qui enregistre un taux d’insertion de 58 % dans le privé, dont 31 % dans la R&D. L’Université de Paris enregistre le taux le plus élevé en termes d’insertion dans le public avec 85 % parmi ses 70 docteurs diplômés en 2014 ayant trouvé un emploi, dont 63 % dans le secteur académique.

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Sara Chaouki, journaliste