Service abonnements 01 83 97 46 50

Revenir en haut de la page
Home| Social / RH| Fonction publique| Dépêche n°630442

Rémunérations, dialogue, équité… les dossiers RH qui attendent les exécutifs Verts à la Ville et la Métropole de Lyon

"Je serai […] le prochain président de la métropole de Lyon", déclare dimanche 28 juin au soir, Bruno Bernard (EELV), qui vient de remporter l’élection métropolitaine lyonnaise. L’union de la gauche dont il est tête de liste obtient 80 sièges sur 150, et EELV en obtient 4 supplémentaires, ce qui lui donne la "majorité absolue". À la Ville de Lyon, Grégory Doucet (EELV) est élu avec environ 52,4 % des votes, devançant largement le candidat LREM, Yann Cucherat. "C’est la fin de ma vie politique", a commenté Gérard Collomb, candidat LREM à la Métropole, qui a été maire de Lyon pendant 19 ans. Que signifie ce basculement en termes de politiques publiques, qu’impliquera-t-il pour les agents ? Quels sont selon eux, les dossiers prioritaires auxquelles devront s’atteler les deux exécutifs ? AEF info dresse un état des lieux pour la ville et la métropole.

Grégory Doucet (EELV), au lendemain de son élection à la mairie de Lyon, le 29 juin 2020. MaxPPP - PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP

"Ce sont des élus qu’on ne connaît pas du tout. Ce sera un gros changement, la fin d’un règne" : Franck Guyonnet, SG FO à la Ville de Lyon, qualifie ainsi le basculement politique à la mairie de Lyon, prévu dès le premier tour des municipales et confirmé au second tour, dimanche 28 juin 2020 au soir.

L’écologiste Grégory Doucet a remporté l’élection municipale avec 52,4 % des voix, loin devant Yann Cucherat (29,7 %), le candidat soutenu par Gérard Collomb, maire depuis 2001.

À la ville, un peu plus de marge sur les finances

Même si la nouvelle équipe ne connaît pas encore "le cadrage budgétaire", elle estime qu’elle "aura un peu plus de marge" sur les finances, indique à AEF info, Audrey Hénocque, élue (EELV) du 7e arrondissement lyonnais et pressentie pour devenir la première adjointe en charge des Finances.

"Un peu d’oxygène à la masse salariale"

"Nous voulons tenir les dépenses de fonctionnement, tout en donnant un peu d’oxygène à la masse salariale : les projets que nous allons mettre en place nécessitent un peu plus de postes." Des créations de postes d’éducateurs de rue sont envisagées, tout comme des emplois de policiers. "On pourra se rendre compte que certaines politiques rentrent moins dans nos projets, et nous devrons peut-être redéployer certains postes", ajoute-t-elle. Gérard Collomb avait serré la vis sur la masse salariale et le fonctionnement. Il faut redonner des perspectives d’évolution salariale aux agents de la Ville, par une revalorisation du régime indemnitaire."

Baisse des effectifs permanents en 2018

 

La masse salariale de la ville s’élevait, selon le budget primitif 2020, à 341,4 M€, en progression de 0,4 % par rapport au BP 2019. En 2018, la Ville avait dépensé 331 M€ pour les charges de personnel, un montant stable, selon le compte administratif (lire sur AEF info). Selon le rapport présenté lors du conseil municipal du 20 mai 2019, cependant, les dépenses pour le personnel permanent étaient en baisse, de 0,2 %. Cette baisse s’explique par le rétablissement du jour de carence, mais aussi par "la baisse des effectifs permanents, estimée à - 30 ETP. Cette baisse résulte de l’application des plans de gestion des activités, emplois et compétences (PGAEC) 2018 et antérieurs, et du gel de postes permanents contre l’octroi de moyens non permanents dans l’attente de la mise en œuvre des réorganisations", indique la Ville, dans le rapport sur le CA. "Ces baisses sont toutefois atténuées par le solde GVT." Les dépenses pour les "moyens non permanents" ont, elles, connu une hausse de 0,27 %, et se sont élevées à 22,3 M€ en 2018.

Pour mémoire, un plan "marges de manœuvre" avait été mis en place dans le dernier mandat par Gérard Collomb, avec pour objectif de réaliser 40 M€ d’économies de fonctionnement sur la durée du mandat (lire sur AEF info). "Il faudra évaluer ce plan", peut-être via un audit, estime Audrey Hénocque. En tout état de cause, les Verts ne s’inscrivent pas "dans une politique d’orthodoxie budgétaire, mais plutôt dans une logique de sobriété, en regardant la pertinence des actions vis-à-vis des citoyens, et en adaptant les moyens aux besoins". La nouvelle majorité souhaite "être dans le dialogue avec les organisations syndicales, en regardant ce qu’elles veulent mettre en place", indique Audrey Hénocque.

Un dialogue social "plus ouvert"

Les syndicats sont nombreux à souhaiter un dialogue social "plus ouvert et représentatif", à l’instar de la CFDT. "Le dialogue social n’existait plus, à la Ville, et dans les derniers temps, il n’y avait pas d’élus dans les instances. Nous voulons travailler sur des accords négociés, et pas des décisions unilatérales."

L’organisation demande aussi la reconnaissance du travail des agents, notamment dans le cadre de la prime exceptionnelle pour ceux ayant travaillé pendant la crise sanitaire, qui doit être discutée. Plus globalement, elle souhaite "une revalorisation du régime indemnitaire, et un meilleur déroulement de carrière pour les agents, avec des formations et de l’accompagnement pour passer les concours".

"l’arrêt de cette logique d’économies"

FO, de son côté, attire l’attention sur les contractuels "dont la part a explosé : la Ville a réalisé la première toutes les réformes voulues par Emmanuel Macron, passant ainsi de 1 000 à plus de 2 500 contractuels dans les deux dernières années." Sur ce point, Audrey Hénocque répond : "Nous défendons le service public et le statut. Nous voulons mettre fin aux errements de l’époque 'Collomb'."

L’organisation syndicale s’inquiète par ailleurs des "dépenses supplémentaires" entraînées par la crise du Covid-19, et débloqués en urgence pour acheter des masques et du matériel pour le télétravail. "Les économies réalisées au cours du dernier mandat, de l’ordre de 40 M€, ont peut-être été neutralisées, pointe Franck Guyonnet, son secrétaire général pour la collectivité. Nous demandons l’arrêt de cette logique d’économies. Par ailleurs, le prochain exécutif devra s’atteler à la généralisation du télétravail."

À la métropole, un enjeu de simplification

À la métropole de Lyon, Bruno Bernard (EELV) devrait succéder officiellement jeudi 2 juillet à David Kimelfeld, qui a lui-même succédé à Gérard Collomb lorsque ce dernier a été nommé ministre de l'Intérieur. Pour mémoire, Gérard Collomb a été à l’origine de la création de cette collectivité, qui, depuis 2015, assume les compétences sociales du département sur le territoire de la communauté urbaine du Grand Lyon.

Pour Sébastien Renevier, SG CFE-CGC, le basculement politique devrait donner un peu de "respiration" à la collectivité. "C’était très tendu, on avait un dialogue de façade. On ne pouvait pas vraiment négocier pour avancer ensemble vers des dispositifs bénéfiques pour tous. Le nouvel exécutif devra mettre un coup de pied dans cette organisation, très rigide et très culpabilisante. Il faut que l’on réapprenne à travailler tous ensemble", dit-il.

L’équité de traitement

"On ne changera pas notre manière de faire", réagit de son côté José Rodriguez, SG Unsa. Interrogé sur les changements qui se profilent, il indique avoir adressé des courriers à tous les candidats à l’élection métropolitaine, afin de connaître leurs propositions pour les personnels. Des courriers restés sans réponse. "Il ne faut pas que les personnels soient la variable d’ajustement, on verra sur le tas."

Parmi les sujets prioritaires pour le nouvel exécutif, les syndicats insistent sur l’équité de traitement entre agents. Ils demandent une convergence réelle des régimes indemnitaires : "À la naissance de la métropole, la convergence s’est faite par le bas", rappelle José Rodriguez. Résultat : "Il y a des écarts faramineux entre régimes indemnitaires, qui peuvent aller jusqu’à plusieurs centaines d’euros en catégorie C", souligne Sébastien Renevier. Par exemple, les agents de l’ex-communauté urbaine perçoivent une prime de fin d’année de 1 000 €, que les agents de l’ex-département du Rhône n’ont pas.

"Il faut gommer ce qui est vécu comme une injustice", estime Sébastien Renevier. Les ajustements opérés en 2019 (lire sur AEF info), notamment en direction des catégories B, ont été un premier pas, "maintenant nous allons demander la 'phase 2', avec une convergence par le haut", avance José Rodriguez.

Un déficit de 200 personnels

Autre sujet : les effectifs. "Nous estimons à 200 le manque d’effectifs récurrent à la métropole, notamment dans les Maisons de la métropole", indique José Rodriguez. L’organisation demande donc de combler ce trou, sur la durée du mandat. Et réitère sa demande d’une vraie GPEC au niveau de la collectivité.

La CFE-CGC demande par ailleurs la réintroduction du cycle de travail de quatre jours, "refusée par l’ancien exécutif", et un élargissement du télétravail, après avoir fait le bilan de la période de confinement. Deux revendications également portées par l’Unsa, qui demande plus globalement la négociation d'"un protocole d’accord social" en préambule du plan de mandat.

Fermer

Bonjour

Vous souhaitez contacter

Sophie Esposito, journaliste