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Le plan de relance, le PIA 4, le CPER et la LPPR, des leviers pour soutenir l’ESRI après la crise (F. Vidal, AEF info Live)

Si l’impact financier de la crise du Covid-19 sur l’ESRI n’est pas encore chiffré, plusieurs outils permettront de soutenir les établissements, assure Frédérique Vidal, lors d’un Live organisé le 11 juin 2020 par AEF info. Elle cite le PLFR, le PIA 4, le prochain CPER, ainsi que le plan de relance qui intégrera des volets ESRI. Elle revient aussi sur les chaires de professeurs juniors et les contrats de mission prévus par la LPPR, assurant qu’il s’agit "d’outils supplémentaires" mais non obligatoires. "Je n’ai rencontré personne disant que notre système n’est pas perfectible", ajoute-t-elle.

Retrouvez l'intégralité du Live avec Frédérique Vidal 

 
 

AEF info Live avec Frédérique Vidal, ministre de l'ESRI from AEF info on Vimeo.

 

Comment soutenir l'ESRI après la crise sanitaire ?

Si la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, estime qu’il est "trop tôt" pour connaître l’impact complet de la crise sur le secteur de l’ESRI, elle précise avoir demandé aux établissements "de tenir le décompte des difficultés qu’ils ont ou s’apprêtent à rencontrer notamment sur le plan financier. Je sais qu’il y a eu des baisses dans les ressources propres, notamment dans la formation continue qui a beaucoup souffert, les contrats de recherche. Ce sont des choses sur lesquelles nous allons travailler", assure-t-elle le 11 juin lors d’un webinaire organisé par AEF info.

CPER, PIA 4 et LPPR pour soutenir l’ESRI

Quels sont les leviers qui pourront être mobilisés pour soutenir financièrement les établissements d’ESR ? La ministre cite tout d’abord le PLFR, lequel prévoit notamment "un abondement sur le programme vie étudiante" (lire sur AEF info), ajoutant que c’est ce volet qui "a le plus souffert de manière visible et chiffrable dès le début".

Elle évoque également le CPER, pour le volet bâtimentaire, ajoutant que le MESRI "est en train d’essayer d’imaginer de nouvelles façons de fonctionner avec les régions". Frédérique Vidal précise que Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les Collectivités territoriales, "a contacté les présidents de région pour reprendre le processus et essayer de tenir au maximum les calendriers. On est sur des lettres d’intention partagées qui vont alimenter le plan de relance idéalement avant l’été et des signatures de contrats soit à la fin de l’année, soit tout début 2021, pour ne pas prendre de retard", dit-elle.

Le plan de relance comportera des volets pour accompagner l’ESRI

Par ailleurs, le PIA 4 constituera un autre outil sur les questions d’infrastructures et de numérique, rappelle Frédérique Vidal. Sur ce dernier point, elle souligne que lors de la crise, "nous avons vu à quel point il fallait qu’on soit mieux préparé", saluant cependant "les petits miracles" dont ont fait preuve établissements et personnels "pour fournir des ordinateurs aux étudiants et essayer de maintenir du lien avec eux, repenser les formations, utiliser les outils collaboratifs". Concernant l’investissement en matière d’infrastructures, Frédérique Vidal déclare qu’il s’agira notamment de "soutenir les aspects R&D" : "Nous avons des Epic qui travaillent énormément à faire le lien avec le monde socio-économique et on est en train de repenser les outils pour en renforcer certains", précise la ministre. Concernant le calendrier, elle rappelle que "l’objectif était de le lancer pour 2021", mais qu' "il y aura peut-être un peu de retard".

Frédérique confirme enfin que le plan de relance comportera "des volets pour accompagner l’ESRI". Elle rappelle que des annonces ont d’ores et déjà été faites autour du soutien à l’apprentissage (lire sur AEF info). "Nous travaillons aussi à faire des propositions pour [que la crise] ait un impact le plus contenu possible sur les étudiants et laboratoires de recherche", dit-elle, rappelant que certains ont pris du retard, notamment les disciplines qui travaillent sur le terrain et dont les recherches sont dépendantes des saisons, citant Inrae.

La Prolongation des contrats doctoraux est "un droit de tirage"

Concernant la prolongation des contrats doctoraux et post-doctoraux (lire sur AEF info), Frédérique Vidal explique qu’il s’agit d’un "vrai droit de tirage" – et non d’une enveloppe prédéfinie – et que le ministère "assumera financièrement" cette mesure, qu’ils soient sur fonds SCSP ou ANR. Cette mesure concerne "tous les doctorants en troisième et deuxième années" et se fait "à la demande des doctorants, de leurs directeurs de thèse et de leur école doctorale". Concernant les doctorats financés par d’autres voies (régions, associations…), le ministère regardera "au cas par cas". "Ce sont des volumes plus petits mais derrière, il y a aussi des étudiants, et évidemment nous y porterons une attention particulière", lance-t-elle.

F. Vidal : "je n’ai jamais exigé que la rentrée se fasse entièrement à distance"

 

Frédérique Vidal insiste sur le fait qu’elle n’a jamais "exigé ou imposé que la rentrée universitaire 2020 se fasse entièrement à distance", ne "compren[ant] pas d’où vient cette rumeur". Elle précise qu’elle "aidera tous les établissements qui souhaitent mettre en place les formations à distance". "Ceux qui anticipent une rentrée difficile pour les étudiants internationaux ou compliquée par un retour de l’épidémie ont raison de le faire car on ne sait pas ce qui nous attend", dit-elle également.

LPPR : "les attentes sont très fortes, j’espère qu’elles ne seront pas déçues"

Lors de ce webinaire, Frédérique Vidal est également revenue sur les moyens apportés par la LPPR : "La crise nous a convaincus plus encore qu’il fallait la faire", dit-elle, expliquant l’accélération du calendrier par la volonté "que les premiers budgets de cette loi puissent être inscrits dans la loi de finance dès 2021". "Tout était prêt pour le mois de mars. Évidemment, avec le Covid-19, nous nous sommes concentrés sur d’autres sujets mais le président de la République et le Premier ministre ont souhaité que la LPPR soit remise le plus vite possible dans le circuit."

Interrogée sur le fait que l’Allemagne consacre près de la moitié de son plan de relance de 130 Md€ à l’ESRI (lire sur AEF info ici et ici), quand la LPPR programme 25 Md€ sur dix ans, Frédérique Vidal fait remarquer que cela fait "une vingtaine d’années que la France avait l’ambition atteindre 3 % du PIB", tandis que l’Allemagne a atteint cet objectif et souhaite désormais franchir la "marche suivante". Elle fait aussi remarquer que le mode d’organisation de l’ESRI allemand diffère de celui de la France.

Au sujet de la revalorisation des rémunérations des personnels, elle assure que l’enveloppe prévue n’est en aucun cas suspendue à la reprise de la réforme des retraites. "La question de l’attractivité des carrières scientifiques est totalement disjointe de cette réforme."

Le côté "obligatoire de la CDisation bloquait le système"

Interrogée sur les nouvelles formes de contrats ouvertes par la LPPR, dont les chaires de professeurs juniors (lire sur AEF info), elle fait valoir qu’il manquait "un niveau intermédiaire pour des jeunes qui ont démarré leur carrière à l’étranger et souhaitent revenir en France mais qui n’ont pas un dossier suffisant pour candidater sur des postes de professeur ou directeur de recherche". "C’est une sorte de pré-embauche dans la fonction publique où l’on donne l’opportunité à ces personnes de faire définitivement leurs preuves au bout de 3 à 5 ans".

"Il nous est aussi apparu essentiel que l’on soit capable de créer de nouveaux emplois sous plafond d’État sur la période qui vient, et c’est ce que prévoit la LPPR avec 5 200 nouveaux emplois." "Pour l’instant, nous avons voulu limiter le nombre de professeurs juniors pour qu’il y ait bien possibilité de titularisation", insiste également Frédérique Vidal, qui précise que cette nouvelle voie intéresse par exemple les chercheurs sur le climat mobilisés dans le cadre de "Make our planet great again".

Quant aux CDI de mission scientifique, la ministre souligne qu’il s’agit d’une "demande très forte" des établissements qui ont recruté sur contrat et qui ne veulent pas "CDiser au bout de 3-5 ans car cela reviendrait à supprimer un emploi de fonctionnaire pour pouvoir continuer à les payer sur les fonds de l’établissement". Selon elle, ce côté "obligatoire de la CDisation bloquait le système". "Nous avons augmenté les plafonds d’emplois pour que ces CDI de mission permettent de conserver ces personnels, y compris si les sources de financement varient", ajoute-t-elle.

CDI de mission, tenure-Tracks : des outils supplémentaires mais pas obligatoires

Alors que ces mesures cristallisent l’opposition d’une partie de la communauté (lire sur AEF info ici et ), Frédérique Vidal répond qu’il s’agit "d’outils supplémentaires" et que le MESRI "n’impose pas un minimum de recrutements par ces voies-là". Ils correspondent à des demandes qu’elle a entendues "dans les laboratoires dans lesquels [elle s’est] déplacée et auprès des instances de pilotage des universités". "Évidemment, les financements qui vont avec sont prévus", ajoute-t-elle.

La ministre termine en expliquant qu’il "faut redonner du temps, des moyens et de la visibilité à l’ESR pour redonner de la confiance". "Je sais que les attentes sont très fortes, j’espère qu’elles ne seront pas déçues. Je n’ai rencontré personne disant que notre système n’est pas perfectible. Ce sera à la communauté de faire au mieux avec ces outils et ces moyens et de s’en emparer."

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Camille Cordonnier, journaliste