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Renater : la CPU préconise "une évolution radicale de la gouvernance" et de son cœur de métier

"Nous avons failli collectivement, gouvernance, tutelle, organismes et universités, à faire évoluer Renater, par manque d’implication, de vision partagée, de management et d’attribution de moyens", juge la CPU dans un avis daté du 28 mai 2020 qu’AEF info s’est procuré. Elle plaide pour une "évolution/transition de métier", en particulier pour un meilleur positionnement sur les services, en repensant aussi les aspects "de stratégie, de RH et de ressources". Il faudra "revoir la gouvernance afin qu’un équilibre soit trouvé entre les organismes de recherche et les universités au sein du CA".

geralt / pixabay

"Aujourd’hui, il est clair que c’est une évolution/transition de métier des télécommunications vers l’informatique que doit opérer Renater avec ses conséquences en termes de stratégie, de ressources humaines et de ressources financières indispensables à apporter par l’État", analyse la CPU dans un avis rendu le 28 mai 2020 sur les "orientations futures" du GIP. "Nous avons failli collectivement, gouvernance, tutelle, organismes et universités, à faire évoluer Renater, par manque d’implication, de vision partagée, de management et d’attribution de moyens", regrette-t-elle.

Pour l’avenir, la CPU souhaite que Renater ait un "rôle d’opérateur de services souverains" avec une nouvelle gouvernance garante d’un "équilibre" au CA entre organismes de recherche et universités, ces dernières étant minoritaires alors qu’elles constituent "la plus forte communauté d’usagers". La mission dévolue à Renater permettrait de répondre à l’enjeu de "souveraineté informationnelle", mis en évidence lors de la crise sanitaire qui a révélé "une situation de perte de souveraineté" au profit des entreprises internationales du numérique autour des services comme la visioconférence, avec à la clé des problématiques posées sur la confidentialité et la sécurité des données.

Rôle sur l’aménagement du territoire

L’avis de la CPU intervient alors que Renater élabore son plan stratégique 2021-2024 et quelques mois avant un changement de directeur, le poste étant vacant au 1er septembre. La TGIR a fait l’objet de plusieurs rapports, de l’IGAENR en 2019 et de la Cour des comptes en 2020 notamment, reconnaissant la qualité de son action sur le réseau national (backbone) mais sur les réseaux de collecte, "on ne peut constater de réelle politique menée pour avancer sur le sujet et les situations dans les régions restent très différentes", note la CPU. À cet égard, la conférence souligne que "toutes les universités doivent pouvoir bénéficier du même niveau de service en termes d’accessibilité comme de sécurité" et qu’il faut "au moins un point d’accès direct par université et par datacenter".

L’importance d’une égalité de desserte mise en évidence lors de la crise sanitaire donne à Renater "un rôle d’aménagement du territoire sur les infrastructures réseaux en travaillant avec les régions", considère la CPU. Cela passe notamment par l’élaboration d’une "offre de services tarifée tenant compte de la diversité des situations dans les régions pouvant aller jusqu’à l’exploitation du réseau de collecte régional". Renater devrait aussi poursuivre son activité internationale pour "maintenir et intensifier les liens de coopération avec les autres partenaires européens" notamment, "en défendant la souveraineté des données".

Trois scénarios d’évolution

Concernant l’offre de services comme la messagerie ou la visioconférence proposée actuellement par Renater, la CPU les juge "de niveau et de qualité divers" et propose trois scénarios pour une évolution du périmètre d’intervention du GIP, "compte tenu des moyens financiers limités dont il dispose". Le premier consiste à concentrer les efforts de Renater sur les infrastructures réseaux et avoir recours à "un autre opérateur" pour les services, mais cela ajouterait à la situation actuelle d' "éparpillement de structures (Genci, Renater, Amue, Abes, Couperin, etc.)". Le deuxième serait de lui confier "un rôle d’agrégateur de services" en le chargeant d’une "expertise aux utilisateurs" pour "les orienter dans le choix de services existants".

Un troisième scénario est privilégié par la CPU, consistant à "recentrer le rôle de Renater en tant qu’opérateur" avec "une offre de services souverains de qualité, proposés gratuitement ou à des prix suffisamment attractifs" au regard de la concurrence internationale. Chacun de ces services (visioconférence, stockage de données, partage de documents, etc.) susciterait une consultation des "communautés d’usagers" et une réflexion pour une "rationalisation des coûts".

Pour illustrer "les difficultés actuelles de pilotage" à Renater, la CPU cite l’exemple du stockage des données qui avait donné lieu à une recommandation en 2016 par le comité de pilotage du système d’information de l’ESR (co-piloté par la CPU et le MESRI) pour élargir l’accès tous les personnels des établissements du dispositif Drive développé par le CNRS. Or "Renater n’a pas suivi cette recommandation et a choisi de développer lui-même un service Drive pour l’ESRI, qui peine encore à être déployé à grande échelle et dont les coûts ne sont pas encore connus".

Solliciter un financement spécial

Un autre exemple d’inadéquation du service proposé par Renater par rapport aux besoins est celui de la visioconférence avec l’outil Renavisio qui a montré "lors des grèves puis de la crise sanitaire qu’il n’était pas calibré pour une explosion de l’utilisation généralisée". Or, pointe la CPU, la perspective d’une rentrée universitaire marquée par une réouverture des établissements soumise à des protocoles sanitaires laisse penser que "le besoin de visioconférence est important". Pour la conférence, "il serait dommageable que les investissements réalisés par les établissements aillent vers des opérateurs internationaux qui ne répondent pas pleinement aux conditions de sécurité des données".

La CPU se prononce donc en faveur d’une évolution de la mission de Renater suivant ce dernier scénario, signifiant par là aussi une réflexion quant à la gouvernance, les modes de fonctionnement du GIP mais aussi ses moyens financiers. Le ministère pourrait à ce sujet "solliciter dans le cadre du plan de relance en préparation des crédits supplémentaires pour ces services" souverains que proposerait Renater, sur la base de relations "plus étroites" avec les universités.

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Cyril Duchamp, journaliste