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La CPU identifie quatre axes majeurs nécessitant un plan de relance

La CPU formule quatre axes d'actions pour que l’ESR bénéficie du plan de relance gouvernemental, à l’occasion d’une conférence de presse le 3 juin 2020 (1) : soutenir l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, améliorer l’offre de formation pour accompagner la transition des métiers, investir dans la recherche fondamentale, ainsi que dans la rénovation numérique et énergétique des bâtiments.

Christine Gangloff-Ziegler, Gilles Roussel et Olivier Laboux ont été élus au bureau de la CPU, jeudi 20 décembre 2018. CPU

"Il faut se servir de cette période pour qu’elle devienne une opportunité en matière de transition numérique, technologique et écologique", indique Gilles Roussel, président de la CPU, en introduction d'une conférence de presse sur "le plan de relance", mercredi 3 juin 2020. Il évoque des "propositions concrètes élaborées selon quatre axes" :

  1. L’insertion professionnelle des diplômés. "700 000 jeunes terminent leur formation initiale cette année", constate Gilles Roussel, jugeant "important de les soutenir" afin d’éviter le phénomène de "génération sacrifiée". Il demande des mesures de soutien à l’emploi : exonération de charges patronales et salariales, rétablissement de l’Arpe (lire sur AEF info), report du remboursement des prêts étudiants, augmentation des moyens des Pépite, renfort de l'attractivité du doctorat.
    La CPU souhaite aussi des mesures de relance de l’apprentissage : renforcer l’apprentissage dans le secteur public, rallonger de 3 à 9 mois les délais d’entrée en formation, couvrir l’intégralité du coût de l'apprenti la première année, simplifier la mobilisation des aides aux apprentis…

  2. Construire un plan pour la formation et la transition des métiers, afin de renforcer l’employabilité, tant en formation initiale que continue. Gilles Roussel évoque l’idée de "mettre à disposition des compétences des entreprises qui sont aujourd’hui en chômage partiel pour aider à construire ces formations".

  3. Investir dans la recherche fondamentale, n’étant plus nécessaire de démontrer selon lui que "l’investissement dans l’ESR est une condition de la croissance durable d’un pays aujourd’hui". "Il faut aller au-delà de la LPPR et investir également dans les infrastructures de la recherche, en lien avec l’Europe", ajoute-t-il.

  4. Lancer un plan pour soutenir le numérique (robustesse des installations, aide pour l'équipement numérique des étudiants, tiers lieux d'accès aux outils numériques...) et la rénovation énergétique des bâtiments (PEEC 2030). "Les universités sont des acteurs économiques de poids qui peuvent être des leviers de croissance pour relancer le BTP par exemple. Ce plan doit permettre à nos campus de devenir des démonstrateurs des bâtiments intelligents de demain."

    "Mais il y a une boîte dans la boîte", prévient Olivier Laboux, vice-président de la CPU. "Si on veut que les universités jouent leur rôle dans le plan de relance global, il va falloir relancer les universités."

    Interrogée sur l’obstacle principal rencontré par le PEEC 2030 (lire sur AEF info) jusqu’à présent, à savoir l’interdiction d’emprunt faite aux universités (lire sur AEF info), la CPU répond qu’elle n’est plus d’actualité : "On est aujourd’hui dans une réflexion beaucoup plus globale. Ce n’est plus une question universitaire mais une question de société. Nous avons présenté notre plan à Mariya Gabriel, commissaire européenne à l’Innovation et à la Jeunesse. Nous nous situons désormais dans la perspective du Green Deal européen, ce qui nous donne un peu plus de champ", répond Gilles Roussel, qui rappelle que le plan de relance européen est doté de 750 Md€. "Pour résumer, nous sommes prêts, nous avons le soutien plein et entier de la BEI et nous avons nos dix sites pilotes sur lesquels nous appuyer", ajoute Olivier Laboux.

En termes de méthode, la CPU dit "nourrir les ministères" de ses propositions, en "interagissant avec les cabinets, que ce soit au ministère du Travail, de la Transition écologique et solidaire, de la Culture et même de la Santé, mais aussi avec les parlementaires". "Il n’y aura pas de plan présenté d’un bloc. Chaque ministère va mettre en avant quelques actions phares et nous poussons nos propositions", ajoute Christine Gangloff-Ziegler, vice-présidente de la CPU. Elle ajoute que les discussions se poursuivent en parallèle sur les CPER – pour des projets moins urgents – avec les acteurs en région, pour une mise en œuvre repoussée à 2021.

Vers un déconfinement plus large ?

 

Interrogé sur la capacité des universités à résister à la pression de plus en plus grande des personnels voulant retourner sur site, Gilles Roussel répond que cela n’est pas envisagé pour le moment et que "le véritable enjeu aujourd’hui, c’est la rentrée". "Nous ne sommes pas des experts sanitaires, donc nous appliquons le protocole. Certains établissements ont été plus drastiques que d’autres, l’un d’entre eux ayant interdit tout retour, mais dans l’ensemble, nous nous conformons aux préconisations ministérielles."

(1) Le 4 juin 2020, la CPU a mis en ligne un dossier de presse plus détaillé sur ce sujet de la place des universités dans le plan de relance.

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Anne Mascret, journaliste