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80 % des étudiants internationaux en France "satisfaits de l’accueil qui leur a été réservé" (CampusFrance)

CampusFrance publie l’Observatoire de l’accueil des étudiants internationaux en France (1), en mai 2020. Le travail d’enquête a été réalisé avant la crise sanitaire actuelle. Pensé comme un outil d’analyse des politiques d’accueil, il dresse un panorama des pratiques et des actions mises en place par les établissements et sonde les étudiants sur leur mise en œuvre. Il révèle que 80 % des répondants sont "satisfaits de l’accueil qui leur a été réservé en France". Toutefois, "une marge de progression existe" sur plusieurs aspects, notamment l’intégration à la vie étudiante française.

Photo by Juliana Kozoski on Unsplash

"Face au prestige de certains établissements d’enseignement supérieur anglo-saxons et à la concurrence de nouveaux pays de destination aux politiques de recrutement ambitieuses, il s’agit pour la France de développer une véritable culture de l’accueil des étudiants internationaux", souligne l’Observatoire de l’accueil des étudiants internationaux en France, publié par CampusFrance en mai 2020, dans le contexte actuel de crise sanitaire (encadré). En effet, "si l’attractivité de la France au sein de la sphère francophone se maintient, elle attire dans les grands pays émergents davantage par son histoire, par sa culture et par son art de vivre que par la renommée de ses établissements, dont l’excellence est trop souvent méconnue à l’étranger".

"Transformer ces perceptions est tout l’objet de la stratégie nationale d’attractivité 'Bienvenue en France/ Choose France', dévoilée par le Premier ministre lors des Rencontres universitaires de la Francophonie organisées par CampusFrance en novembre 2018", relève l’Observatoire.

80 % des répondants satisfaits de l’accueil qui leur a été réservé en France

"La qualité de l’accueil dont bénéficient les étudiants internationaux en France paraît indéniable. 80 % des répondants sont en effet satisfaits, voire très satisfaits, de l’accueil qui leur a été réservé en France – un constat invariable qu’ils soient à l’université, en école de commerce, d’ingénieurs ou autre", analyse l’Observatoire.

De l’élaboration du projet de mobilité à l’insertion professionnelle, en passant par l’accueil et l’intégration dans l’établissement, les étudiants ayant répondu à l’enquête saluent "unanimement les services qui leur ont été proposés, en particulier les boursiers ayant bénéficié de l’accompagnement de CampusFrance".

Une marge de progression possible : les principaux chiffres à retenir

Toutefois, une marge de progression existe sur plusieurs aspects, d’après l’Observatoire :

Avant le départ. "Les étudiants ont besoin de se sentir accompagnés dans la préparation au départ : le rôle des Espaces CampusFrance est alors très important", estime l’Observatoire.

L’opinion des étudiants sur les différents espaces proposés par CampusFrance est "globalement très positive" et les "démarches en amont du départ se déroulent plutôt bien. 73 % des étudiants qui ont eu besoin d’un visa n’ont rencontré que peu, voire aucune difficulté", indique l’Observatoire. 69 % des répondants concernés par la procédure "Études en France" n’ont rencontré que peu voire aucune difficulté, ajoute-t-il.

Les étudiants expliquant avoir rencontré le plus de difficultés "se plaignent notamment de ne pas avoir réussi à prendre des rendez-vous dans le temps imparti, ou d’avoir obtenu leur visa seulement quelques jours avant leur départ, voire après la date de leur vol. L’absence d’informations et de documents en d’autres langues que le français est parfois reprochée par ces étudiants souvent confrontés pour la première fois à des démarches consulaires". L’Observatoire signale que le ministère de l'Intérieur a diffusé en 2019 au sein des Espaces CampusFrance un document d’information en français et en anglais sur la procédure de visa afin de mieux informer les étudiants et de leur faire prendre conscience des délais à respecter. Certains répondants suggèrent une dématérialisation complète de la procédure de visa pour éviter des déplacements parfois coûteux et multiples dans les villes où sont présents les consulats, relève l’Observatoire.

L’arrivée en France. "L’arrivée et les premières démarches peuvent se révéler compliquées pour l’étudiant international", analyse l’Observatoire. Ainsi, "52 % des étudiants ont trouvé difficiles voire très difficiles les démarches administratives en France". 94 % des étudiants internationaux qui ont obtenu de l’aide de CampusFrance ou de leur établissement ont trouvé cet accompagnement utile. Parmi les répondants, près d’1 sur 5 a été accueilli à la gare ou à l’aéroport et près d’1 sur 2 a été accompagné dans la recherche d’un logement. L’étude constate également que les étudiants boursiers sont beaucoup plus accompagnés que les autres. 36 % des répondants ont eu accès à un bureau d’accueil, souligne par ailleurs l’Observatoire.

L’intégration à la vie étudiante française. L’Observatoire poursuit en précisant que "les établissements proposent des formations linguistiques et méthodologiques nécessaires aux études en France : 71 % des étudiants trouvent les cours de FLE utiles". En outre, 69 % des étudiants interrogés ont bénéficié d’un événement d’accueil et d’intégration et 19 % des étudiants ont été accompagnés par un parrain ("buddy programmes"). Mais d’après l’Observatoire, un étudiant sur trois déclare "se sentir souvent seul".

Le suivi des étudiants internationaux diplômés en France. "Seuls 30 % des étudiants interrogés déclarent qu’ils ont été accompagnés par leur établissement pour la suite de leurs études ou pour l’obtention d’un emploi", indique également l’Observatoire. "Les accompagnements proposés par les établissements semblent cependant appréciés par les étudiants, qui les jugent utiles (87 %)" et "parmi les interrogés qui ont connaissance d’un réseau d’anciens élèves propre à leur établissement, 88 % y adhèrent ou prévoient d’y adhérer". Enfin, 59 % des étudiants en mobilité diplômante sont entrés ou souhaitent entrer dans la vie active.

LE LABEL ET L’APPEL À PROJETS "BIENVENUE EN FRANCE"

 

"Pièce majeure du dispositif 'Bienvenue en France / Choose France' lancé en novembre 2018 par le Premier ministre, le label 'Bienvenue en France', confié par le MESRI à CampusFrance, a été lancé en 2019. Pensé comme un instrument de mesure des actions des établissements d’enseignement supérieur français en direction des étudiants internationaux, le label est également un outil de communication et de promotion", rappelle l’Observatoire.

Il indique que 200 établissements se sont intéressés à la démarche dès son lancement. Fin 2019, 178 étaient institutionnellement dans la démarche de labellisation et 75 établissements avaient reçu le label "Bienvenue en France". "L’engagement des établissements dans la procédure de labellisation conditionne par ailleurs leur éligibilité à l’appel à projets 'Bienvenue en France', doté de dix millions d’euros et destiné à soutenir les établissements sous tutelle du MESRI dans l’amélioration des conditions d’accueil des étudiants internationaux. Outre 5 millions d’euros destinés uniquement à la mise en place de guichets multiservices, trois axes prioritaires ont été retenus : le parrainage entre étudiants, le développement des cours de FLE et l’offre en langues étrangères. En 2019, 152 projets ont été subventionnés", précise l’Observatoire.

les démarches administratives "représentent des difficultés importantes"

Plus largement, d’après l’Observatoire, il apparaît ainsi "qu’un certain nombre de démarches administratives représentent des difficultés importantes pour l’ensemble des étudiants internationaux. L’obtention du visa, du titre de séjour, la recherche d’un logement ou encore la souscription à la sécurité sociale sont autant de points d’achoppement de l’accueil de ces publics en France qui peuvent laisser une image très négative de leur séjour aux étudiants".

"La simplification et la fluidification de ces démarches nécessitent une coopération étroite entre les établissements d’une part et les différentes administrations afférentes d’autre part (consulats, préfectures, Crous, CPAM, etc.), dont l’impulsion doit être donnée au niveau national", commente l’Observatoire.

"Une attention particulière devra également être portée à l’intégration sociale des étudiants internationaux, qui restent trop nombreux à se sentir isolés dans leur vie en France", ajoute l’Observatoire.

Autre point : "les informations recueillies à la fois auprès des établissements et des étudiants montrent une absence de suivi réel des étudiants internationaux une fois leur séjour terminé", estime l’Observatoire. "L’important potentiel que représentent ces alumni internationaux pour les établissements, à la fois en termes de communication, de recrutement et de développement, doit être mis en lumière. Les établissements ont alors le choix d’utiliser la plateforme France Alumni ou de créer leurs propres outils de suivi."

Des publics plus exigeants que d’autres

Enfin, l’étude montre "que certains publics montrent davantage d’exigences que d’autres. C’est ainsi le cas des étudiants d’Amérique du Nord, plus enclins à se déclarer insatisfaits que l’ensemble des étudiants interrogés, et ce, sur la plupart des thématiques abordées par l’enquête".

"Vraisemblablement habitués à un niveau de services en adéquation avec les frais de scolarité demandés par les établissements anglo-saxons, beaucoup de ces étudiants perçoivent les démarches à effectuer en France avant et pendant le séjour comme de véritables épreuves", précise l’Observatoire. Ainsi, "séduire ce public nécessitera la multiplication d’offres d’accompagnement adaptées et la création d’une véritable culture de l’accueil".


Un observatoire publié dans un contexte très particulier

 

"Alors que les travaux de l’Observatoire de l’accueil des étudiants internationaux ont été menés à la fin de l’année 2019, sa parution en mai 2020 prend place dans le contexte très particulier de la lutte contre la propagation de l’épidémie du Covid-19. Les frontières se ferment provisoirement, les établissements d’enseignement primaire, secondaire et supérieur ne dispensent plus que des cours en ligne, chacun est invité à limiter ses déplacements et les étudiants internationaux sont nombreux à avoir regagné leur pays d’origine", souligne l’Observatoire.

Et "si la mobilité internationale étudiante vit aujourd’hui un temps suspendu, les échanges universitaires reprendront après la pandémie. La demande d’éducation est en effet toujours aussi forte et les établissements et les États restent conscients de la nécessité pour eux d’attirer les meilleurs étudiants et de faire progresser leur recherche. Il sera néanmoins sans doute nécessaire de réinventer ces mobilités à l’aune de la crise que nous traversons. Réfléchir à la qualité de l’accueil réservé aux étudiants internationaux prend alors tout son sens", ajoute-t-il.

(1) Afin de réaliser cette note, le service études de CampusFrance s’appuie sur quatre sources :

  • un questionnaire composé de 149 questions diffusé sur internet, relayé par les établissements d’enseignement supérieur membres du Forum Campus France, par les espaces Campus France et sur les réseaux sociaux. 9 135 répondants ont participé au sondage ;
  • le questionnaire du label "Bienvenue en France", complété par les établissements désireux de s’engager dans le processus de labellisation. 69 réponses d’établissements labellisés en 2019 ont été analysées ;
  • cinq entretiens qualitatifs semi-directifs ont été menés avec des étudiants. Ils ont permis aux étudiants de s’exprimer librement sur les sujets qui leur importent ;
  • six entretiens ont également été menés avec des établissements afin qu’ils puissent décrire plus précisément leurs politiques et dispositifs d’accueil en direction des étudiants internationaux et évoquer leurs stratégies de recrutement.
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Juliette Plouseau, journaliste