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"Il faut professionnaliser la gestion des risques" dans les administrations (cercle des acteurs territoriaux)

Pour anticiper les crises à venir, les administrations doivent "professionnaliser la gestion des risques", estime le cercle des acteurs territoriaux, dans un livre blanc sur les enseignements à tirer de la crise sanitaire liée au Covid-19 pour la fonction publique territoriale, publié le 5 mai. Les auteurs jugent essentiel de prévoir des réaffectations transitoires d’agents vers les missions prioritaires. En matière d’encadrement, le management "par la confiance" expérimenté pendant le confinement doit être transformé en "principes d’organisation", préconisent-ils.

La sortie de crise doit être synonyme de réflexion sur les missions prioritaires, selon le cercle des acteurs territoriaux MaxPPP - PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP

"L’erreur serait de repartir comme avant" pour chercher à "rattraper le temps perdu", prévient le cercle des acteurs territoriaux, dans une contribution intitulée "crise sanitaire, que ferons-nous de cette épreuve ?" rendue publique début mai 2020.

Ce groupe de réflexion, qui est composé d’une vingtaine de membres (en majorité des DRH, DGS territoriaux et hauts fonctionnaires de l’État) propose dix pistes d’actions à mener "collectivement" pour rebondir et anticiper les crises à venir, écologiques ou autres.

Se préparer aux crises

Pendant les huit semaines de confinement lié à l’épidémie de covid-19, le service public local a continué à être rendu mais "les risques en lien avec les épidémies n’étaient" pas assez appréhendés, analyse le cercle des acteurs territoriaux. Face aux crises à venir, écologiques ou autres, les administrations ne "peuvent plus se permettre d’improviser", "de manquer de matériel ou de compétences". Il faut professionnaliser la "gestion des risques".

Dans ce cadre, la sortie de crise "fait partie de la crise" et un retour d’expérience devrait être prévu dans toutes les collectivités comme c’est le cas dans avec les cellules post-crises des Sdis, pour identifier les besoins qui sont apparus ou qui pourraient apparaître et les méthodes qui ont manqué d’efficacité. En outre, il est impératif de "cartographier les possibilités de réaffectation transitoires d’agents" vers des missions jugées prioritaires à l’issue de cette phase de bilan.

revoir la hiérarchie des activités

La hiérarchie des missions doit être repensée en mettant l’accent sur l’accompagnement des transitions et notamment les questions écologiques et de démocratie. La crise sanitaire "appelle un retour aux fondamentaux". Le groupe de réflexion juge également nécessaire de passer "d’une mission de gestion" à une mission plus large de "gestion de projets et des réseaux". Une transformation qui pourra se traduire dès l’automne, lors des prochains débats d’orientation budgétaire organisés dans chaque collectivité.

Parallèlement à la redéfinition des missions essentielles, un changement dans la hiérarchisation des métiers doit être mené. Les agents mobilisés en première ligne devraient bénéficier d’une augmentation de salaire et d’un déroulement de carrière plus favorable via les critères d’avancement. Ceux qui exercent des tâches jugées plus nobles pourraient être réaffectés aux activités essentielles de services comme la santé, la sécurité, la solidarité. Les auteurs du livre blanc suggèrent aussi de proposer aux agents les plus éloignés du terrain de se former à une deuxième activité d’utilité sociale.

adapter le rôle du cnfpt

Selon eux, le CNFPT pourrait par ailleurs orienter les agents vers des "compétences en tension" et certifier les formations reçues dans ce cadre. Les fiches de poste pourraient intégrer une rubrique sur les rôles en temps de crise car "la transformation doit être activée avec tous les leviers possibles".

Les membres du cercle des acteurs territoriaux souhaitent également réserver une place centrale au dialogue social dans ce processus de transformation. "Trop souvent", la méfiance domine entre les interlocuteurs, dirigeants et syndicats, déplorent-ils.

abandonner le contrôle a priori

En outre, le management "par la confiance" expérimenté pendant le confinement doit être transformé en "principes d’organisation" – ou cela doit être justifié si ce principe n’est pas retenu. La "confiance réciproque doit retrouver sa place face à un contrôle a priori encore trop fréquent" et les tableaux de bord leur "juste utilité", selon les auteurs, pour qui le recentrage sur l’humain est l’un des "acquis les plus forts" de cette période. La polyvalence des agents mériterait d’être développée à l’avenir tout comme le tutorat, afin d’accroître la "solidarité opérationnelle lors des crises" à venir.

À court terme, il est urgent de reconstruire le collectif et d’organiser l’écoute des agents. L’expression des agents devra ensuite être traduite en action ou en décision, de façon "collégiale et transparente". Il est également nécessaire de mener un travail de "médiation préventive afin d’anticiper les sources de conflits à venir", en d’autres termes faire "sortir les choses", par exemple entre des agents dont l’activité pouvait être réalisée à distance et ceux qui ont dû aller "au front".

Les élus locaux doivent aussi participer à ce processus pour que "les frustrations ou au contraire les collaborations nouvelles soient formulées" et "que l’on se remette en mouvement ensemble".  

construire des politiques de prévention

Enfin, en matière de santé, "la prévention des risques devra davantage irriguer les organisations". Pour cela, les employeurs publics doivent se doter de "véritables politiques de prévention" et aborder "avec un nouveau regard la protection sociale des agents", recommande le livre blanc.

"La crise nous a rappelé à quel point la santé est une priorité collective" qui doit le rester. Les notions de "dangerosité" et de "fatigabilité exceptionnelle" doivent être intégrées à ces politiques de prévention pour "revisiter certains métiers particulièrement éprouvés par la crise". Il apparaît également indispensable de prévoir des soutiens psychologiques pour "préserver les forces collectives et individuelles".

préserver le télétravail

 

Le télétravail doit être considéré comme un "vrai travail" par tous les employeurs, insiste le cercle des acteurs territoriaux. Un bilan de la période passée doit être fait et pourrait aboutir à la coélaboration d’une charte du télétravail. Cette dernière pourrait permettre d’évoquer les difficultés que cela pose, comme la porosité vie privée-vie professionnelle, "les pratiques de surqualité" et les frais supplémentaires engagés.

 
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Florianne Finet, journaliste