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"Retour sur site" : la CPU monte un groupe de travail pour "outiller les présidents"

"Les plans de retour sur site se construisent université par université", "même si nous essayons de garder des principes communs", relève Gilles Roussel, président de la CPU, à l’occasion d’un point presse virtuel organisé le 29 avril 2020, portant sur le déconfinement progressif des universités à partir du 11 mai prochain. Comment organiser la reprise des personnels, en tenant compte de la sécurité sanitaire, mais aussi de contraintes extérieures (transports, reprise de l’école) ? Quid de la rentrée ? La CPU expose sa méthodologie pour accompagner les établissements.

Conférence de presse de la CPU par visio, le 29 avril 2020. Droits réservés - DR

"Il y a un cadre national mais, nécessairement, il ne peut y avoir d’organisation uniforme. Les plans de reprise se construisent université par université, parfois même cycle par cycle, discipline par discipline ou encore laboratoire par laboratoire, en fonction des spécificités de chacun. Et quand nous avons plusieurs sites, ce qui est le cas de la grande majorité des établissements, l’approche est variable d’un site à l’autre. Même si nous essayons de garder des principes communs, il n’y a pas de réponse unique", relève Gilles Roussel, président de la CPU, à l’occasion d’un point presse en visioconférence organisé le 29 avril, portant sur "le déconfinement progressif" des universités.

"Le principe général qui nous guide dans ces plans de retour sur site – nous préférons ce terme à celui de reprise d’activité, car l’activité n’a jamais cessé –, c’est bien sûr celui de la sécurité sanitaire. C’est l’élément sur lequel nous avons des directives données par l’État", ajoute-t-il. Michèle Cottier, présidente de l’université de Saint-Étienne, préfère quant à elle parler de "nouveau volet du plan de continuité d’activité", plutôt que de plan de reprise d’activité.

Un groupe de travail pour préparer le déconfinement

Pour préparer ce déconfinement, la CPU a mis sur pied un groupe de travail interne "afin de mutualiser les expériences et d’outiller les présidents, conscients que leur rôle est central dans cette période de crise", explique Olivier David, président de l’université Rennes-II, co-pilote de ce groupe de travail avec Michèle Cottier.

Ce travail est mené en collaboration étroite avec les autres réseaux : ADGS, réseaux de VP (RH, CA), directeurs de cabinet, etc. "Le principe est de répondre le plus efficacement possible sur le plan méthodologique aux attentes des présidents, pour qu’ils puissent assumer pleinement leur rôle et disposer d’un ensemble de ressources", ajoute le président de l’université Rennes-II.

Prioriser les activités

Première étape : prioriser les activités qui nécessiteront un retour sur site et définir celles qui pourront se faire à distance. "Ce travail est déjà amorcé depuis un petit bout de temps", indique Olivier David. Et avant cette reprise sur site, "il y a aussi toute la préparation matérielle des locaux à organiser : les circulations, le ménage et les capacités sanitaires d’accueil, en raison des mesures de distanciations physiques. Nous devons définir, salle par salle, combien de personnes peuvent être présentes", précise-t-il.

Pour faire des choix et prioriser les activités qui doivent reprendre au plus vite, Michèle Cottier explique que les établissements vont devoir définir des critères et en discuter avec l’ensemble les services, les composantes, les laboratoires, etc., qu’il va falloir croiser avec la disponibilité et la vulnérabilité des personnels. "Il y a une forte volonté de retour des chercheurs, mais nous ne pourrons pas accueillir tout le monde en même temps", prévient la présidente.

La sécurité sanitaire : enjeu numéro 1 des établissements

Michèle Cottier insiste aussi sur la question de la sécurité sanitaire, "enjeu numéro 1 des établissements". "C’est vraiment ce qui va conditionner la réussite du déconfinement, pour ne pas aller vers un reconfinement, si les choses ne se passent pas comme prévu", analyse-t-elle.

Masques, gel. Sur la question de la fourniture d’équipements aux personnels (masques, gel hydroalcoolique, etc.), Gilles Roussel répond que "tout le monde est en train actuellement d’y travailler". "C’est la responsabilité de l’employeur. On est en train d’organiser cela sur le terrain. Il y a également une commande publique qui est en cours, notamment sur les masques. Nous sommes dans une période d’évaluation. Car ce n’est pas la même chose si nous avons 5 % ou 40 % des personnels sur site", répond Gilles Roussel. Il précise que pour les unités mixtes, c’est à l’hébergeur de s’assurer du respect des conditions sanitaires (fournir des masques ou interdire l’accès au site si nécessaire), l’employeur – en l’occurrence les organismes de recherche – pouvant aider à la fourniture du matériel.

Christine Gangloff-Ziegler, vice-présidente de la CPU, ajoute que le besoin en termes de masque est d’autant plus important que les universités "ont donné leurs stocks aux personnels soignants, aux Ephad. Il y a tout un stock à reconstituer, ce qui explique aussi cette double commande à la fois du ministère et des établissements eux-mêmes".

contraintes externes

"À côté de ces multiples variables, inhérentes aux établissements eux-mêmes et qui relèvent de nos décisions en tant que responsables d’établissement, nous devrons aussi ajouter des contraintes exogènes, sur lesquelles nous n’avons pas de pouvoir de décision : la question de transports, mais aussi la réouverture des écoles, etc.", note Michèle Cottier. S’ajoutent également aux paramètres à prendre en compte "l’anxiété des personnels et le soutien qu’il va falloir leur apporter".

"Le dialogue social sera d’ailleurs un point très important de ces plans de déconfinement", insiste la présidente de l’université de Saint-Étienne, qui rappelle que "chaque établissement aura l’obligation de présenter son plan de retour sur site au CHSCT". Un point que les organisations syndicales ont largement fait remonter lors d’échanges avec le MESRI (lire sur AEF info).

autre temporalité : la rentrée de septembre

En même temps que la réflexion sur l’après 11 mai doit être menée celle sur la rentrée. "Si elle n’est pas aujourd’hui au cœur de nos préoccupations, c’est quelque chose qui, dans la quinzaine de jours, voire les trois semaines à venir, va devenir de plus en plus prégnant", estime Olivier David. "Nous attendons de voir comment va évoluer l’épidémie. Et nous savons très bien qu’en fonction de cette évolution, nous ne pourrons pas envisager la rentrée de la même manière. Il faudra donc anticiper cette question", note le président de l’université Rennes-II.

Il relève un certain nombre de questions sur lesquelles les établissements vont devoir se pencher à court terme, outre la nécessité de réengager l’activité de recherche : les enjeux autour de la formation professionnelle (apprentissage, formation continue) et l’offre d’enseignement à distance pour les étudiants étrangers, en raison de mobilités qui vont être contraintes dans les mois qui viennent.

Impacts financiers

Enfin, "nous allons également devoir engager un travail rapidement sur les impacts financiers de cette crise sanitaire. Pour l’instant nous avons plutôt été dans une réponse aux différentes urgences. Maintenant, il nous faut consolider toutes les dépenses qui ont été engagées, voire aussi toutes les recettes que nous ne percevrons pas. Et nous avons aussi des dépenses de fonctionnement qui ne seront pas à la hauteur de ce que nous avions prévu dans le budget. Il faut donc faire un bilan précis de tout cela", souligne Olivier David, pour qui l’enjeu est aussi d’aborder ces questions avec la tutelle pour la suite de l’année universitaire.

la cpu salue le travail avec la tutelle

 

Interrogés sur la relation avec la tutelle en cette période de crise, tous les présidents insistent sur la qualité des échanges. "Nous avons une réunion hebdomadaire avec la ministre et tenons une plénière de la CPU en visio chaque semaine, avec une intervention systématique du ministère. La CPU est sollicitée tous les jours pour donner son avis", résume Olivier Laboux, président de l’université de Nantes. "La Dgesip accompagne au mieux les établissements", renchérit Gilles Roussel. "Les FAQ de la Dgesip répondent à l’ensemble des questions de la communauté. Nous sommes dans un travail collaboratif que l’on n’avait jamais vu auparavant", ajoute Guillaume Gellé, président de l’université de Reims.  Seule difficulté soulignée par Christine Gangloff-Ziegler : l’ordonnance sur les congés, "tombée tardivement". La CPU attend un retour de la tutelle sur ce point.

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Juliette Plouseau, journaliste