Politique de cookies
Le groupe AEF info utilise des cookies pour vous offrir une expérience utilisateur de qualité, mesurer l’audience, optimiser les fonctionnalités et vous proposer des contenus personnalisés. Avant de continuer votre navigation sur ce site, vous pouvez également choisir de modifier vos réglages en matière de cookies.
Politique de protection des données personnelles

Paramétrer Tout accepter

Service abonnements 01 83 97 46 50

Revenir en haut de la page

Comment ont évolué les effectifs étudiants à l’université entre 2012 et 2018 ?

À quel rythme s’est accru le nombre d’étudiants inscrits à l’université ? Est-il vrai que chaque année, l’équivalent d’une université supplémentaire arrive dans les amphis ? Selon le jeu de données du Mesri, qui livre le décompte des effectifs de 2012 à 2018, le taux de croissance des effectifs étudiants est de 6 % en moyenne sur les 7 ans, soit l'équivalent de 2 universités de Bordeaux en plus. Mais la situation varie d’un établissement à l’autre. Tandis que Lorraine et Grenoble se sont développées à un rythme soutenu de 12,5 %, Sorbonne U ou Nanterre ont légèrement diminué en taille.

Source et méthodologie

 

Nous nous sommes basés sur le jeu de données des effectifs étudiants inscrits dans les établissements publics sous tutelle du Mesri mis en open data par le Sies-Mesri début 2020. Ces données dépendent des remontées des établissements via le système de collecte Sise. Si les regroupements universitaires tels que les Comue peuvent délivrer certains diplômes (essentiellement le doctorat) à la place de leurs établissements membres, chaque étudiant doit être inscrit dans un établissement, généralement une université. Toutefois, certains regroupements universitaires remontent directement leur nombre d’inscrits.

Les données par université ne comprennent pas ici les effectifs des Espé ( Inspe désormais) qui sont comptabilisés au niveau de l’académie. Ainsi, les masters Meef ne sont pas comptabilisés dans les établissements, ce qui peut biaiser les effectifs en master de certains.

Par ailleurs, ont été fusionnées de manière factice six universités pour les années où les établissements qui les composent aujourd’hui existaient de manière séparée : Bordeaux (Bordeaux-I, Bordeaux-II, et Bordeaux-IV réunies en 2014), Montpellier (Montpellier-I et Montpellier-II, réunies en 2015), Grenoble (Grenoble-I, Grenoble-II, Grenoble-III, réunies en 2016), Clermont (Clermont-I et Clermont-II, réunies en 2017), Lille (Lille-I, Lille-II et Lille-III, réunies en 2018) et Sorbonne Université (Paris-IV et UPMC, réunies en 2018). Nous ne disposons pas du décompte séparé pour les années antérieures aux fusions.

L’objectif est ici de faire le point sur l’évolution des effectifs des 71 universités françaises, de 2012 à 2018, mesurés à chaque rentrée. Il s’agit des inscriptions principales, en diplôme national ou en DU, hors double inscription en CPGE. Cela comprend la formation initiale, les formations par alternance, la formation continue diplômante, ainsi que les formations à distance.

En 7 ans, l’équivalent de 2 universités de Bordeaux en plus

Les effectifs étudiants des universités françaises ont gonflé de quelque 90 000 inscrits en 7 ans, entre la rentrée 2012 et celle de 2018, portant le total de 1,4 à 1,5 million d’individus. C’est l’équivalent de deux universités de Bordeaux telle qu’elle existe aujourd’hui.

La rentrée 2015 est celle où la variation annuelle a été la plus importante : après plus de 34 000 étudiants inscrits supplémentaires par rapport à la rentrée 2014, c’est comme si l’on avait ajouté l’équivalent des effectifs de l’université de Nantes, ou deux fois Panthéon-Assas, en une seule année.

Ce panorama à la hausse est légèrement sous-estimé : il doit être quelque peu renforcé par le fait qu’une partie des effectifs, en particulier des doctorants, peut parfois relever statistiquement du regroupement universitaire dont les universités dépendent. Ces regroupements, souvent des Comue (dont beaucoup ont changé de statut depuis), ont un périmètre qui va au-delà des seules universités (lire sur AEF info). Ainsi, pour 2018, en sus des effectifs d' 1,5 million d’individus comptés dans les 71 universités, 7 Comue inscrivent également 24 000 étudiants. Le phénomène est moindre en 2012, où seules 2 Comue inscrivaient environ 5 000 étudiants.

Toulouse-III entre dans le top 15, Lyon-II en sort

Ce gonflement global n’a pas la même ampleur d’une université à l’autre. Il ne chamboule néanmoins pas le top 3 des plus "grosses" universités, en termes d’effectifs étudiants : celui-ci reste composé de Lille, Aix-Marseille et Lorraine (lire sur AEF info).

En revanche, le top 5 change de 2012 à 2015 : Bordeaux fait son entrée en 2015 (soit l’année suivant sa fusion) puis Strasbourg en 2018. Au contraire, les effectifs cumulés de Paris-VI et Paris-IV passent du 4ème au 6ème rang en 2018, année où ils sont réunis au sein de Sorbonne Université. Les 8 plus grosses universités françaises sont des établissements pluridisciplinaires avec santé, toutes comptent plus de 40 000 inscrits à la rentrée 2018.

Première université de droit et d’économie, Paris-I arrive en 9e place, en 2012 comme en 2018. Au fil des rentrées, les universités scientifiques et/ou médicales gagnent du terrain : Toulouse-III rentre dans le top 15 en 2013, en plus de Lyon-I et Paris-Descartes. Et ce, aux dépens des universités de lettres et sciences humaines : Nanterre reste dans ce top 15, mais Lyon-II en sort dès 2013.

Voici l’état des lieux sous forme de "bar chart race" pour les 15 premières universités en nombre d’inscrits. Au clic sur la flèche arrondie à gauche, une animation se lance, déroulant l’évolution de la composition du top 15 et le rang de chaque établissement au fil des 7 années.

Made with Flourish

Paris-III, Littoral ou l’université de Polynésie ont moins d’inscrits en 2018 qu’en 2012

En moyenne sur les 7 ans, le taux de croissance des effectifs étudiants est globalement de +6,1 % de 2012 à 2018. Qu’en est-il université par université ? De manière peu surprenante, le CUFR Mayotte a augmenté de +70,7 % sur un volume réduit (environ 1 000 étudiants en 2018), car le centre universitaire est très récent, sa création datant de 2011.

Parmi les "grosses" universités comptant plus de 30 000 inscrits en 2018, une seule voit ses effectifs diminuer : Sorbonne Université les a vus baisser de -2,2 % sur la période. Une évolution qui résulte d’une première baisse de 800 étudiants en 2014 (il nous est impossible d’en imputer la part respective aux deux établissements distincts Paris-IV et Paris-VI qui existaient à l’époque), et d’une deuxième baisse en 2018, année de la fusion. Au contraire, les effectifs de Lorraine et Grenoble Alpes ont fortement augmenté de 12,5 %, tandis que ceux de Clermont-Auvergne et Lille ont crû sensiblement au même rythme que la moyenne nationale (+6,3 % et +5,8 %).

En bas de classement, 13 universités comptent moins d’inscrits en 2018 qu’en 2012. Trois baisses sont toutefois factices : la baisse la plus importante, avec -24,3 %, visible aux Antilles, n’est qu’un trompe-l’œil puisqu’en 2014, l’ensemble Antilles-Guyane a été scindé en deux, consacrant la création de l’université Guyane en tant qu’établissement de plein exercice. De même, l’université Paris-Sud enregistre une baisse de -18 % de ses inscrits sur le papier, mais cette diminution s’explique par le transfert d’une partie des inscriptions au niveau de la Comue Paris-Saclay, pour les étudiants en master et en doctorat (lire sur AEF info). Ainsi à partir de 2016, l’université perd 7 000 étudiants, tandis que la Comue en comptabilise plus de 12 000 durant les trois années qui suivent. Au 1er janvier 2020, l’ancienne Comue est devenue l’établissement expérimental Paris-Saclay dans laquelle s’est fondue Paris-Sud, et les grandes écoles telles que l’ENS Saclay ou CentraleSupélec (lire sur AEF info).

Même cas de figure pour l’université de Nice, qui perd 4 500 étudiants à partir de 2015, tandis que la Comue Côte d'Azur en comptabilise progressivement 4 700 sur la même période. Dont 3 516 en master et 1 217 en doctorat en 2018. Au 1er janvier 2020, cette Comue a laissé la place à un établissement expérimental, créé par décret le 25 juillet 2019 (lire sur AEF info).

Parmi les "vraies" baisses, on peut citer l’université de Polynésie française, qui perd 600 étudiants en 7 ans, soit 18 % de ses effectifs. Mais aussi Littoral Côté d’Opale, qui perd 2 000 étudiants en 2015 puis en récupère progressivement un millier depuis, soit une chute de 11 % sur la période. Paris-III perd également 2 000 étudiants en 6 ans, avant d’en récupérer un millier sur la dernière année 2018, soit une baisse globale de 6 %. Une trajectoire semblable mais pour une proportion d’effectifs bien moins importante pour la grosse université de Nanterre, qui perd 2 000 étudiants sur 6 ans avant d’en récupérer la moitié en un an. L’UVSQ a quant à elle perdu 3 000 étudiants entre 2012 et 2016, avant d’en récupérer 2 000 les deux dernières années de la période analysée.

Autres Comue

 

Il est à noter que depuis 2012, deux regroupements inscrivent une partie des étudiants au fil des 7 ans. La Comue Paris-Est comptabilise entre 1 357 et 1 416 inscrits sur la période, essentiellement des doctorants. Cette Comue, qui comprend notamment, outre l’Upem et l’Upec, l’école des Ponts, doit aujourd’hui évoluer sous un statut de Comue expérimentale après la naissance de l’établissement expérimental Gustave Eiffel, qui réunit notamment l’Upem et l’Iffstar (lire sur AEF info).

Deuxième dans ce cas, la Comue Grenoble-Alpes, à distinguer de l’université fusionnée du même nom, en recense quant à elle entre 2 923 et 3 527 sur la période, uniquement des doctorants. L’INP Grenoble, Sciences Po Grenoble et l’ Ensag ont rejoint l’université au sein de l’actuel établissement expérimental, créé par décret le 31 octobre 2019.

Plus récemment, l’UBFC recense 1 700 puis 1 914 inscrits sur les deux dernières années, principalement des doctorants. Les universités de Dijon et de Besançon sont membres de la Comue. D’autres établissements sont membres du regroupement actuel : l’UTBM, Burgundy BS, Agrosup, l’ENSMM ou l’Ensam.

À une échelle plus réduite, la Comue PSL prend à son compte 200 à 700 inscrits les 3 dernières années, dont 471 comptabilisés en licence en 2018. La Comue Paris-Lumières en revendique entre 29 et 53 sur cette même période 2016-2018.

Dans le tableau de bord ci-dessous, cliquez sur une université dans le graphique en barres pour faire apparaître la courbe d’évolution de ses effectifs étudiants de 2012 à 2018, année par année.


Dynamiques territoriales. En région Rhône-Alpes, la croissance semble relativement dynamique avec Grenoble en tête (12,5 %), suivie par Lyon-III (10,9 %), Lyon-I (7,8 %), Savoie (6,4 %) et Lyon-II (2,6 %). Dans le Nord, la situation est très contrastée avec Amiens plutôt dynamique (14,7 %), Lille en croissance (5,8 %), plus légère pour Artois (1,5 %) voire carrément négative pour Littoral (-11,6 %). En Bretagne, c’est également varié avec UBO en tête (15,7 %), Rennes-I et Bretagne-Sud en croissance d’effectifs comparable (respectivement 6,4 et 6,3 %), contre une diminution pour Rennes-II sur la période (-1,4 %). Dernier exemple en région, dans l’Est, les taux reflètent une croissance très dynamique des volumes d’étudiants : +33 % pour Haute-Alsace, 12,5 % pour Lorraine et 11,2 % à Strasbourg.

Sur le territoire francilien hors Paris, dans l’académie de Créteil, l’Upem est très dynamique (14,6 %), tout comme l’Upec (6,2 %). Cergy-Pontoise, dans l’académie de Versailles, se situe dans le trio de tête, entre les deux (8,8 %), tandis que les deux universités basées en Seine Saint-Denis affichent une croissance modérée : Paris-VIII (2,3 %) et Paris-XIII, désormais nommée Université Sorbonne Paris Nord (1,7 %). Parmi les croissances stagnantes ou négatives, on recense Evry (-0,3 %), Nanterre (-2,9 %) et UVSQ (-5,8 %). Le chiffre concernant Paris-Sud est quant à lui, comme expliqué plus haut, factice (-18 %).

À Paris intra-muros enfin, c'est Paris-II qui figure en tête pour l’augmentation de ses effectifs (10,2 %), suivie de près par Dauphine (9 %) et Paris-I (8,2 %). En revanche, Paris-V (1,8 %) et Paris-Diderot (1,1 %) font montre d'une croissance bien plus mesurée, tandis que Paris-III chute (-6 %).

Dominante disciplinaire. Le profil disciplinaire entre-t-il en ligne de compte ? Les universités spécialisées en SHS ne semblent pas vraiment suivre de tendance globale : Toulouse-II Jean-Jaurès voit ses effectifs augmenter de 17 % de 2012 à 2018, là où ceux de Lyon-II et Paris-VIII ne progressent respectivement que d’un peu plus de 2 %. Plusieurs autres observent même un repli du nombre d’inscrits, comme Rennes-II (-1,4 %) ou Nanterre (-2,9 %). Si l’on regroupe toutes les universités SHS et droit-éco, leurs effectifs ont augmenté de 4,7 % sur cette période. L’évolution est de +1,2 % pour les universités scientifiques et/ou médicales considérées ensemble, bien moindre que dans les universités pluridisciplinaires. Les effectifs ont grossi de 7 % dans les pluridisciplinaires avec santé et de 8,3 % pour les pluridisciplinaires hors santé. De fait, les universités qui augmentent le plus sont effectivement des établissements pluridisciplinaires hors santé, comme Nîmes, Haute-Alsace et Orléans.

Quel recrutement d’étudiants pour la rentrée 2020 ?


Sur les campus, le printemps est chaque année une saison propice aux entreprises de séduction : c’est en effet à cette période que les futurs étudiants choisissent l’institution dans laquelle ils se retrouveront à la rentrée suivante. 2020 ne faisant rien comme les autres, les établissements doivent s’adapter à la mode du "sans contact" du fait de la pandémie de Covid-19 : pas de "Journées portes ouvertes", pas d’accueil des admissibles durant les concours des grandes écoles, pas de salons étudiants, etc. Comment, alors, piloter le recrutement étudiant cette année ? Comment "se vendre" à distance ? Plus que les universités, ce sont surtout les écoles qui, pour se distinguer sur un marché concurrentiel, doivent déployer des trésors d’imagination : visites de campus en 3D, webséries, forums virtuels… Tous les moyens sont bons pour soigner son image. Revue de détail dans ce 9e épisode de la série "Enseigner en temps confinés".

Fermer
Bonjour

Vous souhaitez contacter

Ana Lutzky, journaliste