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Santé psychologique dégradée, dépressions, motivation en berne, les salariés affectés par la crise (Empreinte humaine)

Selon une étude réalisée par le cabinet Empreinte Humaine et publiée lundi 20 avril 2020 (1), "la santé psychologique des salariés français est largement atteinte après plusieurs semaines de confinement". Selon les résultats, 44 % des salariés sont en situation de détresse psychologique, un quart présente un risque de dépression nécessitant un traitement, un autre quart déclarant que leur motivation professionnelle s’est dégradée. Les femmes, cumulant les rôles et affectées par une charge mentale plus lourde, sont les plus concernées.

Les femmes sont plus affectées par le confinement, parce qu'elles supportent une charge mentale élevée et qu'elles exercent plus souvent des professions exposées pxhere

Comment les salariés vivent-ils le confinement ? Entre télétravail, activité partielle ou encore garde d’enfants durant la période de travail, cette période se révèle difficile pour certains. Selon une étude menée par le cabinet Empreinte Humaine publiée lundi 20 avril 2020, 44 % des salariés français seraient dans une situation de détresse psychologique.

Parmi les plus affectés par le confinement figurent les femmes, puisqu’elles sont 22 % à être en détresse élevée, contre 14 % pour les hommes. Un chiffre révélateur de la charge mentale assumée par les femmes en cette période de crise, qui cumulent différents rôles. "Les études montrent déjà en temps normal que les femmes sont plus exposées aux risques psychosociaux. En période de confinement, on peut expliquer le fait qu’elles soient encore plus concernées par la charge mentale qu’elles portent, la gestion des enfants et des tâches domestiques, mais également parce qu’elles sont plus exposées car occupant souvent des métiers qui le sont : infirmières, caissières, enseignantes. Elles sont en première ligne", explique Christophe Nguyen, président du cabinet Empreinte Humaine.

UNE URGENCE PSYCHOLOGIQUE AVÉRÉE

"Par temps de crise sanitaire, l’urgence psychologique est établie. Nous nous sommes basés pour évaluer ces situations de détresse sur un questionnaire scientifique internationalement reconnu, qui permet de dépister les troubles psychologiques, et par lequel nous pouvons détecter le désespoir, l’agitation, la nervosité ou encore le sentiment de se sentir inutile. On obtient ensuite un score qui permet de déterminer le degré de détresse psychologique. En France, on se rend compte qu’un quart des répondants présentent un risque de dépression, qu’il faut accompagner", poursuit Christophe Nguyen.

Climat anxiogène en toile de fond, confinement et coupure du lien social et d’accès à une variété d’événements positifs, incertitudes liées au chômage partiel ou complet, et enfin télétravail, les salariés français sont anxieux. "Un tiers d’entre eux travaille depuis leur domicile. 17 % d’entre eux sont en détresse psychologique", souligne Christophe Nguyen. Parmi les facteurs aggravants figurent la taille du logement ou encore le fait d’être confiné avec ses proches et les enfants. Ainsi, contrairement à une idée reçue, les personnes confinées en couple (20 %) ou avec un enfant (22 %) vivent une détresse élevée plus importante que les autres (17,9 %). Plus que le télétravail lui-même, ce sont les conditions de travail qui sont mises en cause, comme l’environnement de travail parfois inadapté, l’hyperconnexion sans réel temps de pause ou encore la fatigue cognitive.

L’ANGOISSE DU CHÔMAGE ET LA DÉMOTIVATION

Le chômage apparaît également comme un facteur de risque puisqu’un cinquième des répondants en chômage technique partiel présentent une détresse psychologique élevée. Cette proportion monte à un quart pour les salariés en chômage technique total. "Les salariés vivent dans l’incertitude économique, certains ayant des revenus en baisse voire plus de revenus, ce qui génère une perte de pouvoir d’achat et de l’angoisse, couplée à une incertitude de retrouver un travail, et une perte de visibilité sur l’avenir", explique le président d’Empreinte Humaine.

Pour ceux qui continuent de travailler, "une vigilance s’impose sur le suivi de la motivation professionnelle qui s’est détériorée pour un quart des salariés (26 %) depuis le début du confinement", indique l’enquête. Cette détérioration est de plus grande ampleur chez les femmes (30 %), les salariés d’Île-de-France (31 %), et pour les salariés confinés avec un ou plusieurs proches (32 %). Enfin, les personnes exprimant une détresse élevée considèrent que leur performance s’est dégradée de 50 %.

LES ENTREPRISES DOIVENT S’IMPLIQUER

"La démotivation est également une façon de se défendre contre le stress", précise Christophe Nguyen. Selon lui, "si les salariés reconnaissent à 30 % que leurs entreprises et leurs directions sont engagées pour lutter contre les risques psychosociaux, "il y a un manque de culture, de gestion et de communication régulière sur ces sujets. Comme sur les questions de santé et de sécurité, il faut faire beaucoup de pédagogie sur la gestion des RPS. C’est souvent un sujet de dialogue social, parfois anxiogène pour les DRH. Chaque comité de direction doit prendre le sujet en main et lui donner des ressources et des moyens. Tout le monde doit être impliqué dans cette démarche, depuis les dirigeants jusqu’aux collaborateurs, en passant par la médecine du travail et les managers. Il faut une méthode, une culture dédiée", invoque-t-il.

Une démarche utile selon les salariés, puisque les personnes vivent moins de détresse psychologique si elles se sentent soutenues par leur direction (16 % vs 21 %), la DRH (16 % vs 20 %), leurs collègues (16 % vs 25 %) ou ont confiance en leur direction (17 vs 21 %) et leur manager (15,5 vs 25 %).

Le cabinet Empreinte Humaine réitérera son enquête toutes les semaines jusqu’à la fin du déconfinement afin d’explorer l’évolution du ressenti des salariés, et voir si de nouvelles préoccupations apparaissent.

(1) Le baromètre "Impact de la crise sanitaire sur la santé psychologique des salariés" Opinionway pour Empreinte Humaine a été réalisé en ligne. Les interviews ont été faites du 31 mars au 8 avril 2020 auprès d’un échantillon de 2003 salariés représentatif de la population française, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de secteurs d’activité, de nature d’employeur et de taille d’entreprise.

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Evelyne Orman, journaliste