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Parcoursup, examens à distance, stages… Échos d’une audition de Frédérique Vidal en commission du Sénat

"Désormais, nous n’avons quasiment plus de questions sur la manière de réaliser des cours à distance, mais nous travaillons à la préparation des examens", déclare Frédérique Vidal auditionnée à distance le 1er et 6 avril 2020 par les sénateurs de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication. La ministre de l’ESRI est aussi revenue sur le début de la procédure 2020 de Parcoursup. À la suite de la décision du Conseil constitutionnel relative à Parcoursup, "chaque jury devra produire un compte rendu de ses délibérations et indiquer les critères utilisés".

Frédérique, Vidal, ministre de l'ESRI, lors de l'examen en séance publique des crédits de la Mires inscrits au PLF 2020 à l'Assemblée nationale, le 28 octobre 2019. Droits réservés - DR

"Mon action en tant que ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation est actuellement centrée sur trois priorités : soutenir la recherche ; garantir la continuité pédagogique, qu’il s’agisse des formations, des examens ou des concours ; et accompagner nos étudiants dans cette crise, sur le plan tant sanitaire que social (lire sur AEF info)", déclare Frédérique Vidal lors d’une audience à la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat organisée à distance les 1er et 6 avril 2020.

Des premiers chiffres pour Parcoursup 2020

Interrogée à plusieurs reprises sur la procédure Parcoursup, la ministre réaffirme que le calendrier restera inchangé. Si les candidats devaient confirmer leurs vœux et compléter leur dossier avant le 2 avril, "nous traiterons avec bienveillance les dossiers qui devraient être finalisés après l’échéance pour ceux qui seraient entravés parce qu’ils sont en zone blanche ou qu’ils ne disposeraient pas d’outils informatiques", souligne la ministre. Elle indique que la liste d’élèves en terminale n’ayant confirmé aucun vœu a été transmise aux recteurs et aux proviseurs afin qu’ils puissent les contacter directement. "On le faisait déjà l’an dernier, mais cela revêt une importance toute particulière dans les circonstances actuelles."

Frédérique Vidal présente plusieurs chiffres relatifs à la procédure, assurant une hausse des nombres de candidats et de vœux, qui peut s’expliquer, entre autres, par l’ajout de nouvelles formations. 948 000 candidats auraient confirmé au moins un vœu, contre environ 900 000 en 2019. "91,1 % des vœux et des sous-vœux sont confirmés, soit près d’un point de plus que l’an dernier. Cette hausse concerne tous les types de bacheliers : +1,82 % pour les bacheliers généraux, +2,26 % pour les bacheliers des voies technologiques et +7,2 % pour les bacheliers professionnels."

Pour rappel, à titre exceptionnel, les concours post-bac de cette année seront remplacés par des examens de dossier via Parcoursup (lire sur AEF info). "Nous travaillons avec ces écoles à la publication de leurs attendus et de leurs critères", indique la ministre de l’ESRI.

Expliquer le classement des candidats via Parcoursup

Alors que le Conseil constitutionnel a insisté sur la nécessité d’une meilleure communication des critères utilisés dans le cadre de Parcoursup (lire sur AEF info), "comment prenez-vous contact avec les établissements pour vous assurer qu’il y aura une véritable transparence sur ces critères ?" demande Catherine Morin-Desailly, présidente de la commission (UDI-UC, Seine-Maritime). "Nous avons informé les établissements qu’ils devront expliquer la façon dont ils auront classé les étudiants. Chaque jury devra produire un compte rendu de ses délibérations et indiquer les critères utilisés", répond Frédérique Vidal. Un modèle d’explication des critères a été mis à disposition des établissements dans le cadre de l’aide à la décision fournie dans Parcoursup, ajoute la ministre : "chaque établissement pourra y ajouter les critères spécifiques qu’il emploie".

Le sénateur Jacques Grosperrin (LR, Doubs) regrette le "temps perdu". "Cela fait un moment que le Sénat demande une telle transparence ; le Gouvernement aurait pu l’écouter. Chacun voit dans la décision du Conseil constitutionnel la justification de son propre point de vue (lire sur AEF info), mais je regrette en tout cas le manque d’anticipation", remarque le sénateur qui avait annoncé en juillet 2019 une proposition de loi pour rendre publics les "algorithmes locaux" (lire sur AEF info).

"Très peu d’établissements" favorables aux examens à distance

"Désormais, nous n’avons quasiment plus de questions sur la manière de réaliser des cours à distance, mais nous travaillons à la préparation des examens ; nous prenons les questions les unes après les autres", déclare par ailleurs Frédérique Vidal. Pour les examens, elle précise que trois modalités seront retenues selon les exigences de chaque formation : "l’évaluation se fera le plus souvent par contrôle continu ou remise de dossiers ; pour certaines matières où des épreuves écrites sont nécessaires, on étudie la possibilité d’examens à distance ; enfin, dans les rares cas où une présence physique est indispensable, notamment dans les filières sportives, un report de ces épreuves est envisagé".

Interrogée par le sénateur Laurent Lafon (UDI, Val-de-Marne) sur les examens télésurveillés à distance (lire sur AEF ici et ici), Frédérique Vidal souligne qu’il s’agit d’une possibilité offerte aux établissements. "Nous avons testé cette solution pour les examens nationaux blancs, car toutes les épreuves classantes nationales informatisées (ECNi) se font sur tablette. Or très peu d’établissements souhaitent choisir cette solution à distance, [sauf] si aucune autre possibilité n’est offerte."

Des questions portent sur l’ordonnance du 27 mars 2020 qui prévoit notamment comment pourront être adaptées dans l’urgence les "modalités d’accès aux formations de l’enseignement supérieur et de délivrance des diplômes de l’enseignement supérieur" (lire sur AEF ici et ici). "Les dispositions de l’ordonnance sont applicables jusqu’au 31 décembre 2020. S’agit-il d’une précaution, ou anticipez-vous une rentrée fortement décalée ?", interroge Stéphane Piednoir (LR, Maine-et-Loire). Pour la ministre, cette durée du texte est "une sécurité" : "Nous espérons que la rentrée universitaire pourra se faire dans les meilleures conditions, mais il est impossible de l’affirmer aujourd’hui."

"Certains stages seront considérés comme neutralisés"

Concernant les stages qui n’ont pas pu être effectués, des fiches techniques ont été mises à l’attention des établissements (lire sur AEF info), rappelle Frédérique Vidal. "Certains stages seront considérés comme neutralisés, mais dans tous les cas, les étudiants ne seront pas pénalisés parce qu’ils n’auront pas pu faire leur stage dans les temps."

Pour les étudiants en master, qui se retrouvent sans stages alors que la validation de leur diplôme en dépend, "des modalités particulières leur seront appliquées pour qu’ils puissent néanmoins valider leur année. Les fiches techniques que nous avons rédigées permettront que tous les étudiants soient traités de la même façon, et dans tous les cas, avec beaucoup de bienveillance", répète la ministre de l’ESRI.

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Malika Butzbach, journaliste