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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°625491

Métallurgie : l’accord sur les congés payés signé, la branche devra réfléchir à l’avenir de ses entreprises

Après avoir élaboré un texte sur les congés payés avec l’UIMM, trois organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC et FO) de la branche métallurgie ont décidé de signer le projet d’accord (lire sur AEF info) sur les congés payés, lundi 6 avril 2020. Le texte prévoit une application de l’accord de branche notamment dans le cas d’un échec des négociations en entreprise ou lorsque celle-ci ne dispose pas des moyens de négocier, et préserve les droits des salariés sur certains congés, comme les congés d’été. Les partenaires sociaux réfléchissent aujourd’hui à préparer la reprise.

Parmi les secteurs de la métallurgie touchés de plein fouet par la crise figure la filière automobile. Groupe PSA/Dominique Pizzalla

"Après la déclaration commune du 20 mars dernier (lire sur AEF info), ce premier accord de branche concourt à l’accompagnement des conditions de travail et de sécurité des salariés dans la branche", indique tout d’abord la CFE-CGC dans un communiqué, lundi 6 avril 2020 au soir, déclarant avoir signé le projet d’accord sur les congés payés, tout comme la CFDT et FO, dont la négociation a débuté le 31 mars 2020 (lire sur AEF info) dans la branche métallurgie. 

"Nous savions que les conséquences économiques de cette crise seraient importantes. […] Nous avons tous mis en avant dans la construction de ce texte, surtout dans le contexte actuel, la nécessité de trouver les solutions adéquates pour permettre aux entreprises de préserver l’emploi, et aux salariés de limiter l’impact sur le pouvoir d’achat", explique à AEF info Hubert Mongon, délégué général de l’UIMM.

Pour le syndicat des cadres, la décision de privilégier la négociation d’entreprise est un point essentiel de cet accord. "L’accord de branche ne s’applique que lors d’un échec des négociations dans l’entreprise, ou si la négociation est impossible faute de représentants. Notre crainte côté syndical, était que les entreprises arrêtent de négocier et se suffisent du contenu de l’accord de branche. Le contenu de ce texte les incite à négocier sur les jours de congé, et les encourage, pour celles qui le peuvent à proposer une meilleure indemnisation du chômage partiel", explique à AEF info Fabrice Nicoud, secrétaire national emploi-formation CFE-CGC, précisant que le texte ne reprend pas le contenu de l’ordonnance du 25 mars 2020 qui prévoyait la possibilité pour l’employeur de fixer les dates des congés sans être tenu d’accorder un congé simultané à des conjoints ou des partenaires liés par un Pacs travaillant dans son entreprise.

"PRÉSERVER AU MAXIMUM LES ENTREPRISES"

FO Métaux, qui dit avoir "sollicité l’UIMM par courrier, dès le 25 février 2020, pour négocier des mesures garantissant la sécurité et la santé des salariés, leurs revenus et leur emploi" est également signataire. Le syndicat est satisfait d’avoir pu "faire acter une obligation de négociations loyales dans les entreprises afin de maintenir un véritable dialogue social, vecteur majeur, y compris et surtout en ce temps de crise, de progrès et de garanties pour les salariés", et d’avoir pu intégrer une partie sur la formation, autre demande formulée par l’organisation syndicale.

Satisfait de cet accord qui permettra "d’aider les salariés et de soutenir l’industrie", Frédéric Homez, secrétaire général, précise que dans la branche métallurgie, les partenaires sociaux ont plus que jamais besoin de négocier au vu des conséquences que cette crise aura à plus long terme sur les entreprises. "Nous allons sûrement assister à un drame industriel et à un drame humain. Certains secteurs ne vont pas redémarrer du jour au lendemain. Certaines seront en manque de matières premières, d’autres de pièces ou feront face à d’autres problèmes. Cela prendra parfois des mois. Nous voulons trouver les solutions pour préserver au maximum les entreprises", confie le syndicaliste à AEF info.

Pour la CFDT, "aujourd’hui plus que jamais, le dialogue social et la négociation en entreprise sont primordiaux pour trouver les meilleures solutions possibles à la gestion de cette crise sanitaire", indique l’organisation syndicale dans un communiqué, le 6 avril 2020. "Ce qui est important, bien avant la prise de congés, c’est la sécurité et la santé des salariés, qui doit primer et nous guider. La prise de congés doit être l’une des solutions pour gérer la crise, mais ce n’est pas la seule. Il faut également parler de l’organisation du travail, de la rémunération de celui-ci", explique à AEF info Stéphane Destugues, secrétaire général à la CFDT. "Notre préoccupation du moment, c’est le redémarrage", confie le syndicaliste, expliquant, comme son homologue de FO, que "la remise en route de l’activité industrielle risque d’être compliquée, malgré toutes les mesures prises pour sauvegarder l’emploi". 

PENSER DE NOUVELLES SOLUTIONS

Pour Hubert Mongon, différentes initiatives pour accompagner les entreprises sont tout d’abord à souligner aujourd’hui, comme le soutien fourni pour les accompagner dans le décryptage des dispositions mises en place par le gouvernement et pour mener un dialogue social de qualité, pour répondre aux questions techniques et pour les aider à acquérir du matériel de protection adéquat, à l’image d’une commande de 4 millions de masques faite à la Chine, qui devraient parvenir en France dans le courant de la semaine prochaine, et être distribués via les chambres territoriales.

Au-delà, "il faut réfléchir aux moyens permettant aux entreprises de redémarrer au plus vite. Le mécanisme de chômage partiel ne sera en effet sans doute pas maintenu dans le temps. Il faut aussi penser à d’autres solutions pour conserver nos compétences. Les capacités du fonds national de l’emploi ne seront pas suffisantes. Nous devrons aller plus loin pour pouvoir conserver nos emplois, nos apprentis, repenser notre organisation du travail et la gestion RH des équipes", poursuit le délégué général.

"Enfin, nous devons réfléchir à un pacte productif plus ambitieux que ce que l’on avait imaginé, et à un plan national d’investissement industriel, ou encore nous intéresser à l’industrie verte pour répondre aux préoccupations des Français. Durant les crises de 2008 et des gilets jaunes, la France a découvert que l’industrie pouvait apporter des solutions aux territoires et qu’il n’y avait pas de pays fort sans une industrie forte. À l’UIMM, nous sommes et nous serons très mobilisés pour accompagner nos entreprises. Nous devrons continuer à construire notre pacte social et aboutir sur les dossiers qui nous restent en attente", ajoute Hubert Mongon.

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Evelyne Orman, journaliste