Politique de cookies
Le groupe AEF info utilise des cookies pour vous offrir une expérience utilisateur de qualité, mesurer l’audience, optimiser les fonctionnalités et vous proposer des contenus personnalisés. Avant de continuer votre navigation sur ce site, vous pouvez également choisir de modifier vos réglages en matière de cookies.
Politique de protection des données personnelles

Service abonnements 01 83 97 46 50

Revenir en haut de la page
Home| Social / RH| Fonction publique| Dépêche n°625245

"Nous manquons de personnels dans les métiers du grand âge et de la santé" (F. Lancestremère, DRH de la Ville de Paris)

"Nous manquons clairement de personnels dans certains métiers, en premier lieu ceux liés au grand âge, à la santé et à l’aide à l’enfance", déclare Frédérique Lancestremère, DRH de la Ville de Paris, dans une interview accordée à AEF info le 31 mars 2020, à propos de la crise sanitaire liée au Covid-19. La municipalité, dont 5000 agents sont mobilisés sur les missions essentielles  a lancé un appel aux volontaires pour renforcer les équipes qui assurent les services publics essentiels. Interrogée sur le manque d’équipements de protection des agents, la DRH assure que ceux qui sont en contact avec le public disposent de masques chirurgicaux et de gel hydroalcoolique, mais reconnaît une pénurie de masques FFP2 plus protecteurs. Elle revient également sur la prime exceptionnelle qui sera versée aux personnels les plus exposés et sur la sortie de crise.

Pour Frédérique Lancestremère, DRH de la Mairie de Paris, la gestion des promotions internes et des recrutements va être un des défis de l'après-crise. © David Marmier

AEF info : Deux semaines après le début du confinement de la population décidé par l'exécutif, quelle est la situation dans les services de la Ville de Paris ?

Frédérique Lancestremère : Nous avions anticipé la situation avec nos plans de continuité d’activité élaborés par direction, même s’ils n’étaient pas parfaits. Dès la fin février, nous avons été très prudents en "écartant" 200 agents ayant des pathologies chroniques et qui habitaient dans l’Oise, l’un des premiers foyers de contagion en France. Depuis le 17 mars, la plupart de nos bâtiments administratifs sont fermés et 10 000 agents sur les 52 000 que compte la collectivité ont été placés en télétravail. Nous appliquons un confinement très strict.

Sur le terrain, ce sont 5 000 agents qui sont mobilisés actuellement chaque jour pour assurer les missions essentielles pour les usagers. Il s’agit en premier lieu de l’aide sociale à l’enfance, des Ehpad et des centres de santé (1 300 personnes), de la propreté (un millier d’agents) ainsi que des écoles et des crèches accueillant les enfants de soignants et, désormais, des personnels du ministère de l'Intérieur (550 agents) (lire sur AEF info).

Cela ne devrait d’ailleurs pas nécessiter d’ouvrir de nouvelles structures. Les métiers de la sécurité, de l’état civil, liés aux cimetières et aux bains douches sont aussi sollicités. À partir de lundi, nous allons passer les 70 écoles encore ouvertes en format centres de loisir car il s’agit des vacances scolaires. Nous devrions avoir moins d’enfants à accueillir mais il est difficile de faire des évaluations précises car les parents peuvent se déclarer au dernier moment.

Par ailleurs, nous avons enregistré aux alentours de 300 cas confirmés mais ce chiffre  est probablement sous-estimé. Il est encore difficile d’avoir une vue précise de la situation. Nous déplorons trois décès d’agents qui souffraient de pathologies chroniques.

AEF info : Vous avez lancé dès le 18 mars un appel aux agents volontaires pour venir renforcer certains services. Pourquoi ?

Frédérique Lancestremère : De nombreux agents en autorisation spéciale d’absence nous ont indiqué spontanément qu’ils voulaient se rendre utiles. En outre, nous manquons clairement de personnels dans certains métiers, en premier lieu ceux liés au grand âge, à la santé et à l’aide à l’enfance. Entre les personnes qui doivent garder leurs enfants, celles qui sont malades, qui viennent de loin, les effectifs disponibles se sont réduits alors que les besoins sont conséquents. Les établissements de soin et les Ehpad privés font face aux mêmes problématiques que nous.

À ce jour, 1 800 agents ont répondu à notre appel, dont une partie sont des professionnels de la sphère sociale, ce qui est une bonne nouvelle. Des réaffectations d’agents sur ces missions sont aussi envisagées.

AEF info : Quels sont les agents qui pourront bénéficier de la prime exceptionnelle que vous avez annoncée le 30 mars (lire sur AEF info) ?

Frédérique Lancestremère : Tous ceux qui assurent l’une des fonctions vitales de la municipalité et qui sont venus travailler au moins un jour depuis le 17 mars sont concernés par la prime de 35 euros par jour travaillé. Il s’agit de tous les agents qui sont exposés au risque de contamination car ils sont en contact direct avec le public ou exercent sur l’espace public. Un cuisinier qui vient travailler dans un centre d’action sociale sera également éligible.

 

"Nous avons renforcé notre dispositif d’écoute téléphonique assuré par des psychologues pour soutenir les agents"

 

C’est un moyen pour nous de reconnaître leur engagement. Le versement devrait être effectué dès les paies du mois d’avril sous forme de complément au régime indemnitaire. S’agissant des télétravailleurs, nous verrons ultérieurement comment les récompenser.

Parallèlement, nous avons renforcé notre dispositif d’écoute téléphonique assuré par des psychologues pour soutenir les agents qui en auraient besoin en cette période difficile. Pour répondre aux questions liées au coronavirus et aux ressources humaines, nous avons créé une ligne téléphonique dédiée aux agents, à partir du numéro 3975. 

AEF info : Plusieurs syndicats déplorent le manque d’équipements de protection dans certains services qui mettrait en danger la santé des agents…

Frédérique Lancestremère : Des plaques de protection transparentes ont été mises en place dans tous les lieux d’accueil du public et il n’y a plus de problème de gel hydroalcoolique. Nous avons aussi mis en place un nettoyage renforcé des locaux mais nous ne savons pas encore quel type de produit utiliser pour que ce soit le plus efficace. Nous attendons les préconisations des autorités sanitaires.

Les agents en contact avec les publics et les éboueurs ont à disposition des masques chirurgicaux anti-projection. Ces derniers ne sont toutefois pas les plus exposés, comme l’a indiqué récemment l’Anses. En revanche, il est vrai que nous manquons de masques FFP2 qui étaient destinés aux agents les plus exposés comme ceux de la santé et de l’aide à l’enfance. Notre stock a été réquisitionné par l’État mais nous en avons commandé trois millions il y a plusieurs jours.

AEF info : Avez-vous prévu de modifier les règles de prise de congés pendant les prochains mois ?

Frédérique Lancestremère : La maire de Paris ne souhaite pas obliger les agents à poser des congés à une date donnée. Toutefois, nous aurons besoin de gens disponibles une fois la période de confinement passée, donc nous avons décidé que les agents ne pourront pas annuler leurs congés déjà posés. Ces derniers avaient jusqu’au 31 mars pour écluser leurs congés acquis au titre de l’année 2019. Les agents mobilisés sur des missions essentielles pourront, eux, être contraints de les reporter pour garantir la continuité de service.

AEF info : Comment envisagez-vous la sortie de crise ?

Frédérique Lancestremère : D’un point de vue RH, nous sommes au début des difficultés. Il va falloir rattraper en quatre mois l’année entière en matière d’organisation des examens professionnels, des concours et des recrutements. Tous les organisateurs de concours vont vouloir réserver les salles à la rentrée, en même temps. Nous devons anticiper cela. Nous avons demandé au ministère [de l’Action et des Comptes publics] une simplification des modes de promotion à titre exceptionnel. L’idée serait de supprimer les examens professionnels cette année en les remplaçant par des promotions au choix. Nous attendons sa réponse.

Fermer
Bonjour

Vous souhaitez contacter

Florianne Finet, journaliste