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Journal de crise : comment s’organisent l'accompagnement social et le suivi sanitaire des étudiants isolés ? (épisode 5)

Alors que 34 % des étudiants sont restés dans les résidences Crous et que les organisations étudiantes craignent que se renforcent les situations de précarité et de détresse, comment s’organise leur suivi sanitaire et social ? Recensement des étudiants, déblocage d’aides, soutien alimentaire : universités, Crous et SSU sont à pied d’œuvre. La ministre de l’ESRI a annoncé 10 M€ supplémentaires pour les aides d’urgence et invité les établissements à mobiliser la CVEC, mais l’Unef juge les montants trop faibles, tandis que la CPU alerte sur le fait qu’une part de la taxe a déjà été fléchée voire dépensée. Voici l’épisode 5 de l’enquête au long cours menée par les équipes d’AEF info sur la gestion de la crise sanitaire dans l’enseignement supérieur (1).

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Le Crous d'Amiens distribue aux étudiants restés confinés dans leur chambre universitaire des denrées alimentaires issues des Restos U, qui avaient eu l'obligation de fermer. MaxPPP - Gauthier LECARDONNEL

Plus de deux semaines après le début du confinement, les étudiants les plus précaires, qu’ils soient restés en résidence universitaire ou dans le parc privé, se retrouvent parfois dans une situation difficile. À l’isolement s’ajoutent des problèmes financiers et des difficultés pour se restaurer. "Il est vrai que la situation s’est aggravée, avec notamment la perte de jobs pour les étudiants, ou de leur gratification de stages", commente Agnès Bégué, DG du Crous Lorraine.

Phoning, formulaires et porte à porte, pour Recenser les étudiants précaires et isolés

Pour assurer leur suivi, Crous et établissements se sont donc attelés à affiner le recensement de ces étudiants. Concrètement, cela passe par "du phoning, du porte à porte, l’affichage des adresses et numéros de contact dans les résidences, ou encore l’organisation de manifestations conviviales à distance", énumère la présidente du Cnous, Dominique Marchand. Ces contacts visent notamment à "s’assurer qu’ils ne sont pas isolés".

Plusieurs universités comme Angers ou Nanterre ont lancé des campagnes de contact par SMS : une méthode nouvelle qui implique de mobiliser des personnels pour "répondre aux étudiants et analyser les situations", et demande donc des moyens, précise Alexane Riou, directrice de cabinet à Nanterre.

un questionnaire à amu, une enquête en ligne À Rennes-II

D’autres universités ont diffusé des questionnaires par mail. AMU a ainsi obtenu 30 000 réponses sur ses 53 000 étudiants de licence et de master, précise le VP formation Lionel Nicod. "Mais c’est encore trop parcellaire, on va faire partir des SMS pour essayer de toucher ceux qui n’ont pas répondu, en particulier les plus précaires, moins connectés", précise Jean-Louis Moro, vice-président à la vie des campus. Parmi ceux qui ont répondu, "plus de 900 ont demandé à être contactés par un médecin ou un psychologue, 450 souhaitent être joints par la mission handicap, et plus de 1 500 ont besoin d’une aide sociale. Puis, quand on rentre dans le détail de leurs besoins, on se rend compte qu’ils sont multiples", indique Jean-Louis Moro.

Une enquête en ligne lancée par Rennes-II montre quant à elle que plus de 50 % des étudiants interrogés (2) déclarent des difficultés, notamment scolaires (35 %), psychologiques (27 %), pratiques (17 %) et financières (14 %).

Légère baisse des étudiants restés en résidence

 

"Actuellement, on compte 59 000 étudiants restés dans les logements du Crous, soit 34 % des résidents", explique Dominique Marchand. Dans certains Crous, on observe d’ailleurs une baisse du nombre de résidents sur les dernières semaines : à Paris, par exemple, le taux d’occupation est passé de 50 à 46 % en une semaine, précise Simone Bonnafous, rectrice déléguée à l’ESRI pour la région académique ; au sein du Crous de Lorraine, depuis le début du confinement, le taux est passé de 60 % à 42,3 %, tandis qu’à Grenoble, on recense 41 % d’étudiants restés sur site, contre 58 % la semaine passée.

Aides d’urgence : des Inconnues concernant la part de la CVEC restant mobilisable

Une fois le contact établi avec les étudiants, de quelles aides pourront-ils bénéficier ? La ministre Frédérique Vidal a d’ores et déjà annoncé 10 M€ supplémentaires pour les aides d’urgence des Crous, aujourd’hui "encore trop méconnues" – et donc peu utilisées (lire sur AEF info). Autre levier déployé : la CVEC (contribution de vie étudiante et de campus). Le MESRI a demandé aux établissements d’enseignement supérieur de la mobiliser, précisant qu’elle est cette année dotée d’un "budget de 139 M€".

Mais quelle part de cette taxe reste effectivement mobilisable, alors que l’année universitaire est déjà bien entamée ? Difficile de le dire, le ministère et les établissements n’ayant pas affiné ce calcul, précise à AEF info Philippe Vendrix, président de la commission vie étudiante et vie de campus de la CPU, également à la tête de l’université de Tours.

"Les universités n’auront pas nécessairement les moyens de tout financer" (P. Vendrix)

Si ce dernier loue le principe de mobiliser ces montants dans la période actuelle, il juge que "le ministère n’a peut-être pas mesuré l’ampleur des besoins des étudiants". "Les établissements auront la capacité de traiter les demandes mais pas nécessairement les moyens de tout financer, avec le risque de créer une frustration", dit-il. "Il va falloir renégocier la ventilation de ces crédits en interne, mais nous ne pourrons par exemple pas réattribuer les montants déjà fléchés sur le FSDIE et la santé étudiante", prévient Philippe Vendrix.

C’est notamment le cas à l’université Paris-Nanterre : "Le ministère nous en demande beaucoup avec des fonds que nous n’avons pas ou qui ont été en partie utilisés", précise Alexane Riou, directrice de cabinet du président. "Même en mobilisant les 700 k€ restants pour cette année (sur 1,9 M€), nous n’y sommes pas !" La directrice de cabinet, contrainte de "solliciter une aide extérieure", multiplie les appels auprès de partenaires privés et de collectivités, via la fondation de l’université.

Côté Crous également, les fonds CVEC ont déjà été en partie engagés. Dominique Marchand souligne cependant qu’il reste "des reliquats de recettes non dépensées" en raison des notifications tardives de l’an passé.

500 000 € déjà déployés à Lille, 150 000 € à Angers

Malgré les alertes, plusieurs établissements et Crous ont déjà mobilisé une partie de leur CVEC pour aider les étudiants précaires. Christian Roblédo, président de l’université d’Angers, précise que depuis le début du confinement, "une quinzaine de dossiers d’aide sociale ont été étudiés chaque semaine" et ont "pour la plupart débouché sur une aide financière" et que "10 % de la CVEC va être utilisée pour les mesures sociales, soit environ 150 000 euros".

Nicolas Postel, VP de l’université de Lille, souligne pour sa part que l’établissement "verse 200 euros aux étudiants en difficulté, en réorientant l’utilisation du FSDIE", pour une première tranche d’aides s’élevant à 500 000 euros.

"C’est bien de pouvoir utiliser la CVEC de façon plus large, car cette crise va représenter un surcoût énorme pour l’université, à tous les points de vue", commente quant à lui Lionel Nicod, d’AMU. "Nous n’avons plus besoin de délibérer en CA pour accorder une aide de 300 euros à un étudiant, c’est une bonne chose car il est impensable d’attendre un mois que le FSDIE statue sur un étudiant qui a faim", souligne son collègue Jean-Louis Moro.

Aides d’urgence : "un montant largement insuffisant" (Unef)

"Ce ne sont pas 139 M€ qui restent dans les caisses des universités !", s’insurge quoi qu’il en soit Orlane François, qui redoute que les aides aux étudiants soient au final "très faibles". "Sans compter que dans la période, la médecine préventive est en première ligne et a besoin de moyens". Concernant les aides matérielles et financières qui seront versées pendant cette période, l’Unef note qu’il n’y a "aucun cadrage national, que ce soit en termes de montant ou de critères".

L’Unef juge elle aussi l’investissement sur les aides d’urgence "largement insuffisant", chiffrant qu’il pourra bénéficier "à 20 000 étudiants supplémentaires". "C’est positif mais malheureusement dérisoire compte tenu de l’ampleur du nombre d’étudiants en situation d’urgence". Par exemple, elle estime à "400 000" le nombre d’étudiants ayant perdu un stage gratifié. Orlane François souligne par ailleurs que le paiement du loyer à la fin du mois va constituer "un stress supplémentaire" : "On pousse le ministère pour qu’il y ait a minima une suspension du loyer dans les logements sociaux et un étalement du paiement des loyers".

"Aucun agent des Crous n’a fait valoir son droit de retrait" (D. Marchand)

 

Le fonctionnement des résidences est-il touché ? Parmi les personnels des Crous, "certains sont inquiets, d’autres pas. Il s’agit d’un ressenti personnel. En tout cas, aucun agent n’a fait valoir son droit de retrait et nous n’avons pas non plus eu à réquisitionner des personnels", précise la présidente du Cnous, Dominique Marchand, insistant sur "l’engagement et la motivation des personnels". Elle assure de "la vigilance du réseau quant à leur sécurité" : "Les personnels ont ainsi été formés aux gestes barrières, ils font le ménage à heures fixes pour ne pas croiser beaucoup d’étudiants, des roulements ont été organisés et les agents peuvent bénéficier d’un masque chirurgical par jour et de gel hydroalcoolique.

Hüseyin Ozdemir, élu CGT-Crous au CA du Cnous, juge que "les personnels travaillant en résidence sont plus exposés". Il regrette qu’ils ne disposent que d’un masque par jour, ce qui n’est "pas suffisant". "Des personnels ont dû nettoyer des chambres où avaient séjourné des étudiants malades et ils n’avaient pas de combinaison. Certains collègues ont peur", raconte-t-il. "Par rapport au contexte actuel et à notre travail en résidence, on devrait avoir une dérogation permettant de ne pas travailler si l’on craint pour notre vie", estime-t-il. "Nous avons répondu présents pour assurer la continuité du service public, mais en retour, nous voulons un engagement de l’État vis-à-vis de nous, une reconnaissance de notre travail, ce qui passe par plus de soutien humain, professionnel et budgétaire."

Simplifier les demandes d’aide

Alors que les sollicitations des étudiants en difficulté financière sont en nette augmentation – hausse des contacts de 15 % au Crous de Paris ; doublement du nombre de dossiers présentés en commission d’attribution des aides du Crous de Montpellier –, le but est aussi de faciliter les procédures d’attribution. "Le Cnous travaille actuellement avec la Dgesip sur des modalités destinées à simplifier et automatiser le processus afin que les assistants sociaux n’aient à intervenir que sur les dossiers multifactoriels ou plus compliqués", précise ainsi Dominique Marchand.

Sur ce sujet, Denis Lambert, DG du Crous de Paris, précise avoir "d’ores et déjà pris des mesures pour simplifier les demandes urgentes, au travers de délégations pour que les assistants sociaux puissent agir rapidement, avec des contrôles a posteriori. Nous avons également mis en place une seule et même adresse mail pour les demandes d’aide", poursuit-il.

Des universités font de même, comme Aix-Marseille Université qui communique désormais une seule adresse mail et va lancer une application pour les demandes d’aide urgentes.

Un Soutien alimentaire via des cartes prépayées et des aides associatives

Dans la période d’urgence liée au covid-19, le soutien n’est pas que financier mais également matériel et alimentaire, alors que les restaurants universitaires ont fermé. "Beaucoup d’étudiants utilisaient la restauration universitaire et s’en trouvent désormais privés. Pour eux, s’alimenter dans la période peut représenter un surcoût important", explique Orlane François, présidente de la Fage.

Éric Berton, président d’Aix-Marseille Université, reconnaît que "sur les 3 000 étudiants encore présents sur les résidences universitaires des campus d’AMU, certains ont des difficultés pour s’alimenter". "Des enseignants nous ont dit qu’ils étaient prêts à aller leur livrer des pâtes si rien n’était fait pour eux. Nous avons donc commencé à distribuer des paniers contenant des rations alimentaires pour huit jours, avec la Banque alimentaire", explique Lionel Nicod, VP formation. Sur ce dossier, l’université a reçu le soutien financier des villes de Marseille et d’Aix-en-Provence, de la métropole et de la région Paca. Elle pense ainsi pouvoir livrer un millier de paniers dès cette semaine, puis monter en puissance dès la suivante.

Autre exemple : l’université d’Angers qui, à la fin mars, avait distribué 300 repas en partenariat avec le Secours populaire et le Crous.

des soutiens alimentaires distribués directement en résidence

Aix-Marseille Université envisage aussi de fournir des cartes alimentaires, ainsi que pour s’équiper en informatique. "Il ne faudrait pas que l’aide financière qu’on donnerait à un étudiant pour acheter un ordinateur soit finalement récupérée par la banque pour combler le découvert du compte", explique cependant Jean-Louis Moro. À cet effet, l’université est en discussion avec les groupes de la grande distribution.

Dominique Marchand rappelle que le réseau des Crous a renforcé le soutien alimentaire auprès des étudiants, via les e-cartes (autrement dit des bons d’achat d’une cinquantaine d’euros valables dans des enseignes de grande distribution), mais aussi des soutiens alimentaires distribués directement dans les résidences. "Je me suis par exemple rendue dans une résidence à Montpellier où le DG organise des distributions de riz aux résidents tous les deux jours. Des initiatives d’opérateurs associatifs commencent à émerger et ils proposent de venir donner de la nourriture aux résidents, comme la Banque alimentaire qui leur apporte des sandwiches ou des salades notamment."

Montpellier : près de deux tonnes de riz achetés par le Crous

Pierre Richter, DG du Crous de Montpellier, indique ainsi que "les 750 e-cards" commandées par l’établissement auprès d’un groupe de grande distribution "vont très vite arriver à épuisement", ajoutant qu’un nouveau marché de 150 000 € a été passé. Pour rappel, l’établissement avait initialement mobilisé 35 000 € pour répondre à l’urgence (lire sur AEF info). Il précise aussi que le Crous de Montpellier a acheté près de deux tonnes de riz pour les distribuer aux étudiants restés dans les chambres universitaires auxquelles s’ajoutent 200 kg de denrées alimentaires donnés par la Banque alimentaire.

Mais cette organisation pour répondre aux urgences tiendra-t-elle sur la durée, la reprise des activités normales des Crous et des établissements d’enseignement supérieur n’étant pas encore à l’ordre du jour ? Surtout, les aides seront-elles à la hauteur des besoins ? "Le cabinet de Frédérique Vidal nous a indiqué qu’il serait éventuellement possible de réabonder les financements, en fonction des besoins", rassure Orlane François de la Fage.

Un renforcement du suivi sanitaire et psychologique

Outre les aides financières et alimentaires, les établissements sont également mobilisés pour assurer le suivi sanitaire et psychologique des étudiants, alors qu’un décret, publié il y a quelques semaines, étend les missions des SSU (lire sur AEF info)  : "Ce texte est important, notamment pour les services qui ne sont pas centres de santé, qui peuvent donc agir et prescrire sans risquer d’être poursuivis pour exercice illégal de la médecine", commente Laurent Gerbaud, président de l’association des directeurs de service de santé universitaire. À Paris, par exemple, le Crous a mis en place un dispositif répartissant les étudiants logés dans ses résidences "entre les deux centres de santé universitaire de l’université de Paris et de Sorbonne Université, auxquels ils peuvent s’adresser", indique Denis Lambert, DG du Crous de Paris.

Laurent Gerbaud précise par ailleurs que "tous les SSU fonctionnent : la moitié à distance, souvent car leurs locaux se trouvaient au sein de bâtiments qui ont fermé (présidence, par exemple), l’autre moitié propose en plus de la télé-consultation un accueil physique”. De plus, si certains SSU sont "débordés, comme en Alsace", "la situation est calme, car beaucoup d’étudiants sont rentrés dans leurs familles”. "Mais pour nous, l’un des principaux problèmes est le manque d’équipement dont disposent les SSU (masques périmés, manque de gants et de surblouses), nos structures n’étant pas vues comme prioritaires", poursuit-il. Sur ce sujet, "certains SSU ont largement été oubliés par les ARS, qui ne les ont pas identifiés comme des structures à renforcer”, précise Laurent Gerbaud.

le suivi psychologique

Au-delà des malades du Covid-19, Orlane François alerte sur le suivi psychologique des étudiants, jugeant qu’il va falloir "renforcer les moyens, à destination des étudiants isolés mais également des étudiants en santé, mobilisés dans les hôpitaux et qui doivent faire face à des situations auxquelles ils n’étaient pas préparés". Laurent Gerbaud souligne que ce sujet pourrait prendre de l’ampleur : "Rien n’est clair sur la question des dates d’examens, les stages et d’autres sujets. Pour les étudiants, cette situation est anxiogène", rappelant que les SSU ont en leur sein des bureaux d’aide psychologique qui proposent des consultations téléphoniques. Côté Crous, les consultations à distance ont été renforcées, tandis que certains établissements, comme l’UGA, font appel à des associations pour accompagner les étudiants sur ce plan (lire sur AEF info).

En outre, le MESRI, la CPU, le Cnous et l'association Nightline viennent de lancer un site donnant "des conseils clés pour prendre soin de sa santé mentale lorsqu’on est étudiant, ainsi que des conseils spécifiques destinés aux étudiants en santé pour gérer angoisse et fatigue". Le site recense également "les services de soutien psychologique destinés aux étudiants par académie, ceux destinés aux étudiants en filière santé, ainsi que les services d’écoute disponibles dans toute la France par thème".

(1) Depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19, toutes les équipes d’AEF info, à Paris et en région, mènent un suivi au long cours des actions et des réflexions d’une trentaine d’établissements partout en France, en interrogeant semaine après semaine plusieurs interlocuteurs, pour la plupart récurrents.

(2) 3 468 étudiants ont répondu, soit environ 16 % des effectifs de l’université.

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Gwénaëlle Conraux, journaliste