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"La continuité pédagogique est assurée ; c’est sa qualité qu’il faut interroger" (doyens des inspecteurs, Rennes)

"Il y a eu quelques tâtonnements au départ, mais aujourd’hui on peut dire que la continuité pédagogique est assurée", affirme Yves Peuziat-Beaumont, doyen des IA-IPR, le 24 mars 2020. "Désormais, c’est sa qualité qu’il faut interroger. Que doit-on donner à faire à ses élèves ? Comment s’approprier des savoirs ? Profitons de ce temps très particulier pour réfléchir et gagner en qualité dans les pratiques didactiques et pédagogiques". Avec Frédéric Bodin, doyen des inspecteurs du 1er degré, il souligne deux "points de vigilance" : la question de l’emploi du temps et la fatigue.

"Des activités différentes peuvent être proposées", estime Frédéric Bodin, doyen des inspecteurs du 1er degré de l'académie de Rennes. "Des activités ludiques, éducatives, qui peuvent pour certaines se faire en famille..." Pixabay - © Image by Mojca JJ - Pixabay

"La continuité pédagogique, c’est une question de temps", estime Yves Peuziat-Beaumont, doyen des IA-IPR de l’académie de Rennes. "Dans un premier temps, l’important était de garder le contact avec les élèves. Ensuite, progressivement, les choses vont s’enrichir." Pour "garder le contact", l’académie de Rennes dispose d’un élément central : son ENT académique Toutatice. Il permet d’accéder à différents outils, services ou ressources, tels que Moodle, Pronote, Eduscol, etc. Dans une note diffusée à tous les établissements, le rectorat rappelle que grâce à l’ENT, les enseignants doivent pouvoir "répondre aux objectifs pédagogiques des apprentissages" : proposer des supports de travail et donner des consignes, suivre et accompagner le travail, permettre la collaboration entre élèves, mettre à disposition des ressources diverses, accéder aux ressources du Cned.

Bonne volonté et créativité

"Les retours que nous avons des chefs d’établissements, c’est que c’est parti !", rapporte à AEF info Yves Peuziat-Beaumont. "Oui, il y a eu quelques tâtonnements au départ, des problèmes d’outils ou des surcharges de plateformes, mais aujourd’hui on peut dire que la continuité pédagogique est assurée. Dans certains cas, ce sont les élèves qui ont pris la situation en main, face à des enseignants démunis : les outils ne sont pas toujours RGPD-compatibles, mais au moins le lien n’est pas rompu." Frédéric Bodin, doyen des inspecteurs du 1er degré, renchérit : "Dans le 1er degré, les enseignants ont peut-être moins l’habitude des ENT, mais on voit beaucoup de bonne volonté et de créativité. C’est parfois du système D… Mais ça marche ! "

Dès le 16 mars, les inspecteurs du second degré de l’académie de Rennes ont élaboré une note à l’attention des enseignants, intitulée "Enseigner et apprendre à distance – Quelques pistes". Cette note rappelle qu’au collège et au lycée, la continuité pédagogique a pour but "de permettre aux élèves de continuer à apprendre, à construire des connaissances et des compétences, en cohérence avec leur niveau de scolarisation". "Vous pouvez vous autoriser à faire des choix liés aux spécificités de l’enseignement à distance", précise cependant la note. Les inspecteurs insistent également sur les questions d’autonomie dans les apprentissages, et de structuration de l’enseignement, notamment pour les élèves fragiles.

Une pédagogie propre au travail là distance

"Il faut rendre les activités plus explicites, pour qu’elles puissent être réalisées en autonomie", explique Yves Peuziat-Beaumont. "L’activité doit être structurée : expliciter les outils et les ressources à mobiliser. Il faut aussi penser l’accompagnement des activités : donner des consignes, proposer aux élèves un plan de travail avec des points d’étape, des espaces d’échange et de mutualisation (forum, chat…), proposer des moments de synthèse, avec des traces concises et claires, etc."

Pour le doyen des inspecteurs du second degré, "il faut vraiment s’interroger sur une pédagogie propre à ce travail à distance". "Maintenant que la continuité pédagogique est assurée, c’est sa qualité qu’il faut interroger. Que doit-on donner à faire à ses élèves ? Comment avancer dans les programmes ? Comment s’approprier des savoirs ? Profitons de ce temps très particulier pour réfléchir et gagner en qualité dans les pratiques didactiques et pédagogiques", poursuit-il.

Des groupes de travail réunissant notamment des inspecteurs vont être mis en place pour travailler sur ces questions. L’une d’entre elles revient souvent : celle de l’emploi du temps. "Comment gérer l’emploi du temps de l’élève à distance ?" s’interroge Yves Peuziat-Beaumont. "Un professeur de mathématiques qui voyait ses élèves le lundi matin ne peut pas leur envoyer le travail le lundi matin et leur demander un retour en fin de matinée. Car l’élève ne disposera peut-être pas d’un ordinateur à ce moment précis, ou ne sera pas forcément dans une situation favorable au travail à ce moment-là…" Pour Frédéric Bodin, il est important de prendre en compte la situation familiale de l’élève : "Certains parents télé-travaillent, d’autres sont plus disponibles, certains sont en mesure d’aider leurs enfants, d’autres ne le sont pas… Il est important de réfléchir à ce qui faisable seul ou pas."

Préserver des moments de respiration

Frédéric Bodin estime que pour les élèves du premier degré, "une demi-journée peut être consacrée au travail scolaire, avec des activités sur les fondamentaux (lecture, écriture…) en veillant à organiser des plages de travail pas trop longues". "Ensuite, d’autres activités peuvent être proposées : des activités ludiques, éducatives, qui peuvent pour certaines se faire en famille", ajoute-t-il. "Il est important de poser ces temps, quand c’est possible, et de préserver des moments de respiration."

Les doyens rappellent que la fatigue peut vite s’installer, "en lien avec les conditions de vie, le confinement, le manque de rituels". "Il ne faut pas apporter trop de ressources d’un coup, submerger les élèves, mais aussi les enseignants, d’informations ou de ressources. Il faut prendre le temps de réfléchir, de s’interroger sur ce qu’est la progression dans les apprentissages, sur l’acquisition des compétences ou des connaissances, sur l’appropriation des savoirs".

Espaces de mutualisation pour les enseignants

Les doyens travaillent avec le délégué académique à la pédagogie et la déléguée académique au numérique, en lien avec différents groupes de travail, à la structuration d’espaces de mutualisation, où les enseignants peuvent partager leurs pratiques, mettre à disposition des ressources. "Il existe déjà des espaces de ce type ; ne les multiplions pas, conseille Frédéric Bodin. Structurons-les pour éviter de créer de la confusion."

Dernier point d’attention pour les doyens : les élèves "les plus fragiles", "socialement, familialement ou scolairement". "Il faut veiller à ne pas aggraver les difficultés en cette période", insistent-ils.

MATERNELLES : DES PROPOSITIONS D’ACTIVITÉS HEBDOMADAIRES


Les IEN pré-élémentaires des quatre départements de l’académie de Rennes produisent chaque semaine des fiches, avec l’appui des conseillers pédagogiques départementaux, à destination des enseignants de maternelle, qui peuvent les utiliser selon leurs besoins. Elles comprennent par exemple un emploi du temps type (avec des temps de travail différents selon les âges : 5 à 10 minutes par activité pour les élèves de petite section, jusqu’à 20 minutes pour les plus grands), et des propositions d’activités : comptines, lecture d’albums, jeux mathématiques etc. Il est également rappelé, pour les parents, l’importance "de parler avec son enfant tout au long de la journée, pendant les jeux, la toilette, l’habillage, les repas, les activités, les lectures, en nommant et/ou utilisant un vocabulaire précis".


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Diane Scherer, journaliste