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Coronavirus : les salariés contraints de se rendre au travail partagés entre inquiétude et conscience professionnelle

Ils sont salariés d’une agence bancaire, d’un commerce spécialisé ou d’une entreprise industrielle, postier, technicien de maintenance ou encore présentateur télé. Malgré la restriction des déplacements imposée par le gouvernement depuis le 17 mars 2020 en vue de limiter la propagation du coronavirus, ils continuent de se rendre chaque jour sur leur lieu de travail. Comment vivent-ils cette situation ? AEF info leur a posé la question. Voici leurs témoignages.

Dans les bureaux de poste, les salariés tentent de réguler le flux pour limiter le risque d'exposition au coronavirus MaxPPP - PHOTOPQR/LA PROVENCE/SPEICH

"Nous avons fait un choix très important, celui de maintenir une activité économique, même réduite", déclarait Bruno Le Maire à la presse, mardi 17 mars 2020, premier jour de restriction des déplacements sur le territoire national. "Nous voulons garantir la sécurité de l'approvisionnement, la sécurité énergétique, la sécurité de la gestion des déchets." Pour cela, les salariés des secteurs concernés doivent continuer à travailler, y compris s'ils doivent pour cela se déplacer.

Le ministre de l'Économie l'a d'ailleurs redit clairement le lendemain : il "invite tous les salariés des entreprises qui sont encore ouvertes, des activités qui sont indispensables au fonctionnement du pays, à se rendre sur leurs lieux de travail". Si le gouvernement demande aux employeurs concernés de respecter strictement les consignes de sécurité sanitaire pour limiter la propagation du coronavirus, les salariés ne sont pas toujours rassurés de devoir se déplacer.

Voici les témoignages de quelques-uns de ces travailleurs contraints de se rendre sur leur lieu de travail, recueillis, sous couvert d'anonymat, par la rédaction d'AEF info.

"J'ai l’impression d’avoir deux vies" (V., salarié d'une entreprise industrielle)

"J’ai l’impression d’avoir deux vies : l’une où il faut que je sois vigilant pour ne pas être un vecteur de propagation, et l’autre, en entreprise, où tout cela vole en éclats et est décliné de manière minimaliste. On nous suggère de ne pas avoir plus de cinq contacts par jour, pour éviter la propagation du virus. Mais quand on va au travail, on n’a pas fait dix mètres que les cinq contacts, on les a déjà eus. Je ne suis pas serein du tout.

Je travaille dans un service de support à une ligne de production, où on alterne télétravail et présentiel. Moi, par exemple, je travaille en entreprise trois jours par semaine. Avec le télétravail, les espaces sont moins peuplés, mais les contacts se font quand même pour les besoins du travail. Dans les services support, comme le mien, les masques ne sont pas fournis, certains salariés en ont à titre personnel. Il y a très peu de gel hydroalcoolique, dans beaucoup de zones il n’y en a plus. Il en reste uniquement dans les zones d’entrée et sortie. Pour les bureaux, il y a un service de nettoyage, mais il n’est pas systématique. Globalement, les salariés respectent les consignes, mais dans certains postes et pour certaines activités, notamment en production, la distance d’un mètre paraît difficile à appliquer systématiquement.

 

"Je ne pense pas que ma tâche justifie que je me rende au travail"

 

Sur les cas avérés de Covid-19, nous avons des informations contradictoires, et cela finit par alimenter la psychose. D’un côté l’entreprise affirme qu’il n’y a pas de cas avéré, mais d’un autre côté, nous savons que certains salariés ont été renvoyés chez eux, en mesure préventive. L’entreprise devrait communiquer clairement sur le nombre de salariés renvoyés, et expliquer pourquoi.

Je ne pense pas que ma tâche justifie que je me rende au travail. Il n’y a pas grand intérêt à continuer à produire en cette période. Je pense qu’il faudrait fermer les secteurs non essentiels, qui drainent du personnel dans un contexte où on est contrôlés dans la rue à chaque déplacement. J’aurais aimé que mon entreprise permette à tous les salariés de se confiner. Parce que je suis inquiet, je vais exercer mon droit de retrait."

"Je ne me voyais pas refuser de venir travailler" (F., salariée dans un commerce de fournitures de bureau)

"Nous sommes ouverts tous les jours sauf le dimanche. Je trouve que c’est normal parce que, quelque part, on est essentiels. Les professionnels, même s’ils télétravaillent, ont besoin de cartouches d’encre et de ramettes de papier. Après, ça m’énerve, il y a des gens qui viennent qui n’ont rien à faire ici. Certains viennent faire des copies alors que ce n’est pas utile de les faire maintenant. D’autres, des personnes âgées, viennent faire des réserves de cartouches. Là, je me dis qu’on n’est pas essentiels, mais on ne refera pas les Français, ils ne sont pas toujours disciplinés...

 

"Les clients qui passent en caisse sont à moins d’un mètre de nous"

 

La semaine prochaine, on ouvrira le matin seulement. Je serai mise au chômage technique avec les deux autres salariés. Le responsable du magasin ouvrira seul le matin et il fera les livraisons l’après-midi. Je préfère autant. Je crois qu’on est tous pareils : on n’a pas trop envie d’aller travailler et de s’exposer. Surtout que, ici, nous n’avons mis en place aucune règle particulière. Les clients qui passent en caisse sont à moins d’un mètre de nous et, même si on a des masques et du gel hydroalcoolique, on n’est pas à l’abri.

Je ne me voyais pas refuser de venir travailler. Dans la boîte où j’étais avant, si on refusait de travailler le dimanche, on nous le faisait payer en nous refusant les congés aux dates qu’on demandait. Quand on a connu un contexte comme celui-là… Et puis là, j’ai 56 ans et je n’ai pas envie que ça se passe mal, on n’est que quatre, c’est une petite structure."

"Les gens ont besoin de nous" (A., postier)

"C’est angoissant. Dans le bureau de poste où je travaille, nous avons pris des mesures draconiennes, au-delà des recommandations données par la direction. Quand nous arrivons le matin, avant d’ouvrir, nous nettoyons tout : les stylos, les distributeurs d’argent, les comptoirs. Et nous nettoyons après chaque client, ce qu’ils ont touché, là où ils se sont accoudés. Nous disposons de quelques paires de gants, et de gel hydroalcoolique. Les colis sont déposés dans des bacs pour éviter les contacts. Nous avons aussi mis des barrières à l’extérieur pour filtrer les gens et les faire entrer un à un. Deux agents de sécurité sont postés à l’entrée. Nous avons disposé des traces au sol pour qu’une distance d’1,50 m soit respectée entre les personnes. Malgré tout cela, nous sommes en stress, nous avons peur de rencontrer un client malade. Nous sommes une majorité de quinquagénaires...

 

"On fait bloc. Même nos encadrants sont sur le terrain"

 

Les clients ne sont pas trop nombreux, nous arrivons à gérer le flux pour le moment. Mais je me demande comment nous allons faire le 6 du mois prochain, quand les allocataires vont se présenter, puis le 10 ou le 11 avec les retraités. Nous avons conservé des horaires normaux, sauf le soir où nous fermons une demi-heure plus tôt, mais nous avons réduit le nombre d’opérations réalisables. Les clients peuvent encore retirer de l’argent au guichet, mais tous les dépôts se font au distributeur. Et les conseillers financiers ne reçoivent plus.

Tous les jours, à la fermeture, nous débriefons avec le directeur, et avec les organisations syndicales. C’est aussi une manière de se rassurer. On fait bloc. Même nos encadrants sont sur le terrain. Nous sommes un service public, ces gens ont besoin de nous. Dans un bureau de poste, il y a des personnes qui viennent quotidiennement retirer 5 euros, c’est avec cela qu’elles vont vivre pour la journée. D’autres viennent tous les jours matin et après-midi parce que nous sommes leur seul lien social. Je suis un ancien, j’aime mon métier, je suis entré à La Poste pour l’humain avant tout."

"Parfois on se demande vraiment pourquoi on vient" (S., postier)

"Je travaille dans le bureau centre de mon secteur. La fermeture des autres bureaux du secteur a dégagé des ressources en personnel. Du coup, ma direction, de sa propre initiative, a aménagé nos emplois du temps de manière à ce que chacun ne travaille que deux jours par semaine, afin qu’on soit exposé le moins possible. Mais ça reste une atmosphère lourde. Jusqu’à présent, on n’avait pas de masque, on commence seulement à nous en livrer. Hier, j’ai travaillé à côté d’une collègue et partagé le même ordinateur. Ce matin, elle est absente parce que son mari est malade. On ne sait pas si c’est le coronavirus ou pas.

 

"Jusqu’à présent, on n’avait pas de masque, on commence seulement à nous en livrer"

 

Quant aux usagers, ils sont totalement indisciplinés. On a dû mettre des chaises dans la salle pour essayer de les obliger à respecter la distance de sécurité. Ils viennent pour un oui ou pour un non, ils veulent envoyer des colis qui pourraient attendre la fin de la crise. Nous avons demandé à la police de venir pour vérifier les attestations de clients. Beaucoup n’ont aucun motif impérieux d’être là, et dans ces cas-là, on se demande vraiment pourquoi on vient travailler."

"on aurait pu mieux s’organiser" (L., technicien de maintenance d'ascenseurs)

"J’entretiens et je répare des ascenseurs en région parisienne. Dans des écoles, des logements sociaux, des administrations, mais aussi de nombreux hôpitaux et maisons de retraite. Ce qui me surprend et me choque, c’est le peu de communication au niveau de ma boîte. On nous dit : 'Faites votre boulot', 'Allez au charbon' mais sans nous donner les moyens de nous protéger.

 

"Mercredi, j’ai réussi à avoir du gel et quelques paires de gants, grâce aux gars d’un PC sécurité qui m’en ont donné sous le manteau"

 

Lundi, j’ai eu le sentiment d’être livré à moi-même. Nous n’avons reçu aucune consigne, je ne savais pas si on maintenait l’activité. J’ai trouvé des gants dans une maison de retraite mais j’ai dû fouiller pour en trouver. Mardi, la direction nous a demandé de continuer à assurer notre service mais sans gant, sans masque, sans gel. Mon chef devait me donner des gants mais quand il est venu me voir, il n’en avait pas : il m’a seulement fourni des lingettes. Mercredi, j’ai réussi à avoir du gel et quelques paires de gants, grâce aux gars d’un PC sécurité qui m’en ont donné sous le manteau. C’est seulement jeudi que j’ai eu une dizaine de gants latex et quelques masques en tissu, même pas des FFP2.

Les hôpitaux et les maisons de retraite, qui représentent la moitié du parc d’ascenseurs dont j’ai la charge, sont étrangement calmes pour le moment. Il y a beaucoup moins de monde que d’habitude parce qu’il n’y a plus de visiteurs. Ils se préparent à affronter la vague dans les prochains jours. Dans certaines maisons de retraite, on a pris ma température, pour me renvoyer si j’avais de la fièvre : ils se protègent des visiteurs mais ça s’arrête là. Dans les hôpitaux, rien du tout.

Je préférerais être confiné chez moi parce que, sans sombrer dans la psychose, je sais qu’il y a une part de risque. Mais il faut continuer : impossible de laisser les ascenseurs hors service. Je comprends l’utilité, évidemment qu’on ne peut pas tout arrêter. Je n’y vais pas en me sentant forcé. J’ai reçu un mail ce matin, un autre hier où l’entreprise disait de maintenir toutes nos missions, même la maintenance préventive. Mais je me limite aux interventions d’urgence, pour ne pas prendre de risques inutiles. Je ne suis pas le seul à faire ça. La direction va s’en rendre compte parce que je pointe tout ce que je fais. Je ne crains pas les répercussions pour l’instant.

Je ressens un peu de colère envers le gouvernement et mon entreprise. Avant nous, il y a eu la Chine, puis l’Italie et l’Espagne. On ne peut pas dire qu’on a été surpris. J’ai le sentiment qu’on aurait pu mieux s’organiser et avoir les moyens de travailler en sécurité".

"Les gens viennent au boulot la boule au ventre" (T., chef d'équipe dans la sous-traitance automobile)

"Je travaille pour un équipementier automobile. Mon patron ne veut pas fermer la boîte, car on aurait des carnets de commandes à honorer ! Nous produisons à 30 % pour Peugeot, 30 % pour Renault, et le reste, pour des fabricants de pièces détachées. Mais tous les garages sont en train de fermer, et les grands groupes seront à l’arrêt cette fin de semaine. Pour notre employeur, il était hors de question de laisser les gens à la maison, de faire une demande de chômage partiel.

En début de semaine, aucune protection n’a été fournie aux salariés. Au service expéditions, les chauffeurs et les routiers rentraient sans précaution. Il n’y avait même pas de gel hydroalcoolique à l’entrée. Comme je suis chef d’équipe et délégué syndical, je suis intervenu. Une demi-heure après, le directeur a apporté une petite fiole d’à peine 100 ml. D’ailleurs, elle provenait d’un stock de la période H1N1, et était donc périmée. Une autre a été mise dans les bureaux. C’était franchement insuffisant.

Les agents travaillent l’un contre l’autre, il n’est pas possible de respecter une distance de 1 mètre ou 1,50 m. Au maximum, ils sont à 8 personnes sur la chaîne : les directeurs l’ont fait tourner une fois cette semaine, mardi matin. Après, ils ont cru résoudre le problème en passant à 4 sur la ligne. Mais cela ne change rien, les agents se retrouvent quand même l’un à côté de l’autre. Sur les petites chaînes, trois personnes travaillent côte à côte. Ils ont décidé de passer à une seule personne : bonne résolution !

 

"Cet après-midi, j’ai surtout géré ce stress. Il faut rassurer les gens. La direction, elle, reste dans son bureau."

 

Des masques ont été mis à disposition mercredi, pour rassurer ceux qui étaient un peu stressés, nous a-t-on dit. Ceux qui en veulent viennent les chercher auprès des chefs d’équipe. À raison d’un masque par jour et par personne. Mais ces masques antivirus ont une durée de vie de trois heures, et les employés travaillent huit heures. Personne n’est venu en chercher. Mais les gens ont peur, ils viennent au boulot la boule au ventre. Cet après-midi, j’ai surtout géré ce stress. Il faut rassurer les gens. La direction, elle, reste dans son bureau.

Mercredi, je suis allé voir l’un des dirigeants. Je lui ai suggéré d’aller voir les gens, et de fermer la boîte pour éviter de propager le virus. Il est allé dans l’usine, certains étaient à la limite de l’agressivité. Donc un CSE s’est tenu ce jeudi, à 13h. En amont, les dirigeants sont passés voir les salariés, et leur ont demandé s’ils acceptaient de venir travailler. Sur la soixantaine d’employés, 18 ont accepté. Résultat, l’entreprise compte faire une demande de chômage partiel pour ceux qui ne le sentent pas. Pour moi, c’est une décision irresponsable. L’employeur parle d’une situation financière fragile, mais la santé des ouvriers passe après. Moi en tout cas, je ne viens plus bosser demain, ni la semaine prochaine."

"On se demande pourquoi nous, on est là" (B., salarié d'une agence bancaire)

"Peu après l’intervention du président de la République annonçant le confinement, on a reçu un message nous disant qu’on devait tous être présents le lendemain en agence à l’ouverture. Il n’y avait pas d’ambiguïté. Mais à l’ouverture mardi matin, on n’avait pas d’information. On a ouvert sans masques ni gants. J’avais ramené de chez moi des gants en caoutchouc pour le personnel d’accueil, et un rouleau de gros scotch pour matérialiser la distance à respecter par les clients. Mais les clients ne respectent pas le marquage : déjà d’habitude, il y a une zone de confidentialité dans les banques, les gens ne la voient même pas. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais ils n’y font pas attention.

 

"Je ne crois pas que mon employeur ait pris la mesure du risque"

 

En milieu de matinée, la direction nous a demandé de fermer les agences. Tous les rendez-vous sont maintenus, mais par téléphone. Les rideaux des agences sont baissés, mais le principe est de rester accessible. Si un client se présente, on limite au maximum le contact : s’il vient pour une remise de chèque, on lui demande de déposer ses chèques dans la boîte aux lettres ; si c’est un client qui n’a pas de carte bancaire et qui vient pour un retrait d’espèces (c’est le cas par exemple de certaines personnes âgées), on lui recommande de retirer plus que d’habitude, pour éviter d’avoir à revenir. Mais on doit surtout être présents pour nos clients professionnels, là il y a une vraie nécessité.

Je ne crois pas que mon employeur ait pris la mesure du risque. Les messages que nous avons reçus appellent à la solidarité et à la responsabilité individuelles et collectives, mais c’est tout. On a reçu il y a une dizaine de jours un message nous demandant d’acheter du gel hydroalcoolique pour les équipes, mais il n’y en avait plus nulle part - et à ce moment-là on était encore ouverts. La direction est prise entre la protection des collaborateurs, l’impératif de continuité de service, et l’obligation de sécuriser l’activité de l’entreprise. Tout est très mouvant et évolue de jour en jour.

Dans les équipes, il y en a beaucoup qui n’ont pas le sentiment que leur présence soit très utile. On se demande pourquoi nous, on est là. Je préférerais être chez moi, clairement. Je fais très attention. J’ai des lingettes sur mon bureau, j’ai du gel hydroalcoolique, je me lave les mains très souvent. Le matin je désinfecte le distributeur avec une lingette. C’est certain que je prends plus de risques en étant ici que chez moi. Même si je sais que parmi ceux qui travaillent je ne fais pas partie de ceux qui prennent le plus de risques."

"On remplit notre mission de service public, même si on a peur" (A., présentatrice télé sur une chaîne publique)

"Au sein de la rédaction, nous avons eu de gros débats sur la justification de notre présence au travail. Tous les chroniqueurs sont en télétravail, confinés chez eux. Mais pour nous présentateurs, c’est compliqué de faire notre travail ailleurs qu’en régie. Ceux qui ont des personnes fragiles dans leur entourage sont confinés, ainsi que les journalistes qui sont rentrés récemment de Chine ou d’Iran. Mais moi, il n’y a pas de raison réelle de me confiner. Nous avons une mission de service public : on y croit et on le fait, même si on a peur.

Pour limiter les risques, la direction nous a demandé de changer de poste pour être plus éloignés les uns des autres, et a mis à disposition des lingettes désinfectantes et des distributeurs de gel hydroalcoolique un peu partout. La réunion de rédaction se fait par visioconférence, et nous avons allégé la grille de programmes pour proposer une sorte de service minimum.

 

"Le risque zéro n’existe pas, surtout dans un open space"

 

Mais au quotidien, les choses sont moins évidentes. D’un côté, il y a ceux qui respectent vraiment les consignes, qui sont plutôt inquiets, comme moi. Je viens avec un gant en éponge et mon propre produit désinfectant avec lequel je nettoie mon poste de travail, parce que les postes sont partagés. D’autres se sentent moins concernés ou oublient les consignes dans le feu de l’action. Dans l’ensemble, les consignes sont appliquées, mais le risque zéro n’existe pas, surtout dans un open space.

Je suis partagée entre deux sentiments : d’un côté, ça me fait du bien du bien de sortir, c’est un bol d’air, parce qu’à trois à la maison, en télétravail avec un jeune enfant, il y a vite des tensions. Mais je suis très angoissée quand j’arrive au travail, j’ai peur de ramener le virus à la maison."

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Alexandra Caccivio, journaliste