Politique de cookies
Le groupe AEF info utilise des cookies pour vous offrir une expérience utilisateur de qualité, mesurer l’audience, optimiser les fonctionnalités et vous proposer des contenus personnalisés. Avant de continuer votre navigation sur ce site, vous pouvez également choisir de modifier vos réglages en matière de cookies.
Politique de protection des données personnelles

Paramétrer Tout accepter

Service abonnements 01 83 97 46 50

Revenir en haut de la page
Home| Ville intelligente| Ville intelligente| Dépêche n°623851

Comment les transports urbains s’adaptent à l’épidémie de coronavirus

"La règle est désormais de limiter les déplacements au maximum pour freiner la diffusion du virus", rappellent, au lendemain du passage au stade 3 de l’épidémie de Covid-19, Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'État aux Transports. Les deux membres du gouvernement ont fait, dimanche 15, un bilan sur la situation dans les transports, notamment urbains. Si ces derniers sont maintenus, les opérateurs doivent toutefois faire avec un effectif réduit, et des usagers de moins en moins nombreux.

La RATP réduit ses prévisions de trafic pour mardi 17 mars, en raison des mesures liées au coronavirus. Unsplash - Photo by Dan Novac on Unsplash

Alors que le Premier ministre a annoncé, samedi 14 mars, le passage au stade 3 de l’épidémie de coronavirus, Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'État aux Transports, ont fait, dimanche 15, un bilan sur la situation dans les transports, notamment urbains.

"La règle est désormais de limiter les déplacements au maximum pour freiner la diffusion du virus", résument-ils. À ce stade, "les transports de plus longue distance entre agglomérations – par train, car et avions - seront progressivement réduits pour limiter la propagation du virus sur le territoire national". Mais "les transports de marchandises sont maintenus pour assurer le ravitaillement des commerces essentiels", de même que les transports en commun en agglomération, "pour permettre aux Français d’accomplir les déplacements strictement nécessaires". Les deux membres du gouvernement rappellent que "chacun doit renoncer aux déplacements non essentiels, renoncer aux déplacements d’agrément et n’avoir recours aux transports qu’en cas de nécessité, c’est-à-dire lorsque cela est lié à la santé, à l’alimentation et au travail", et que le télétravail doit être privilégié.

Reste que les opérateurs doivent composer avec les conséquences des mesures annoncées jusque-là pour contenir la propagation du virus, au premier rang desquelles la fermeture des crèches et établissements scolaires, qui contraint certains salariés à rester chez eux.

Droit de retrait à Bordeaux

Ainsi à Bordeaux, "suite aux mesures décidées par le président de la République qui impactent la disponibilité du personnel, le réseau TBM fonctionnera en service réduit à partir de lundi 16 mars". Des lignes de bus sont fermées, et les horaires du tramway sont restreints. En outre, toutes les agences commerciales sont fermées, et les achats de tickets à bord des bus sont désormais impossibles.

Dimanche, les salariés de l’opérateur Keolis avaient invoqué leur droit de retrait après une suspicion de cas chez une conductrice, provoquant la quasi mise à l’arrêt du trafic, qui a donc repris ce lundi. "Ce qui était important pour nous c’était de reprendre le service ce matin, pour ne pas mettre en difficulté les gens qui ont besoin d’aller travailler, comme le personnel hospitalier", explique dans les colonnes de 20 Minutes Eric Moinier, le directeur de Keolis Bordeaux Métropole. De nouvelles mesures ont été prises pour rassurer les salariés, explique-t-il.

"Il y avait encore une appréhension, et nous avons été plus radicaux. Il est important de protéger au maximum la santé de nos salariés, donc nous avons déployé l’artillerie lourde pour le garantir. […] Après la suspension de la vente de titres à bord, nous avons aussi décidé la suspension de la montée par la porte avant dans les bus, et la ségrégation de l’environnement du conducteur, avec soit des chaînettes, soit de la rubalise, installées à l’avant du bus à proximité du poste du conducteur. […] Et on l’a fait aussi sur le tram, une mesure qui n’est prise dans aucun réseau en France."

"Continuité du service public"

Plus largement, Keolis assure, dans un communiqué publié lundi 16, que ses équipes "s’organisent pour permettre la continuité du service public, tout en préservant la santé de ses collaborateurs et celles des voyageurs", ce qui passe par le "rappel des règles d’hygiène et du respect strict des gestes barrières de prévention à tous les collaborateurs", le "renforcement du nettoyage et de la désinfection des véhicules", et la "montée par les portes arrière des véhicules afin de respecter une distance minimale avec les conducteurs".

Ilévia, les transports de la métropole européenne de Lille, ont également réduit leur activité : fréquence modifiée sur le tram et le métro, et "fortes perturbations" sur le réseau de bus. De la même façon, un "plan de continuité" permettant "d’assurer un service adapté à la situation" a été mis en place à Lyon, avec là encore, entre autres, la suspension des ventes de titre de transport à bord des bus (les voyageurs étant invités à prendre leurs titres de transport sur les distributeurs ainsi que sur smartphone, en version dématérialisée via la nouvelle application TCL E-Ticket), la suspension de l’offre "liée à la vie nocturne" et le nettoyage approfondi des véhicules.

Une offre réduite en région parisienne

Dans l’agglomération parisienne, la RATP précise avoir "mobilisé ses prestataires pour renforcer les nettoyages si cela devenait nécessaire". Des mesures qui pourraient "inclure des équipes supplémentaires et le doublement du nettoyage quotidien pour les métros, RER, bus et tramways ainsi que dans les gares et stations". Elle annonce un trafic "légèrement perturbé" ce lundi, avec "80 % de l’offre en moyenne" sur le réseau du métro, un trafic normal sur le réseau RER dont elle a la gestion, et un trafic "quasi normal" pour les bus et tramway.

Mais "selon des constatations sur le terrain ce matin, une baisse de la fréquentation de 50 % est à noter en moyenne sur l’ensemble des réseaux (due au télétravail dans les entreprises, à la fermeture des écoles, à la baisse du tourisme, etc.)", indique la RATP à AEF info. Conséquence, la régie "adaptera son offre dans les prochains jours prenant en compte la situation sanitaire et la demande du gouvernement de limiter les déplacements". Elle prévoit moins de métros en circulation mardi (deux sur trois), et 70 % du trafic des bus et tramways, 60 % sur RER B avec interconnexion maintenue et 50 % sur le RER A, également avec interconnexion maintenue. 

Des prévisions de trafic qui pourront encore évoluer en fonction des annonces du président de la République, qui doit prendre la parole à 20 heures ce lundi.

Fermer

Bonjour

Vous souhaitez contacter

Emilie Buono, journaliste